because we're just men ; alcohol in our heads. ♦ ft Josiah.

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Mar 24 Mai - 19:46



ft.

josiah
« because we're just men ;
alcohol in our heads. »

ils ont dit artiste ; ta tête s'est envolée.


Il se s’agissait là que d’une petite soirée comme une autre. Sortir assez tôt pour profiter du bar encore vide, pour profiter de pouvoir parler sans avoir à hausser la voix, sans avoir besoin de répéter trois milles fois la même chose. Tu aimes ces moments de calme avant la tempête, ces moments où tu peux admirer le bar qui se remplit petit à petit, de plus jeunes, de plus vieux, parfois de couples et de groupes d’amis. Ce soir, toi aussi tu es venu avec des amis. Des amis un peu spéciaux puisqu’il s’agit de ceux avec qui tu as couché, de ceux que tu as ramassé dans la rue et qui n’attendait que ça. Il s’agit d’mais avec qui tu ne traînes pas souvent, que tu revois jamais vraiment plus de trois fois. Mais on t’avait proposé de venir pour aller boire un petit verre, juste un petit, t’avait-on dit. Comme si tu allais les croire, ah. La soirée a commencé depuis déjà un bon bout de temps – ton cerveau te dit que tu es à ta troisième bière, ce qui, en soit n’est pas énorme, mais tu avais un verre, une bière. Et tu rentrais. Tu avais du boulot à faire, après tout, pour la fac, pour tes parents aussi, qui avaient demandé à ce que tu les aides pour tu ne sais plus trop quoi. Bah, de toute façon tu avais tout marqué sur ton frigo à l’aide de post-it, alors tu verras ça quand tu rentreras.

Le bar bat son plein. Une petite musique en fond qui tourne en boucle que l’on entend à peine à cause du bruit des gens, avec des centaines de voix qui prennent le dessus. Le barman a, comme à son habitude, pas une seconde à lui. Entre le service d’alcool qu’il doit donner aux serveurs, ceux qui viennent directement au comptoir pour commander et draguer tout ce qu’ils savent, tu vois le petit sourire que le gérant a, amusé plus qu’ennuyé par la situation. Ça te fait rire, cette situation ; tu es dans un bar mais tu ne dragues pas, pour l’instant. Pas encore, tout du moins, peut être que cela viendra si tu croises une belle gueule dans la foule, si quelqu’un attire son regard, te donne envie. Mais pour l’instant, tu ne fais qu’admirer la scène qui se joue devant tes yeux ; appréciant les différentes personnes qu’il y a ici, observant les différents scénarios qui se jouent alors que le couple qui est arrivé au début commence à se disputer, alors que certaines filles venues en groupes se mettent à danser au rythme d’une musique qu’elles sont les seules à entendre. Sûrement vont-elles finir en boite de nuit, sûrement vont-elles s’amuser entre elles, ou peut être qu’elles chercheront quelqu’un avec qui terminer la nuit, avec qui terminer la danse qui leur fera tourner la tête, qui les fera se sentir bien.

Tu n’es pas si différent d’elles, en soit, tu es aussi à la recherche de quelqu’un avec qui finir cette soirée en beauté, avec qui les heures passeront sans t’en rendre compte et quand tu rouvriras les yeux il sera déjà temps que tu repartes en cours. Même si tu n’en trouves pas, à vrai dire, si tu ne trouves personne avec qui finir la nuit, avec qui débuter le jour, ce ne sera pas si grave. Tu auras passé un bon moment à admirer les gens dans ce bar, dans ce bar rempli d’inconnus et de tes soi-disant amis qui te parlent, d’ailleurs. Oh. Oh, ils te parlent, oui. « Pardon, quoi ? » Hausses-tu la voix afin d’être bien certains qu’ils t’entendent, qu’ils ne te fassent pas répéter encore et encore. Tu les vois soupirer un peu, et te redire (encore, apparemment) qu’ils ont des amis à eux qui arrivent, qu’ils voudraient te présenter quelqu’un. Sur le coup, tu as un peu peur, tu te demandes bien pourquoi ils veulent te présenter quelqu’un, alors que, sérieusement, ils ont tous les deux envie de finir la nuit avec toi, tu le vois bien distinctement dans leurs yeux déjà vitreux. Bien, bien. Ça promet tout ça. Dans tous les cas tu acquiesces non sans soupirer un peu ; tu aimais bien regarder tout ce beau petit monde qui vivaient devant toi sans se douter que tu les épiais, sans se douteur que si tu le pouvais tu en aurais déjà fait un petit sketch sur ton carnet que tu aurais probablement terminé plus tard, dans ta chambre. Tes ‘amis’ te disent que tu dois attendre un peu avant de soupirer, qu’ils sont certains que tu vas bien t’entendre avec lui, ou que vous pourrez au moins parler de choses intéressantes, car c’est un artiste, disent-ils. Ce mot résonne dans ta tête plusieurs fois avant de te faire capter qu’ils ont bel et bien dit le mot qu’il fallait pour attirer ton attention, que tu n’as pas rêver, qu’il ne s’agissait pas d’une illusion et que tes oreilles fonctionnent toujours bien, oui oui.

Enfin ils ont réussi à réellement capter ton attention à te redresser un peu sur ta chaise alors que tu reprends un gorgée de ta bière. Oui, l’intérêt a grandi à une vitesse folle, comme s’il avait prononcé un mot magique, ce qui est très certainement le cas, d’ailleurs. Ils ont un grand sourire malicieux en te regardant, comme s’ils avaient fait une mauvaise blague et qu’ils étaient fiers d’eux. Au moins ils s’entendent bien, penses-tu, c’est déjà un bon début, même si tu aurais tout de même préféré être ici tout seul. Pour mieux… chasser, va-t-on dire. Tu peux toujours, là n’est pas la question, mais tu leur feras comprendre que tu ne passes jamais deux nuits avec la même personne. Même si tu leur as déjà dit tout ça, qu’ils connaissaient parfaitement la condition numéro une pour accepter de coucher lors du premier soir, ça te flatte un peu qu’ils continuent sir dur à essayer de te remettre dans leur lit. Dommage, ce soir, tu veux quelqu’un d’autre, quelqu’un que tu ne connais pas mais qui saura piquer ton intérêt, quelqu’un avec qui tu pourras parler plus que simplement baiser, quelqu’un avec qui tu pourras partager certaines choses, personnelle ou non. Et tu attends de voir ce fameux artiste, en tout cas. Aaah, ce petit sourire qui vient de se dessiner sur tes lèvres. Magnifique, vraiment.

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Jeu 26 Mai - 7:23
BECAUSE WE'RE JUST MEN,
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Encore une fois il s'était laissé entraîner, encore une fois il avait suivi des connaissances, des mecs de l'université sans vraiment s'y intéresser, il s'était laissé mener dans une nouvelle aventure nocturne en tout insouciance. Sortir dans un bar et boire entre amis, ça n'avait jamais vraiment été son truc. Il préférait passer ses soirées chez un pote ou deux, fumer tranquillement en riant bêtement, enchaîner quelques parties d'un jeu vidéo fort probablement stupide et finir la nuit comme ça. Il préférait une certaine intimité, ou bien s'il sortait c'était pour faire des bêtises mais certainement pas pour s'amuser bien sagement entre connaissances, écouter des gens sans importance déblatérer des stupidités et s'ennuyer à les comprendre au travers d'une musique ringarde et trop forte à ses oreilles. Lorsqu'il allait dans un bar, c'était seul et c'était pour se bourrer, ni plus ni moins. S'il pointait sa face au comptoir en général ce n'était que dans ce but, pour finir torché, tituber et rentrer chez lui pour se punir d'une saleté, finir la nuit étalé dans le couloir et avoir tout oublié le lendemain, tout sauf peut-être une sale odeur de vomit à quelques mètres de lui. Ça, c'était lorsqu'il buvait. Ce soir ce n'était pas son intention, il n'était là que pour s'amuser un peu, traîner et occuper ses pensées, voir s'il trouverait quelque chose d'intéressant ici ou rentrer tôt et finir la soirée sur un jeu en ligne et s'endormir la face sur son carnet à dessins au fond de son lit alors que le soleil se lèverait. Voilà les options qu'il envisageait pour sa soirée et sa nuit, à voir selon ce qu'il arriverait à faire dans ce bar.

Alors il était entré dans cet endroit en emboîtant les pas de quelques types qu'il connaissait des cours. La soirée n'en était pas à son début, ils arrivaient tardivement mais tant pis. Apparemment ils devaient rejoindre un autre groupe d'étudiant déjà sur place, cela n'importait pas vraiment à Josiah puisque de toute manière il risquait de s'ennuyer après à peine une vingtaine de minutes. Ces gens là n'étaient pas vraiment ses amis et bien qu'il rigole en leur compagnie, ça n'avait rien de profond, rien de passionnant. Il se voyait déjà parti, éclipsé en vitesse après quelques bières, prétextant aller fumer puis se laissant tenter par le bus qui passait en face il rentrerait chez lui, ou peut-être bien chez Lawrence qui sait.

Partant d'une idée bien peu positive, il tentait tout de même le coup et suivit donc les autres, tous plus jeunes que lui d'ailleurs, des premières années ou des secondes pour la plupart. Quel adulescent il faisait, au milieu des ex-lycéens voilà qu'il était là, 27 ballais depuis peu et pourtant il se sentait relativement à sa place. La plupart du temps l'immaturité de ses camarades ne l'embêtait pas, elle reflétait la sienne et ça ne le troublait pas trop. Entouré de gens de son âge, des adultes respectables avec leur beau diplôme en poche, une copine sérieuse et p'têtre même des enfants, il faisait un peu con et c'était flippant d'y penser. Il préférait encore ses p'tits gamins des cours de philosiphie, les hipsters qui pensent tout connaître parce qu'ils ont lu ce bouquin ou celui-ci tiens, puis quoi encore, va vivre un peu avant d'ouvrir ta bouche.
Oh, qu'il la sentait la mauvaise foi. C'était loin d'être nouveau, mais ce soir il était particulièrement ailleurs. Il écoutait ses compagnons de soirée discuter et l'un d'eux pointait un autre petit groupe, souriant à Josiah qui n'avait absolument rien suivi et qui se contentait d'un regard faussement intéressé, oubliant même de sourire pour le coup.

Ils s'approchèrent alors des autres et l'un des garçons l’interpella, lui présentant apparemment quelqu'un. Alors Josiah leva un regard pseudo-intéressé vers ladite personne, mais en voyant sa tête tout de suite il sembla s'éveiller. L'inconnu qu'on lui présentait avec ce regard intéressé, ce regard vif qui semble curieux, comme s'il attendait quelque chose de lui et pour le coup ça venait de le sortir de ses pensées vagues pour le ramener à l'instant présent. Alors, il eut un petit sourire au coin des lèvres.
Visiblement les autres étaient bien amusés de les présenter mais Josiah ne captait pas encore exactement pourquoi. Comme s'il était le seul à ne pas avoir été mis au courant d'une petite confidence entre tous les petits camarades de classe. Alors une de ses connaissances de l'autre groupe se permit de le présenter, énonçant à voix haute son prénom tout en précisant qu'ils avaient des cours en philosophie ensembles et qu'apparemment, il méritait de se faire présenter comme étant "Artiste."

Le mot résonna dans son esprit, le laissant un peu muet pour le coup. Artiste ? Artiste ça veut rien dire, Artiste ça ne va pas du tout. Était-il artiste parce qu'il gribouillait sur un vieux calepin quelques croquis dégueulasses ou qu'il peignait les murs de londres comme un petit rebelle ? Artiste de merde oui. Enfin, ça c'est ce qu'il pensait de lui-même et à côté de ça, comme tous les artistes ce nom, cette appellation lui fit l'effet d'un compliment non-mérité et lui arracha un petit sourire au coin de ses lèvres, un peu plus grand et plus fort. Ça faisait bon à entendre.
L'inconnu fut présenté comme un étudiant en art, alors tout de suite ça lui paraissait plus clair. Évidemment, on va mettre les artistes ensembles et ça va leur plaire. Puis quoi encore. Josiah haussa alors un peu un sourcil, laissant les autres se désintéresser d'eux avant de reposer le regard sur celui qu'on avait nommé Cléanthe.

« Hey. Ça fait bizarre qu'à moi de me faire présenter comme ça ou comment ça se passe ? » Il haussa vaguement les épaules avec un petit rire, tirant un banc derrière lui, y posant le haut de ses fesses sans s'y asseoir totalement, comptant tout de même commander à boire lorsque ce pauvre barman aurait une minute à lui accorder. Il reposa ensuite les yeux sur sa nouvelle rencontre, détaillant son visage. S'il était artiste encore ça il pouvait toujours dire qu'il s'en foutait, mais par contre il avait définitivement une belle gueule, le genre qui doit plaire aux filles et qui, probablement, lui plaisait aussi un peu. Il poursuivit donc, sa voix toujours un peu trop basse pour l'endroit, ne portant pas assez dans cette musique, sa voix trop rauque dont l'accent trahissait toujours ses origines Américaines, mais ce n'était pas pour lui déplaire... « Autant te prévenir tout de suite, "Artiste" c'est un  bien grand mot, mais moi j'suis qu'un voyou. »

Il n'était pas aveugle. Il avait bien vu l'intérêt dans les yeux du jeune homme et une petite voix dans sa tête lui dit que ce n'était pas pour ses beaux yeux qu'il l'avait regardé ainsi. Si on prenait la peine de souligner son talent ce n'était pas pour rien et à ce sujet il préférait rester humble. Il n'avait rien d'un étudiant en art, d'ailleurs bien souvent il ne parlait pas vraiment d'un éventuel talent qu'il possédait. Un mec du groupe l'avait simplement déjà vu gribouiller un peu et il avait probablement trop parlé, voilà qu'il se retrouvait assit à un bar avec un étudiant spécialisé en art, ce qu'il avait été il y a sept ans. Longue histoire, vieux souvenir.

Humble c'était un peu le mot. Il ne le faisait pas comme une fausse modestie, c'était honnêtement ce qu'il pensait après tout. Il accompagnait ces mots d'ailleurs d'un petit haussement d'épaules, un petit sourire au coin des lèvres et l'air de dire "Désolé je suis que ça" qui n'en était cependant pas moins charmant. Ça, c'était probablement parce qu'à côté il avait ce regard intéressé, plongé sans gêne dans celui de l'autre jeune homme. Avouons déjà quelque chose, s'il n'avait pas été si beau et s'il n'avait pas eu toute cette passion dans ses yeux alors, fort probablement, il aurait fait un doigt à ses potes pour leur signifier qu'être présenté comme sur un site de rencontre paumé en tant qu'artiste pour épater un gamin c'était pas vraiment son kiff. Cependant, il se montrait docile, après tout il état là pour tenter de trouver quelque chose d'intéressant dans sa soirée et s'il ne laissait pas la moindre opportunité se présenter ce serait bien bête...

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Lun 30 Mai - 13:39



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Tu rigoles un peu en attendant l’un des nouveaux venus (et celui que l’on t’a présenté comme étant un artiste) faire cette remarque. Car il n’avait pas tout à fait tord, ça avait un petit côté sites de rencontres dans le sens où, parce que vous aviez –selon eux- des intérêts communs, il fallait absolument vous présenter. Tu avais résumé la chose en une seule phrase, mais grosso modo, c’était un peu comme ça que tu le ressentais même si tu dois bien avouer que tu es plus que ravie de pouvoir rencontrer quelqu’un qui fait de l’art, qui y touche, que cette personne soit renommée ou non, tout le monde s’en fout de ça. Mais tu es curieux – si curieux que tu ne peux empêcher tes yeux de briller rien qu’à cette seule pensée qui fait résonner en toi le mot ‘artiste’. Oui, tu es facile comme poisson, oui, tu es faible devant les choses que tu aimes. Mais s’ils te prennent par les sentiments aussi, tu ne peux pas dire non. Rah, les fourbes, zut de flûte.

En tout cas, tu as son nom, maintenant. Josiah. C’est pas commun, comme prénom –ou alors ça l’est peut être mais tu n’as jamais rencontré qui s’appelait comme ça, dans tous les cas. Donc à tes yeux, ce n’est pas commun. Tout comme l’homme qui est devant toi. Il est un petit peu plus petit que toi, mais pas de beaucoup, vraiment. Tu ne distingues pas vraiment grand-chose dans cette ambiance sombre où les couleurs de sont pas naturelles, mais tu sembles au moins distinguer qu’il a la peau pâle, plus pâle que toi, pour le coup. Tu vois des petits détails au niveau des oreilles ; des piercings, par-ci par-là. Tu t’attardes un peu sur ce que tu vois, sur ce que tu peux discerner ou essayer de discerner dans cette pénombre aux couleurs parfois trop éclatantes – bleu, rouge, vert. Comme une boite de nuit alors qu’il ne s’agit que d’un bar. Même dans une boite de nuit, tu y verrais un peu mieux, tu es sûr.

Mais tu es coupé dans n’importe quelle contemplation dans laquelle tu étais – ses cheveux, actuellement, bien courts et en bataille, et sûrement noirs, tu penses – car il se met à parler. Ah, les artistes, toujours à se dénigrer, ou presque. Enfin, tu dis ça mais tu n’es pas mieux non plus, à vrai dire. Tu t’es toujours demandé si c’était vraiment dans la nature des gens talentueux de dire que, non, en fin de compte, ce n’était pas grand-chose ce qu’ils faisaient, vous savez. Mais tu en as rencontré d’autres, des artistes, qui se vantaient bien, qui essayaient d’attirer le plus de monde possible. Alors est-ce vraiment dans la nature humaine des âmes d’artistes d’être humble, de se rabaisser afin de ne pas faire montrer très haut les espérances des autres ? Tu ne sais pas trop. Tu penses qu’il s’agit là, bien plus d’un trait de la nature humain qui est parfois gênée que l’on lui donne des titres peut être trop gros, peut être trop somptueux pour être portée. Mais tu es sûr que ça n’a rien à voir avec le fait d’être doué, avec le fait d’avoir du talent et que les gens le remarquent, que les gens voient ce talent. Et qu’ils le reconnaissent.

« Si tu dis que tu es un voyou, alors puis-je en déduire que tu es un artiste de rues ? Les tags artistiques, c’est ce genre de chose, que tu fais ? » Tu en avais rencontré une fois, de ces artistes qui aimaient décorer les rues de la ville, qui aimaient mettre un peu de  couleur dans leurs vies, dans leurs quartiers. Même si la police n’étaient pas vraiment d’accord, même si certaines personnes ne plaignaient des dégradations – d’autres, au contraire, ne disaient peut être rien mais étaient reconnaissantes. Combien de fois as-tu vu des adolescents, même des adultes et des vieilles personnes avoir un semble de sourire en voyant ces tags qui sortent de n’importe où, et qui sont pleins de vivacité, qui respire la vie et la couleur ? Trop, beaucoup trop. Alors, même s’il se qualifie de lui-même de voyou, même s’il te dit qu’artiste est un bien grand mot pour lui, ton intérêt n’en est qu’un peu plus piqué. Tu veux savoir, tu veux voir. Ce que cette personne que l’on voulait absolument te présenter, ce que cette personne peut bien pouvoir peindre, taguer, ou peu importe ce qu’elle fait. Tu es certain que ça t’en mettra pleins les yeux, tu es certain que les étoiles tourneront de nouveaux, comme un amoureux d’art que tu es.

Les nouveaux venus – tu ne connais presque personne dans ce nouveau groupe à part Josiah, maintenant, et encore tu viens à peine de le rencontrer – s’installent à une table à côté de la vôtre, que tes deux amis a rapprochée afin que vous soyez plus près. Plus facile pour discuter, plus facile pour voir les personnes, plus facile pour tout, en somme. Tu te lèves, décidant que pour une fois que tu es au bar, tu vas te montrer gentil (étant donné qu’habituellement ce sont les autres qui vont chercher à voire, sauf cas exceptionnels lorsque tu es avec tes amis de fac. « Bon, dans les nouveaux arrivants, qui veut quoi ? » Demandes-tu d’une voix un peu plus forte que d’habitude afin que tout le monde puisse t’entendre, et que tu n’es pas à te répéter plusieurs fois – tu détestes ça. Tu vois tes deux amis qui te regardent d’un air effaré, où tu comprends parfaitement qu’eux aussi, voudraient bien que tu leur apportes à boire aussi. « Okay, okay. Vous voulez quoi, vous deux, aussi ? Et est-ce que quelqu’un se porte volontaire pour m’aider à tout porter, du coup ? » Forcément, vu que tu avais deux nouvelles boissons à porter, tu ne te sentais pas capable d’en porter cinq en même temps, malgré tes années d’expérience en portage de boisson version deux mains et dix doigts. Tristesse.

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Mer 1 Juin - 3:46
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Il s'était dit voyou, mais ça n'avait rien changé. Ça n'avait pas fait faiblir la lumière dans les yeux de son vis à vis, ça n'avait pas fait ternir son intérêt au contraire. Il se disait voyou quoi qu'en vérité il n'en soit pas tant un, du moins il voulait l'être et ça suffisait en général. Voyou ou sale type, allez chercher, dans tous les cas il n'avait rien d'un artiste et ça c'était au moins certain. Josiah ne savait pas et n'avait jamais vraiment su ce qu'il était, mais chose certaine il voyait clairement ce qu'il n'était pas. Il n'était pas un homme sage, un bon citoyen, il n'était pas un chic type un mec bien. Il n'avait rien d'un artiste ni d'un humanitaire, il n'avait ni grand cœur, ni belles pensées. Cependant, il pouvait très bien être un voyou et en entendant sa nouvelle rencontre questionner et demander précision sur le terme, il sourit un peu plus. Le terme avait fait écho dans son esprit de la même manière que dans le sien et il en avait tout de suite compris le sens. Alors Josiah hocha faiblement la tête très brièvement, accompagnant ce geste de quelques paroles..

« C'est exactement ça, oui.. »

Ça ne semblait pas lui déplaire, l'idée qu'il soit un artiste de rue, et c'était tant mieux. C'était bon de ne pas entendre un quelconque jugement, de ne pas devoir justifier quoi que ce soit, de simplement admirer les étoiles dans les yeux de cet inconnu était bien agréable. D'ailleurs, ledit jeune homme se redressa et Josiah se contenta de le suivre du regard, curieux jusqu'à entendre sa question. Oh, il allait chercher à boire, quelle bonne nouvelle. Enfin, bonne nouvelle plus ou moins, car Josiah avait prévu de ne pas trop boire. En général même il servait de "chaperon" dans les soirées, étant celui qui ne buvait pas en général. Évidemment, "chaperon" était un bien grand mot, il était plutôt ce mec sobre qui regarde tous ses amis torchés faire des bêtises en se foutant bien de leur gueule. Il ne risquait certainement pas d'être celui les arrêtant, non jamais, il n'était pas un briseur de plaisir au contraire. C'était bon de voir les jeunes post-adolescents bourrés faire des conneries regrettables, les voir s'échouer au sol et finalement quitter la soirée après avoir bien rigolé. Enfin, ce soir il boirait, doucement, il boirait comme l'adulte qu'il était censé être.

La proposition s'adressait aux "nouveaux arrivants" mais visiblement cela ne suffisait pas, alors Cléanthe élargit sa gentillesse à tous les membres du groupe, ce qui arracha un petit sourire moqueur à Josiah. Trop gentil, trop faible aussi. Lui n'aurait jamais proposé une chose pareille, il était bien trop égoïste, il préférait aller chercher à boire pour lui-même et laisser ses potes se démerder. Pourtant... Pourtant voilà que l'autre demandait un coup de main et il était assez fou pour se proposer ? Faut croire que oui. Personne ne le faisait de toute manière alors bon, pourquoi pas lui ? C'était une bonne journée, une bonne soirée, pourquoi faire le mec froid et désagréable ? Il suivait simplement son instinct qui le poussait vers les gens intéressants.

« Ouais t'inquiètes, j'vais te donner un coup de main. »

Là, tout de suite, il avait failli l'appeler gamin. Quel âge il avait ce type sérieux ? À ses yeux il paraissait bien jeune, lui dont seul le regard trahissait vraiment l'âge alors que son visage ne semblait pas si vieux que ça. Probablement ce pourquoi il semblait à sa place au milieu des étudiants, quoi que peut-être tout de même visiblement plus vieux que tous ceux présents ici dont la moyenne d'âge ne dépassait pas vingt ans. Enfin, il s'était retenu de l'appeler ainsi et se redressa donc à son tour, comme pour souligner ses paroles, signifiant qu'il avait bel et bien l'intention de le faire. Si Amber ou Lawrence avaient été là, ils auraient probablement crié au miracle. Josiah, se levant pour aider quelqu'un à faire quelque chose de, dès le départ, sympa et gratuit ? Impossible. Il pouvait imaginer leur voix dans sa tête et aurait probablement répliqué d'un doigt levé vers le ciel quelque chose du genre. Il lui arrivait d'agir comme un être humain normalement constitué, fallait pas non plus exagérer à son sujet après tout.

Il attendit donc que tout le monde annonce ce qu'ils voulaient, suivant ensuite Cléanthe à la rencontre du barman. Il le laissa commander les boissons, ayant pour sa part déjà oublié tous les choix des autres il se contenta d'annoncer ce qu'il voulait. Une simple bière, rien de bien méchant, histoire de s'assurer de ne pas abuser trop facilement. Attendant au bar avec Cléanthe pour les boissons de tout le monde, il s'y accota un peu, observant son vis à vis avec un certain intérêt au fond des yeux.

« Alors alors, je suis voyou, artiste de rue, peintre et je gribouille dans mes temps libres. Toi, qu'est-ce que tu fais ? T'es un étudiant en art qu'ils ont dit, alors qu'est-ce qui te plaît ? »

Ça pouvait sembler être une simple politesse forcée pour les gens ordinaires, mais venant de Josiah montrer qu'il s'intéressait à quelqu'un n'était pas une formalité, une chose qu'on fait pas automatisme. Non c'était plutôt sincère, s'il posait la question c'est qu'il avait déjà au moins un peu d'intérêt pour ce que ce jeune homme faisait et aimait créer de ses dix doigts. Il n'était certes pas aussi passionné qu'un étudiant en art pouvait l'être, mais les gens passionnés c'était  ce qui faisait briller ses yeux à lui. Ça et bien d'autres choses, mais passons.

Alors qu'il laissait la question en suspend, il détailla du regard les traits du jeune homme. Il tentait d'identifier sur son visage ce qui faisait son charme, ce qui le rendait si attrayant. C'était quelque chose que les artistes faisaient, qu'on lui avait dit, mais il ne savait pas vraiment si cela faisait de lui un artiste ou pas. Il aimait simplement détailler les visages des gens, les dessiner aussi parfois, voir ce qui les rend beaux et s'y attarder. Pour lui-même c'était simple, voire évident. Son visage n'était pas particulièrement beau, quoi que loin d'être laid, il avait des traits plutôt ordinaires, des proportions imparfaites, rien de bien méchant. Il avait cependant ces yeux d'un bleu trop vif et à la forme féline, entourés de cils noirs et épais, qui en général faisaient tout son charme. Ce n'en était que plus évident quand on voyait son corps, pas particulièrement musclé, pas particulièrement fin non plus pour un homme de sa taille. Il n'était ni ce bel homme musclé et grand aux épaules larges et rassurantes, ni le jeune freluquet dont le corps efféminé ne demande qu'à être touché. Il était l'entre-deux, la banalité. Cependant, c'était tout de suite beaucoup moins évident sur sa nouvelle rencontre. Cléanthe avait des traits plus égaux que les siens, son visage était mieux dessiné, un ensemble harmonieux dont il était difficile de trouver des défauts flagrants pour dénicher les plus beaux traits.
Josiah réalisa alors qu'il s'était perdu dans ses pensées quelques secondes, qu'il avait contemplé un peu trop longtemps le visage de sa nouvelle rencontre. Ça n'avait rien de grave, alors il ne prit pas la peine de relever, de s'excuser ni quoi que ce soit, se contentant de sortir de son observation silencieuse et infructueuse. Le gamin était simplement beau, dans l'ensemble. À quoi bon chercher ?

Conclusion faite, une nouvelle pensée traversa l'esprit de Josiah. Fumer. Il était dans le bar depuis quoi, cinq, dix minutes ? Avant d'entrer il avait écrasé un mégot et pourtant l'envie le rongeait déjà à nouveau. C'était l'ambiance, c'était tout. C'était la soirée, c'était le fait de ne pas pouvoir fumer à l'intérieur. Tout lui donnait envie d'en griller une, mais il se dit qu'il attendrait tout de même encore un peu avant d'abandonner le groupe d'étudiant pour aller fumer dehors. Il pouvait encore patienter, endurer cette ambiance de bar un peu trop bruyante, se contenter de consommer une bière et une conversation intéressante. C'était plus sain, bien entendu.

« T'es en quelle année au fait ? »

Il ajouta alors une seconde question à sa première, pas tant curieux sur la scolarité du jeune homme, mais plutôt sur son âge. C'était une question double, dont la réponse n'était pas bien importante et tout de même intéressante. Il fallait bien commencer quelque part, s'intéresser à deux trois trucs, donner un sens à cette rencontre et la rendre intéressante. Tout commençait toujours comme ça, quelques paroles insignifiantes, puis qui sait, des trucs passionnants peut-être..?

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Lun 6 Juin - 13:17



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ils ont dit artiste ; ta tête s'est envolée.


Tu hausses les sourcils et un sourire flamboyant se forme sur tes lèvres. Heureux que ce soit Josiah qui se propose, vu que tu as déjà commencé à blablater avec lui, ce sera moins gênant que s’il s’agissait d’un autre avec qui tu n’as même pas encore échangé une parole. Et puis, franchement, c’est sympa de sa part de bien vouloir t’aider étant donné qu’à l’origine tu te voyais déjà devoir faire le serveur pour tout le monde – personne ne semblait vraiment enclin à t’aider pour faire quoi que ce soit. Alors ouais, merci Josiah. « Merci, tu m’ôtes une épine du pied. » Lui dis-tu en lui donnant une petite tape guillerette sur l’épaule. Les uns après les autres, ils donnèrent leur commande en plaisantant un peu sur le fait qu’ils avaient désormais deux nouveaux serveurs personnels. Oui, oui, rigolez-bien, la prochaine fois ce sera vous qui devrez bouger, les mecs. Cléanthe vous le promet, ce sera à votre tour de jouer les gentils petits serveurs.

Tu notes mentalement toutes les commandes dans ta tête, leur répétant à chacun ce qu’ils ont demandé, histoire d’être sûr qu’il n’a rien oublié, et qu’il ne se trompe pas. Apparemment, tu as l’air d’avoir tout bon, ce qui est déjà pas mal vu que Josiah n’a pas l’air de vraiment écouter ce que les autres désirent – sûrement veut-il juste t’aider à tout porter, ce qui est déjà super de sa part, tu ne t’en plaindras pas. Une fois que tout est bon, vous vous dirigez vers le bar en évitant les gens qui se déhanchent, ceux qui ont déjà des boissons dans les mains et qui tentent de retourner à leur table sans en renverser, ce qui ne marche pas vraiment. Le sol est déjà collant, tu sens qu’il doit y avoir une dizaine d’alcool différent qui se sont échoués ici depuis le début de la soirée – paix à leur âme, les pauvres. Arrivés au comptoir, tu commandes tout ce qu’il faut pour les autres en t’ajoutant une simple bière ; une dernière pour la route avant que tu n’arrêtes. Tu as déjà plutôt bien bu depuis le début de la soirée, et désormais ton attention est focalisée sur l’artiste en face de toi qui commande également une bière pour lui, et vous attentez. Tu entends le bruit du liquide qui coule dans le verre, tu admires le barman expert qui verse le tout dans les verres sans en faire tomber même pas une goutte à côté ; woah. Le brun engage la conversation en te reparlant du sujet qui t’intéresse le plus ; l’aaaart. Et cette fois-ci, la question te concerne directement, concerne ton activité, ce que tu fais dans la vie, de ton temps libre. Tu t’installes plus confortablement au bar en attendant les boissons qui ne sauraient trop tarder, et tu croises les bras sur ta poitrine tout en t’appuyant sur le bar. « Bah, je suis étudiant en art, du coup, je pense que tu l’auras compris. Et je touche un peu à tout. La peinture, le fusain, tout ça. J’travaille pas trop sur l’ordinateur avec mon temps libre, vu que c’est ma spécialisation de filière donc je profite du temps que j’ai pour faire autre chose, que ce soit des projets personnels ou des projets papiers pour l’université. » Et voilà, tu parles tu parles, et on ne peut plus t’arrêter après. « Je préfère le toucher du papier au toucher d’une tablette, mais c’est super intéressant de voir ce qu’on peut faire avec la technologie de nos jours. Surtout qu’on peut refaire un tableau papier sur l’ordinateur, et c’est assez difficile de réussir à donner la même profondeur, le même sentiment qui va avec. » Les blablatements n’en finissent plus, mais tu es toujours comme ça lorsque tu parles de ce que tu aimes, de ce que tu fais, de ce qui te passionne. Tu n’y peux rien, tu as comme envie de passer ta passion aux autres, de leur faire découvrir, à eux aussi, pourquoi ça t’intéresse tant, pourquoi tu aimes autant ça. Pourquoi ça te met des étoiles dans les yeux.

Mais tu t’arrêtes enfin de parler lorsqu’il te demande en quelle année tu es. Ah, oui, c’est vrai, tu n’as pas du tout précisé ton âge. Tu avais tant parlé d’ailleurs que tu ne t’étais même pas rendu compte qu’il s’était perdu dans ses pensées en te fixant ; bah, tu pars loin de toute façon lorsque tu parles en tant que passionné, ce n’est pas si grave. « Je suis en première année, un petit nouveau quoi. Mais je n’ai pas vraiment l’impression d’en être un, alors c’est un peu bizarre comme sensation. Heureusement que les examens sont terminés, je devrais donc bientôt passer en seconde année, si tout se passe bien. » Précises-tu, comme si tu avais honte d’être aussi jeune, aussi… inexpérimenté, finalement. Tu as encore tant à apprendre, tant à connaître de ce que tu aimes, que tout d’un coup tu te sens tout petit face à Josiah. Il est un artiste, un vrai, il est libre de faire parler son talent et ses œuvre sur les murs de la ville, alors que tu es encore condamné à rester à l’université, à être un bon petit étudiant qui continue à étudier l’art et qui ne participera pas encore à des concours – trop jeune, trop inexpérimenté, et puis la fac doit approuver le projet, en plus. La plupart du temps ce sont les troisièmes années ou les étudiants au dessus qui ont un peu plus de liberté que ça. Alors toi, à côté… Ouais, tu te sens tout petit, tout d’un coup. Comme un enfant qui n’a pas encore fini d’être éduqué, finalement. « Et toi alors, tu fais quoi dans la vie ? Etudiant ? Tu travailles ? Tu as l’air un peu plus vieux que moi, alors j’ai du mal à savoir où te placer dans les années d’université. » Tu aurais presque plus lui demander quel était son âge directement, ça aurait été plus direct et beaucoup moins subtil, mais bon, que veux-tu. Tu n’aimes habituellement pas passé par des chemins détournés pour demander des informations qui t’intéresseraient, mais aujourd’hui tu as envie de prendre le temps. Prendre le temps de le connaître, de glaner les informations. Vous n’êtes pas pressés après tout ; vous avez toute la nuit devant vous.

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Jeu 3 Nov - 21:56
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Ils s'étaient installés pour attendre les boissons, profitant de l'instant à l'écart du groupe d'étudiants pour discuter vaguement. Josiah s'était permis d'ouvrir la discussion, interrogeant le jeune homme au sujet de ses intérêts dans l'art. Quelque part, il s'attendait certainement à une réponse simple comme lui-même aurait su donner. Pourtant, lorsqu'on parle d'art, rien n'est jamais simple. Il aurait dû le savoir. Venant des lèvres d'un artiste, chaque mot prononcé portait un certain sens. Lui-même, s'il y réfléchissait un peu plus sérieusement, aurait pu raconter toute une histoire. Comment il avait l'habitude, lorsqu'il était gamin, de griffonner sur n'importe quel bout de papier avec un stylo tiré du sac à main de sa mère dès qu'il avait l'occasion de le faire. Comment en grandissant cette habitude s'était accrochée à lui, ou était-ce lui qui s'accrochait à elle. Combien de cahiers remplis de croquis parfois rapides, parfois détaillés et tous exécutés avec adresse possédait-il entassés dans quelques cartons ? Sa découverte de l'art de rue, ses premiers tags, cette envie grandissante de récidive qui le menait souvent la nuit dans des lieux interdits. Toutes ces choses, se disait-il, n'intéressaient personne. Alors il se contentait de quelques mots, quelques paroles pour décrire son "art" brièvement, pensant que personne ne voudrait écouter un récit si ennuyeux.
Pourtant voilà que la réponse de l'étudiant ne le laissait pas sur sa faim. Il parlait, expliquant qu'il touchait un peu à tout, précisant sa filière, ses préférences et bien des choses. En l'écoutant, Josiah s'était surpris à sourire bien discrètement, mais assez pour être remarqué. Il s'était montré attentif, plus que par respect, mais bien par intérêt. Cependant son attention s'était quelque peu dissipé vers la fin, sur une quelconque contemplation purement inutile, qui n'avait certainement pas échappé au brun, sans qu'il ne fasse de remarque. Sa question suivante glissa sans problème à la suite des paroles, recevant une réponse rapidement.

Première année ? Josiah n'eut pas besoin de réfléchir longtemps pour deviner l'âge du jeune homme qu'il qualifia mentalement de gamin. Un coup de vieux bien soudain, droit au cœur. De nombreuses années le séparaient de cette première année en art qu'il avait entrepris autrefois. C'est alors qu'un doux sentiment de nostalgie l'envahit, le laissant songeur une fraction de seconde avant d'être happé par la réalité à nouveau.

« Je ne te connais pas vraiment, mais à t'écouter parler j'ai le sentiment que tu n'auras aucun mal à passer en deuxième année. » Il marqua alors une courte pause, évitant momentanément l'inévitable remarque sur son propre âge, précisant ses paroles avec un sourire sincère. « Les gens passionnés méritent de réussir. »

Il avait dit ne pas avoir l'impression d'être un étudiant de première année. Ce sentiment, Josiah le connaissait aussi. À vrai dire, il n'avait jamais vraiment eu l'impression d'être  un "novice" dans quoi que ce soit, pourtant il passait sa vie à apprendre. Son sentiment à lui ressemblait plus à une certaine vanité, ne pas vouloir être au plus bas niveau, croire valoir mieux que les autres en étant pourtant l'un des pires élèves de la classe ; Cléanthe semblait tout l'inverse. En l'écoutant parler, Josiah pouvait aisément deviner que s'il ne se sentait pas novice, c'est qu'il devait certainement valoir mieux que cela. Le tout sans la moindre vanité, au contraire une certaine modestie plutôt charmante.

L'inévitable arriva ensuite. Le retour de la question. Josiah avait espéré éviter celle-ci, quoi que cela fut clairement impossible. Il afficha donc un vague sourire, vaincu, avant de simplement répondre d'un coup de tête, sans trop y penser.

« Vingt-sept. »

La question du jeune homme n'avait rien d'aussi direct que sa réponse, ni rien de moins subtile que sa propre question juste avant, pourtant voilà la seule réponse à laquelle Josiah avait songé. Il donnait directement son âge, s'enlevant déjà une bonne épine du pied. Comme un pansement qu'on doit retirer, mieux valait à ses yeux l'arracher d'un seul coup plutôt que de faire durer la douleur. Car oui, approcher de la trentaine ça n'avait rien d'une partie de plaisir à ses yeux. Il vieillissait, sans vraiment l'accepter, sans vraiment le montrer.
Il se devait ensuite de répondre au reste de la question, mais là encore ce n'était pas forcément évident. Tout comme pour son âge, il n'y avait qu'une seule bonne réponse, pourtant celle-ci lui faisait l'effet d'une fausse note. S'il ne se sentait pas comme un homme de vingt-sept ans, il se sentait encore moins comme un étudiant en première année de philosophie. Qu'est-ce qu'il foutait là, alors ? Cette question le tourmentait depuis déjà un certain temps, sans qu'il n'y trouve la moindre réponse. Dans tous les cas, tout était mauvais, tout de ces vérités lui semblait décalé, comme un mauvais rêve qui ne ressemble en rien à la réalité et dans lequel on est pourtant prisonnier.

« J'ai repris les études récemment, philosophie, première année. J'tente ma chance. »

Lui-même n'y croyait pas, c'était purement et simplement un mensonge. Il ne tentait pas sa chance, il avait déjà échoué. Les résultats des examens n'étaient pas encore arrivés que déjà, il pouvait deviner la fin de l'histoire. Il n'irait pas en seconde année de philosophie, c'était certain. Le sujet l'intéressait, mais son avenir ne s'y trouvait pas. Son avenir... se trouvait-il au moins quelque part, finalement ? Il l'ignorait encore. Tout cela ne regardait en rien sa  nouvelle rencontre, le jeune homme n'état pas désagréable, mais loin d'être assez proche de lui pour entendre toutes ces choses. Il se contenta donc d'un doux mensonge, laissant planer l'incertitude, ne précisant pas grand chose au fond, tout en répondant à la question très clairement. C'était tout à fait son genre ça. Répondre directement, en évitant tous les problèmes, toute la profondeur, toute la vérité.

Les boissons commençaient à arriver, lui rappelant soudainement qu'il n'y avait pas qu'eux, qu'ils n'étaient pas que deux inconnus posés au bar à discuter de tout et de rien, d'art aussi et d'eux. Il y avait les autres et ils n'étaient que les serveurs improvisés du moment. Au milieu des verres se trouvait sa propre bière, vers laquelle il tendit les doigts, happant la bouteille et la portant à ses lèvres pour en goûter le contenu. Il buvait doucement, une ou deux gorgées, reposant ensuite sa bière sur le comptoir, sans pour autant la quitter des doigts. Il les gardait occupés, pour ne pas les passer dans la poche de son jeans, toucher son paquet de cigarette, repenser à fumer encore comme le misérable accro qu'il était.
Tout s'était entassé devant eux rapidement et ils devaient désormais porter toutes ces boissons jusqu'au groupe d'étudiants avec lesquels ils étaient arrivés. Josiah, pour qui servir un grand nombre de breuvages n'était pas une nouveauté après avoir été serveur durant six longues années, n'eut aucun mal à prendre la moitié des verres et bouteilles présents. Il laissa le reste à Cléanthe, osant penser qu'il saurait se débrouiller aussi bien que lui. Un bref instant il lui sourit, avant de se retourner pour rejoindre la table où s'étaient installés les autres étudiants. D'un geste aisé il déposa les verres au centre de la table, laissant tout le monde récupérer ce qui leur appartenait, attrapant sa bière au milieu de tout ça.

Pas envie de s'asseoir, pas envie d'une discussion cacophonique entre les artistes et les étudiants de philosophie. Il imaginait déjà le bordel, entendant une bribe de leur conversation déjà entamée alors qu'il s'asseyait à sa place. Il ne comprit pas vraiment le sujet, mais c'était principalement parce qu'il n'en avait rien à foutre. Son oreille était distraite et son attention partagée. Il reposa alors les yeux sur Cléanthe, ne serait-ce que pour voir comment il s'en tirait avec sa part du voyage de boissons. Bah ouais, parce qu'il aurait pu retourner l'aider, mais c'était tout de même plus amusant de le voir essayer tout seul tout en sirotant sa petite bière.

COULEUR DES DIALOGUES DE JOSIAH : #4E4B79
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