« Didn't mean to drag you into my world » he says (oh wait, he totaly did) ▬ ft. Josiah [warning: plus ou moins explicit content]

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Mer 20 Juil - 15:10

ft. Josiah
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« Didn't mean to drag you into my world » he says (oh wait, he totally did)

Quand tu t'es levé ce matin, tu n'as rien senti qui aurait pu te laisser penser que cette journée serait différente des autres. Tu étais peut-être un peu nauséeux, mais c'était à cause de ces examens que tu avais aujourd'hui et que tu n'étais pas sûr d'avoir assez révisés – tu n'es jamais sûr de rien de rien, de toute façon. Un début de journée dans la moyenne, donc, peut-être même en-dessous de la moyenne, depuis que tu as laissé échapper la bouteille de lait sur le sol de la cuisine quand tu as voulu te faire des céréales. Si tu as bien senti quelque chose à ce moment-là, c'est que ça n'allait pas être ta journée.

L'impression n'a fait que se renforcer à mesure que les heures défilaient, jusqu'à devenir un point de douleur entre tes deux yeux, quelque chose qui ressemblait au début d'une migraine. A la fin de la journée, tu n'aspires plus qu'à une chose, rentrer et t'allonger quelque part jusqu'à oublier l'usage de tes jambes (tu adores ce que tu fais mais Dieu, il y a des jours où tu préférerais n'avoir pas été doué de conscience), mais il y a ce groupe d'étudiants de ton cours sur l'histoire de la photo qui te chopent à la sortie de la salle de compo pour te proposer de sortir boire un verre à la fin de la période d'examens. Ils sont gentils et tu les aimes bien et ils t'aiment bien mais tu ne te sens pas très en forme, merci. Le problème, c'est que tu n'étais déjà pas en forme les cinq (six ?) autres fois où ils t'ont proposé la même chose. A force, ils vont finir par croire que tu n'as juste pas envie de traîner avec eux – ce qui n'est absolument pas le cas, soyons bien clair. Tu soupires – intérieurement – et décides de sacrifier ta soirée, juste pour cette fois. Et puisque tu es Gabriel, tu essayes de trouver des points positifs à cette sortie, mais tout ce qui te vient en tête, c'est la perspective qu'ils vont sûrement boire de l'alcool et que tu vas être forcé d'en boire aussi et tu en es un peu plus malade, heureusement que tes parents ne sont pas là pour te voir.

Ils te disent qu'ils ont envie d'essayer quelque chose de nouveau pour ce soir et très franchement tu n'écoutes que d'une oreille. Tu ne connais pas cette partie de Londres – ce n'est pas comme si tu connaissais les autres non plus, mais ils t'emmènent de plus en plus loin de la cité étudiante. Cela dit, le bar (yiiikes un bar) où ils ont choisi d'échouer est plutôt sympa ; tu ne sais pas si c'est une particularité des bars anglais de suspendre des tas de trucs colorés et brillants comme ça partout, mais ça te rappelle les rideaux de porte et de perles de ta ville natale, et c'est un peu comme rentrer à la maison. Tu te laisses convaincre de prendre quelque chose, à la condition que ce soit sans alcool et avec l'assurance que ce sera toi qui payera pour ta consommation. Ils se foutent gentiment de ta gueule quand ils te voient avec ta bière sans alcool, mais tu es bien trop absorbé par le serveur pour y faire attention – est-ce que c'est toi ou alors son jean est vraiment très, très serré ? Et très bas. Enfin, ce n'est pas comme si tu avais regardé. Il peut bien porter ce qu'il veut.

Mais maintenant que tu l'as remarqué, c'est vrai qu'il y a beaucoup de mecs dans ce bar qui portent des trucs moulants, et puis c'est vrai qu'il y a beaucoup de mecs tout court – est-ce que tu as vu une seule fille depuis que vous êtes entrés ? Tu n'arrives pas à te rappeler. Tu poses la question à celui qui est le plus proche de toi. Il se marre.

"T'étais où quand on a dit qu'on allait dans un bar gay ?"

Oh. Tu laisses échapper un rire nerveux (pitoyable), t'assieds un peu plus droit sur ta chaise, comme si ça pouvait changer quelque chose. Tu restes un con qui sirote sa bière sans alcool comme si c'était du soda en se demandant ce qu'il fout là. Ceux qui t'ont amené là discutent et se tapent des barres à côté de toi, mais tu te sens de moins en moins concerné. La pointe de la migraine est revenue, appuyant contre ton front. Tu as besoin de te passer de l'eau sur le visage deux secondes ; tu leur dis que tu vas aux toilettes à mi-voix et te lèves, tu ne sais pas s'ils t'ont entendu. Tu as déjà fait quelques pas quand tu réalises que tu as gardé ta bière à la main – tu vas avoir l'air encore plus ridicule si tu fais demi-tour maintenant pour la déposer, tu hésites un instant et ta bonne étoile en profite pour te mettre sur le chemin de quelqu'un de pressé. On te bouscule, un coup d'épaule solide dans le dos et tu trébuches vers une table le long du mur, ta main libre tendue pour te rattraper. Tu t'es renversé de la bière dessus – à la limite, ça, ça peut encore passer, ce n'est que toi, mais le pire c'est quand tu réalises que tu n'es pas le seul à avoir été éclaboussé. Tu bafouilles des excuses à l'occupant de la table, bieeen Gabriel, tu peux pas faire plus attardé maintenant. Ton accent américain, que tu essayes d'étouffer au maximum depuis que tu es arrivé, revient au galop quand tu paniques. Les plaques de rougeurs que tu as réussi à contenir dans ta nuque jusqu'à maintenant remontent en urgence jusqu'à ton visage. Tu n'oses pas regarder celui que tu as éclaboussé dans les yeux et sors un mouchoir propre de ta poche pour essuyer sa veste – oh, tu espères qu'elle n'est pas fichue – mais le mouchoir laisse des petites miettes de papier mouillé sur le vêtement, et c'est encore pire. Entre deux excuses, tu as une illumination que tu trouves sensé de partager avec ta victime :

"Erm, c'est une bière sans alcool d-donc, ça tache moins – enfin, je crois..."

Bien. Maintenant tu n'es plus juste un attardé mais un attardé qui ne sait pas boire.



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Mar 26 Juil - 8:42
I GOTTA ADMIT THAT I LIKE TO MESS WITH GUYS LIKE YOU.

C'était vendredi soir et comme tous les vendredis soirs la fatigue gagnait trop vite du terrain, menaçant de faire somnoler Josiah dans le métro qui l'emmenait à quelques stations de chez lui. Pourquoi était-il là déjà ? Pourquoi n'était-il pas chez lui sur son bon vieux canapé à jouer quelques parties d'un quelconque jeu vidéo, ou encore au fond de son lit à fumer jusqu'à s'endormir ? Oh, ça, très certainement car on l'avait invité à boire un coup dans un bar - gay, qui plus est - et qu'il n'avait pas eu la lucidité à ce moment de dire non. Après tout, pour une fois on ne l'avait pas invité dans un endroit où il n'avait pas envie d'aller, puis bon en avant midi il s'était fort probablement dit qu'il aurait envie de sortir le soir venu. Quel idiot. Comment pouvait-il encore aujourd'hui, du haut de ses vingt-sept ans, si mal se connaître lui-même. Oser penser qu'il voudrait quitter son appartement alors qu'il s'était épuisé toute la semaine, oser penser que ouais, c'était sympa d'aller boire avec les gamins du cours de philosophie... Puis quoi encore ? Certes il les aimait bien, ils l'amusaient un peu faut bien l'avouer, avec leurs idées pas toujours très claires qui faisaient écho aux siennes, avec leurs paroles insensées qu'ils pensent rationnelles, leur manière de voir le monde tellement au devant de tout alors qu'ils n'étaient qu'une bande de gamins à peine sortis de la puberté. Valait-il vraiment mieux qu'eux ? Après tout, il faisait bien sept ou huit ans de plus que la plupart d'entre eux et pourtant, il ne se sentait pas si différent. Pas comme un adulte, pas comme un sage. Il préférait rire comme un idiot, sortir sans trop savoir pourquoi, être un adulescent jusqu'à ce qu'un jour il se fane trop.

C'était donc pour tout cela qu'il avait fini par enfiler une petite veste de cuir, un pantalon qui lui allait bien - pour une fois pas quelque chose de trop grand pour lui - un débardeur trouvé à l'arrache et des chaussures et qu'il s'était cassé de chez lui sans trop en avoir envie. Dans le métro il avait somnolé, certes, mais une fois au centre-ville, quelque part au milieu du quartier  gay, il s'était senti revivre au moins un peu. Après tout, c'était son élément. Il se souvenait avoir trop souvent déambulé dans ce coin trop animé de Londres alors qu'il n'avait que dix-huit ans à peine, à la recherche de n'importe quoi pour se sentir vivant, d'un mec trop vieux pour lui histoire de ne pas rentrer chez son père, de ne pas rentrer tout court. Il avait fait bien des bêtises alors qu'il était jeune, troublé, blessé et un peu prêt à tout pour se foutre en l'air. Ça n'avait pas duré, il avait fini par vieillir, par trouver de "meilleures" manières de contrôler son esprit trop lourd, cependant chaque fois qu'il venait ici il repensait à cette époque un peu dépassée de sa vie où tout semblait être une bonne raison de rébellion.
Il  alla donc rejoindre les autres gamins du cours de philosophie dans le bar qui avait été convenu un peu plus tôt dans la journée. Sa présence fut bien accueillie, on le salua et il commanda à boire, mais bien vite la table où ses amis étaient posés l'ennuya. Ils étaient bien sages ces petits alors que lui avait les yeux ailleurs, observant les hommes présents dans le bar, tout sauf cette conversation qui tournait en rond. Un peu trop vite il s'éclipsa, regrettant de ne pas être venu avec Lawrence plutôt, songeant déjà à la manière fine qu'il trouverait pour quitter le bar tôt. Il s'était installé à une table en solitaire pour finir son verre, rien de bien étonnant puisqu'il lui arrivait souvent de quitter les groupes d'étudiants pour aller finir la soirée tout seul. Encore une fois, c'était comme s'il ne se connaissait pas assez bien lui-même, comme s'il ignorait qu'il ne restait jamais plus de vingt minutes en compagnie de ces connaissances ennuyeuses.

Il sirotait donc son verre, le terminant rapidement tout en observant autour de lui, se demandant s'il ne pouvait pas profiter de cette soirée pour rentrer accompagné. Après tout, il n'était ni trop vieux, ni trop usé pour ce genre de choses, enfin l'idée ne le charmait plus comme avant. Alors que ses pensées divaguaient, il ne vit rien arriver. Ni ce garçon un peu mignon, ni sa maladresse et encore moins sa bière. C'est en sentant le liquide froid l'éclabousser que Josiah se redressa brusquement, levant enfin le visage pour fixer le malheureux qui venait de réveiller son agacement. Il s'excusait en s'empressant de sortir un mouchoir, essuyant sa veste avant qu'il n'ait le temps de lui dire de ne pas le faire. Trop tard. Voilà qu'il y avait désormais des bouts de papier sur ses vêtements, en plus de la bière et de cette odeur qu'il n'aimait pas vraiment.
Cependant, alors qu'il aurait pu engueuler tout de suite le gamin, Josiah avait été arrêté par quelques détails. Premièrement, son accent. Il le remarqua tout de suite, puisqu'il faisait écho au sien et dieu que c'était bon d'entendre quelque chose qui lui rappelait chez lui. C'était comme une mélodie à son oreille, quoi qu'entendre des excuses aussi misérables lui avait fait plisser un peu le nez. Il avait aussi remarqué les rougeurs aux joues du maladroit, ce qui l'amusait vaguement. Lui qui appréciait la moquerie, voilà qu'il avait de quoi rire un bon coup, surtout lorsqu'il tint à préciser que sa bière était sans alcool. Pathétique.

« En plus d'être maladroit, je peux même pas t'excuser parce que t'es bourré... »

Il marmonna ces paroles avec un petit sourire au coin des lèvres, celui-ci ayant remplacé l'air agacé qu'il avait eu au début. Il retenait d'ailleurs son rire, quoi que c'était bien difficile de contenir sa moquerie. Alors il finit par passer sa main dans son visage pour  se reprendre un peu, pour essayer de définitivement chasser sa mauvaise humeur, observant plutôt avec attention son interlocuteur de haut en bas.

« Alors pourquoi tu bois pas ? C'est toi qui conduis pour rentrer ou t'es juste un gentil garçon trop sage ? » Son sourire s'étira alors un peu plus, car désormais sa curiosité était piquée. Il était certes énervé de se retrouver trempé de bière - sans alcool qui plus est - mais cette rencontre était déjà plus intéressante que ces gens avec qui il était venu ici et qu'il avait abandonnés en début de soirée. Enfin il avait au moins le mérite de l'amuser, ce qui à vrai dire n'était pas bien difficile puisque Josiah se moquait un peu de tous les gentils garçons croisant son chemin. « Si je t'offre un verre, ce serait pas très poli de refuser après avoir niqué ma veste, on est d'accord ? »

Appelons ça un retournement de situation, ce qui n'était encore une fois pas très rare venant de Josiah. Il combattait son agacement par la moquerie, l'amusement, un fond de bonne humeur qui valait la peine d'être exploité. Il voulait voir s'il pouvait faire boire un peu ce jeune homme et, surtout, il voulait profiter au moins un instant de la compagnie d'un Américain. D'ailleurs, pour sa part il ne dissimulait pas le moins du monde son accent, n'ayant jamais fait le moindre effort depuis son arrivée en Angleterre dix ans auparavant. Il laissait donc son interlocuteur deviner sa provenance avec un faible sourire aux lèvres toujours, laissant son verre vide derrière lui pour se diriger vers le bar. Il fit d'ailleurs signe au jeune homme aux joues rouges de le suivre, car l'invitation n'était pas qu'une simple blague.

« Allez bouge-toi le 'Ricain. »

Il se tourna ensuite vers le bar pour reprendre un verre de whisky, en appelant d'ailleurs deux, pour faire boire un peu le gentil garçon. Il ne lui laissait ainsi pas vraiment le choix, mais tant pis pour lui. Il n'avait qu'à pas renverser sa bière pathétique sur lui après tout, ou alors la renverser sur quelqu'un d'autre ! Josiah ne s'en voulait absolument pas de profiter un peu de la situation pour s'amuser et d'ailleurs il devait bien avouer que la situation aurait pu être bien pire. Le maladroit avait le mérite d'être mignon au moins et Américain en plus de ça, d'ailleurs en considérant le fait qu'ils se trouvaient dans un bar gay il était normal d'assumer le fait qu'il soit lui aussi homosexuel. Du coup, c'était tout gagnant non ?... Bon c'était un peu un loser avec sa bière sans alcool, mais Josiah avait choisi comme mission personnelle de changer cela et de le faire boire un coup.
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Sam 30 Juil - 19:52

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Quand tu te rends à l'évidence que tu n'arriveras pas à arranger le massacre de sa veste, même avec un deuxième mouchoir et toute ta bonne volonté, tu massacres ta lèvre inférieure avec tes incisives et abandonnes. Tu ne devrais pas être autant surpris par les premières piques, franchement tu pensais t'en sortir comme ça ? et puis tu as plutôt de la chance, il aurait pu vraiment mal le prendre. Ah, et puis tu rougis encore un peu, pour faire bonne mesure ; ton visage passe avec succès le cap de la pivoine, grimpant chaque seconde un peu plus vers des rouges plus cramoisis, inconnus jusque là de l'espèce humaine. Tu te demandes si c'est une question rhétorique. Tu as toujours eu du mal à saisir la nuance. Le gentil garçon trop sage te correspondrait plus ? Mais dans sa bouche, ça sonne comme quelque chose dont on pourrait rire. Peut-être que s'il rit, il passera plus vite l'éponge.

"J'aimerais bien dire que je conduis, mais je n'ai même pas le permis." Cette petite voix, contrite jusque par terre. On dirait qu'elle s'excuse que tu fasses une blague. "Donc, uh, j'imagine que ça ne laisse qu'une option..."

Tu lèves la tête pour t'adresser à lui, et tu réalises que c'est la première fois que tu oses le regarder dans les yeux depuis que tu as fait une irruption humide dans sa soirée. Tu bats une ou deux fois des paupières devant les tatouages, les piercings, le verre d'alcool, l'air sombre, le temps de saisir le personnage. Il ne ressemble à rien que tu connaisses – c'est comme si ton univers en avait percuté un autre et que vous vous teniez tous les deux au bord de la zone de contact. Et tu as l'air encore plus fin avec ton panaché.

Quand tu étais encore au collège et que tu avais du mal à parler devant tout le monde, quelqu'un (un vrai génie) t'avait dit de les imaginer en pyjama, ou encore mieux, à poil. Tu essayes rapidement sur celui-là, mais tu enlèves à peine la première couche que ton cerveau se cabre – waah hé, faut pas déconner non plus. Ce serait dommage de perdre tous tes moyens aussi tôt dans la soirée, surtout quand il te propose de te payer un verre, un vrai, de cette façon qui fait que tu ne peux pas refuser. Ce n'est pas qu'il te tient à sa merci – il t'attrape un peu par les sentiments, c'est vrai, mais tu pourrais toujours trouver un moyen pour te dérober ; et puis il y a cette partie de toi qui n'a plus envie de faire l'autruche et qui jure sur la tête de ta maman qu'elle te pardonnera pas si tu repasses la porte du bar avec zéro gramme d'alcool dans le sang. En plus, c'est pas comme si la compagnie était désagréable. (D'accord, s'il faut être honnête, il te fait de l'effet – pas beaucoup plus que trois ou quatre autres mecs dans la salle ou encore le serveur avec son jean trop serré (ne l'oublions pas), mais il te fait de l'effet. Tu n'as pas trop envie de penser à ce que ça peut signifier pour toi, mais tu sais que l'espérance de vie de ton hétérosexualité diminue à vue d’œil. Si elle n'est pas déjà morte et enterrée. RIP l'hétérosexualité de Gabriel.)

Alors tu acceptes, enfin tu ne dis rien contre. Ça te fait un petit quelque chose quand tu l'entends commander un whisky, mais ça ne te fait pas vraiment peur, pas comme ça devrait faire peur à un jeune homme bien comme il faut qui veut juste rendre ses parents fiers de lui – parce que, quoi que tu dises, tu es un gentil garçon bien sage.

Quand tu te retrouves assis au bar à côté de lui, l'idée te vient qu'il aurait pu t'inviter sous couvert d'intentions pas complètement innocentes. Au début, tu te dis, n'importe quoi, tu te demandes comment tu as pu penser si hautement de toi-même pour pouvoir imaginer une seconde que quelqu'un ait jamais pu vouloir t'inviter, toi. Tu as beau ne pas courir les bars non plus, personne ne t'a jamais invité comme ça, tu ne vois pas pourquoi ce serait aujourd'hui que ça commencerait. Et s'il a "ça" en tête, ça veut dire qu'il pense que tu es gay – des barres. Enfin, tu-- tu n'as pas l'air si gay que ça... si ?

Mais plus tu y penses, moins ça te dérange, et ça a sans doute à voir avec cette première gorgée de whisky que tu viens de prendre. C'est plus fort que tout ce que tu as jamais goûté, des larmes picotent les coins de tes yeux, mais la morsure de l'alcool à l'arrière de ta gorge est agréable. Le monde se brouille un peu autour de toi, le temps que tu reviennes à tes sens ; une fois la première vague passée, tu te sens les idées un peu plus claires un peu plus effrontées, juste de quoi lui tendre la main par-dessus vos verres et pour dire la chose qui te paraît la plus sensée alors que tu te fais draguer pour la première fois par un homme – que tu te fais draguer pour la première fois tout court, aussi.

"Gabriel Díaz-- je veux dire," tu te racles la gorge, ne pense pas trop, surtout ne pense pas trop, "je ne sais pas pour toi, mais en général j'aime bien connaître le nom des gens sur lesquels je renverse quelque chose et qui renversent à leur tour la situation en m'offrant un verre. Je ne sais pas si tu comptes tirer avantage de ma tolérance zéro à l'alcool, mais j'ai cru comprendre qu'on était tous les deux des expatriés ?" Parce que toi aussi tu as saisi l'accent. Le tournant qu'ont pris les choses, tu n'es pas sûr d'être 100% d'accord avec lui, et ça te fait même un peu peur, mais tout te fait un peu peur, donc autant te détendre, reprendre une gorgée de ce whisky qui te fait pleurer et voir où ça t'emmènera.



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Mar 2 Aoû - 7:22
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Mentir ne semblait pas avoir traversé l'esprit de ce jeune homme lorsqu'il avoua être effectivement un gentil garçon trop sage. Il aurait très certainement pu dire qu'il ne buvait pas pour ceci ou cela, s'inventer une raison quelconque ou défendre sa personne de ne pas être trop sage, cependant il préférait avouer et quelque part, c'était tout à son honneur. Josiah devait bien avouer qu'il était plutôt sensible à l'honnêteté des gens, bien que ce soit pour assumer le fait d'être un ange, au moins il n'avait pas l'idée de se faire passer pour autre chose. Il ne pouvait donc que sourire d'un amusement franc devant les paroles confirmant ce qu'il avait soulevé juste avant : Voilà un sage garçon qui préfère le panaché au whisky. Raison de plus pour le faire boire, non ? Dans tous les cas c'était son intention et il ne comptait pas lui laisser l'occasion de refuser. Après tout, c'est pas tous les jours qu'on rencontre un Américain bien sage qui boit du panaché dans un bar gay de Londres. Non ?

Alors comme le gentil garçon qu'il avait avoué être, le maladroit accepta l'invitation à boire un vrai verre. Josiah à vrai dire n'envisageait même pas l'option qu'il puisse d'une façon ou d'une autre "impressionner" ce jeune homme ou même l'intimider. Il avait certes prit cet air un peu imposant pour lui dire qu'il n'avait "pas le choix" d'accepter, mais c'était bien entendu plus à la blague qu'autre chose. Après tout, sans mentir, Josiah n'avait rien d'impressionnant. Il avait ce look pas très sérieux, cette dégaine du mec qui ne fera jamais rien de bien dans sa vie, des tatouages à ne plus savoir où regarder et une confiance en lui si bien faussée qu'elle persuadait tout le monde de sa pseudo-prestance ou d'une quelconque affirmation de soi. Évidemment, dans les faits ce n'était pas exactement ça et quiconque partageant au moins un instant la vie de Josiah réalisait bien assez tôt qu'il n'avait rien d'un mec impressionnant. Un voyou peut-être, un salaud voire un connard sans hésiter, un lâche aussi bien entendu, mais certainement pas un type capable de convaincre par la force quelqu'un de quoi que ce soit. Et tout ça, il en avait conscience et il savait très bien que si le jeune inconnu l'avait suivit au bar pour un verre c'est qu'il devait bien avoir piqué un peu sa curiosité, ou qu'il l'intéressait, ou alors peut-être était-il simplement réellement trop sage pour refuser. Dans tous les cas, improbable qu'il l'ait réellement forcé et c'était bien comme ça.

Le verre fut donc commandé et l'instant d'après une première gorgée descendue sans hésiter pour sa part. Il regarda son invité l'imiter, puis peu à peu sembler perdre de sa gêne peut-être. Du moins il l'espérait, car bien qu'il ait un certain faible pour les gentils garçons, le plaisir venait surtout du fait de les dévergonder un peu et pas seulement de les regarder être sages et adorables. Il sourit donc en le voyant faire, puis lorsqu'il tendit sa main alors évidemment il l'attrapa en la serrant, écoutant ce qu'il avait à dire tout en le détaillant des yeux. Díaz hein ? Définitivement, il ne lui manquait pas grand chose à celui-là, avec cet accent d'Amérique qui sonnait comme une mélodie aux oreilles de Josiah, cette belle gueule d'ange et le nom Latino pour aller avec tout ça. Puis quoi encore, il sait cuisiner aussi ? Ça, il devrait absolument le lui demander après quelques gorgées de son verre, histoire d'avoir des réponses plus amusantes. En attendant, il lui en disait des choses intéressantes et à la fin de sa petite présentation Josiah ne pu retenir un sourire quelque peu carnassier au coin de ses lèvres.

« Tolérance zéro ? Ça explique pourquoi le gentil garçon ne boit pas, s'il ne sait pas boire. J't'avouerais que je comptais pas en abuser, mais maintenant que t'en parles ça donne envie ~ »

Il y avait pensé, bien avant cela il faut l'avouer. Josiah n'était certes pas vraiment un dragueur, ni même du genre à courir pour un coup d'un soir, offrir des verres et rencontrer des nouveaux venus, mais il en avait eu envie pour une fois. Envie de payer un verre à un inconnu un peu trop sage, envie de voir s'il pouvait toujours tenter sa chance, mais aussi envie d'en apprendre un peu plus sur cet autre type qui venait du même endroit que lui. Il avait le mérite d'être au moins aussi mignon qu'il était Américain, et ça, c'était non-négligeable aux yeux de Jo.

« Et ouais, j'ai pas su résister en entendant ton accent. C'est pas commun faut dire, ça fait toujours plaisir. T'es ici depuis longtemps dis ? »

La curiosité l'emportait évidemment sur le reste, parce que ouais il l'invitait à boire en sa compagnie, ouais il venait d'avouer qu'il comptait bien abuser de sa tolérance zéro s'il en avait la chance, mais en attendant s'il l'avait invité ce n'était pas que pour sa belle gueule. Il s'était d'ailleurs bien tourné face à son interlocuteur en attendant sa réponse, avant de réaliser son léger manque de politesse. Il s'était présenté et voilà qu'il ne lui offrait même pas un prénom à se mettre sous la dent, à la place il osait le questionner directement sur sa petite vie, son arrivée en Angleterre et sûrement d'autres choses dès qu'il aura répondu. Alors il rectifia aussitôt le tir en agitant un peu la main pour accompagner ses excuses à venir après avoir avalé une nouvelle gorgée de son verre...

« Ouah pardon pardon, j'me présente pas alors que ouais, c'est important de connaître le prénom du mec à qui tu dois le nettoyage d'une veste hors de prix et qui, malgré ça, t'invite quand même à boire un verre n'est-ce pas ? Josiah Miller, je viens de Chicago mais j'vis à Londres depuis une petite dizaine d'années. »

C'était le bref résumé d'une grande partie de son existence, sans tous les détails importants qui ne valaient pas la peine d'être racontés à un bel inconnu. Qui il était, d'où il venait et où il était aujourd'hui, c'était amplement suffisant. Il avait toujours aux lèvres ce faible sourire vaguement amusé, son regard détaillant le jeune homme, se perdant un instant à la contemplation des taches de rousseur - était-ce plutôt des grains de beauté ? Oh, puis on s'en fiche - sur le visage de son interlocuteur. Avait-il déjà trop bu ou était-il simplement un peu déconcentré ? Il observa alors un instant le fond de son verre, se disant que la première option était a écarter et qu'il devait réellement lui trouver quelque chose à ce gentil gamin.

« Alors dis-moi Gabriel, tolérance zéro c'est combien de verre au juste pour toi ? » La question n'était pas très sérieuse, posée plus pour rigoler que dans le but d'avoir une vraie réponse. Josiah préférait prendre tout cela à la légère car il ne savait pas lui-même exactement ce qu'il voulait tirer de cette rencontre, de ce verre offert. Avait-il vraiment l'intention de faire quoi que ce soit avec le garçon trop sage ? Qui sait. Dans tous les cas ce petit jeu lui arrachait bien des sourires et rendait sa soirée des plus sympathiques. « Non parce que... si tu veux que j'en tire avantage faut que j't'avoue, j'ai qu'une vingtaine de billets en poches pour te faire boire. »

Précisons une chose, il n'était pas sérieux, d'ailleurs il n'était jamais très sérieux comme mec. Il avait cependant tendance à mal évaluer le niveau d'humour de ses interlocuteurs, surestimant leur capacité à rire de ses conneries déplacées, de ces trucs qui pourraient être pris au premier degré mais qui ne l'étaient clairement pas. Voilà donc ce qu'il faisait en cet instant. Il avait ce sourire un peu idiot, détaillant des yeux la réaction du brun, cherchant à voir s'il avait la folie de le prendre au sérieux avant de ricaner un peu, balayant de la main ses paroles précédentes en secouant la tête...

« J'déconne hein.. »

Il se trouva lui-même un peu con, puis se reprit rapidement, s'éclaircissant légèrement la voix pour montrer qu'il n'allait pas continuer de se "foutre de sa gueule" comme ça. Il reprit donc la parole après une nouvelle gorgée de whisky, rinçant ce chat au fond de sa gorge, le noyant dans une nouvelle brûlure. Cette voix rauque - la sienne - qu'il devait éclaircir de temps en temps lui rappela en cet instant qu'il fumait trop et, par le fait même, qu'il avait envie d'une cigarette. Celle-ci attendrait cependant, car pour une fois il avait mieux à faire ou du moins ça semblait valoir plus le coup qu'une simple smoke. Il n'irait fumer dehors, abandonnant ainsi Gaby au bar, que lorsque sa tolérance toucherait sa limite, en attendant il pouvait très bien se contenter de tapoter le bar du bout des doigts de sa gauche pour passer l'envie dans un tic inconscient.

« T'en fais pas pour mes bêtises, j'suis con un peu. Dis moi plutôt, qu'est-ce qui t'emmène à Londres hm ? »

Voilà c'était déjà bien mieux. Parce que rire comme un idiot c'était une chose qu'il savait très bien faire, mais il préférait satisfaire sa curiosité et tenir une vraie conversation après tout. Enfin, on peut au moins dire que le niveau d'humour de Jo n'était guère plus impressionnant que celui de Gabriel, ce qui... au moins les mettait sur la même longueur d'onde sur un point. Un seul, visiblement, car entre le garçon trop sage et le petit voyou il n'y avait que des différences apparentes au premier coup d’œil.
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Ven 5 Aoû - 0:47

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Il n'a pas l'air de s'ennuyer de toi – pas encore, il sourit comme s'il était en train de passer du bon temps assis à ce bar à écouter tes blagues lamentables, et rien qu'un instant, tu es un peu plus satisfait de toi-même. Tu gardes tes yeux sur lui en trempant une deuxième fois tes lèvres dans le whisky (doucement, allons-y doucement), comme si en étudiant son visage d'assez près tu allais trouver la réponse aux questions qui te tournent dans la tête depuis tout à l'heure – qu'est-ce que je fais là, pourquoi suis-je resté. Ce que tu trouves n'y répond peut-être pas directement mais n'en a pas moins de valeur ; ton regard a accroché trop vite aux dessins et aux artifices dont il s'est couvert et ce n'est que maintenant que tu remarques que ses yeux sont en fait très doux, un peu joueurs et ironiques mais doux. Ça fait se bloquer ton souffle dans ta gorge. Et puis il a la peau si claire – ayant habité sur la côte ouest depuis toujours et avec des origines comme les tiennes, tu n'as jamais trop eu le choix question bronzage, alors tu as tendance à apprécier ça chez quelqu'un. Peut-être un peu plus que tu ne le devrais.

Tolérance zéro. Quand tu l'as dit, tu trouvais que ça sonnait bien, mais peut-être que tu n'aurais pas dû laisser échapper ce détail finalement. Tu ris doucement sans répondre, parce que tu es trop embarrassé pour pouvoir penser à quelque chose. Il a cet air de plaisanter à moitié, de se foutre gentiment de ta gueule ; tu n'arrives pas à dire s'il est sérieux ou non. Tu ne sais pas ce qu'il veut dire : si tu es un gentil garçon, comme il dit, pourquoi s'intéresse-t-il à toi ? Les gentils garçons, c'est bien connu, ça n'intéresse pas grand-monde ; la preuve, aux conseils de classe, les profs n'ont jamais rien eu à dire sur toi – tu le sais, puisque tu as été élu délégué sans interruption du collège au lycée. Et sans jamais t'être présenté, c'est dire.

Tu as besoin de compter dans ta tête pour la question suivante. Trois ans de licence, plus deux ans et demi de master... "Ça doit faire un peu plus de cinq ans maintenant. Je suis venu pour les études, toute ma famille est restée là-bas, et j'adore l'Angleterre – beaucoup plus tranquille, tu vois ? Mais à la fin il n'y a qu'une seule Amérique." Tu étires un faible sourire. "Je t'avoue que... je ne suis pas quelqu'un de particulièrement patriote, mais ça me fait plaisir d'être tombé sur toi. On n'a pas besoin de cinq ans pour se rendre compte que ce n'est juste pas la même mentalité. Et puis... ça fait du bien de ne plus avoir à réprimer l'accent. J'ai toujours peur de passer pour l'étranger de service. Sting avait pas complètement tort avec An Englishman in New-York. Hm, dans l'autre sens, mais ça marche aussi." Aouch, alerte référence musicale de vieux. C'est comme si tu n'arrivais plus à filtrer ce qui va de ton cerveau à ta bouche, et en cinq minutes tu en as sans doute plus dit sur toi que tu ne l'as fait en cinq ans et demi.

Mais ton mystérieux inconnu commence à ne plus être si mystérieux non plus, et bientôt tu as un nom à mettre sur ce visage. Tu pouffes. "Impec, maintenant je sais ce que je vais pouvoir écrire sur l'étiquette de la blanchisserie. Et Chicago, c'est pas le grand nord, ça ? Personnellement je suis plus du côté de San Francisco, si le, hm, teint mat n'en disait pas déjà assez." Ce qu'il t'a dit sur lui n'est finalement pas grand-chose, mais tu choisis d'ignorer cette partie-là. Tout le monde ne gazouille pas comme un Gabriel dès qu'on leur donne une liqueur un peu forte.

Tu ouvres de grands yeux quand il insinue qu'il a l'intention de te faire boire jusqu'à ce que tu ne sois plus capable de distinguer ta chaussure droite de ta chaussure gauche. Si c'est encore une blague, elle te passe loin, looin au-dessus de la tête. "Oh, je, je ne sais pas, en fait, je n'ai jamais vraiment bu... Je suis plutôt un mec ennuyeux qui ne sait pas boire et qui a dû, hm, voir trop de clips de prévention sur l'alcoolisme ? Ahah, tu peux m'appeler vieux jeu..." Ta main est de retour derrière ta nuque. Une habitude prise au cours de périodes d'attentes et de doutes. "Je ne sais même pas pourquoi tu te donnes cette peine. Me payer un verre, je veux dire... J'ai déjà sali ta veste, tu ne crois pas que je me suis suffisamment ridiculisé pour ce soir--"

C'était une blague. Tu t'obliges à t'arrêter, fermes les yeux et soupires. "Je suis encore en train de me ridiculiser, pas vrai ?" Sans te laisser le temps de réfléchir, tu vides ton verre. Tu ne t'arrêtes pas, trop bien parti sur ta lancée. Au bout de la troisième gorgée, le whisky n'est plus si terrible. Il ne te restait plus grand-chose au fond du verre de toute façon, et si tu ne le finis pas cul-sec c'est bien parce que tu ne te sens pas capable de ne pas recracher tout directement sur le comptoir. Quand tu reposes le verre, ton esprit est pris d'un engourdissement, mais agréable. C'est juste un peu plus difficile d'aligner tes pensées. Au bout d'un moment, tu décides que tu peux faire avec. "Tu sais quoi ? Je sens que je peux être assez irresponsable pour aller jusqu'à un autre verre."

C'est plutôt agréable, finalement, cette sensation de flotter entre deux mondes. La fac et le boulot et les conséquences et le groupe de connaissances que tu as laissé à une table dans ton dos semblent s'estomper comme les souvenirs d'un film que tu aurais regardé la veille. C'est vendredi soir et tu auras tout le week-end pour regretter quoi que ce soit qui peut encore arriver ce soir. Tu te laisses un peu aller sur ton tabouret, poses le menton dans le creux de ta main, le coude posé sur le comptoir, la tête penchée sur le côté pour le regarder. Un petit rire te chatouille le fond de la gorge ; tu le laisses échapper à l'air libre. "Alors ça nous fait quelque chose en commun, parce que je dois être assez con aussi." Et puis tu gazouilles joyeusement comme un gentil Gabriel qui a déjà un verre de trop dans le nez, gazouilles sur ce qu'il voudra te faire dire, gazouilles sur Millenium et sur la photo et sur tes études, sur tes rêves pour l'avenir et sur tes rêves pour le monde, sur l'univers de princesse disney dans lequel tu vis depuis que tu as ouvert les yeux, les méchantes fées et les chansons en moins.

Tu te dis que ce n'est pas grave s'il n'a pas envie de te dire qui il est ; que tu es capable de faire la conversation pour deux. Jusqu'au moment où tu n'as plus rien à dire, et tu prends une gorgée du verre que tu as commandé entre-temps, parce que le récit d'une vie, fût-elle aussi futile que la tienne, ça donne soif. Et aussi pour te donner le temps de l'observer, de te demander si tu peux tenter ta chance. "Et toi ?" tu finis par demander de cette stupide voix candide, avant de dire un peu précipitamment : "Tu n'es pas obligé de répondre, juste-- j'ai l'impression d'être aux alcooliques anonymes là. Même si-- (tu regardes ton verre) on est en train de défier le principe entier des alcooliques anonymes. Ouais, la comparaison ne tient pas." Tu dois avoir les yeux un peu trop brillants les joues un peu trop roses, tu ne ressembles plus au Gabriel qui serait déjà endormi dans son lit un vendredi soir à l'heure qu'il est et tu es sûr de ne pas détester ça.



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Sam 13 Aoû - 21:28
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Fallait au moins lui donner quelque chose à ce gentil garçon, il était bavard. Bien plus que Josiah ne pouvait l'être, d'ailleurs bien plus qu'il ne l'avait jamais été. C'était une bonne chose, puisque sa nature curieuse poussait le brun à interroger son interlocuteur et si ce dernier avait envie de lui répondre, alors au moins la conversation ne serait pas pauvre. Pour sa part, il esquivait généralement toutes les questions avec une fascinante habileté, ce qui rendait généralement ses nouvelles rencontres plutôt désorientées. Difficile d'apprendre quelque chose de lui, de deviner autre chose que ce que son regard voulait bien dévoiler. Voilà pourquoi les gens bavards étaient toujours de bonne compagnie. Ils parlaient bien assez pour deux, ne laissant pas trop de place pour ceux qui ne veulent pas parler, ou du moins pas sérieusement.
Gabriel racontait donc ce qu'il faisait à Londres, depuis quand il y était et tout ce qu'il y avait d'intéressant à dire à ce sujet, arrachant un sourire au plus âgé des deux. La mentalité c'était effectivement une toute autre histoire, sans parler de l'accent. D'ailleurs, entendre qu'il retenait son accent fit ricaner un peu Josiah qui n'avait jamais eu cette politesse envers les Anglais. Pourquoi se cacherait-il de ne pas être comme eux ? Après tout, il n'avait jamais aimé ce pays, alors pourquoi tenter à son mieux de s'y intégrer ? C'était peine perdue dans son cas. Étranger ça lui convenait bien mieux, puis quelque part ça l'arrangeait aussi. C'est ainsi qu'il se sentait depuis sa venue ici, que ce soit avec ses proches, son père, cette ville et tout le reste. La référence musicale elle au moins le fit sourire à nouveau, l'arrachant à des pensées un peu vagues pour le ramener à la réalité, lui faisant hausser un sourcil alors qu'il jugeait plutôt positivement le jeune homme pour cela. Un peu de culture musicale n'avait jamais fait de mal à personne, n'est-ce pas ?

« Le grand nord ? » Un rire s'échappa à ses lèvres, avant qu'il n'hausse un peu les épaules.. « Bon, quoi que du point de vue de San Francisco ça doit l'être en effet.. »

La suite cependant surprit quelque peu Josiah qui ne s'attendait pas vraiment à se faire prendre au sérieux aujourd'hui. Visiblement sa petite blague sur la tolérance zéro du gamin ne passait pas très bien. Il s'expliquait maladroitement devant le regard quelque peu amusé, mais aussi un peu embarrassé du plus vieux. Lorsqu'il annonça qu'il rigolait, histoire d'arrêter cette scène des plus tristes, Gabriel sembla honteux de s'être à nouveau ridiculisé, ce à quoi Josiah répondit d'un faible rire pour détendre un peu l'ambiance. Ah, pas doué. Il ne savait pas vraiment quoi lui dire après ça, après tout le but de ses bêtises n'était pas - pour une fois - de blesser son interlocuteur ou le mettre mal à l'aise, mais plutôt de le faire rire et le détendre. Faut croire qu'il ne savait pas s'y prendre avec les gentils garçons, tout le monde n'a pas un humour d'attardé comme lui.

Cependant l'annonce du second verre lui fait retrouver un sourire plus franc. Alors qu'il le commande, avant que le gamin ne change d'idée, ce dernier avoue être un peu con lui aussi, ce qui attire le regard de Josiah sur lui. Décidément, il sait à nouveau lui arracher un petit sourire, avec sa tête d'idiot après un seul verre, cette tête d'idiot trop bavard, mais qui pourtant trouve bonne oreille chez Josiah. En effet, malgré son apparence du mec qui n'en a probablement rien à foutre de sa vie, c'est loin d'être le cas. Il se soucie de ce qu'il a à dire, de ce qu'il peut bien raconter avec un verre ou deux au fond du ventre. Sa vie n'a rien de passionnante, quoi qu'elle le fait sourire, elle l'amuse un peu au fond cette petite vie tel un fleuve tranquille. La sienne n'est guère plus intéressante au fond, si ce n'est que son esprit lui a fait prendre de drôles de chemins, agitant le fleuve par moments, causant l'agitation où il n'y aurait pas lieu d'en avoir. Finalement, il sait bien qu'il aurait pu être lui aussi un gentil garçon, simplement... il n'avait jamais réussi à avoir un réel contrôle sur son existence malheureusement.

Au cours du récit, il montra souvent quelques marques d'attention et d'intérêt, incitant le gamin déjà un peu saoul à continuer, à en dire toujours un peu plus à son sujet. C'était bien comme ça, du moins jusqu'à ce que l'inévitable retour de la question ne vienne. Et lui ? Que dire. S'attendait-il vraiment à ce qu'il lui raconte sa petite existence en retour ? Gabriel se reprit immédiatement, annonçant qu'il n'était pas obligé de répondre, puis se perdant quelque peu dans une comparaison fort bien maladroite qui arracha un nouveau rire franc à Josiah. Lui aussi commençait à avoir l'esprit un peu embrouillé, quoi que loin de l'être autant que son compagnon de soirée. Il avait bu un peu avant cette rencontre, puis buvait encore un peu plus vite que Gabriel, voilà qu'il riait plus aisément mais son esprit était encore bien trop clair comme toujours. Il avait suffisamment bu pour ce soir.

« Eh bien alors on est vraiment les alcooliques anonymes les plus pathétiques qui soit. Mais j'comprend le principe. Ces rencontres flippantes où genre je me lève d'un air solennel avec ma tête dépitée du mec qui aimerait bien s'envoyer un verre ou deux, et j'raconte mon histoire, genre ouais, j'bois parce que quand j'avais douze ans mon oncle m'a violé et ma mère me tabassait, tout ça tout ça ? »

Faut dire que cette fois, son humour ne ferait vraiment rire personne sauf lui-même. D'ailleurs, c'est ce qu'il fait. Il rigole comme un idiot avant de finir son verre, secouant la tête en agitant la main comme pour signifier au gamin qu'il n'est pas sérieux. Faut pas non plus le laisser croire à des histoires pareilles, surtout qu'il en serait bien capable. Il reprend cependant un peu son sérieux après cela, posant ses yeux sur lui avec un sourire plus doux cette fois.

« J'déconne t'en fais pas. J'suis juste un mec banal, j'ai 27 piges et j'suis en première année de philo à Millenium aussi. Tu m'diras, j'suis un peu vieux pour être en première hein ? Ouais, un peu, mais quand j'avais 20 ans j'savais pas vraiment c'que j'voulais faire dans la vie. J'préférais être un voyou moi, c'est pas très glorieux tout ça. »

Un rire à nouveau, et c'est là tout ce qu'il aurait à se mettre sous la dent. Mieux que rien, loin d'être l'histoire d'une vie. Pas question de tout lui dire, de faire le mec un peu trop saoul au bar qui raconte tout dans les moindres détails. Pas question de voir ses jolis yeux trahir la pitié ou une forme semblable de compassion écœurante qui lui aurait rapidement filé la gerbe. Pas question de remuer la merde qui dort au fond de la rivière, l'eau est claire pour l'instant, alors laissons le sol boueux où il est pour qu'il ne vienne pas la brouiller.
Un voyou. Il avait toujours choisi ce mot pour parler de lui-même. Quoi que salaud serait plus adapté parfois, connard même, voire peut-être sale type, mais voyou ça lui allait aussi. Il en avait l'apparence, mais aussi l'esprit libre, toujours cette envie de faire des bêtises sans parler d'un problème évident avec l'autorité. Il était aussi voyou lorsqu'il ne résistait pas à sortir la nuit pour dessiner sur les murs, sans parler de tout le reste, mais ça lui allait bien d'être ainsi, car au moins il n'était pas rien.

Alors il se redressa, signifiant bel et bien que son récit s'arrêtait là. Son verre était fini depuis un moment déjà et l'envie de fumer était désormais irrépressible. C'était une fuite peut-être, du moins on pouvait l'interpréter ainsi, mais Josiah ne le voyait pas comme ça. D'ailleurs, il pointa vaguement la porte du bar derrière lui, soulignant ses paroles...

« Je sors en griller une, tu m'accompagnes ? »

Non ce n'était pas une fuite finalement. À vrai dire, c'était même le contraire de cela. Bien plus proche d'une invitation, d'une main tendue vers de nouvelles aventures. Josiah ne restait jamais bien longtemps au bar, il avait déjà bu trop à son goût et s'il restait là trop longtemps il boirait encore, puis il parlerait peut-être encore aussi, de quoi l'agacer et lui laisser un goût amer de regret le lendemain. Il en avait aussi marre de devoir parler trop fort pour se faire entendre, de devoir enterrer de sa voix pourtant trop basse la musique du bar. Il voulait retrouver la fraîcheur de la nuit et, bien entendu, y entraîner le gentil garçon.
En attendant sa réponse, il sortit quelques billets de sa poche pour payer les précédentes consommations au barman, n'étant tout de même pas voyou au point d'être voleur. Il ne voulait pas trop lui mettre la pression, mais payer les verres ça voulait un peu dire qu'il ne comptait pas revenir à l'intérieur. D'ailleurs, il n'attendit pas trop sa réponse puis se détourna, lui laissant le choix après tout, sortant le premier pour s'empresser d'allumer sa cigarette, glissant celle-ci entre ses lèvres pour enfin en aspirer la fumée. Satisfaisante sensation grisante qui lui fit fermer les yeux, recrachant lentement sa bouffée avant de rouvrir lentement les yeux. Allait-il le suivre, ce gamin ? Après tout, l'accompagner dehors un instant ça ne le forçait à rien pour la suite. Il pouvait très bien lui dire au revoir, bonne nuit, et rentrer sagement chez lui... Quoi que ce serait bien dommage.
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Mer 17 Aoû - 12:34

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Il te fait quelque chose, tu en es presque certain maintenant. Il fait quelque chose à ton cerveau ; tu ressembles de moins en moins au petit Gabriel bien gentil qui laisse sa place aux vieux messieurs dans le bus. Tu es plus anxieux et en même temps plus assuré que lui, et ce n'est pas que l'alcool. Tu as du mal à te concentrer sur ce qui se passe autour de toi, du mal à quitter Josiah des yeux – oh, et puis il sourit, il te sourit, parce que s'il est avare de mots il a des sourires à revendre, et tu rougis comme si tu n'avais pas déjà assez fait un idiot de toi-même, et c'est toi ou il commence à faire un peu trop chaud là-dedans (sûrement un peu des deux, parce qu'à mesure que vous entamez la soirée votre petit bar se remplit mais tu n'es pas complètement innocent non plus). Tu remarques que tu aimes particulièrement ses sourires. Ils te donnent l'impression d'être spécial, même si tu ne sais pas en quoi.

Reprend-toi, tu te dis. Si tu as de la chance, il ne pense pas encore que tu es un mec trop bizarre.
"Chicago ? C'est totalement le nord. Je veux dire, d'accord, Boston est encore un niveau au-dessus, mais la température moyenne dépasse pas les dix degrés ? Vous êtes au bord d'un lac mais vous pouvez vous baigner que deux fois l'an ? Vous utilisez activement le chauffage neuf mois sur douze ? Hm. Définitivement le nord." Tu souris, reprends une gorgée. "Enfin, c'est pas forcément une mauvaise chose. Au moins vous ne vous tapez pas les touristes en maillot de bain. Et puis, même si les White Sox sont plus la plus blanche des équipes de baseball, ils ont connu leur heure de gloire." Tu lui files un coup d’œil espiègle. Tu en rajoutes, mais c'est l'idée.

Tu le remercies pour le verre, l'entames tout de suite. Ce qu'il vient de dire pourrait t'inquiéter et tu pourrais aussi t'empresser de lui donner le numéro d'un bon psychiatre, mais tu commences à comprendre comment il fonctionne, avec son humour un peu trop trash pour toi, et tu te retiens de lui dire qu'il ne devrait pas blaguer avec des choses pareilles, comme aurait fait le Gaby de trois heures plus tôt. Au lieu de ça, tu caches un sourire derrière ta main – et c'est tellement plus facile de dire des conneries quand on est un peu pompette. "Je ne devrais pas te laisser me faire boire comme ça. Qui sait, peut-être que je vais découvrir que j'adooore ça et dans quelques années je me retrouverais dans une de ces réunions." Tu prends une mine tragique. "J'aurais abandonné mes études, je payerais mon alcool avec l'argent de ma bourse, j'aurais foutu ma vie en l'air et tout ça... tout ça parce que j'ai cédé à un inconnu dans un bar."

Finalement tu arrives à en savoir un peu plus sur lui que juste son nom et le fait qu'il aime bien payer des verres aux gens qui lui renversent des trucs dessus, et tu ne peux pas t'empêcher de trouver que ce n'est pas assez. Enfin, c'est peut-être égoïste de ta part mais lui sait tout sur toi ; il pourrait au moins t'en dire un peu plus – ça, tu ne le lui diras jamais, bien sûr, parce que ce ne serait pas poli et parce que tu ne le connais pas depuis assez longtemps, mais toutes tes bonnes manières ne peuvent pas t'empêcher de te sentir un peu peiné à l'intérieur. Peut-être qu'il ne considère pas comme important de t'en dire plus sur lui. Peut-être qu'il ne te considère pas comme important.
Si seulement tu étais capable de ne pas t'attacher aussi fort aussi vite à tout ce que tu rencontres.

Mais tu es trop Gabriel pour laisser voir quoi que ce soit de ta déception et tu souris ; il doit avoir ses raisons, tu te dis. Tu veux dire quelque chose mais il se lève, te propose d'aller un peu dehors avec lui, et tu oublies ce que tu voulais dire. Tu ne fumes pas – évidemment, mais tu n'as plus rien à faire à l'intérieur de toute façon, et quand tu te retournes, tu te rends compte que le groupe d'étudiants qui t'ont amené ici sont partis sans que tu les remarques. Tu hoches la tête et te lèves à ton tour pour le suivre – ouh, tu n'as juste pas prévu le vertige qui t'attrape au moment de te remettre debout.

L'air frais du soir, traître, te file un coup à la tête. "Wow," tu marmonnes en portant une main à ton front, le temps de remettre la main sur tes idées. Il est là, en train d'allumer sa cigarette, et tu peux dire ce que tu veux, sur la santé et la pollution et tout ça, tu n'arrives pas à en détacher les yeux ; tu as peur de laisser échapper quelque chose d'embarrassant, sur le ton de la conversation, quelque chose comme, hey, flippe pas, mais je te trouve beau comme les garçons trouvent les filles belles. Tu regardes de son côté et là tu as un coup au cœur ; tes yeux accrochent tout de suite aux contours de son visage pâle, à la lueur de la flamme qu'il protège à l'intérieur de sa main, à la façon dont la lumière du lampadaire joue de loin dans ses cheveux en désordre. Tes doigts te démangent ; tu sais exactement ce que tu dois faire, mais tu ne sais pas si tu peux.
Tu as envie de lui demander, mais aucun des compliments auxquels tu peux penser à ce moment ne sont assez forts pour lui, alors tu lui dis doucement, les joues sombres dans la pénombre, "hey, j'ai envie de prendre une photo de toi, là, tout de suite." Ça ne sonne pas bien ; peut-être que ça ne sonnera jamais bien, peu importe la façon dont tu le diras, parce que c'est juste une chose trop étrange à demander à quelqu'un, mais tu espères qu'il voudra bien te laisser essayer tout de même.



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Jeu 18 Aoû - 6:44
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Sans trop savoir si Gabriel le suivrait, sans trop savoir si ça l'embêterait qu'il ne le fasse pas, il était sorti. Arrivé à une certaine heure, on ne voyait jamais Josiah assit au bar et ce n'était pas plus mal ainsi. Les réunions des alcooliques anonymes auraient certainement un nouvel abonné s'il se mettait à traîner tardivement et trop souvent ici bas. Lui qui aimait un peu trop le goût de l'alcool, mais plus encore sa capacité à lui faire oublier ses tracas et le punir de ses mauvais choix ; S'il se mettait à boire il ne s'arrêterait certainement jamais. Quoi qu'on puisse dire et croire de lui, dans l'ombre et sans que les gens ne s'en rendent compte, il faisait des efforts et tentait au mieux de garder fermement en main les rênes de sa vie. Il ne manquerait plus qu'elle lui échappe des mains et qu'après toutes ces années à faire des efforts cela ait été vain.

Alors il avait poussé la porte et était sorti le premier, puis il entendit celle-ci s'ouvrir à nouveau sans tourner le regard, devinant que le gamin l'avait suivi. Il réprima même un nouveau sourire, se rendant bien compte qu'il en avait laissé s'échapper un peu trop ce soir. Quoi que ces sourires ne veulent rien dire, rien de plus que le haussement du coin de ses lèvres, rien qui ne s'approche des rires francs et bruyants qu'ont les enfants et ceux qui leur ressemblent. Ses sourires étaient plus espiègles, moqueurs ou même parfois francs, mais légers.

Relevant enfin le visage, son regard s'était accroché au sien alors qu'il aspirait la fumée nocive dans ses poumons. Il eut alors un instant d'arrêt, comme s'il était surpris de voir au fond de ses yeux une telle lueur. Il n'arrivait pas à deviner précisément ses pensées, après tout c'était impossible, mais il pouvait en distinguer les contours et la silhouette. La lueur au fond de ses yeux lui paraissait vaguement familière, quoi qu'il ne puisse dire avec exactitude où il l'avait vue avant cela ni même s'il ne l'avait pas rêvé. Peu importe, car dans tous les cas sans trop savoir pourquoi, il fut flatté de surprendre ce regard sur lui.
Il y eut alors un bref silence, cet échange de regard avant que Gabriel ne prenne finalement la parole. Ses mots surprirent Josiah qui, à vrai dire, ne s'y attendait pas vraiment. Lui qui tirait alors une nouvelle bouffée sur sa cigarette manqua de s'étouffer avec celle-ci en riant un peu, masquant son embarras en lâchant entre ses lèvres à peines ouvertes « T'es pas sérieux.. » Alors qu'il savait très bien que oui. Il aurait bien pu penser que ce n'était que des paroles dites pour le séduire, si celles-ci avaient été prononcées par un dragueur de bas étage. Cependant c'était loin d'être le cas. Gabriel l'annonçait avec une franchise déconcertante, car visiblement il exprimait avec sincérité le fond de sa pensée. C'était bien là toute la complexité de la chose, pourquoi voulait-il une chose pareille ? Josiah avait conscience de ne pas être des plus laids, cependant il n'était pas plus beau qu'un autre. Même d'un point de vue tout à fait artistique, qu'avait-il vraiment ? Des traits passablement agréables, de beaux yeux peut-être ? Il était surprenant de voir à quel point quelqu'un comme lui, qui pouvait être bien trop irréfléchi parfois, pouvait aussi beaucoup trop penser par moments. Il se posait des questions sur quelque chose qui n'avait probablement pas de réponse. C'était une simple envie, proche de l'inexplicable et qui était-il pour lui dire non ? Après tout, ça l'avait forcément flatté bien sûr, mais pas que ça. Lui qui avait passé bien trop d'heures de sa vie à tenir un crayon et à gribouiller, il pouvait arriver à comprendre cette soudaine envie, quoi que le fait qu'elle le concerne l'ait troublé...

« Je ne suis pas très photogénique à vrai dire. » C'était un genre de mensonge, car en vérité il n'en savait trop rien. Les photos qu'on prenait de lui étaient toujours un peu faussées par la tête d'idiot qu'il s'amusait à prendre dessus, pour ne pas devoir affronter son propre regard ensuite immortalisé à tout jamais. Devoir se regarder en face et voir suinter de ses traits toutes ces choses qu'il ne voulait pas voir, c'était loin de lui plaire comme idée alors il faisait l'idiot sur tous les clichés de lui, tirant la langue, montrant les crocs, cachant son visage ou prenant la pose comme un imbécile. C'était loin de le mettre à son avantage, mais là n'était pas l'intérêt. C'était tout simplement mieux ainsi, du moins dans sa tête. « Mais si ça te plaît alors vas-y. »

Il regretta tout de suite d'avoir accepté en regardant Gabriel extirper l'appareil de son sac. Décidément, il n'avait jamais été à l'aise devant l'objectif. Ni même derrière d'ailleurs. Il se souvenait vaguement de ses cours de photographie alors qu'il étudiait l'art sept ans plus tôt. Il se souvenait avoir longtemps observé dans le viseur sans jamais vraiment savoir ce qu'il devait y voir. Ce qui devait être beau, ce qui ne l'était pas, tous ces réglages qui changeaient des choses auxquelles il était aveugle. Pourtant, il savait apprécier les photographies des autres, mais les siennes semblaient toujours bien plus vides de sens et d'énergie. Il s'était bien vite rendu compte qu'elles révélaient tout simplement un manque de passion qu'il ne s'avouait qu'à moitié.

Ses doigts se crispèrent vaguement sur sa cigarette alors qu'il regardait Gabriel faire, puis il finit par faire le vide dans son esprit, se convainquant que ce n'était qu'une fois, une photo et pourquoi s'en faire avec celle-ci ? Il laissa donc le jeune homme faire ce qu'il avait à faire, sans trop chercher à y porter d'attention. S'il y pensait trop il allait forcément tirer la tronche sur la photo c'était certain. Il allait avoir ce regard trop froid et une tête de con pour aller avec. Alors il se contenta de fumer comme il l'aurait fait de toute manière, observant distraitement un groupe de jeune de l'autre côté de la rue qui riaient un peu trop fort pour l'heure.
Après quelques instants il tourna les yeux vers Gabriel, s'interrogeant à savoir s'il avait pris la photo ou non. Il attendit de le voir baisser l'appareil de devant son visage pour pouffer un peu, masquant une forme de soulagement. C'était fini, enfin.

« Ça va ? Tu as ce que tu voulais ? Fais voir... »

Il s'approcha alors d'un pas ou deux, un peu trop en fait, venant près de lui pour voir la photo et constater la tête qu'il aurait dessus. Malgré son anxiété, il était au moins autant curieux alors il devait voir. Il voulait savoir ce qui avait attiré l’œil de Gabriel, ce qu'il avait vu pour avoir envie de le prendre en photo. L'allure de cette scène banale pourtant, mais qui l'avait poussé à faire cette demande un peu maladroite sans craindre de se ridiculiser à nouveau.
Son corps s'était pressé un peu trop au sien pour espérer voir sur le petit écran de l'appareil haut de gamme la photo. Il ne s'en était pas rendu compte tout de suite, puis la proximité lui avait semblé un peu trop évidente d'un coup. Comme s'il redevenait lucide. Cependant, il n'eut pas le réflexe de reculer pour respecter l'espace personnel du jeune photographe, au contraire il préféra rester là et même déposer doucement sa main sur l'épaule du plus jeune. D'un coup, la photo ne l'intéressait plus autant qu'une seconde auparavant et il s'était plutôt intéressé au visage de Gabriel éclairé par la lueur du petit écran de l'appareil. Sa cigarette se consumait alors entre les doigts de sa main libre sans qu'il n'y porte plus la moindre attention.
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Ven 19 Aoû - 10:11

ft. Josiah
"Bad boys" are not so picky: They ride away and feel so happy To fight for girls boys they do adore, Snorting like boars rolling on the floor With their leather jacket and their rocky voice, They hit, fight, kick, wreak havoc and rejoice, Nobody knows what they are looking for – A kind of battle axe or maybe more

« Didn't mean to drag you into my world » he says (oh wait, he totally did)

Quand il accepte, tu te mets à chercher d'une main ton appareil dans ton sac, à tâtons, sans le quitter des yeux, comme s'il allait se raviser d'une seconde à l'autre et partir d'un grand éclat de rire avant de faire un commentaire un peu brusque, comme tous ses commentaires, sur les idées bizarres que tu peux avoir parfois. Tu as vu passer une grosse hésitation dans ses yeux et un instant tu as cru qu'il n'allait pas te laisser faire. La gêne, la peur de l'image. Tu le comprends bien ; tu dois encore plus lâche que lui, puisque tu préfères être derrière l'appareil que devant. En modifiant les réglages, tu te rappelles un bout de cours de philo du lycée, quelque chose à propos de la confrontation de l'image que l'on se fait de soi à l'image réelle, et la peur que la différence soit tellement grande que l'on puisse pas reconnaître l'image réelle – que l'on ne puisse pas se reconnaître. La photo est d'une honnêteté crue ; d'une vérité terrible, sans compromis. C'est pour ça qu'on a inventé les filtres instagram ; tu souris à la pensée qui vient de te traverser l'esprit en sélectionnant le réglage nocturne.

"Ssh. On va voir ça tout de suite." Tu sais d'avance que ce sera une belle photo – peut-être pas une de tes plus belles, parce que les conditions ne sont pas idéales et que tu te sens un peu maladroit tout à coup, un peu trop responsable de ce que tu t'apprêtes à faire, mais si tes mains arrêtent de trembler, de l'alcool et de la fraîcheur de la soirée et de pleins d'autres choses que tu ne t'expliques pas, tu sens que tu réussiras à sauvegarder dans cette photo la sincérité de l'instant, comme un cœur qui bat trop vite. Tu te demandes ce qui se passera si tu la rates, si ton doigt glisse au mauvais moment ou si ton œil te trahit. Ou si Josiah n'aime pas la photo. Il va vouloir la voir, à coup sûr. Si elle n'est pas comme tu veux, tu n'oseras jamais la lui montrer. "Personne n'est photogénique, ou alors tout le monde l'est," tu le rassures à voix basse. "Ça s'appelle juste de l'estime de soi." Mouais. Regardez donc qui parle.

Il bouge un peu, cherche ses bases. Tu lui laisses le temps de s'adapter au regard de la caméra. Finalement il arrive à retrouver quelque chose de naturel, et ce n'est pas aussi parfait que tout à l'heure mais presque. Tu retiens ton souffle et, quand tu sens que c'est le moment, tu appuies sur le déclencheur. Tu t'obliges à n'en prendre qu'une seule ; tu as cette superstition bizarre sur l'identité de la photo. Tu baisses l'appareil pour juger du résultat. Dang. En même temps, tu te dis, avec un sujet pareil, difficile de la rater.

Tu as coupé son buste juste en-dessous des épaules ; son bras remonte du néant pour tenir sa cigarette entre ses lèvres. Son regard traverse la photo ; il a les yeux perdus dans le bord opposé, vers la source de lumière qui dépose quelques taches plus claires sur son visage, contre l'ombre qui s'accumule derrière son dos. Sa cigarette rougeoie au moment où il tire dessus, une lumière plus brute, et l'air est trouble de la fumée de sa dernière bouffée, disparaissant comme un chuchotement. Tu ne l'as pas centré ; c'est un format paysage et il occupe seulement une petite moitié de la photo, cerné par la nuit ; on dirait qu'il est seul.

Tu ne peux pas t'arrêter de sourire. Tu entends vaguement Josiah dire quelque chose avant de te rejoindre pour voir lui aussi, mais tu ne peux pas lui accorder trop d'attention tout de suite. C'est le moment où la chose de l'esprit devient chose visible – tu es impatient de pouvoir l'imprimer, la faire naître comme il faut. Tu es fier comme un père. Tu penches un peu l'appareil de son côté, pour qu'il puisse voir. "Elle te va ?"
Quand tu donnes un coup d’œil vers lui, tu réalises à quel point il s'est rapproché – et puis le poids de sa main sur ton épaule, aussi. Proche. Rien qu'un instant, tu oublies comment on respire. Trop proche. Ton premier instinct te dit de te dégager ; le deuxième te dit que, n'importe quoi, on est plutôt bien comme ça. Tu te mords les lèvres et, juste comme ça, tu es incapable de détourner les yeux. Des idées stupides se mettent à courir dans ton esprit, des idées qui impliqueraient ta bouche sur la sienne. Dios mío, depuis combien de temps n'as-tu pas embrassé quelqu'un. Tu te rappelles une petite fille qui n'avait pas encore toutes ses dents, dans la haie du terrain de foot, avec un rire qui te rappelait les ailes d'un colibri. Vous avez posé vos lèvres l'un contre l'autre, et quand vous êtes sortis en vous tenant la main, tout le monde a crié que vous étiez des amoureux. A l'école, c'était un jeu ; là, tu en as besoin.

Il tourne les yeux vers toi et tu baisses les tiens, comme si ça pouvait l'empêcher de deviner à quoi tu penses. Ce serait tellement facile de tourner ton visage de son côté et de le prendre par surprise ; mais ce serait encore plus facile de te dégager en riant et de lui souhaiter au revoir et bonne nuit. Il est encore temps, il doit encore y avoir un métro à cette heure-là pour te ramener chez toi.
Mais tu as peur des choses que tu pourrais te reprocher si tu t'enfuis, alors tu te penches vers lui et tu lui plantes un petit baiser sur les lèvres, suffisamment vite pour ne pas avoir à y penser, trop pour pouvoir appeler ça embrasser. Tu blêmis, puis rougis, et tu bégayes quand tu veux déballer des excuses, "Ce n'était pas-- je ne voulais pas-- je suis désolé."



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Ven 19 Aoû - 21:44
I GOTTA ADMIT THAT I LIKE TO MESS WITH GUYS LIKE YOU.

Alors que son regard avait été soudainement plus attiré par le visage de Gabriel que par la photo sur l'écran, le jeune homme tourna vaguement celle-ci pour capter l'attention de Josiah. Il avait alors finalement posé les yeux sur l'image, restant un bref instant sans voix et sans pensées. Il s'était évidemment reconnu sur la photo, y voyant clairement ses traits qu'il n'appréciait pas entièrement quoi qu'il fasse croire avec ses grands airs et sa confiance factice, mais il y vit aussi une certaine beauté. Moins chez lui que par la scène qui paraissait tirée d'un film captivant. Tout était parfait, la lumière et l'ombre, le cadrage, l'instant parfait où son regard semblait ne pas se soucier de l'appareil. Il ne se souvenait même plus l'avoir eu. Il ne se souvenait pas d'ailleurs la dernière fois qu'il s'était ainsi laissé prendre en photo en toute innocence, sans gâcher l'image d'une quelconque grimace. Ça lui faisait évidemment plutôt bizarre de se voir ainsi et pourtant cela le rassurait. Il n'avait pas l'air d'un être repoussant comme il l'aurait imaginé, du moins pas sur cette photographie. Alors, il eut un vague sourire, agréablement surpris par le résultat et par ce petit photographe qui avait osé lui demander pour, visiblement, une bien bonne raison.

Il tourna à cet instant ses yeux clairs vers Gabriel, surprenant un nouveau regard avec un sourire cette fois à peine réprimé. Il eut envie de lâcher une quelconque moquerie, car il avait bien vu la gêne sur son visage lorsqu'il avait détourné les yeux, cependant il ne le fit pas. Il n'eut pas le temps de toute manière. Alors qu'il croyait le jeune homme sans folie en lui, quoi que loin d'être vide de passion apparemment, celui-ci le surprit à nouveau en approchant rapidement son visage du sien.
Avait-il la prétention d'appeler cela un baiser ? Josiah restait sur sa faim, ses lèvres pourtant brûlantes, désirant les siennes au moins autant que lui. C'était audacieux, il fallait l'admettre il n'aurait pas cru ce gentil garçon capable de faire les premiers pas, mais c'était trop peu. Trop peu pour Josiah qui en avait un peu trop clairement eu envie dès le départ. Qui avait écouté le jeune homme raconter sa vie en se laissant parfois distraire par ses lèvres qui remuaient au rythme de ses paroles. Il garda alors son visage près du sien et écouta Gabriel bégayer quelques excuses maladroites, cherchant visiblement à se sortir de cette situation dans laquelle il ne semblait guère à l'aise.

C'est alors qu'il mit fin à ses paroles qui, cette fois-ci, ne l'intéressaient pas vraiment. Pourquoi s'excuser, si ce n'est de le frustrer un peu avec ce baiser qui lui rappelait vaguement l'école primaire ? Il glissa donc ses doigts de son épaule à sa nuque, puis doucement dans ses cheveux pour éviter que le jeune homme ne se recule et ne décide de fuir. Il n'en était pas question.
Cette fois-ci ce fut à son tour d'approcher son visage du sien, mais le baiser qu'il lui prit n'avait rien de la pudeur du précédent. Son geste avait été lent et sans presse, ses lèvres se joignant aux siennes bien plus tendrement et longuement cette fois. Il caressait distraitement ses cheveux, ayant fermé les yeux le temps de goûter cette fois pleinement à ses lèvres,  se reculant après quelques instants en détaillant son visage, masquant un fond d'amusement.

« Si tu veux m'embrasser ne fais pas semblant... »

Il rapprocha à nouveau son visage du sien, quelque peu gourmand, perdant le mince sourire qu'il avait au coin des lèvres lorsque celles-ci touchèrent celles du plus jeune. Ils échangèrent un nouveau baiser, auquel Josiah commençait à sérieusement prendre goût. Depuis quand avait-il un faible pour les mecs timides et sages ? C'était loin d'être son genre, lui qui était à vrai dire tout le contraire de cela. C'était bien impossible de rater les joues empourprées de Gabriel, ses maladresses, ses hésitations et tout le reste et pourtant, Josiah ne le trouvait pas moins craquant pour autant. À vrai dire, c'est bien là tout ce qui faisait son charme, cette innocence à laquelle il n'était plus habitué depuis bien trop longtemps. Cette honnêteté véridique et peut-être même une candeur rappelant celle d'un enfant, ce n'était que des choses qui l'avaient quitté depuis de nombreuses années et qu'il ne retrouvait pas vraiment chez ses proches et encore moins ses amants. Peut-être était-ce tout simplement ce dont il avait besoin, sans le savoir. Dans tous les cas c'était ce dont il avait envie, là tout de suite.

Le baiser fut à nouveau rompu et Josiah éloigna cette fois doucement son visage de celui du plus jeune. Il avait au moins mit fin au flot d'excuses, ne serait-ce que pour un moment et c'était bien meilleur ainsi. Il se perdit à nouveau dans les traits de son visage, avant d'enfin s'éloigner un peu plus, son corps quittant le sien contre lequel il s'était pressé sans la moindre gêne. Rappel à la réalité, la nuit était froide et l'espace d'un instant il l'avait oublié. Il avait d'ailleurs aussi oublié sa veste un peu sale, cette cigarette presque totalement consumée entre son index et son majeur et à peu près tout autour d'eux.
D'un geste las il jeta le mégot au sol sans tirer dessus une dernière fois, sachant très bien qu'il en allumerait une autre sur le trajet du retour de toute manière.

« Je vais rentrer chez moi... » Ça, ils le savaient déjà tous les deux. Josiah ne retournerait pas à l'intérieur du bar, plus maintenant. Cependant, il restait à savoir s'il rentrerait seul ou non à son appartement qui se trouvait à une quinzaine voire peut-être une vingtaine de minutes de marche du bar. Après ce baiser il n'avait plus aucune raison d'hésiter et alors il chercha à croiser les yeux foncés du jeune homme tout en ajoutant la question d'un air vaguement désinvolte. « ...Tu m'accompagnes ? »

Parce qu'ils n'allaient pas rester là à s'embrasser comme des adolescents devant le bar. Parce qu'ils avaient clairement passé l'âge d'hésiter, puis après tout que font les inconnus qui se rencontrent dans un bar gay et s'embrassent à la sortie ? Clairement rien d'innocent, quoi qu'on veule bien en penser.
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Dim 21 Aoû - 10:42

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« Didn't mean to drag you into my world » he says (oh wait, he totally did)

Quand tu oses relever les yeux, il n'a pas l'air ennuyé ou irrité comme tu avais peur qu'il soit. Ç’aurait peut-être été mieux qu'il le soit vraiment, tu te dis ; vu la vitesse à laquelle ton cœur bat, tu as l'impression que tu vas fondre dans tes chaussures. Mais la main qu'il a posé sur ton épaule remonte se nicher dans ta nuque, t'empêche de te dérober, et soudain tu as envie en même temps de lui dire que c'est une mauvaise idée et de l'embrasser jusqu'à ce que tu n'aies plus de souffle dans ta poitrine. Il approche son visage et la main à l'arrière de ta tête te fait faire le reste du chemin, bien que tu ne te sentes pas très capable de résister, et ça arrive encore, tes lèvres contre les siennes. Tu fermes les yeux mais il recule presque immédiatement et tu laisses échapper un soupir entre vous. Il reste proche, te nargue avec un sourire et un peu plus.

Tu rougis mais réponds avec un débordement d'honnêteté, "Je ne fais pas semblant," les yeux dans les yeux, et tu as le temps de te préparer cette fois quand il s'approche de nouveau, pour rester un peu plus longtemps. Ses lèvres ont un drôle de goût, sans doute la nicotine – ce n'est pas aussi désagréable que tu pouvais t'y attendre, pas agréable non plus, juste... nouveau. L'appareil photo, que tu n'as plus la présence d'esprit de remettre dans ton sac, se met doucement en veille entre vous ; tu y as gardé les mains, t'y accroches un peu plus fermement que nécessaire, comme si ça pouvait t'empêcher de t'oublier tout à fait. Il resserre les doigts de la main dans ta nuque, sans y penser, tu imagines, et, ow- owowow, tu sens tes genoux mollir sous toi. Tu ne savais pas que c'était si sensible à cet endroit-là.

Quand il s'écarte, tu es partagé entre le regret et le soulagement. Oh, bien sûr, c'était agréable et même au-delà, simplement, tu n'es pas sûr de pouvoir tenir longtemps avec un tel niveau d'adrénaline dans tes veines. Un frisson fait se dresser les petits cheveux de ta nuque quand il retire sa main et tu découvres que tu t'étais habitué à sa présence contre la tienne. Tu réalises que tu tiens toujours ton appareil, le ranges rapidement, puis te mets à tirer sur les pans de ta veste parce que tu ne sais plus quoi faire de tes mains.

Il te dit qu'il va rentrer chez lui. Tu le regardes, souris sans comprendre – tu as très bien compris, tu ne veux juste pas être déçu. Tu ne devais pas embrasser si bien que ça, finalement ; en même temps, c'est pas comme si tu avais eu des masses d'entraînement, un gentil garçon comme toi (à moins que baver sur ton oreiller la nuit ne compte comme un entraînement). Ce n'est pas comme si tu espérais quelque chose de plus – vraiment pas.

Et il attend encore un peu avant de te proposer de venir avec lui, et tu vas finir par croire qu'il aime ça, jouer avec tes émotions, te donner des mini-crises cardiaques, ou peut-être que c'est juste toi qui ne sais pas comment interagissent les gens normaux. Tu rougis furieusement – décidément, tu commences à avoir de l'entraînement – et hoches la tête, les yeux fixés au sol. A ce moment-là, il pourrait tellement se rire de toi ; mais n'est-ce pas comme ça que cette soirée a pu commencer, lui, se moquant gentiment de toi, et toi, embarrassant et embarrassé ?...

Tu le laisses t'emmener, alors, dans les petites rues qui ne sont plus très bien éclairées à cette heure-là. La nuit est assez avancée pour que des morceaux de brouillard se glissent hors de ta bouche à chaque souffle. Tu as le temps de les observer parce que tu ne te sens pas d'humeur bavarde ; tu es trop occupé à ne pas penser à ce qui va se passer une fois que vous serez arrivés. Le silence n'est pas forcément inconfortable ; c'est le silence de deux personnes plongées dans leurs pensées, tapissé par le bruit de vos quatre semelles contre le goudron humide. Il fait froid, mais ton visage reste brûlant pendant tout le chemin, comme si tu avais deux braseros dans les joues.
Finalement il t'ouvre la porte de chez lui et tu te tiens debout dans la première pièce, sans savoir quoi faire de toi, attendant un signe de sa part, quelque chose t'autorisant à avancer ou reculer. Tu tripotes les bords de ta veste, en essayant de te convaincre que ta présence ici n'est pas une mauvaise chose, puis tu lui lances un regard qui pourrait vouloir dire, « et maintenant. »



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Dim 21 Aoû - 21:24
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Il avait accepté, sans trop hésiter d'ailleurs à la grande surprise de Josiah qui s'attendait à le voir chercher une excuse et devoir le convaincre d'une manière ou d'une autre. Peut-être l'avait-il déjà convaincu, de ses lèvres sur les siennes et de quelques sourires aussi. En le voyant rougir il en eut d'ailleurs un de plus, ce petit sourire qui trahit son amusement, quoi qu'aussi un fond d'attendrissement. Il avait quelque chose de charmant, ce gentil garçon. Quelque chose qui donnait à Josiah envie de sourire pour rien, certainement son innocence. C'était certes en grande partie car il s'en moquait, quoi que celle-ci le touche effectivement sans qu'il n'ait envie de l'avouer. C'était beau à voir, il ne s'en lassait pas ; Ces joues rouges, ce regard fuyant, de longs silences qui laissent passer les malaises pour les remplacer par quelques sourires idiots.

C'est ainsi qu'il l'emmena chez lui. Le chemin du retour n'était pas très long, du moins pas trop pour lui qui se déplaçait toujours à pieds ou en skate. Difficile de ne pas avoir de voiture, disent-ils, mais avec les bus et le métro il n'avait jamais eu le moindre mal à se rendre où il le voulait. c'était quelque chose qu'il appréciait de Londres, il pouvait aller et venir dans la ville sans problème, librement. Enfin, autant dire qu'avec un appartement près du centre ville il n'avait pas beaucoup de déplacements à faire pour aller chercher tout ce dont il pouvait avoir besoin. Pratique et sympa, quoi qu'un peu trop cher pour lui même en colocation ; En effet, le grand appartement au troisième étage d'un vieux bâtiment lui plaisait beaucoup et il s'entendait plutôt bien avec Lilian, celui qui le partageait avec lui, cependant il songeait à déménager depuis peu car ses moyens ne lui permettaient définitivement pas un tel luxe. Quelle idée aussi d'aller vivre dans un endroit pareil, il avait définitivement vu plus grand que ses moyens de pauvre étudiant lui permettaient. Son ancien salaire de serveur lui manquait bien souvent, mais il tentait de se rassurer en se disant qu'après tout cela, après l'université, il pourrait faire mieux, être quelqu'un pour vrai et pas qu'un simple serveur qui se faisait harceler par les clients désagréables et vriller les oreilles par les enfants de ceux-ci.

La route se fit donc en silence entre les deux hommes, Gabriel semblant avoir épuisé toutes les paroles qu'il pouvait prononcer dans une seule soirée. Ce n'était pas plus mal, quoi qu'un peu dommage, car il laissait ainsi le temps à Josiah de se perdre dans ses pensées en fumant tranquillement. Le silence était loin de le déranger, ce n'était pas nouveau pour lui après tout. Il ne le brisa donc pas, profitant de la fraîcheur de la nuit, celle-ci l'ayant toujours apaisé. Quelques regards vers Gabriel, pour voir comment il allait, pour déceler quelque chose sur son visage, quelque chose d'autre que ce rouge qui semblait tacher ses joues foncées. Il s'était probablement perdu dans ses pensées, n'arrivant visiblement pas à calmer la gêne apparente sur son visage, laissant Josiah l'observer à sa guise pour en sourire tout simplement à nouveau. En voilà un autre qui n'a pas l'habitude de finir ses soirées avec de parfaits inconnus. Cependant la différence entre eux, c'est que le plus vieux n'avait aucun mal à le cacher, alors que pour Gaby c'était flagrant.

Ils grimpèrent finalement les escaliers, puis Josiah ouvrit la première porte qui menait sur un second escalier ; celui-ci grimpait au troisième, directement sur la porte de l'appartement qu'il ouvrit à son tour, celle-ci n'étant jamais verrouillée car la première l'était. Dans l'appartement, aucune lumière n'était allumée. Il faisait sombre, quoi qu'une lueur pénétrait des fenêtres, provenant des lampadaires à l'extérieur ainsi que de la lune, les laissant dans une douce pénombre. Cette absence de lumière et le silence qui régnait dans l'appartement confirmait ce que Josiah avait pensé lors du voyage de retour : Lilian dormait déjà. Il travaillait probablement le lendemain assez tôt pour avoir ainsi fait une croix sur son vendredi soir et c'était mieux ainsi. Gabriel n'aurait certainement pas été à l'aise de rencontrer un pareil personnage qui sans la moindre gêne l'aurait noyé dans l'embarras avec des remarques qui auraient fort probablement amusé Josiah. Non à la place de tout ça ils avaient un appartement sombre et silencieux et du bout des doigts le plus vieux aurait pu ouvrir la lumière de l'entrée mais n'en fit rien. Il s'était déjà habitué à la pénombre et de toute manière ils n'allaient pas non plus traîner à la cuisine. C'était loin d'être son intention.

Son regard croisa alors celui de Gabriel qui semblait perdu à nouveau. Il tripotait les bords de sa veste alors que lui avait déjà retiré la sienne et ses chaussures pour les laisser dans l'entrée à leur emplacement respectif. Il eut un nouveau sourire, mais cette fois s'approcha lentement du jeune homme pour passer ses doigts sur les pans de sa veste lentement à son tour, puis sous ceux-ci en les écartant doucement. Il remonta ainsi ses mains sur ses épaules pour faire glisser le vêtement de celles-ci, puis le long de ses bras, l'aidant dans une démarche qui aurait dû être automatique mais qui ne semblait pas l'être.

« Enlève tes chaussures aussi et suis-moi.. »

Il parlait à voix basse, ne tenant pas particulièrement à réveiller son colocataire. De sa chambre il ne les entendrait certainement pas, mais le passage était adjacent le mur de sa chambre et en général tout ce qui s'y disait faisait écho dans tout l'appartement alors il préférait garder le ton au plus bas. De toute manière, il n'avait naturellement pas une voix très forte alors c'était plutôt naturel pour lui.
Il attendit donc que Gabriel s'exécute, retirant sa veste déjà presque tombée de ses bras, puis ses chaussures, prenant ensuite le temps d'accrocher son vêtement près du sien avant de tendre les doigts pour les passer doucement dans son dos. Il appuya ainsi doucement de sa paume sur son épaule pour l'inviter à le suivre et le guider dans l'appartement. Les pièces étaient plutôt grandes et remplies, quelque chose d'assez surprenant pour le lieu de vie d'un étudiant, quoi qu'il vivait tout de même avec quelqu'un exerçant un métier et que lui-même avait déjà tous ses meubles avant d'emménager ici. C'était en tout cas un lieu très convivial en plein jour, mais pour l'instant cela n'intéressait pas Josiah. Il emmena directement son invité à sa chambre de laquelle il referma la porte derrière eux.
Sur le chemin ils n'avaient pas croisé Jack le chat, qui devait s'être perché à un endroit pas possible encore une fois pour le regarder rentrer sournoisement. Quand son maître n'était pas là pour le rassurer, l'animal se montrait encore méfiant vis à vis de Josiah, quoi qu'il arrive parfois à l'approcher pour l'effleurer du bout des doigts, sans jamais réussir à le câliner comme il en aurait eu envie. Il aimait les animaux, tout particulièrement les chats, c'est pourquoi il respectait la timidité de l'animal, lui laissant le temps de venir par lui-même et s'habituer à sa présence.

La porte se referma derrière un Gaby visiblement pas très à l'aise. La main toujours sur la poignée, Josiah fit un pas en avant, puis un second pour se retrouver contre lui, sa main qui avait quitté son dos le temps d'entrer dans la petite pièce le retrouvait rapidement, glissant au bas de celui-ci, le caressant d'un geste lent, comme pour ne pas le brusquer, comme il le faisait avec le chat de Lilian. Quoi qu'il n'embrassait pas le chat, bien entendu, contrairement à Gabriel vers lequel il avait relevé vaguement le visage pour retrouver ses lèvres sans trop chercher à expliquer ses gestes. Il n'y avait pas besoin d'un dessin après tout, s'il l'avait suivi jusqu'ici ce n'était certainement pas pour s'asseoir à table et jouer une partie de cartes.
Ses lèvres restèrent cette fois longuement contre les siennes, éternisant le baiser plus encore que les précédents, l'approfondissant en glissant sa seconde main sur sa nuque et pressant un peu plus son torse contre le sien. Il se perdit un instant dans cet échange, ne retrouvant son souffle que lorsqu'il décala ses lèvres des siennes pour embrasser sa mâchoire, descendant contre son cou auquel il fit subir le même sort. Son souffle s'était écrasé contre la peau sensible de son cou avant que ses lèvres ne le remplacent, y déposant une multitude de baisers en restant attentif aux réactions du plus jeune. Frémissait-il ? Avait-il toujours cet air un peu perdu au visage désormais ? Pauvre gamin. Ses mains glissèrent sur son corps jusqu'à sa taille, puis ses hanches, passant du bout des doigts sous son haut pour le lui relever. Il vint ainsi caresser la peau de son ventre et celle de son torse en remontant son haut en même temps que ses mains quelque peu baladeuses. Puis il vint enfin poser à nouveau les yeux sur son visage ; La curiosité l'emportait, mais surtout il appréhendait d'y lire une quelconque hésitation ou quelque chose de pire encore.

« Ça va ? T'as pas l'habitude de faire ça avec des inconnus hein ? » Il eut alors un petit sourire, voulant rassurer Gabriel, pensant très sérieusement qu'il n'était pas à l'aise à cause de la situation ; Il était loin d'imaginer que c'était encore pire que ça et qu'il avait entre ses mains baladeuses un corps encore vierge. À vingt-quatre ans, c'était un peu difficile pour Josiah d'imaginer qu'il puisse encore l'être après tout. « Moi non plus si ça peut te rassurer, ça fait un moment à vrai dire. »

Un peu trop longtemps c'était même un peu léger. Depuis combien de mois n'avait-il eu qu'un seul partenaire exactement ? Oh, que cette pensée lui déplaisait. Comme s'il avait vraiment offert sa liberté à son meilleur ami, alors que ça n'avait rien à voir. Non il n'avait tout simplement pas eu ni l'envie ni le besoin d'aller voir ailleurs, tout simplement. Cette pensée-ci le rassura, contrairement à la première, quoi qu'elle avait laissé un arrière goût amer à son passage. Il ne voulait pas penser à ces conneries en cet instant, il ne voulait pas penser à tout ça car c'était mieux ainsi.
Son attention revint plutôt sur Gabriel qui remit bien vite de l'ordre dans son esprit quelque peu bousculé. Il retira ses mains de sous son haut lentement pour en glisser une contre sa joue, cajolant son visage tout en cherchant de l'autre main le bout de ses doigts qu'il emmêla vaguement au sien pour l'entraîner un peu plus loin dans la chambre ; Un peu plus loin dans son monde. Toujours pas de lumière, quoi que les rideaux ouverts laissaient passer encore une fois pas mal de lumière de l'extérieur, sans compter les quelques clignotements qu'émettait son ordinateur ; La chambre était de taille modeste, mais assez grande pour contenir un lit double en coin, un bureau assez grand pour accueillir l'ordinateur et tout un tas de papiers, une petite commode pour ses vêtements et une table de nuit. Les murs étaient cependant toujours blancs - quoi que cela ne se voit pas dans le noir - et plutôt vides de décoration. Difficile d'y lire la personnalité de Josiah alors qu'en le voyant on aurait pu s'attendre à voir une chambre d'adolescent en désordre aux murs recouverts d'affiches. On pouvait simplement le deviner un peu avec quelques détails, les papiers sur son bureau cachant quelques gribouillis, quelques dessins faits rapidement en attendant le healer de la guilde qui, comme toujours, prenait tout son temps pour manger ; Ça on ne pouvait pas le deviner, quoi que le salon - que Gaby n'avait pas eu la chance de voir - renfermait une petite collection plutôt impressionnante de jeux vidéos et que l'ordinateur de sa chambre était fort probablement ce qui valait le plus cher dans tout l'appartement. On pouvait aussi remarquer quelques bombes de peinture qui traînaient par-ci par là, mal rangées, parce qu'il les sortait trop souvent. Le cendrier qui se trouvait sur la table de nuit, mais qu'il baladait entre celle-ci et le bureau. Enfin, un tout pas trop en désordre, pas de vêtements sales au sol, pas une odeur de renfermé et de moisi qu'on trouve dans les chambres d'adolescents ; La cigarette est une odeur qui prédomine, il faut bien l'avouer. Un lit encore défait, mais propre, un bureau en désordre de papiers et de cahiers, mais pas de déchets. Rien de quoi il puisse avoir honte, rien qui n'en dise très long sur lui.

C'est plus profondément dans cette chambre qu'il entraîna doucement Gabriel, s'approchant du lit et posant doucement ses mains sur ses épaules en le poussant sans brusquerie, l'invitant ainsi à s'y asseoir, à se laisser glisser gentiment un peu plus loin dans ce monde qui n'avait jamais été le sien jusqu'à maintenant.

« Détends-toi.. »

Encore cette voix basse et rauque, quoi que pourtant rassurante. Ses doigts s'étaient glissés sur sa joue, puis à nouveau dans ses cheveux qu'il trouvait doux. Il s'était rapproché de lui, le pressant pour qu'il se retrouve couché sur le dos et pouvoir ainsi le rejoindre sur le lit en se glissant sur lui. Pour lui tout semblait normal, tout semblait naturel. C'était loin d'être nouveau, glisser dans son lit quelqu'un dont il avait envie, passer ses mains sur lui et retrouver ses lèvres encore une fois. Après tout il n'y avait rien d'inhabituel à céder à ses envies pour lui, rien d'inhabituel à craquer pour un beau brun à la peau mate non plus d'ailleurs. C'était naturellement plus fort que lui, dans ces instants son corps pensait bien plus fort que sa tête de toute manière.
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Mer 24 Aoû - 16:56

ft. Josiah
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« Didn't mean to drag you into my world » he says (oh wait, he totally did)

Tu tâtonnes dans le noir, inquiet de bouger et de te faire mal à un endroit où tu n'aimerais pas te faire mal à cette heure-là. Il n'allume pas tout de suite les lumières – il ne les allume pas du tout, tu corriges au bout d'un moment, et tes yeux s'habituent lentement à la vague lueur que le lampadaire le plus proche veut bien laisser monter jusqu'à la fenêtre. Peut-être que c'est mieux comme ça, tu te dis ; tu n'as pas à le regarder dans les yeux, et il n'a pas à te regarder dans les tiens non plus.
Tu regardes du côté de la forme plus sombre de Josiah ; tu hésites à le rejoindre mais à ce moment-là, quelque chose jaillit de l'obscurité et te file entre les jambes en te frôlant la cheville pour aller se tapir dans un coin plus sombre, tout en silence, et ton cœur bondit dans ta poitrine. Josiah, pour lequel tu n'étais sans doute pas assez rapide, revient vers toi, trop près pour que tu sois complètement à l'aise, pas assez pour que tu sois complètement satisfait. Il te fait lâcher les bords de ta veste que tu tortures depuis un moment sans t'en être rendu compte et la retire lentement, à ta place, et tu te laisses faire, un peu sonné sans doute. Tu n'arrives pas à distinguer son expression dans le noir. C'est un peu plus intime que ça ne devrait l'être, et quand il recule, tu relâches doucement le souffle que tu as bloqué à l'intérieur de ta poitrine. Tu te débarrasses rapidement de ta veste et de tes chaussures, poses l'une et les autres à l'aveuglette, là où tu espères que ça ne dérangera personne, et tu le cherches des yeux. Il t'attendait à quelques pas et pose une main sur ton dos pour te donner la bonne direction quand tu arrives à sa hauteur ; il te vient quelques pensées un peu stupides à propos du creux de sa main posée contre la rondeur de ton omoplate comme si elle était faite pour y aller.

Il t'emmène, te pousse du plat de la main jusqu'à ce que tu devines être une chambre – sa chambre, et c'est ce moment que choisissent tous les choix de ta soirée pour revenir te hanter en une succession angoissante, te faire te demander si tu as vraiment voulu ça. Au moment où il cherche tes lèvres avec les siennes pour t'embrasser de nouveau, tu décides : ce n'est peut-être pas ce que tu as prévu, mais tu vas aller jusqu'au bout. Tu ne sais pas si c'est l'alcool qui parle ; tu n'as pas envie d'y penser. Quelque part au milieu de toute la gêne qui t'empêche presque de respirer, tu commences même à aimer ça. Tu fermes les yeux et mets ton peu d'expérience à profit pour essayer de lui répondre, et c'est suffisant pour te faire t'arrêter de penser. C'est un peu plus approfondi que les autres fois, et une sensation qui ne devrait pas être là te surprend sur sa langue ; il doit avoir un piercing, tu réalises avec l'étonnement de la nouveauté. Tu ne vois pas vraiment pourquoi quelqu'un irait se faire percer à cet endroit, mais il y a pire, et ce n'est pas la question de toute façon ; après un moment, tu décides que ce n'est pas si désagréable.
Tu frissonnes quand il se fait explorateur, quelque chose que tu n'es pas capable de réprimer. Il glisse une main sous tes vêtements et par réflexe, tes mains s'accrochent à ses épaules ; tu n'as pas l'assurance de faire la même chose mais franchement, les sentiments sont là.

Ses paroles te ramènent à contrecœur à la réalité ; l'avant-dernière chose à laquelle tu as besoin de penser, c'est ce que vous êtes en train de faire ; la dernière, c'est surtout que tu es atrocement nouveau à ce genre de choses. Mais ça, tu as l'intention de le garder pour toi, parce qu'il y a quand même une limite à ton honnêteté. Tu ne mentiras pas ; juste un peu d'omission. Tu dois réfléchir à ce que tu vas répondre, et c'est un peu plus difficile à cause de l'alcool et de l'état dans lequel il t'a mis. "Ça va," tu fais doucement, "C'est juste que... Je ne l'ai jamais fait-- avec un garçon." C'est vrai, en soi. Il t'attrape une main pour t'emmener, en douceur, un peu plus loin dans la chambre, comme s'il cherchait ton accord. Il est plus doux avec les gestes qu'avec les mots ; tu aimes ce Josiah-là.

Il te fait t'asseoir sur le lit, puis t'allonger. Quand il a cette voix-là, tu serais prêt à faire n'importe quoi, même si ton cœur bat bizarrement – tu le sens presque dans ta gorge. Il se blottit contre toi et t'embrasse encore, et tu fais comme tu peux pour tenir le rythme. Tu es comme saoul, maintenant ; tu émerges peu à peu des vagues d'inhibition qui te paralysaient toute la soirée et tu fais quelques tentatives qui ne te ressemblent pas, poser une main à l'arrière de sa tête, emmêler tes doigts dans ses cheveux, passer un bras dans son dos, juste pour avoir quelque chose auquel t'accrocher. Tu inspires son odeur, beaucoup de cigarette mais aussi autre chose derrière, tu ne sais pas si c'est un parfum ou naturel – et juste comme ça, tu bandes. Tu ne t'en rends pas compte au début ; tu sais juste que, damn, c'est agréable, et tu te demandes pourquoi tu t'en es privé pendant toutes ces années, et c'est toi ou tu commences à être vraiment très sensible en-dessous de la ceinture et oooh merde. En même temps, il fallait bien que ça arrive. Tu laisses échapper un son, quelque chose d'embarrassant, et tu couvres ta bouche de tes deux mains ; tu sens ton visage brûler dans le noir.



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