« I said I'm sorry but I'm not to blame, what a shame » ► Ft. Lulu

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Ven 5 Aoû - 13:40

   
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Tic.Tac.

Les aiguilles de ta montre semble s'être logée dans ton crâne tant le bruit qu'elles font t'insupporte. Le temps passe lentement, doucement, sûrement peut-être mais bien trop prudemment pour toi. Tu t'ennuies. Le brouhaha du professeur en bas de l'amphithéâtre te semble un écho bien lointain, trop loin peut-être. La prochaine fois, peut-être devrais-tu te mettre un peu plus près ? Tu as l'impression de ne pas pouvoir te concentrer. Tu as appuyé ta tête contre ta main, tu as fermé les yeux quelques instants, ta frange bleuté venant cacher tes paupières closes. Et l'on te parle, encore et encore sans même que tu ne saches la discussion de ce monologue éreintant. Tu as envie d'aller courir, un peu partout, dans l'herbe, au soleil, dans la chaleur ou la pluie. T'as envie de te défouler, de faire quelque chose. Rester assis, ce n'est vraiment pas pour toi, écouter des choses qui ne t'intéressent pas, encore moins. Tu aurais voulu avoir le choix de tes études mais il semblerait qu'on veuille faire de toi un avocat de renom sans même que tu ne le décides ; viens là, redorer le nom de la famille, fais-moi plaisir, veux-tu ? Et tu n'avais fait que hocher de la tête dans l'espoir qu'on te laisse tranquille. Tu n'aimes pas les problèmes, ils sont fatigants.

La sonnerie.

Elle raisonne dans ton esprit comme une douce libération. Elle signe la fin des cours, la fin de ta journée, la fin de ton calvaire. T'es parti sans rien dire à personne -qui voudrait t'entendre de toute manière ? Et, sac sur l'épaule, tu as fait tes pas jusqu'à l'extérieur. Tu as un peu l'esprit ailleurs, faut dire, t'es fatigué. Tu voudrais que les raisons soient tout autre et tu voudrais prouver à tout le monde que cette douce torture te fait plaisir, que tu es enjoué à l'idée d'un jour défendre le pire des cas à la barre ; tu ne comprends toujours pas pourquoi on veut faire de toi un avocat. Tu réfléchis bien trop, diront-ils, mais toi qui ne sait pas, ne veut pas et déteste mentir, te voilà obligé de faire un métier d'hypocrite. Tu en pleurerais presque tiens, tant la pression sur tes épaules et forte, tant tu te sens écrasé sous ces demandes sans fin. Tu ne seras jamais capable de défendre un coupable, jamais capable de dire oui il est innocent quand à tes yeux, il ne le sera sûrement pas. Trop dur, tu punirais certainement tous les crimes quel qu'ils soient. Pourquoi te demande-t-on donc d'aller contre le plus grand de tes principes ? Tu ne comprendras jamais. Peut-être qu'un jour tu seras libre de tes mouvement ; bête sauvage devenu oiseau en cage, tu es un peu enfermé dans ces promesses mal faites, mal tenues, tu as été pris à ton propre piège et voilà que tu ne sais comment en sortir. Un jour peut-être tu auras la solution, un jour peut-être on te dira comment survivre ; en attendant, tu dois simplement te plier aux désirs de ceux qui te sont supérieurs et aussi malheureux sois-tu, ils n'en ont rien à faire, de tes états d'âme. Tu as beau savoir que tu es en trop, beau savoir que la vie ne se passe jamais comme on le veut, tu rêves encore -utopie si légère, si fragile, si frivole. Et tu continueras certainement de rêver sans jamais effleurer de tes doigts ne serait-ce qu'un peu l'Espoir.

Tu t'es battu.

Tu étais sorti de l'aquarium qui te sert d'appartement et tu t'es baladé dans les rues. Tu avais eu envie de courir, encore, mais ta santé fragile et la nuit tombante t'en avait dissuadé. Un autre jour peut-être, quand tu seras moins seul, quand quelqu'un saura te ramasser à la petite cuillère parce que ton cœur ne voudra plus suivre. Tu étais sorti, peut-être pour t'amuser, peut-être parce que tu n'avais rien à faire, peut-être parce que tu t'es évadé. Mais on fait tous des mauvaises rencontres, tu le sais. Tu supposes que c'est ce qu'on appelle une agression, mais tant pis pour lui, il n'est pas tombé sur le plus docile des agneaux et autant que son poing s'était gentiment logé sur ta joue,  tu avais su rendre la pareille avant de gentiment prendre tes jambes à ton cou. Frissons, frissons, quand les souvenirs de l'hôpital ont effleuré ta mémoire. Tu ne veux plus de l'ignoble machine au bip incessant et tu ne veux plus non plus des fausses larmes sur les joues de ton père, ni même les reproches de ta sœur. Alors tu as préféré fuir, toi qui si fière aurait un jour tué plutôt que de courir. Tes pieds sur les pavés font un bruit déconcertant, tu tapes bien trop fort la terre de ton talon, peut-être même tremblerait-elle sous ton pas fuyant.

Tu as le cœur qui s'emballe.

On t'a dit pourtant de ne pas trop en faire, parce que tu risquerais encore de créer des problèmes. Parce que tu inquiéterais encore les autres et c'est bien la dernière chose que tu veux. T'as un peu la vision qui se trouble, où est madame fierté ? T'as le cœur qui bat trop vite, trop fort et tu t'es arrêté sur un banc, une table. Juste là, sous un arbre. Les feuilles ont décidé de cacher les étoiles naissantes et la lune rayonnantes. La brise est fraîche sur tes joues chaudes, rouges. Le silence transforme en écho ton souffle erratique. La douleur dans ta joue est lancinante mais supportable, tu aurais très certainement qu'un joli bleu sur ta joue pâle ; n'est-ce pas un trophée que la marque d'un combat acharné ? Ca te fait rire, doucement, légèrement, et tu te dis que peut-être la soirée ne pourrait pas être pire. Le rythme de ton torse ne semble pas ralentir ni même celui de ton cœur qui bat dans tes tempes mais que peux-tu y faire ? La seule solution que tu as, c'est d'attendre que cela passe ou peut-être que tu sombres. De tes tempes, ton cœur se glisse au bord de tes lèvres. Tu as certainement le tête qui tourne et tu as bien dû avoir l'air con quand tu t'es redressé pour rentrer chez toi mais que tes pas en coton n'ont porté tes jambes que rapidement avant que tu ne viennes t'écraser sur le premier élève passant par là ; pas de chance, de tous les étudiants qui étaient en train de faire leur chemin en ce début de soirée, il fallait que ça tombe sur lui ; elle ? Tu ne saurais en juger aux cheveux blonds qui encadrent son visage -sont-ils vraiment blonds ? Et redressant ton visage abîmé, de balafré, tu l'as bien rapidement lâché ; « Je suis désolé. » t'es-tu excusé sans te justifier, mais ton regard a croisé le sien et ton monde a semblé s'écrouler. En l'espace d'une seconde, c'est à un morceau du passé que tu viens de te cogner : quoi que pas vraiment sûr, tu as pourtant la certitude de le reconnaître et pour la première fois peut-être, tu sembles incapable de parler. Te voilà devenu un véritable poisson, la bouche légèrement ouverte et rien ne sortant d'entre tes cordes vocales ; que peux-tu dire ? Alors tu as répété, plus doucement peut-être ; « Je suis désolé. » sans plus savoir de quoi tu t'excusais, soudainement.

Tu venais de marcher sur Destiné.
   
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Mar 23 Aoû - 17:05

and i'll use you as a warning sign that if you talk enough sense then you'll lose your mind and i'll use you as focal point so i don’t lose sight of what i want, and i've moved further than i thought i could but I miss you more than i thought i would

Encore une fois, tu trouves que le cours est ennuyant. Dommage, au début, c’était intéressant. L’histoire de la photographie est quelqu’un chose d’intéressant, de nouveau et que l’on voit d’un œil différent chaque fois que l’on connait un nouvel artiste qui a remis au goût du jour telle ou telle technique. Et pourtant, aujourd’hui, tu t’ennuies. Vous revoyez de nouveau le programme de la semaine dernière que tu connais déjà par cœur, et tu soupires. Oui, tu oses soupirer cette fois-ci, et tu enlèves tes lunettes, voyant que de toute façon, tu n’écriras rien de nouveau sur tes feuilles, aujourd’hui. Ce remplaçant ne fait vraiment pas attention à ce que vous faites en classe, hein. C’est triste. Vraiment triste. M’enfin, heureusement, au bout de deux heures d’ennui le plus total, la sonnerie vient enfin te réveiller et te libérer du calvaire que tu subissais. Merci, sonnerie. Il te sera toujours reconnaissant. Ni une, ni deux, tu récupères ton sac qui avait déjà fait bien avant la fin des cours, et tu t’enfuis d’ici aussi vite que tu le peux. Heureusement qu’il s’agissait de ton dernier cours parce que ta motivation pour aller en cours n’est désormais pas au plus haut, tu dois bien l’avouer.

Alors tu te prépares pour ton boulot de serveur, ce soir. Rentrant dans ton petit appartement d’étudiant, tu prépares ton autre sac y mettant tout ce dont tu as besoin, et y rangeant tes lunettes par la même occasion. Heureusement que tu n’as pas besoin de toujours les porter, car elle te gênerait plus qu’autre chose tu penses ; tu n’y es pas assez habitué, après tout. Mais ton sac prêt, tu repars de nouveau vers la ville cette fois-ci, prêt à travailler pour ce soir, bien décidé à donner le meilleur de toi-même – après tout tu aimes beaucoup le propriétaire qui est quelqu’un de très sympathique et qui, malgré son âge avancé, fait bien plus gamin qu’il n’y parait. Le bus, le tram, et te voilà en plein centre de Londres devant le petit bar agencé qui cache à l’arrière un beau théâtre prêt à accepter beaucoup de visiteurs, de pièces, prête à vivre et à s’illuminer. Et tu n’attends que ça, de la voir vivre, de la voir s’ouvrir devant tous les yeux des gens, devenant à son tour une étoile devant laquelle tu aides, offrant, donnant les boissons, les sourires aux gens. Car en fin de compte, tu resteras toujours l’ancien Lulu. Celui qui sourit, qui rit, qui veut donner du bonheur même aux inconnus. C’est comme ça, même si tu as été trahi, abandonné, tu ne veux pas perdre l’espoir que toi, jamais tu n’abandonneras quelqu’un, jamais tu ne feras une telle erreur ; tu tiens bien trop aux vies humaines pour ça, même les étrangères, même celles que tu ne connais pas, comme tous ces clients qui vont et viennent, qui parfois ne repassent pas. Une rencontre dans une vie et au revoir monsieur, un petit sourire malgré tout car la vie en vaut la peine, car vous devez continuer à vivre, à aimer cette vie parfois difficile, parfois que l’on hait, mais qui en vaut tellement la peine.

Et la soirée passe à toute vitesse. Tu n’as jamais le temps de t’ennuyer, ici. Tu n’as jamais le temps de penser à autre chose pendant que tu travailles. Ce soir, le ciel est dégagé, on peut voir les étoiles, même avec la lumière de la ville. Peut être est-ce pour cela qu’il y a autant de monde en terrasse, aussi. Mais ton temps est déjà terminé, il se fait tard, désormais. Tu rends ton tablier, un dernier sourire aux clients, à Monsieur Barde, et le sac sur ton épaule tu repars en direction de l’université, désormais. Le temps est beau, frais, mais pas froid. Un petit vent se permet d’être là, présent, et les voix des gens qui arrivent jusqu’à tes oreilles te font du bien ; la vie animé de ce soir est belle. La nuit, ce ciel beau, ces étoiles ont quelque chose de romantique, d’heureux, tu trouves. Tu entends dire que c’est un temps à faire de belles rencontres, à avoir une belle surprise. Oui, peut être. Un petit sourire se dessine sur tes lèvres alors que tu continues de marcher, alors que dans un coin de ta tête, tu espères à ton tour, que quelque chose de bien arrivera peut être demain, après tout. Même si tu sais que tu ne dois pas espérer, que tu sais ce qui arrive lorsque tu espères trop, lorsque tout se passe trop bien. Tout tombe.

Comme toi actuellement, tu as l’impression que tu vas tomber si tu ne te rattrapes pas vite à quelque chose. Ton pied se pose fermement sur la terre et te retient finalement de tomber les fesses par terre – merci mon dieu, il aurait été dommage d’avoir des traces de bleus sur les fesses tout de même. Pas très classe. Tu entends quelqu’un qui s’excuse et tu rouvres les yeux pour rencontrer ton vis-à-vis.

Tu viens de percuter quelque chose. Ton cœur vient de se cogner contre un camion de trois tonnes et n’en repartira certainement pas sans blessure. Ta bouche est fermée et tu n’arrives pas à articuler quoi que ce soit. A vrai dire, tu voudrais refermer les yeux de nouveaux, ignorer cette couleur de cheveux que tu ne connais que trop bien, ce visage dont tu te souviens encore les moindres traits. Oui, tu voudrais fermer les yeux et repartir dans l’autre sens, fraire comme si tu n’avais rien vu, faire comme si il ne t’avait pas percuté de plein fouet. Encore une fois, c’est explosif votre rencontre. Mais sur votre corps, cette fois-ci. Tu l’entends s’excuser encore une fois. Peut être qu’il pense que tu n’as pas entendu la première fois ? Peut être s’excuse-t-il pour autre chose, parce qu’il t’a reconnu ? Au vu de la manière dont il te fixe, oui, sûrement qu’il t’a reconnu, sûrement qu’il sait parfaitement qui tu es, qui tu étais, dans le passé. Mais tu ne veux pas. Tu ne veux pas qu’il te reconnaisse, qu’il se souvienne de toi. Tu veux qu’il t’oublie autant que tu veux l’oublier, tu ne veux pas qu’il reste là l’air hébété comme s’il venait de voir un fantôme. Peut être est-ce que tu es à ces yeux ; un fantôme du passé qu’il avait tenté d’enterré et qui est revenu le hanter. Toi aussi, tu as tenté de l’enterrer, même si tu n’as jamais vraiment réussi. Hélas.

« Non, c’est pas… Grave. » Tu déglutis ces mots avec grande peine alors que tu ne le regardes même pas dans les yeux, mais bien plus sur les côtés. Tu ne veux pas te souvenir de ton regard perçant, profond. Tu ne veux pas te souvenir à quel point tu les aimais, ces petits perles dorés, à quel point tu aimais ce visage ronchon que tu pinçais pour le détendre de temps en temps. Tu ne veux pas te souvenir de tout ça, tu ne veux pas que ton cœur se remette à battre pour lui comme il le faisait à l’époque de votre rencontre. Tu ne veux rien de tout ça. Tu veux juste repartir, passer ton chemin. Faire comme si tu ne l’avais pas reconnu, oui. Sous ce ciel étoilé que voilà, la bonne surprise s’est changée en un mauvais coup du sort. Alors tu remets correctement ton sac sur ton épaule, tu souris comme si tu souriais à un inconnu dans la rue. Et tu parles, mécaniquement, comme si tu avais appris ces paroles par cœur. « Fais attention la prochaine fois. Bonne soirée. » Comme s’il n’était qu’un étudiant parmi tant d’autre, comme s’il n’était qu’un être parmi tant d’autre. Comme si tu ne l’avais pas reconnu, comme si tu ne savais pas de qui il s’agissait. Il t’a abandonné une fois, mais cette fois-ci, c’est toi qui le fuis. C’est toi qui abandonne la partie, qui dit non. Tu refuses de recommencer quelque chose. Tu refuses de ressentir quelque chose. Tu refuses de te faire attraper une nouvelles fois par les astres du passé.

©雲
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Ven 2 Sep - 14:56

   
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Tu as l'impression qu'il a vu un fantôme. Tu as l'impression qu'il ne va pas bien. Ton cœur loupe des battements, trop, le voilà ralenti maintenant, proche de l'arrêt. Tu es certain que c'est lui, persuadé qu'il est cette personne qui de ta mémoire ne veut pas s'en aller. Tu sais que c'est lui, parce que tu as croisé son regard, parce que ses yeux bleus dans les tiens te rappellent la façon que tu avais de t'y noyer. C'était si facile, de s'y perdre. C'était si paisible, de s'y laisser flotter. Tu adorais ses yeux bleus pour le calme qu'ils t'apportaient. Mais ça ne reste pas longtemps ainsi et son regard se fait rapidement fuyant ; ils sont le reflet de la pensée et tu supposes que lui aussi, il veut partir. Fuir. S'en aller. Tu t'en doutes et pourtant, tu voudrais que l'instant dure des heures, des jours, des années. Tu voudrais que les aiguilles de ta montre s'arrête de tourner comme elles semblaient s'être ralenties bien pus tôt dans la journée. C'est une tristesse immense que tu as de es entendre encore et encore gesticuler autour de poignet comme si de rien était, comme si ta vie ne venait pas de basculer et pourtant, voilà qu'elle a pris un tournant bien inattendu. Qui aurait cru que tu le recroiserais, qui aurait cru que ce serait dans cette situation, qui aurait cru qu'il se souviendrait de toi ou que tu le reconnaîtrais si facilement ? Tu supposes qu'on ne peut effacer ces images du passé, elles sont bien trop encrées dans tes veines pour y faire quoi que ce soit, et certainement que dans dix ans encore, tu te souviendras encore des cheveux roses qui semblaient hanter tes rêves comme bercer tes nuits. D'ailleurs, dans la pénombre, tu as l'impression qu'ils ne sont plus vraiment roses. Tu as comme une légère pointe au cœur, déception ? Que tu es con. Il est bien normal que tout le monde change, surtout après ces quelques temps passés sans même l'apercevoir. Il ne pouvait très certainement pas garder des cheveux roses toute sa vie -pourtant, toi, tu sembles avoir gardé cette couleur bleue qui te va si bien, qui témoigne de ton « âge rebelle » mais que tu n'as finalement jamais quitté. Tu ne penses pas avoir vraiment changé non plus depuis le temps, peut-être as-tu pris un ou deux centimètres et peut-être que tes traits sont quelques peu plus matures et encore ; tu n'es pas certain que cette bouille d'enfant que tu arborais soit tellement différente que tes années lycée. Sa voix brise le silence qui s'était installé ; seule la nuit vous écoutait. Tu as froncé le nez, un peu, tu as froncé les sourcils, un peu plus. Ce n'est pas grave, qu'il dit. Non, c'est vrai, ce n'est pas grave. Pourquoi t'es-tu excusé déjà ? Ca ne te ressemble pas tellement, de faire ce genre de choses. Certainement qu'avant, tu aurais dit quelque chose du genre « t'étais dans mon chemin, dégage » et t'aurais pris un ton pas très agréable. Et certainement qu'en fait, tu l'aurais dit de nouveau. Si ça n'avait pas été lui ? Si tu t'étais senti bien. Si tu avais été toi.

Il ne te regarde toujours pas. Pire, peut-être, il s'en va. Et tu ne veux pas. Tu ne veux pas qu'il s'en aille, tu ne veux pas qu'il te laisse et vaguement, ça te fait rire quand tu penses à ce genre de choses ; n'es-tu pas celui qui l'a laissé tomber, n'es-tu pas celui qui a fait le lâche et qui a fui ? Comme tu l'as laissé certainement qu'il cherche à te laisser. Comme si vous étiez deux inconnus. N'est-ce pas ce que vous êtes, en vérité ? Deux étrangers. Vous ne vous connaissez plus, tout ce que vous savez l'un de l'autre, ce ne sont que des souvenirs, des soupirs, quelques noms murmurés. Tu ne sais pas qui il est maintenant, tu ne sais pas ce qu'il est devenu et même si soudainement, tu as senti ta curiosité piquée, tu as comme l'impression qu'il n'en a rien à faire de ce que tu es, toi, de ce que tu deviens, toi, de qui tu seras, toi. Non, toi, il n'en a rien à faire et tu comprends bien. Tu es presque choqué qu'il ne cherche pas à te frapper, choqué qu'il ne cherche pas à te donner de grands coups. Toi, tu te serais frappé depuis un long moment, tiens. Tu aurais bien voulu qu'il te roue de coups, fort, fort, tellement fort que tu en oublies ton identité. Mais il n'y a que ses mots qui semblent t'assassiner, il n'y a que ce sourire qui vient se planter en couteau dans ton estomac et tu te dis que oui, tu n'es plus qu'un triste étranger aux yeux de cet enfant et tu sais aussi que c'est bien normal. Bonne soirée, qu'il te dit, et tu sais très bien que ta soirée soit loin d'être bonne. Il s'est retourné, comme si de rien était et peut-être attendais-tu qu'il vienne jeter un coup d'oeil par-dessus son épaule mais il n'en fait rien et toi, toi, tu serres les poings. Tu n'as pas envie qu'il parte, tu n'as pas envie qu'il s'en aille, tu n'as pas envie qu'il te laisse comme ça ; ne se rend-t-il pas compte ? C'était un coup du destin, peut-être. Sûrement. Destiné vous a doucement poussé, et tu dois profiter, profiter.

« Attend, Lu-.. » mais tu n'as que murmuré la fin de ta phrase, comme si prononcer son nom était interdit -ce n'est même pas son nom. Parce que le dire, ça mettrait un mot sur son retour, ça mettrait un mot sur la vérité, ça voudrait dire que c'est réellement lui et peut-être qu'au fond, tu espères encore un peu, rien qu'un peu, te tromper. Pourtant tes doigts sont venus enserrer sans douceur la bandoulière de son sac et tu as tiré pour l'arrêter. Tu ne voulais pas le brusquer mais le sac a fait son chemin de son épaule à son bras et la lanière contre sa peau ne devait pas avoir eu une sensation bien agréable. Mais tu ne veux pas qu'il parte, tu ne veux vraiment pas qu'il parte et tu ne lâches pas son sac, tu le serres tellement fort que la jointure de tes articulations se font blanches, qu'elles te font mal. T'as encore un peu l'esprit embrumé, les idées qui ont le tournis et pourtant, tu as l'air de savoir ce que tu fais. Tu crois. Tu ne sais pas. « Tu vas vraiment partir en m'disant bonne soirée comme ça, Alec ? » parce que tu ne crois pas que l'appeler Lulu soit quelque chose qu'il veuille, qu'il te le permette à nouveau, encore. Et tu ne peux que te moquer de toi-même quand tu vois ce qu'il se passe et quand la situation te rappelle étrangement une situation passée. Quand vous vous êtes retenus, si fort, dans la bibliothèque, quand vous avez craché vos sentiments sans rien vraiment en savoir, sans les comprendre, sans même être sûr que c'était ça ; était-ce vraiment ça ? Ton cœur qui battait la chamade à ce moment-là te disait que oui, ton cœur maintenant te dit que c'était la jeunesse ; alors pourquoi ets-ce que tu l'as retenu ? Pourquoi est-ce que tu ne l'as pas laissé partir, pourquoi est-ce que tu ne le laisses pas redevenir un vague ombre dans ton esprit, un fantôme du passé ? Et tu as baissé la tête alors que tu l'as lâché. Après tout, il a le choix de partir, n'est-ce pas ? Et tes cheveux cachent ton visage, et tu te trouves tellement ridicule. Tout est ridicule.
   
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Ven 2 Sep - 15:04

and i'll use you as a warning sign that if you talk enough sense then you'll lose your mind and i'll use you as focal point so i don’t lose sight of what i want, and i've moved further than i thought i could but I miss you more than i thought i would

T’as entendu ton surnom. Tu le sais, tu l’as entendu, pas en entier, mais presque. Peut être que c’est plus ça qui t’as fait t’arrêter, et non-pas la force qu’il a déployé sur ton sac. Tes mains viennent se cramponner au bas de ton t-shirt que tu tritures, au même titre que tes lèvres. Tu ne bouges pas, tu ne fais rien, rien que sentir le cuir de ton sac qui descend sur ta peau, tu ne fais que sentir la nuit douce qui s’alourdie de seconde en seconde. Tu ne fais que sentir ton cœur qui s’affole, que ton cerveau qui tourne au ralenti, car tu ne sais pas quoi faire. Tu ne sais pas si c’est la peur qui va désormais parler en ton nom, si c’est le regret, si c’est l’amertume. Si c’est l’amour brisé, si c’est la confiance écrasé. Mais tu attends, patiemment, comme jamais tu ne l’as fait. Tu n’as jamais été patient, de toute façon. C’était pareil, à cette époque. A lui faire cracher ce qu’il ressentait pour toi, à lui faire avouer ce que vraiment, il pensait de toi, que tu ne voulais pas attendre, que vous aviez déjà trop attendu de toute façon. A cette époque tu aurais réagi de front, tu te serais déjà retourné, tu lui auras déjà très certainement collé ta façon de penser et tes sentiments à la figure. Mais tu as changé. Tu as été abandonné, tu as connu la douleur, la déception ; tu t’interdis l’espoir, tu t’interdis de retourner dans cette naïveté sombre qui t’a fait tant de mal. Tu n’es plus le Lulu qu’il a connu, et sûrement est-ce pour cela aussi qu’il s’est arrêté en plein milieu de sa phrase, peut être est-ce pour cela aussi qu’il n’a pas désiré dire ton surnom en entier. Et pourtant, tu aurais bien aimé. Ça aurait signifié qu’il te considérait comme le même qu’avant, comme celui avec qui il était dans la bibliothèque, comme le même avec qui il pouvait il restait calme et se détendre. Comme le même que, tu aurais pensé, il aimait.

Peut être t’étais-tu trompé, aussi. Peut être que rien de ce qui s’était passé là-bas, dans le passé, n’était vrai. Qu’une éhonté illusion où rien n’est vrai, où tout se trouble ; et tu sais que tu réfléchis trop, et tu sais que tu devrais arrêter. Que tu te fais du mal de toute façon, à ne penser qu’au passé, à tenter de chercher des réponses là-bas alors que tu n’en trouveras pas. Les réponses, elles sont là, dans le présent. Elles sont devant toi, si seulement tu voulais bien les voir, si seulement tu voudrais bien prendre la peine de te retourner et de lui demander la sombre question qui t’assassine depuis son départ. Mais tu sais que tu n’en es pas capable ; ce serait mettre un nom sur ce qui s’est passé entre vous, ce serait comme pour dire ‘oui ça c’est vraiment passé’ alors que tout ce que tu cherches à faire est oublié. Triste réalité que voilà. Tes cheveux te les rappellent tous les jours ; les teindre en blond comme ça, pour tirer un trait sur le passé, pour tirer un trait sur tout ce que tu as vécu en tant que Lulu aux cheveux roses que tout le monde connaissait. Ce Lulu, trop joyeux, trop niais, trop de bonheur dans sa vie, il est effacé. Tu sais qu’au fond, tu es encore lui, ; tu écoutes encore du Pink sous la douche en chantant à tue-tête, tu regardes toujours les nouveautés aux niveaux des vêtements et hésites longuement avant d’acheter un chemisier gris au lieu de ce petit haut rose pâle qui te faisait de l’œil. Tu sais qu’au fond, tu es toujours ce Lulu que tout le monde a connu, qu’il a connu, et qu’il ne reconnait plus désormais. Mais ton état d’esprit, lui, n’est plus le même. Trop de tourments, trop de choses qui ont changés, qui t’ont blessés. Tu ne peux pas dire que tu es toujours le même car c’est faux ; alors adieu la vie en rose, adieu ce bonheur si niais auquel tu as eu droit pendant tant d’années. Tout ça, c’est fini maintenant. La triste réalité a pris le pas sur le reste, et tu ne sais quand le vrai Lulu, celui qui assume les choses, celui qui mettra du rose partout reviendra .

Il t’a appelé par ton prénom, et ça te brise le cœur. Alors, il a vraiment fait un trait sur le toi du passé, n’est-ce pas ? Il te considère comme une toute nouvelle personne, désormais. Le ‘Kiki’ que tu aimais tant doit à son tour aussi, redevenir Kii. Kii il était un jour, Kii il doit revenir maintenant. Jamais tu n’aurais pensé que l’entendre t’appeler par ton prénom te ferait autant d’effet, te ferait autant souffrir. Ce n’est qu’une banalité parmi tant d’autre, ce n’est que ton prénom qu’il a prononcé, personne ne trouverait ça bizarre, en tant normal. Sauf que personne ne t’a appelé comme ça, personne parmi ceux qui te connaissaient. Lulu a donc bel et bien disparu de sa mémoire, de son cœur, te remplaçant par le toi de maintenant qu’il ne connait plus, qui n’est devenu qu’un étranger à ses yeux. Peut être est-ce ce que vous êtes, après tout. Combien d’années ont passé ? Depuis le temps sans nouvelle, sans savoir ce que vous faisiez l’un l’autre c’est comme si vous étiez des amis d’enfance qui se retrouve à une fête depuis plus de dix ans de séparation sans nouvelle. Pas la peine d’en donner, pas le besoin. Et ça te blesse. Tu te dis que c’est normal pourtant comme réaction, qu’il ne te connait plus vraiment désormais –sûrement a-t-il dû se demander si tu étais vraiment Lulu avec ses cheveux blonds, en plus-, et pourtant, toi, tu n’es pas posé la question. Il est toujours le même. Les sourcils froncés, comme à son habitude, les cheveux toujours aussi sauvages et bleus, et un visage toujours enfantin. Même si ses traits se sont un peu durcis, même s’il a peut être grandi, tu as su dès le premier coup d’œil qu’il s’agissait de lui. Il faut dire qu’il y a peu d’homme qui plus petits que toi, déjà, alors ça aide forcément pour se repérer dans les personnes, mais… Tu ne sais pas. Ce n’est pas ton regard qui l’a reconnu ; c’est ton cœur. Et peut être est-ce ça le pire, justement.

Tu te retournes doucement maintenant qu’il t’a lâché et tu remontes de nouveau ton sac sur ton épaule alors que tu regardes toujours à côté. Tu ne veux pas le regarder dans les yeux, pas question. « T’veux que je te dise quoi d’autre, Kii ? Tu penses vraiment que j’ai ‘envie’ de faire la conversation avec toi, à cette heure avancée de la nuit ? » Tu fronces les sourcils à ton tour, sachant pertinemment que tu risques de t’énerver. Pourquoi t’a-t-il retenu ? Voulait-il tant que ça te parler ? A-t-il quelque chose à te dire ? Tu n’en sais rien, et ça t’énerve. Tu aurais préféré qu’il fasse comme si vous ne vous connaissiez pas, comme si vous étiez, réellement, des étrangers. Qu’ils prennent juste tes au revoir comme ça, et qu’il ne marche pas à te parler plus que ça, à t’énerver. Ah, t’énerver. C’est rare, si rare que tu t’énerves, et pourtant, depuis tout ça, depuis tout ce qui s’est passé au lycée, tu as les nerfs à fleur de peau comme jamais. Tu aimerais bien que tout cela se calme, que tu ne t’emportes pas pour rien, et pourtant. Regarde toi encore maintenant, à presque haussé la voix alors que tu lui parles, qu’il a tenté d’engager la conversation que tu ne voulais sûrement pas. Et tu donnes des fausses excuses, en plus. Ce n’est pas parce qu’il est tard que tu ne veux pas lui parler, ce n’est pas parce qu’il fait nuit. C’est juste parce que c’est lui, qu’il s’agit de lui, que tu ne veux pas parler. Tu pourrais bien faire la conversation à n’importe qui – tant qu’il ne s’agit pas de Kii, tant qu’il ne s’agit pas de ton premier amour qui s’est enfui sans que tu ne saches vraiment pourquoi.

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Ven 2 Sep - 15:56

   
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Tu n'es pas sûr de toi. Tu en donnes toujours l'impression, mais ce n'est qu'un doux mensonge que tu essayes de véhiculer. Tu n'es pas sûr de toi, mais tu essayes de le faire croire parce que c'est l'image que les autres ont de toi ; peux-tu vraiment les décevoir, peux-tu vraiment leur montrer qu'ils se trompent sur qui tu es vraiment ? Il est drôle de les voir se tromper sur ta personnalité, comme ça, simplement parce que tu donnes l'air d'être quelqu'un que tu n'es pas vraiment. Alors non, tu n'es pas sûr de toi et peut-être même que tu as les jambes qui tremblaient quand il s'est arrêté. Tu aurais pensé qu'il se débattrait, qu'il ferait quelque chose contre toi mais que veux-tu qu'il fasse ? Il s'est arrêté et ton cœur avec. Tu regrettes ton geste. Tu aurais dû le laisser s'échapper, le laisser partir. Tu aurais dû le laisser redevenir une ombre dans la nuit, tout aurait été plus simple. Peut-être aurais-tu pleuré quelques instants sur son souvenir avant qu'il ne redevienne ce qu'il aurait toujours dû être : une simple part de ton passé, mais non. Pour une fois dans ta vie, tu avais semblé ne pas réfléchi aux conséquences de ton acte et cette impulsivité qui n'est pourtant plus vraiment tienne te choque toi-même. Il y a bien longtemps que tu n'avais pas agis sur un simple coup de tête et voilà qu'il revient pour te faire changer, encore diras-tu parce que ce n'est très certainement pas la première qu'il te fait ainsi devenir quelqu'un que tu ne soupçonnais pas être. Il y a des tas de choses qu'il a fait ressortir en toi et tu te souviens encore de ces moments de calme passer avec lui ; même si tu avais voulu les oublier, ce sont des moments où tu ne t'étais jamais senti autant apaisé, c'est un sentiment que tu as depuis bien longtemps oublié. De l'avoir quitté, tu en es redevenu anxieux, nerveux, tu es redevenu toi-même et celui que tu étais semblais avoir disparu. Tu croyais, en tout cas. Mais il semblait avoir soufflé dessus comme on souffle sur un vieille objet pour le dépoussiérer et c'est assez perturbant que tu te mettes à réagir comme ça ; c'est comme si ton corps se souvenait encore de sa voix, de ses gestes, comme si ton cœur avait décidé de ne jamais l'oublier et tu te sens terriblement niais de penser ce genre de choses -cela ne te rappelle-t-il pas les livres qu'il lisait ? Tu es certain que dans l'un de ses romans, un qu'il ne t'a pas forcé à lire mais que tu as lu tout de même rien que pour en parler avec, il y avait une scène quelque peu similaire où le héros au clair de lune savais reconquérir sa dulcinée et tes yeux noisettes se sont reposés sur l'adolescent, foutaise. Tu avais raison, n'est-ce pas ? Ces histoires ne sont que des tissus de mensonges fait pour créer des illusions que la vie s'amusera vilement à écraser.

Se sont ses mots qui te font comprendre que ça ne se passera pas bien. C'est son ton cassant -est-il sûr de lui ? L'as-tu toujours connu ainsi ?, ce sont ses sourcils froncés, ce sont ses mots un peur durs qui s'échappent d'entre ses lèvres pour s'écraser sur tes tympans. Il n'a pas envie de te faire la conversation.a lune en prend pour son garde, il te dit que c'est peut-être à cause de sa place haute dans le ciel qu'il n'a pas envie de te parler -mais que faisait-il dehors à cette heure-ci s'il semble être trop tard pour échanger des mots ? Pourtant, une réponse certaine s'enfuit de ta gorge serrée ; « Non. » est ce que tu as répond. C'était simple, court, prévis. Non, tu te doutes qu'il n'a pas envie de te faire la conversation -qui voudrait ?, encore moins à cette heure-ci -comme il le dit, elle est si tardive et pourtant toi, tu ne sembles pas décidé à le laisser s'échapper comme ça. Pas une nouvelle fois. Ironie que de penser que tu es celui qui est parti le premier. Ca te fait souffrir ? Peut-être. Sûrement. Mélancolie dans ton regard et peut-être même tristesse dans le sourire que tu essayes d'arborer ; mais tu n'es même certain qu'il le voit, parce qu'il ne te regarde pas. Il ne te regarde plus. Il ne veut pas ? A-t-il peur de croiser ton regard une nouvelle fois ? Est-il inquiet quant à ce qu'il peut lire dans tes yeux ? Et ce ne sont que des sentiments qui se mélangent, qui s'entrechoquent, qui se font la guerre parce que tu ne sais plus vraiment quoi penser non plus. Tu aurais voulu te rapprocher de lui mais tu n'as finalement pas bougé, de peur qu'il s'envole comme un oiseau effrayé par des pas bien trop bruyant. Tu ne sais combien de temps s'est échappé après ta réponse, peu certainement parce qu'il semble toujours attendre la suite et alors, tu as mis tes mains dans tes poches ; prend un air détaché, fait semblant d'être quelqu'un d'autre, d'être plus calme, fais comme si tu étais celui que tu dois être aujourd'hui et non plus l'enfant que tu étais avant, celui qui s'est laissé emporter par ses sentiments parce que c'est contagieux, sa maladie, à l'autre là, cette franchise vis-à-vis de ce qu'il ressent ; que ressens-tu toi aussi ? Rien. Tu ne veux rien ressentir. « Je ne m'attendais pas à ce que tu aies envie de me parler, j'pensais même pas qu'on se reparlerait un jour. » et si cela devait sonner en reproche, on ne peut entendre que le regret dans tes mots amers. « J'veux... J'm'en fous de c'que tu peux m'dire, en fait. » Tes mots francs, font-ils mal aussi ? Parce qu'à toi, ils te font mal. « T'as même pas à m'adresser à la parole, ni même à rester là, j'sais même pas pourquoi je t'ai retenu. C'est vrai, tu pourrais partir. Pars. » ce n'était pas un ordre, plutôt un défi. Tu veux qu'il te quitte, qu'il ose le faire maintenant que de nouveau vos voix se sont mêlés, qu'il osent parti alors que de nouveau vous vous êtes regardés ; ou peut-être es-tu le seul accroché à lui, es-tu le seul à avoir posé tes yeux sur lui ? Et un nouveau sourire est venu se poser sur tes lèvres, sourire fade, fané.

« Tu aurais pu me frapper. Tu aurais me frapper. Juste un coup de poing, comme ça, droit dans la joue, dans les côtes, où tu veux. T'avais qu'à m'casser la gueule, j'aurais rien dit, j'aurais accepté, t'sais ? J'le mérite, j'le sais, pas b'soin d'me le dire. J'me serai dit que c'bon, que c'une revanche que tu as pris, quelque chose, j'm'en fous en fait, tu vois ? Ca aurait pu être n'importe quoi mais tu aurais dû m'faire mal, tu aurais dû... Mais non, tout c'que t'as trouvé à m'dire, c'est de faire attention. » rire nerveux qui traverse tes lèvres, sont-ce des larmes qui font leur chemin jusqu'à ton regard embué ? « D'faire attention. Tu t'rends compte ? Tu aurais pu m'faire la misère, m'souhaiter tous les malheures du monde mais tout c'que tu m'as dit, c'est d'faire attention. J'comprends pas. » tu ne le comprends pas, mais l'as-tu vraiment compris un jour ? Et tes mots ne sont pas vraiment sanglot -parce que tu es plus fort que ça, mais ta voix se serre, doucement, un peu comme si on t'étouffait. « Tu n'as pas vraiment changé, hein, Lulu ? » et voilà qu'à ton tour tu lui donnes un coup métaphysique. As-tu eu raison de l'appeler ainsi ? Peut-être regrettes-tu ? Ton cœur s'est accéléré, tu n'es qu'un idiot. Tu te doutes qu'il a changé, tout comme toi, n'est-ce pas ? Mais à tes yeux, il semble toujours incapable de faire le moindre mal. « Tu devrais m'détester, pas m'dire d'faire attention. » et il aurait dû t'envoyer en enfer.
   
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Sam 3 Sep - 19:08

and i'll use you as a warning sign that if you talk enough sense then you'll lose your mind and i'll use you as focal point so i don’t lose sight of what i want, and i've moved further than i thought i could but I miss you more than i thought i would

Ton souffle se coupe en l’entendant. La négation est précise et concise ; il ne s’étend pas sur le sujet, mais tu sais que tu ne pourras pas t’échapper. Tu sais que tu es prisonnier, désormais. Qu’il te dira ce qu’il a te dire –s’il a quelque chose à te dire-, et tu ne pourras qu’être là, espérer que cela ne dure pas longtemps, espérer que tu pourras vite t’enfuir, espérer, enfin qu’il quitte ta vie pour de bon. Mais est-ce vraiment ce dont tu as envie ? Tu as envie d’oublier, de ne plus souffrir, et pourtant, cette voix forte et assuré qu’il vient de te montrer ne lui ressemble pas tellement. Plutôt du genre à ne pas vraiment s’intéresser, plutôt du genre à être dans le paresseux ou l’agressivité lorsqu’il parle. Mais pas dans l’assurance. Pas celle-ci, en tout cas, pas comme s’il te commandait. Mais tu attends, sagement, gentiment. Comme si tu avais peur de désobéir, comme si tu te retrouvais devant tes parents en quelques sortes et que tu jouais l’enfant modèle. Pourtant, tu le regardes toujours pas. Tes yeux ont envie, ton cœur en a envie, mais tu sais que tu ne dois pas. Car si tu le regardes, si tu le vois les yeux dans les yeux, si tu plonges ne serait-ce qu’une seconde ton regard bleuté dans le sien océanique, alors que tu sais que tu tomberas à nouveau. Fort, violemment. Tu auras mal, si mal, parce que tu sais que tu auras déjà perdu tout ce que tu as essayé d’enfuir, d’oublier. Alors tu ne veux pas. Tu ne veux pas que tes efforts soient vains, tu ne veux pas le regarder car tu sais qu’au fond, il n’a pas changé ; il est le même impulsif, le même grognon contre lequel ton cœur a flanché, contre lequel ton cœur s’est reposé, contre lequel tu as voulu te blottir lorsque ça n’allait pas. Il est le même Kii que tu as aimé et que tu sais, tu aimeras peut être à nouveau si tu te le permettais. Mais tu te l’interdis. Il fait parti du passé. Rendre au passé ce qui appartient au passé est quelque chose que tu dois faire, pour ton bien. Alors tu le regarderas pas, même si les mots qu’il te crache te font mal, même s’il te blesse comme une lame acérée. Tu te mords les lèvres, tu as envie de pleurer, de hurler. Jamais il ne t’a traité aussi méchamment, aussi violemment. Tu ne sais pas si c’est sa rage qui parle, sa colère parce que tu as toi-même essayé d’être méchant avec lui ; mais tu te dis qu’après tout, tu l’as peut être bien cherché, à ce qu’il te blesse comme ça. Peut être que tu mérites qu’il te blesse comme ça. Et à chaque mot qu’il t’envoie ton cœur saigne encore un peu plus, tremblant encore, encore un peu. Mais tu ne montres rien, tu ne dis rien. A son dernier mot, tu t’apprêtes à tourner les talons, mais tu sais.

Tu sais que si tu pars maintenant, tu abandonnes tout ce que vous aviez. Votre passé, vos sentiments, même cette entrevue entre les étoiles ne sera plus que poussière de fée à donner aux lutins. Tu sais que si tu pars maintenant, ça voudra tout dire ; ton refus, ta négation, ton abandon. Ta lâcheté. Tu le sais et pourtant, un talon se tourne, et tu commences à tourner la tête lorsqu’il reprend la parole, avec une voix plus douce, cette fois-ci. Tu t’arrêtes en l’entendant prononcer des mots que tu n’aurais jamais pensé qu’il ne dirait, pas à toi, en tout cas. Comment pourrais-tu le frapper, toi, le petit Lulu qui est contre la violence gratuite, pour la justice impartiale ? Ca t’étonne qu’il pense que toi, tu aurais pu faire ça. Mais tu ne dis rien, de nouveau tu écoutes tout sans dire un mot, mais tu sursautes un peu en l’entendant t’appeler par ton surnom de tous les jours. Tu ne sais pas pourquoi tu as la chair de poule tout d’un coup. Ton cœur rate des battements et tes yeux s’embrument alors qu’il te parle d’une voix douce, trop douce peut être. Trop mélancolique, trop triste. Mais si douce. Même lorsque vous étiez ensemble il ne t’avait presque jamais parlé avec cette voix, et ça te fait encore plus mal de penser à tous ces instants que vous avez partagé plus jeune. Quand tout allait bien, encore. Tu fermes les yeux un instant, tu sais qu’il ne te voit pas, tu as déjà tourné le dos lorsque tu t’apprêtais à partir. Tu inspires, expires. Tu essaies de calmer un peu ton cœur essoufflé qui doit penser que c’est bien trop de chose à endurer en une seule soirée.

Et enfin tu te retournes. Tu ne sais pas ce que tu vas dire, tu ne sais pas ce que tu vas faire ; mais tes yeux tombent dans les siens sans que tu n’aies pu faire quoi que ce soit. Et c’est là que tu sais que tu es fini. C’est bon, c’est mort. Le Kii qui se tient devant toi n’a pas changé ; toujours plus petit que toi, toujours cette allure de bad boy qui le suit depuis que tu le connais. Et pourtant, dans ces yeux tu y vois quelque chose que tu n’avais jamais vu auparavant ; de la tristesse, de la mélancolie, peut être de l’amertume, aussi. Et tu ne peux t’empêcher de redevenir un peu le Lulu que tu étais avec lui, celui qui souriait toujours, celui qui l’embêtait tout le temps, celui qui avait réponse à tout. « Comment pourrais-je te frapper, c’était toi le bagarreur, pas moi. » Dis-tu en souriant très légèrement, alors que tes yeux se bloquent dans les siens. Tu sais que tu ne devrais pas, que tu devrais arrêter tout de suite de le regarder, que tu ne devrais pas plonger de nouveau dans ces orbes que tu aimes tant. Tu le sais et pourtant, tu ne peux que être attiré à nouveaux, tu ne peux que te sentir proche, bien. Mais tu détournes le regard après quelques longues, très longues secondes. Peut être minutes, même, tu perds toujours la notion du temps lorsqu’il s’agit de lui. Même si c’est différent, cette fois-ci. C’était plus… profond, plus mature. Plus intime. Et tu n’en veux pas. Tu veux qu’il reste cet amour d’enfance, ce premier amour qui ne se réalisera jamais, tu veux qu’il reste cet amour pur et intouchable. Tout simplement.

« Je ne te… Déteste pas, Kiki. Juste… Je t’en veux. » Tu essaies de chercher tes mots, de trouver ceux qui vont, les justes. Tu ne veux pas tout déballer d’un coup comme ça, exposant ta faiblesse comme tu l’aurais fait autrefois. Non, tu ne veux pas, même s’il s’agit de lui. « Partir en me disant que tu as une obligation… Et ne pas me donner de nouvelles par la suite. Comment voulais-tu que je me sente, exactement ? » Ce sont des reproches que tu fais, mais pas tellement en réalité. Tu sais que peut être il ne pouvait pas, peut être que c’était juste impossible pour lui. Et pourtant, tu le lui reproches malgré tout, car il a piétiné ton espoir comme jamais personne ne l’avait fait. Au moins, avec Andréas, tu n’as pas eu d’espoir ; il est parti sans rien dire et n’est jamais revenu. Et tu lui en veux beaucoup, vraiment beaucoup pour ça. Mais Kii, c’est différent. Il t’a prévenu, t’a dit qu’il devait rentrer. Et même s’il ne t’a jamais rien promis, tu aurais espéré qu’il le fasse, en quelque sorte. Comme un bon amoureux qu’il était censé être, à cette époque.

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Lun 5 Sep - 14:46

   
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Il te regarde enfin dans les yeux. De son plein gré. La première fois depuis cette drôle de rencontre. Il a enfin décidé de se perdre dans ton regard mouillé. Tu te demandes alors s'il est heureux de ce qu'il voit, s'il est surpris, s'attendait-il à te croiser ainsi ? Ta joue te lance, tu es certain que tu auras un tendre bleu demain, souvenir de cette rencontre inopiné sans même qu'il vienne de là, il te rappellera que cette douleur dans ta mâchoire est aussi celle qui a serré ton cœur quand tu a revu Lulu pour la première fois depuis des années. Trop d'années, certainement, mais que peux-tu y aire ? Oh, tu sais que tu aurais pu faire plein de choses. Lui parler, l'appeler, ne serait-ce qu'un message ou même une lettre ? Tu savais très bien où il se trouvait, tu sais très bien qui il est et s'il n'a pas vraiment changé de numéro, tu as toujours son nom accompagné d'emojis bien trop ridicules pour être cités dans tes contacts, tu as sûrement vos conversations aussi que secrètement, tu gardais. Tu n'es pas un grand romantique, mais c'est le genre de choses que tu faisais ; n'était-il pas ton premier amour ? Il devait probablement être le seul, c'est ce que tu voulais au départ, c'est ce que tu avais espéré, ce que tu avais cru mais encore une fois, c'est toi qui a tout foutu en l'air. Ce n'est pas nouveau, tu as l'air du genre à faire chavirer tout ce que tu touches, ça finit toujours par se briser. L'as-tu brisé, lui ? As-tu gentiment fait craquer ses os sous le poids de ton souvenir, de ton absence, de vos partages ? Ce n'est pas ce que tu voulais. Tu peux être méchant, tu peux être vil, peut-être même ignoble. Tu peux être acerbe et grognon, mais jamais ô grand jamais tu n'as voulu lui faire du mal, mais apparemment, c'était raté. Tu aurais dû te douter que ton égoïsme allait te coûter cher mais au fond, tu ne pensais pas le perdre. Ce ne fut quelques mois de séparation, tu t'es dit que ça irait, très certainement mais quand tu es revenu, tu n'as jamais eu le courage ne serait-ce que d'aller le voir. Tu avais comme l'impression que ton au revoir avait sonné comme un adieu. C'était comme s'il t'avait demandé de tourner la page, mais à l'époque tu n'étais pas très fort pour lire entre les lignes, le romantisme et toi ça faisait quatre et si on ne te disait pas les choses en face, tu ne semblais pas les comprendre. C'est bien pour ça que tu aimais Lulu, parce qu'il savait te mettre en face de ce qu'il ressentait sans aucun détour. S'il avait envie d'être en colère, s'il avait envie de pleurer, s'il avait envie de t'aimer, il le disait tout simplement et tu comprenais. Il n'y avait pas besoin, ne serait-ce qu'un peu, de passer par des chemins tortueux pour te dire ce qu'il ressentait et tu n'avais pas à le faire non plus. C'était la simplicité qui primait et c'est ce que tu aimais -c'est ce que tu aimes toujours, à vrai dire. Tu n'es toujours pas vraiment doué quand il s'agit de relation humaine, en témoigne ta présente solitude et celle des mois passés depuis ton intégration à l'université. Tu pourrais dire que c'est fatigant d'être souvent seul, mais tu t'y es fait, ce n'est pas comme si tu avais souvent été accompagné, avant mais tu avoueras que la présence de Lulu est celle qui t'avait clairement le plus manqué.

Il te demande comment et tu as haussé les épaules. L'emploi du passé fait chavirer ton cœur. Il n'a pas tort, c'est toi qui te battait, avant. C'est toi qui sortait facilement les poings et ça te fait doucement pouffer comme si soudainement, tu te souviens de l'enfant sanguin que tu étais. Tu avoueras t'être quelque peu calme quoi que ton état de ce soir ne semble pas plaider en ta faveur. C'est juste que des fois, ça arrive. T'as pas vraiment une bonne tête avec tes airs de bouledogue et d'enfant pas sage, alors forcément, des fois, ça échauffe les esprits. Tu t'y es fait, à ça aussi, n'est-ce pas pour ce genre de raisons que tu t'es retrouvé à Millenium, faisant doucement croire que tu es promis à une carrière d'avocat alors que tout ce que tu voudrais, c'est partir. Être libre. Faire quelque chose de ta vie avant de tout simplement crever. Regard miroir et tu ne peux que sourire à son sourire, comme si c'était un peu contagieux, comme si c'était normal, comme si rien de tout ça ne s'était passé et tu as envie d'oublier encore pour quelques instants la raison de ce soudain froid, de cette soudaine brise qui bouscule vos cheveux. Tu te dis que ça a vraiment des airs de série, cette histoire. Il ne manquerait plus qu'un de vous deux qui finit en larme, que vous vous preniez dans les bras l'un de l'autre et peut-être quelques violons en fond pour continuer de vous faire pleurer, mais tu sais bien que rien de tout ça ne se passera. Il détourne à nouveau le regard et tu ne peux que baisser les yeux à ton tour. C'est idiot de se sentir bête pour quelque chose qui ne semble pas être ta faute. Drôle de silence qui s'installe, tu penses qu'il va de nouveau tourner les talons pour te laisser et peut-être laisser couler quelques larmes qu'il ne veut pas que tu vois -par fierté ? Par peur ? Parce que tu ne mérites tout simplement plus de les voir ? Tu n'avais qu'à être là avant pour les essuyer, te dis-tu sans vraiment te blâmer. Tu es plutôt compréhensif, quelque chose du genre.Tu te dis que c'est normal, qu'il a bien raison, tu accepteras certainement la sentence qu'il te donnera ; tu n'as pas le choix n'est-ce pas ? Parce que oui, tu t'en veux, oui tu t'en mords les doigts, oui tu te sens coupable et tu as toujours l'impression que tu mérites des baffes mais tu sais bien qu'il ne te les mettra jamais et pourtant, qu'est-ce que tu les mérites, ses mains sur ton visage, ses mains pour te faire mal, ses mains pour t'abîmer plus qu'elles ne t'ont aimé.

Mais il ne part pas, non. Il parle. A nouveau. Et « Kiki » vient doucement briser ce qui restait de ton pauvre cœur déjà bien émietté. Tu ne t'attendais pas à entendre ton surnom, ne t'avait-il pas appelé Kii cinq minutes plus tôt ? Et puis, vous n'êtes plus des gamins, n'est-ce pas ? Qui t'appelle encore Kiki si ce n'est ton petit frère -et tu n'es même pas certain que ce soit pour te faire plaisir. Alors, c'est vrai, que ça te secoue, c'est vrai que ça te marque, c'est vrai que ça fait remonter bien trop de souvenirs, c'est vrai que tu n'avais pas forcément envie de l'entendre, c'est vrai que tu as l'impression d'être un autre quand il t'appelle comme ça. Il n'était pas le seul, c'est vrai, mais tu n'as que sa voix qui raisonnait dans ta mémoire chaque fois et ce n'est que plus douloureux de l'entendre encore maintenant, dans cette situation, mais peut-être que tu n'aurais pas dû l'appeler Lulu, peut-être que tu n'aurais pas dû franchir cette barrière et peut-être que tu aurais dû te contenter d'Alec. Tu aurais dû t'arrêter là, merde, tu n'aurais jamais dû lui adresser la parole ni même le retenir, tu n'aurais jamais dû rien lui dire, faire comme si tu ne l'avais pas reconnu ; vous seriez resté deux étrangers et vous n'auriez pas plus souffert qu'avant. Maintenant, c'est bien trop tard, vous êtes en chute libre. « Je... Tu ne me détestes pas ? » c'est ce que tu as répété, presque choqué, perturbé, fatigué, tu ne sais pas, tu as haussé les sourcils, tu avais l'air surpris oui, en effet et ton air renfrogné s'est envolé pour quelques secondes. « J'pensais... J'sais pas. J'tais un peu con, à l'époque, j'pensais que tu voulais qu'on arrête là parce que.. Parce que je ne savais pas quand j'allais revenir ? Parce que ce n'était même pas sûr que je revienne... Puis ce n'est pas non plus comme si tu avais cherché à me contacter, hein » et voilà que tu retournes les reproches contre lui, voilà que tu lui envoies à la gueule ce que tu aimerais qu'il te dise. T'es un peu idiot, quand même. « Alors quand j'suis revenu, j'me suis dit que t'avais vraiment tiré un trait sur tout ça, j'ai pas cherché à t'courir après. » es-tu en train de dire que c'est de sa faute ? Tu as haussé les épaules ; « T'sais au cas où j'te dérangeais, au cas où tu avais trouvé quelqu'un ou j'ne sais pas trop quoi, t'sais. J'me suis dit que ça t'arrangeait bien que j'me sois cassé au fond, alors j'fini par faire ma vie. » tu t'es mordu les lèvres. « J'sais pas, moi, comment t'sentais. » tu l'as regardé. « Comment tu te sens ? » as-tu alors demandé, presque trop sérieusement. « Comment tu te sentais ? »
   
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Mar 6 Sep - 19:40

and i'll use you as a warning sign that if you talk enough sense then you'll lose your mind and i'll use you as focal point so i don’t lose sight of what i want, and i've moved further than i thought i could but I miss you more than i thought i would

Il a l’air un peu désabusé, un peu comme s’il pensait que tu lui mentais. Il devrait le savoir pourtant, que t’es pas du genre à maquiller la vérité, que tu sais ce que tu fais, ce que tu dis, que t’es du genre à être honnête en toute circonstance. Même maintenant, tu l’es. Tu caches juste certaines choses sans pour autant tomber dans le message. Et ça te fait mal de voir qu’il pense que t’es pas sérieux en disant ça, comme si tu pouvais mentir, ah. La belle blague, vraiment. Et plus tu l’entends parler, plus tu sens que tu vas t’énerver. Toi, tu as toujours eu confiance en lui, tu as toujours pensé qu’il reviendrait, ou au moins qu’il te dirait qu’il faut mettre un stop entre vous. Tu ne sais pas, tu faisais confiance, peut être un peu trop. Tu étais si naïf, si ignorant de la vie et des méchancetés qui peuvent arriver, que pour toi, ça coulait de source. Tu étais amoureux, tu pensais que ce serait pour la vie, que vous grandiriez ensemble, que vous vieillirez ensemble. Peut être que vous auriez été à la même université aussi, peut être aussi que vous auriez travaillé dans des sociétés côté à côté, qui sait. Toi, tu avais envisagé le futur en grand, celui auquel on pense quand on rencontre le grand amour. Celui auquel on pense quand on sait que c’est avec lui qu’on va faire sa vie, se marier, finir sa vie. Celui qui sera toujours là dans votre cœur. Pour toi, c’était ça. C’était Kii l’homme de ta vie – l’amour, l’unique, celui avec un grand A, celui en lequel tu as cru alors que tu ne connaissais rien de tout ça. Tu l’as aimé, Kii. Mais tu as bien vite déjanté lorsque l’on t’a fait comprendre qu’il ne reviendra pas, qu’il t’a quitté pour de bon. Que tu t’étais fait larguer de la pire des manières ; et tu l’as détesté. Tu as détesté cet amour que tu pensais invincible, que tu pensais inoubliable, en lequel tu croyais tant. C’est comme si le bleuté avant piétiné sans le vouloir cet amour trop pure, trop impossible, ton cœur trop naïf et qui ne connaissait rien à la vie. Et maintenant tu sais. Peut être pour le meilleur, peut être pour le pire, mais tu connais un peu plus la vie de tous les jours, et ça ne te plait pas vraiment. et tu avais tant confiance en lui que ça te fait mal, si mal de voir qu’il essaye de retourner la faute contre toi, alors que tu n’y es pour rien, alors que tu n’avais aucun moyen pour faire quoi que ce soit. Mais apparemment, il semble l’avoir oublié, ça.

« Comment tu peux dire ça ? » Tes sourcils sont froncés et c’est peut être bien la première fois depuis que vous vous connaissez que tu te mets en colère contre lui. Tu es si rarement en colère, tu sors si rarement de tes gons, mais là, tu n’en reviens pas, de ce qu’il dit, et le pense-t-il vraiment ? Tu sais pas s’il est sérieux ou non dans ces paroles mais ça t’énerve, ça te gêne de voir qu’il ne peut pas assumer ses propres erreurs, qu’il ne peut pas assumer lorsque c’est sa faut ; car ça l’est, n’est-ce pas ? « Tu dis que j’aurai pu te contacter ; et comment ? » Tu t’énerves, tu gonfles les poumons, ta respiration s’accélère et tes épaules s’haussent. Tu as envie de souffler de contrariété, d’énervement, de frustration. Tu voulais juste rentrer chez toi, à la base. Pas tomber sur Kii, pas retomber en enfance en le voyant, pas avoir ton cœur qui bat la chamade. Tu ne voulais pas t’énerver, et pourtant maintenant tu l’es, et tu ne sais pas ce que ça va donner. « C’pas comme si tu m’avais pas donné ton adresse, tu vois. C’pas comme si t’avais pas voulu, pour une raison que j’ignore, tu vois. Non, pas du tout. » Et tu es sec, peut être un peu trop, et tu t’étonnes toi-même de cette voix presque froide, presque inquiétante. Ta voix qui d’habitude trahie tes émotions, ta voix qui d’habitude est si vivace, la voilà dénuée de toute émotion, comme si tu essayais de cacher ton énervement alors qu’il n’en ait rien. Tu es tellement en colère que peut être en fin de compte tu ne peux même pas t’énerver correctement, tu ne sais pas comment t’énerver, montrer que tu l’es – c’est tellement rare pour toi qu’une fois encore tu te rends compte que même sur toi, même sur ta vie, tu connais finalement peu de chose.

Tu essaies de te calmer un peu quand même, parce que ça ne te fait pas de bien de t’énerver comme ça, tout d’un coup. Alors tu inspires, expires. Et de nouveau tu plonges tes yeux dans les siens, et même si ton cœur te fait comprendre que ce n’est pas bien, même si tu sens qu’il ne faut pas, tu le regardes dans les yeux comme pour le défier alors que tu réponds à sa question ; « Tu veux savoir comment je me sens, comment je me sentais ? Je vais te le dire, moi. » Tu sens les larmes qui sont prêtes à sortir, à exploser ; tu te souviens de ces sentiments que tu as ressentis lorsque tu as compris qu’il ne reviendrait pas, qu’il t’avait abandonné. Tu ne t’en souviens que trop bien, à ton plus grand malheur. « Je me sentais abandonné, trahi. Je t’attendais, j’avais confiance en toi. Même si tu ne m’envoyais rien, je pensais qu’il y avait toujours une bonne raison à ça. » As-tu tout débité d’un seul coup, comme si tu voulais t’en débarrasser, comme si ça te pesait le cœur. Et sûrement est-ce le cas. « Que t’avais toujours une raison pour ne rien me dire, qu’un jour ou l’autre tu reviendrais. » Tu baisses les yeux, incapables de soutenir le regard plus longtemps, alors que tu laisses s’échapper une larme que tu effaces immédiatement. « Que tu reviendrais me chercher. Mais ça ne s’est jamais fait. » Tu as un sourire triste, mélancolique, presque un rire jaune qui s’échappe. « Je ne me souviens même plus quand est-ce que j’ai compris que tu viendrais jamais, que tu m’avais abandonné. J’m’en souviens même plus, tu te rends compte ? » Alors que toi tu n’oubliais pas ce genre de chose, tu n’oublies pas les dates, les choses importantes, surtout concernant Kii, ou Andréas, ou tout les gens qui sont importants pour toi. « Je ne sais même plus quand j’ai décidé de tirer un trait sur toi comme tu l’avais fait pour moi. » Et tu as vraiment envie de pleurer, et tu as vraiment envie de t’enfuir maintenant. Ton cœur se brise, te fait mal, tu te souviens encore de ces joues d’attentes où tu ne souhaitais que revoir Kii, où tu ne voulais qu’avoir une lettre de sa part, juste ça. Même si ça ne racontait rien, juste un petit ‘attends-moi’ t’aurais suffit. Mais t’as jamais rien reçu. Et même maintenant tu sens que c’est quelque chose qui te manque, dans ton cœur.

« Et maintenant, tu veux savoir comment je me sens, hein ? » La voix de dédain est clairement présente, clairement là. Tu ne caches pas le mépris que tu as quasiment pour lui, lui qui te fait souffrir, qui te fait rappeler des choses que tu avais décidé d’oublier, de tirer un trait dessus. « Je suis en colère contre toi, et j’ai envie de pleurer. » Tu t’arrêtes un instant, reniflant un peu alors que tu sens que tu ne vas pas tarder à tout laisser couler. « Tu me donnes envie de pleurer, Kii. » Et c’est peut être la pire chose que tu pouvais lui dire.

©雲
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Dim 11 Sep - 13:52

   
KIKI & LULU

   
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INTO STARS

   
   

   
Comment. Comment tu peux dire ça ? C'est une très bonne question à laquelle tu ne saurais réellement répondre. Comment tu peux oser dure ça alors que c'est très certainement toi le fautif dans l'histoire, alors que tu es celui qui s'est dit que ce n'était pas très important, qui ne voulait pas garder le contact. Mais tu as tout un tas de bonnes raisons à ça, n'est-ce pas ? Bien sûr que tu en as, tu as toujours des bonnes raisons parce que c'est comme ça que tu t'en sors, parce que c'est comme ça que tu sais faire les choses, parce que c'est comme ça que tu parviens à tous les berner au fond ; en sortant des excuses stupides. Et qu'est-ce que tu peux vraiment dire de plus à Lulu devant toi ? Tu ne sais pas trop, tu ne crois pas avoir envie de lui mentir et en même temps tu aimerais lui dire que tu ne voulais pas le faire souffrir, un truc du genre. Te répéter peut-être, lui faire comprendre que c'était mieux ainsi parce que si tu ne revenais pas, il n'avait pas à rester accrocher à toi mais apparemment, l'idée n'était pas la meilleure ; dans tous les cas il semble avoir terminé par être bien plus malheureux que tu ne le voulais et voilà que ça te serre un peu le cœur d'imaginer que tu as pu ainsi le faire souffrir ; tu ne voulais pas, oh non, vraiment pas et tu ne sais vraiment que lui dire de plus. Comment tu peux dire ça ? Tu ne peux pas le dire, tu ne peux plus et il te le fait clairement comprendre. Lulu, c'est pas le genre à se mettre en colère comme un idiot pour rien -pas comme toi alors quand tu comprends qu'il n'est pas vraiment content, quand sa voix se lève dans le ciel, quand ses sourcils lui font faire une -adorable- grimace, tu ne peux rien dire de plus ; tu le regardes simplement. Il est en colère, vraiment en colère et c'est toi qui l'a rendu comme ça et bien sûr que tu t'en veux ; si lui ne semble pas vraiment t'en tenir compte, la culpabilité fait soudainement son trajet dans ton estomac pour lui donner de grands coups de pieds. Tu n'aimes pas te sentir coupable, c'est toujours quelque chose qui te garde éveillé la nuit, après. Et tu devrais très certainement t'excuser, lui dire que tu t'en veux, vraiment, tellement que tu ne peux rien lui reprocher d'autre, parce que tu es idiot de faire ce genre de choses, parce que tu es idiot de dire que c'est de sa faute quand ce n'est que de la tienne mais probablement que cet espèce de fierté mal placée t'empêche de faire et dire quoi que ce soit qui aille à l'encontre de ta dignité -pour le peur qu'il t'en reste, s'il vous plaît, que l'on te la laisse. Et il te dit des trucs, des trucs qui te font mal au cœur, qui te font mal au corps. Des trucs qui te font comprendre que tu n'es qu'un sombre idiot.

Il a tiré un trait. C'est ce qu'il te dit. Ca ne t'étonne pas et pourtant qu'elle est donc cette étrange douleur qui te prend la tête ? Tu devrais le savoir, t'en douter, t'attendais-tu à autre chose de sa part ? Il est bien entendu qu'il a tiré un trait sur toi. Que tu es rayé. Parti. Supprimé. Disparu. Un truc du genre. Et pourtant tu te mets à réfléchir, tu te dis que tu ne sais pas trop pourquoi est-ce qu'il dit que toi aussi, as-tu vraiment tiré un trait sur lui ? Tu ne te souviens pas avoir pensé à ça . Mais peut-être parce que tu es idiot, peut-être parce que tu ne comprends pas vraiment la vie ou peut-être parce que tu pensais que tout serait comme avant tu ne te souviens pas avoir une seule fois pensé que tu tirais un trait sur Lulu et tu te souvenais encore de son visage et de ses sourires et de ses cheveux qui chatouillent ton visage et tu te souvenais encore de ses doigts contre ta peau comme de ses lèvres contre les tiennes et si tu avais voulu dire quelque chose, faire quelque chose, il n'en est rien ; tu ne te sens pas capable de le contredire ou de lui montrer le contraire et il serait de toute manière très probablement inutile de le faire, à quoi bon ? Il est certainement trop tard. Bien sûr qu'il est trop tard. Stupide, stupide, stupide. Et tu ne sais pas même pas de quoi tu parles, de l'eau a coulé sous les ponts et très certainement qu'il t'a oublié et peut-être qu'il s'est oublié ailleurs aussi et est-ce le regret que tu sens dans le fond de ta gorge ? Tu ne veux plus rien savoir de lui, tu ne veux plus savoir ce qu'il fait, qui il est, ni même ce qu'il est devenu. Tu ne sais pas pourquoi -la jalousie qui te ronge peut-être, l'idiotie qui te frappe, les larmes qui te bousculent ?

Et toi qui semblait sans réponse, toi qui semblait perdu, il te le dit. Il te le dit comment il se sent et ça te fait un peu plus mal encore. Et tu ne devrais pas avoir autant mal, n'est-ce pas ? Ca ne devrait pas être comme ça et tu ne devrais pas t'en vouloir et tu ne dois rien du tout à vrai dire et pourtant tout semble te tomber dessus d'un coup, comme si tu réalisais la vérité, comme si tu te heurtais enfin à la réalité, comme si tu reposais enfin les pieds sur le sol et tu le regardes, les yeux peut-être grand ouverts et tu ne peux qu'articuler un ; « Oh non, non, ne pleure pas... » si pathétique que tu te fais de la peine à toi aussi, mais tu avoueras que l'idée de voir Lulu pleurer te fait paniquer, un peu, beaucoup et pourtant tu as comme dans l'arrière de la tête une image qui ne t'es pas étrangère et tu ne sais pas trop ce qu'il t'a pris quand tu t'es rapproché de lui, quand tu l'as pris contre toi -oui, oui, contre toi, comme pour un câlin, comme pour lui dire qu'il peut te pleurer sur l'épaule, comme si c'était normal, comme s'il ne venait pas de te dire qu'il était en colère contre toi, comme s'il ne venait pas de t'envoyer chier, comme s'il n'avait jamais été en colère et tu l'as là alors qu'un rire n'a pu que s'échapper de tes lèvres -et s'il pouvait te frapper, tu es certain qu'il l'aurait fait et pourtant, tu n'y prêtes aucune attention et tu ne peux que lui souffler ; « Ce ne serait pas la première fois que je te fais pleurer... » et tu ne peux que repenser à ce jour dans la bibliothèque -ce fameux jours et les larmes qui coulent à flot.
   
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Sam 26 Nov - 13:20

and i'll use you as a warning sign that if you talk enough sense then you'll lose your mind and i'll use you as focal point so i don’t lose sight of what i want, and i've moved further than i thought i could but I miss you more than i thought i would

Et tu voudrais qu’il arrête de te faire du mal comme ça, tu voudrais qu’il arrête de te faire pleurer comme ça – tu pleures trop à cause de lui, ça doit déjà être au moins la seconde ou troisième fois si tu te souviens bien. Et t’en as assez de ça, de te dire que la personne dont tu étais tombé amoureux te fait tant de mal, et tu ne savais pas que l’amour pouvait faire mal – encore une chose que tu as appris à tes dépends. Et peut être que tu l’aimes encore au fond, peut être que ton amour ne s’est toujours pas tu, peut être qu’il est toujours là au fond de toi, bien gardé, bien au chaud. Tu aurais préféré ne plus rien ressentir – tout aurait été tellement plus simple mais non, bien sûr que non, pourquoi est-ce que ça devrait être simple ? Tu as appris bien rapidement que toute la vie n’était qu’une randonnée difficile durant laquelle tu devras braver des montagnes et des torrents, et alors seulement parfois tu te retrouveras avec quelques plaines par-ci par-là. Ces moments de calmes ultimes qui n’arrivent que très rarement – et c’est justement pour ça que tu dois en profiter. Mais là, tu as plus l’impression d’être devant une colline inaccessible, d’être devant un de ces nombreux obstacles qui te permettent d’avancer – et la colline ressemble un peu trop à Kii, hélas. Et pourtant tu sais que tu n’as pas le choix, qu’il va falloir que vous régliez ça une bonne fois pour toute – ta tête tourne encore un peu même si tu te calmes petit à petit au fur et à mesure où les larmes coulent, où elles s’échappent et viennent se poser sur le sol ou sur tes vêtements. Tu lui as dit comment tu te sentais, tu lui as tout dévoilé – tout ce que tu voulais garder cacher, tout ce que tu voulais garder pour toi, tout ça, tu lui as jeté à la figure comme il te le demandait, tu as tout jeté dessus et tu lui as fait bien comprendre ce qu’il en était – et tu t’en veux de te dire que tu l’as peut être blessé mais après tout, il a commencé alors ce n’est qu’un rendu. Même si tu as mal, même si ça te fait mal de te dire que c’est toi qui le blesse, que tu le blesses même consciemment, que tu veux qu’il souffre – et pourtant tu étais presque sûr de ne pas lui en vouloir, de l’avoir déjà pardonné. À croire que tu te mentais à toi-même, là aussi, à croire que tu voulais être bien trop gentil, bien trop toi. Mais ça ne marche pas comme ça, tu as changé, un peu, juste un peu, et tu commences à être méchant parfois, toi aussi. Et ça te du mal de penser ça.

Et tu sursautes en sentant ses bras qui viennent et qui t’entourent, tu sursautes en réalisant que c’est Kii qui vient de lui-même t’enlacer, comme pour te rassurer, comme pour te dire que tout va bien – alors que c’est faux. Rien de va, rien du tout. Tu l’entends murmurer des mots à ton oreille, et tu ne peux t’empêcher de trouver sa voix trop douce, trop paniqué, comme s’il avait peur de toi en pleurs, comme s’il avait peur de toi qui pleure. Et pourtant ça te réchauffe le cœur durant un instant, un instant où la chaleur se diffuse ne serait-ce qu’un peu, et tu te rappelles que c’est pour ça aussi que tu l’aimais, ton Kii – il a beau se faire passer pour un ronchon, un grognon, pour un bad boy des rues, au fond il est un grand nounous qui veut juste que tu ailles bien, quitte à devenir touchy feely avec toi. Tu te souviens de tout ça, de ces instants que tu as partagé avec lui où l’amour n’était qu’un petit poussin qui essayait de tenir sur ces pattes, où l’amour venait d’arriver dans vos vies ; tu te souviens de tes baisers hésitants lèvres contre lèvres, de tes bras qui parfois venaient s’entourer autour de son cou – tu te souviens de ces petits gestes lorsque vous étiez ensemble ; lorsque tu prenais sa main dans la tienne, lorsque tu déposais ta tête contre son épaule, lorsque tu lui sautais dessus pour lui faire un câlin – ce n’étaient que des gestes pures et innocents à l’époque. Purs te innocents, et tu ne sais pas si tu l’es encore, désormais. Tu n’as pas appris grand-chose de plus sur l’amour, sur le sexe – tu as bien sûr déjà découvert les plaisirs de le faire seul au détour d’une pub bien placée de l’internet, mais rien de plus. Tu es toujours aussi ignorant sur ce sujet – comme si tu ne voulais pas apprendre, comme si tu préférais tout de même garder cette part de l’ancien toi qui ignorait tout de tout ça. Ou peut être que tu attendais tout simplement quelqu’un pour t’apprendre tout ça, surtout.

Tu essaies de te débattre un peu lorsque tu sens ses bras qui t’entourent pour de vrai, cette fois – et pourtant tu ne bouges pas tant que ça, en réalité. Ses bras sont chauds, son corps est chaud et tu entends ton cœur qui se remet à faire des siennes – et tu as l’impression de repartir dans le passé où Kii venait parfois t’enlacer comme ça, où c’était les rares fois où il prenait les rennes de votre relation. Et ça te fait du mal, encore, tu as ton cœur qui souffre et les larmes qui doublent, et dans un geste que tu sais désespérer tes petits mains viennent s’accrocher au t-shirt du bleuté que tu sers comme si ta vie ne tenait qu’à ça, comme si ta vie ne se résumait qu’à ça ; à s’accrocher à lui alors qu’il veut te faire décrocher. Et tu pleures, tu pleures, parce que tu ne peux faire que ça, parce que tu ne sais pas quoi lui dire, parce que tu ne sais pas quoi faire ; tu sembles comme perdu, alors tu t’accroches à lui comme s’il était le seul homme sur terre à pouvoir t’aider, à pouvoir trouver une solution. Et à nouveau tu as l’impression qu’il n’y a que lui et toi sur cette terre, et à nouveau tu sais que tu l’as toujours aimé cet idiot. A nouveau ton cœur te le dit clairement ; tu es amoureux de cet idiot, depuis toujours.

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