Mistakes were made ; I can't seem to regret them. [ milk ]

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Dim 11 Sep - 18:42
WILL I STILL KNOW HOW TO SHELTER YOU ?

Lorsqu'il ouvrit les yeux, son regard se perdit dans la contemplation des rayons de soleil qui pénétraient par les rideaux entrouverts de sa chambre. Il admirait sur le mur les éclats dorés, sentant ses souvenirs de la veille remonter, sentant la lassitude du sommeil le quitter. Il ne dormirait plus et pourtant le réveil n'indiquait que 5:24 ; Les chiffres brillaient en rouge dans la pièce encore un peu sombre du côté du lit, attirant le regard bleuté de Josiah qui observait l'heure sans remuer, cherchant encore le courage de quitter le confort de son lit. Il sentait une présence encore endormie contre son dos, n'ayant rien oublié de la veille, rien oublié de la nuit. Il referma les yeux, se crispant un peu alors que ses idées se bousculaient. Qu'est-ce qu'il était en train de foutre là ? Tout s'était passé un peu trop vite, comme si la situation lui avait glissé des mains alors que non, ce n'était pas le cas. Il avait été conscient, il avait été présent d'esprit, un peu trop. C'était trop clair dans sa tête, trop net. Il se souvenait encore de la crise de Mickey, puis de l'avoir rattrapé, de l'avoir rassuré, et de tout le reste.
Il ne rouvrit les paupières que lorsqu'il se sentit prêt à se redresser, s'asseyant au bord du lit en tirant le premier tiroir de sa table de nuit, détaillant le contenu de celle-ci. Lassé, il attrapa deux des contenants s'y trouvant, ouvrant ceux-ci pour en tirer la dose de ses médicaments, refermant ensuite le tiroir. Il se leva ensuite, prenant son paquet de cigarettes sur la même table de nuit, ne faisant qu'un seul pas avant de tourner le regard vers le lit. Il détailla quelques instants le blond étendu dans les draps défaits, ses idées toujours emmêlées, ses sentiments partagés entre sa douceur habituelle envers lui et un fond d'anxiété qui pesait son ventre, coupant sa respiration, lui rappelant qu'il avait couché avec lui alors qu'il lui avait avoué ses sentiments.

Salaud... il n'était qu'un salaud. Le mot résonnait dans sa tête alors qu'il quittait la chambre en silence, refermant tout doucement la porte pour ne pas réveiller en sursaut le jeune homme qui dormait encore. Il s'était dirigé à la salle de bain, prenant un verre d'eau pour avaler les deux comprimés qu'il tenait encore au fond de sa paume, puis s'était arrêté de longues minutes devant le grand miroir de la pièce. Il s'observait silencieusement, détaillant son visage fatigué et ses traits un peu trop tirés pour un type qui venait de passer une nuit pas si désagréable. Une partie de lui n'avait aucun regrets, mais sa conscience lui rappelait sans cesse qu'il avait sûrement profité de lui, qu'il avait abusé de sa confiance, qu'il avait tiré avantage de la situation alors qu'il ne pourrait répondre avec sincérité à des sentiments tels que l'amour. Un soupir rauque traversa ses lèvres, son ressentiment gorgeant son esprit d'idées toutes plus moches les unes que les autres. Il finit par ouvrir l'eau, se rinçant le visage, cherchant à se ramener à la réalité.

Son état de conscience dura encore quelques minutes, avant qu'il ne se calme enfin, avant qu'il n'arrive à reprendre le dessus. Il s'était alors remis en fonction, prenant le temps de se brosser les dents, d'enfiler un sweatpant, puis il sortit enfin de la salle de bain pour rejoindre la cuisine. Il s'était raisonné, il s'était calmé, mais devait garder son esprit endormi, comme pour s'empêcher de trop penser. Mickey allait se lever et il saurait gérer la situation à partir de là. Après tout il ne lui avait jamais voulu le moindre mal, après tout il avait cette tendresse à son égard, cette douceur qu'il ne pouvait ignorer. Il trouverait quoi lui dire.

Le bruit de la pierre de son briquet se fit entendre, une fois, deux fois, avant qu'il ne réussisse à en tirer une flamme pour allumer sa première cigarette du matin. Le café coulait lentement dans sa grande tasse, mais son regard était plutôt attiré par la porte-fenêtre, voyant de l'autre côté de celle-ci le ciel dégagé. Ce serait une belle matinée, claire et ensoleillée, chose qu'il chérissait depuis qu'il vivait à Londres. Les jours moins gris que les autres, les jours plus doux aussi. Il reposait sa hanche contre le bord du comptoir de cuisine, son regard bleuté détaillant le ciel d'une couleur semblable, le soleil encore levant, pas bien haut dans le ciel. Son esprit s'était apaisé et il se permettait de repenser à la veille d'une autre manière. Il s'autorisait à poser un regard plus agréable sur ses souvenirs de cette nuit, recrachant la fumée de cigarette de ses poumons et l'observant se disperser devant lui sans vraiment la voir. Il n'arrivait pas à regretter pleinement. Il n'arrivait pas à souhaiter que ça ne se soit pas produit, car il en avait eu envie. Probablement depuis plus longtemps qu'il ne l'avouait, mais qu'importe. Ce n'était pas si laid, au fond, ce n'était pas si sale. Ces pensées le rassurèrent et il finit par vaguement sourire, écrasant son mégot et attrapant son café pour y ajouter un peu de sucre et en boire une gorgée ; Il avait désormais plutôt hâte que Mickey se lève, hâte de le voir, de l'enlacer avec honnêteté car cette tendresse n'avait jamais été fausse et qu'elle ne le serait jamais. Il ne pourrait sûrement pas lui murmurer des mots d'amour au creux de l'oreille, mais il pouvait le garder à ses côtés, le protéger, lui offrir un abri comme il l'avait toujours fait. Lui prendre la main et l'aider à traverser des épreuves qui l'écorcheraient trop. Il saurait être honnête avec lui. Il n'était pas un salaud. Il n'était pas un salaud..?
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Dim 11 Sep - 23:03
demon
« Je ne veux plus jamais le voir, plus jamais ! Quelle horreur, mon Dieu, à quelle espèce de monstre j’ai bien pu donner la vie ?! »

Des hurlements perçants traversaient son âme comme autant de lames transperçaient sa peau et empalait son corps de toute part. Le choc était trop grand, trop lourd pour être supportable. Pourquoi son coeur persiste à battre, pourquoi si fort ? Il l’entend résonner dans ses tempes comme des milliers de tambours à l’unisson. Fuir, il lui faut fuir, mais des murs immenses se dressent sous ses yeux et menace de s’abattre sur lui. Qu’est-il lui ? Il ne le voit pas. Sous son cou, une ombre l’envahis, le dévore petit à petit, lui provoquant d’atroces douleur. Il les sent, sous sa peau, dans ses tripes, ses poumons, et dans sa gorge.

« Disparais ! »

Quelque chose se brise et d’un coup, sa conscience lui échappe. Le silence se fait, seul survient un étrange bourdonnement au loin, se rapprochant de plus en plus et lui soufflant l’envie de se crever les tympans. Pourtant, son corps est si froid et engourdi qu’il n’arrive plus à se mouvoir.

Son souffle se rompt. Là. Il la revoit.

Une silhouette sans réelle forme. Juste un peu plus loin que la portée de ses bras. Tenter de l’attraper ne rime à rien, cependant, il ne peut pas arrêter d’essayer. Arrêter d’espérer qu’elle se laisse avoir. Qu’elle l’accepte enfin. De nouveaux hurlements retentissent. Comme des pleurs de nourrisson, prenant de part leur proximités. Il les entend comme si...Comme s’il s’agissait des siens ? Sa gorge se serre, il ne désire plus que crier, appeler à l’aide, faire réagir cette silhouette qu’il sent s’éloigner.

Ma-…

Ses paupières encore collées, Mickey tâtait maladroitement les alentours de ses mains. Le départ de Josiah avait grandement altéré la température et l’avait sorti de son sommeil. Enfin, si on appelait ça du sommeil. Plus une épreuve pour lui, un mauvais moment à passé. Mais là, il pouvait enfin revenir à lui, ouvrir les yeux et profité de la lumière pour le rassurer. Ou presque ? Les premiers rayons étaient toujours violents, forçant les draps à se rabattre sur sa tête. La dessous, il ne tiendrait pas longtemps, mais juste assez pour reprendre conscience. Ce n’est pas comme s’il avait pu oublier ce qu’il s’était passé, ou ce qu’il avait fait. La façon dont il s’était piégé en acceptant de suivre Josiah. Stupide.
Rampant sous les couvertures, il quitta le confort du lit pour de nouveaux frissons, ses pieds nus sur le sol de la chambre. Il grimaça en ramassant le premier vêtement qu’il rencontra pour se couvrir, en se glissant littéralement dedans. Savoir si ce t-shirt lui appartenait ou pas, mystère. Une vaine tentative d’avoir l’air présentable en sortant de la pièce, son petit oiseaux libre comme l’air. L’appartement lui sembla différent. En le parcourant si tôt, il avait vraiment l’impression d’y vivre. Une impression qui disparaîtrait aussitôt qu’il aurait émergé. Au réveil, il avait toujours un temps de béatitude, de soulagement. Qui ne durait pas éternellement malheureusement. Essayant encore de dégager la croûte au coin de ses yeux, il jeta un coup d’oeil curieux dans la cuisine en passant, reniflant une vive odeur de café, puis continua son chemin jusqu’au salon dans un bâillement.

« Ah. » Tout sourire, il salua le propriétaire des lieux, avec une innocence presque insolente. Compte tenu des événements de la veille, il aurait dû réagir autrement. Au lieu de ça, il se rendit à sa rencontre pour observer sa tasse d’un air presque imbécile et sans vraiment y prêté plus d’attention, enlacer le brun dans un soupir las. « T’aurais pu rester un peu. J’ai eu froid. » Conta-t-il d’un air plaintif avant d’être distrait part la vue de l’une des fenêtres et le relâcher. « On dirait presque qu’il fait beau... » Commentaire sans grande importance, mais qui lui rappela à quel point il faisait frisquet. S’étreignant tout seul, il lança un regard à Josiah et pausa. Quelque chose n’allait pas.

Instinctivement, il dévia celui-ci vers le reste de la pièce, se tenant toujours les bras. Merde. C’était quoi ce vilain malaise, d’où ça lui venait déjà ? La dernière fois qu’il l’avait regardé dans les yeux, c’était pour mieux lui mentir et ça venait de lui revenir comme une claque en pleine face. Ce qu’il était devenu pour être capable d’une telle chose. Ses pas s’éloignèrent, s’emmêlant comme s’il avait perdue les bases de la vie sur deux pattes, son corps penchant de ci de là.

« Hmm...Toilettes, toilettes... » Annonça-t-il en relâchant ses bras pour s’enfuir le dos tourné, toutes fesses nues qu’il était. Atteignant la salle de bain, il s’y cloîtra pour plus de tranquillité. Le coin de sa tête contre le mur, il essayait de garder son calme malgré la vague d’émotion qui venait de le submergé. Qu’est-ce qu’il avait fait ?

Josiah ne lui pardonnerait jamais.

Encore fallait-il qu’il arrive à lui avouer. C’était impossible, il ne pouvait pas juste lui dire. Il ne pouvait pas lui montrer cette image de lui. Pas à lui qui avait toujours essayé de l’aider, qui ne l’avait jamais rejeté malgré sa bêtise. Pourquoi est-ce qu’il avait dû lui faire ça ? Pourquoi est-ce que ça devait toujours se terminer de cette façon, pourquoi devait-il toujours tout détruire ? Une horrible nausée le pris, le laissant tomber à genoux près de la cuvette sans la moindre force. Incapable de contrôler quoi que ce soit, il avait dû cracher sa bile. Une main contre sa bouche, il essayait pourtant de se retenir, jugeant dans un éclair de lucidité qu’il faisait beaucoup trop de bruit. Le visage dégoulinant d’un mélange de larmes, morve et bave, il rinça le tout sous l’eau fraîche du lavabo. Se maintenant à ses bords, il redressa son cou et croisa son pire ennemi dans le reflet de la glace.

Le dégoût qu’il éprouva lui donna presque envie de retourner au sol pour finir de vomir ses tripes. Si seulement tu pouvais disparaître pour de bon.

Rapidement, il s’en était débarrassé. Le miroir avait laissé place à un placard et s’il avait pu penser à y chercher de quoi se raser, ce n’était pas les trois poils qui se battaient en duel sur son menton qui en requerraient la nécessité. L’endroit faisait bien souvent office de pharmacie et il espérait y trouver n’importe quoi qui assommerait sa raison. Encore une tentative désespéré de d’échapper à cette réalité qui ne se fatiguait pas de le poursuivre. Brusquement, il tendit sa main en agrippant le premier flacon qu’il rencontra. La question se posa tout de même et malgré la panique. De quoi s’agissait-il et pourquoi Josiah en avait besoin ? Ses pensées se s’égarèrent alors qu’il tentait d’en déchiffrer l’étiquette. Un nom savant et d’autres en petits caractères, des mots qui n’avaient pas de sens pour lui. Il se mordit la lèvre, posant une main sur le capuchon avec hésitation. Sa monté d’adrénaline lui était déjà passée et il ne savait plus.

Exténué, il s’accroupit, gardant le flacon dans ses mains au dessus de son front.

Quelques pleurs s’étaient enfin libéré, lui arrachant un désagréable sentiment d’impuissance. Stupide. Stupide. Tellement stupide. De quoi t’as peur bordel ?
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Mar 13 Sep - 5:54
WILL I STILL KNOW HOW TO SHELTER YOU ?

La tasse dans sa main réchauffait ses doigts, lui donnant une sensation agréable de réconfort, comme lors d'une froide journée d'hiver quand on rentre enfin à la maison, dans la chaleur agréable de son logis. C'était pareil, un concentré de ce sentiment doux dans une simple tasse de café. Son regard semblait toujours vaguement perdu à l'extérieur, mais un bruit attira son attention derrière lui. Il entendit les pas légers du blond qui quittait la chambre, le regardant en retenant un sourire, constatant qu'il n'avait enfilé qu'un t-shirt pour se couvrir. Enfin, il n'était pas bien mieux avec son jogging qui tombait sur ses hanches, mais au moins il avait les fesses couvertes contrairement à Mickey. Qu'importe, c'était dans son charme tout ça. Cet air un peu ailleurs, ces regards vagues, cette manière d'en avoir absolument rien à foutre, ça le rendait certainement encore plus mignon.
Il garda donc les yeux sur lui, portant sa cigarette à ses lèvres, celle-ci déjà presque entièrement consumée. Il tira dessus et accueillit le blond près de lui, passant son bras autour de son corps frêle lorsqu'il vint l'enlacer. Il le garda ainsi près de lui en écoutant sa faible complainte, devant bien avouer qu'il n'avait pas tort. Il aurait pu rester au lit un peu plus, même sans se rendormir il aurait pu profiter de la chaleur des draps et se presser un peu plus à lui, profiter de l'instant et pourtant... Non il n'y était pas arrivé. Il avait eu une vague sensation que tout ça n'était pas bien, il avait eu un sentiment de culpabilité qui s'était emparé de lui, le forçant à quitter le lit pour s'enfiler quelques médicaments et se calmer seul à seul avec lui-même.

L'idée que le blond aurait apprécié qu'il reste un peu plus au lit le flattait, lui rappelant ses paroles d'hier, lui rappelant ce qu'il lui avait avoué. Il avait encore du mal à y croire, ou plutôt du mal à réaliser. Ses doigts s'étaient un instant perdu dans les cheveux doux et fins du jeune homme, faisant durer l'étreinte jusqu'à ce qu'il ne s'éloigne un peu. Sa remarque sur le pseudo-beau temps attira le regard de Josiah vers la fenêtre à nouveau. En effet, on croirait presque que pour une fois Londres ne crachait pas à leur visage des nuages maussades. C'était bien ironique, mais ça il l'ignorait encore.

Lorsqu'il reposa les yeux sur Mickey, celui-ci reculait, annonçant assez clairement l'endroit où il fuyait. Un sourire faillit bien naître sur les lèvres de Josiah, en voyant le blond s'éloigner les fesses à l'air - qui n'aurait pas sourit ? - mais il se ravisa en fronçant les sourcils. Le regard de son jeune ami, n'était-il pas étrange une seconde auparavant ? Il n'avait pu le croiser qu'un bref instant, mais quelque chose lui avait semblé faux. Comme si ça n'allait pas, comme si c'était moins doux que ça en avait l'air. Il observa la porte de la salle de bain au bout du couloir, refermée sur Mickey sans qu'il n'arrive à le déchiffrer une fois de plus. Resterait-il un mystère pour toujours ? Probablement, tout comme lui le serait à tout jamais pour les autres aussi.

D'un geste las, il porta sa cigarette au cendrier qui traînait non loin de lui, écrasant son mégot avant de prendre une nouvelle gorgée de café, l'air songeur. Il essayait de déchiffrer Mickey, de déchiffrer d'où venait cet étrange malaise, ce souvenir désagréable d'un regard perdu. Qu'avait-il pensé à cet instant ? Sa culpabilité revint à grands pas, lui rappelant qu'après tout il ne l'aimait pas, du moins pas comme le blond prétendait l'aimer. Qu'en savait-il de toute manière ? Qu'avait-il su de l'amour à 18 ans, lui ? Cette question fit écho dans son esprit, éveillant quelques vieux souvenirs, une nostalgie qui lui serra le cœur. Il en savait quelque chose. Il avait déjà su ce qu'était l'amour, mais choisi d'oublier pour s'en protéger.

Sa tasse retrouva alors la table de cuisine, ses pas le guidant dans le couloir de l'appartement vers la salle de bain. C'était long, non ? C'était long. Il s'en était convaincu, s'inventant un prétexte pour s'approcher de la porte et s'inquiéter du blond derrière celle-ci. Il n'était certainement pas tombé dans la cuvette - quoi que ? - mais quelque chose clochait. Il n'avait pas rêvé cet instant d'hésitation, ce regard comme s'il était pris d'un soudain remord.
Alors il toqua, une fois, puis une seconde un peu plus hésitante.

« Hey, Milk... Ça va ? » Non c'était pas bon. Pas ces mots, pas cette voix qui ne dissimulait pas son inquiétude. C'était pas bon de demander si ça allait, parce qu'après tout si ça n'allait pas il risquait fort bien de mettre le feu aux poudres. Il se ravisa donc, en se disant qu'il n'arriverait pas à savoir au travers d'une porte, et que même s'il savait il ne saurait pas quoi faire. Il se racla donc un peu la gorge en poursuivant plus légèrement. « Si je fais des crêpes, tu en veux ? »

Qu'arrive-t-il lorsque les destins de deux misérables lâches se rencontrent ? À peu près ça, probablement. Deux faibles ayant trouvé refuge l'un contre l'autre, parce qu'on dit qu'à plusieurs c'est toujours plus facile d'affronter la vie. Foutaises. Cependant arrêter d'y croire c'était encore pire. Arrêter d'y croire c'était se condamner.

Josiah se doutait bien que Mickey voudrait des crêpes, après tout qui ne voudrait pas de crêpes ? Évidemment, on ne parlait pas de délicieuses crêpes de grand-maman préparées avec amour et tout le reste, plutôt de crêpes préparées avec un mélange en boîte un peu fades, mais sur lesquelles un peu de Nutella saurait égayer n'importe qui. L'important c'était l'intention. Trois ou quatre ans à vivre seul et pourtant il n'avait jamais réussi à bien cuisiner. Il se débrouillait, savait cuire un œuf, des pâtes et quelques repas simplistes, mais c'était toujours un peu fade, un peu ordinaire. Il ne savait pas accorder les saveurs pour rendre un plat unique, il ne savait pas bien se nourrir non plus et préférait s'installer devant une console avec une bonne pizza plutôt que devant le four. C'était comme ça, mais il se débrouillait ainsi.

Sans trop attendre de réponse il avait voulu se retourner pour aller préparer le tout, car de toute manière même si Mickey lui disait non il en préparerait pour deux ; Après tout, il finirait bien par piquer dans son assiette sinon alors autant prévoir le coup. Cependant dans un instant de silence il avait entendu comme un sanglot, comme une plainte. Avait-il rêvé ? Probablement. Il hésita devant la porte, effleurant la poignée du bout des doigts. Et s'il pleurait vraiment ? Et s'il avait mal, s'il regrettait ? S'il se demandait, lui aussi, ce qu'il était en train de foutre de sa vie ?

Josiah s'imagina ouvrir la porte tel un héro, entrer vif comme le vent et enlacer Mickey de ses bras, lesquels paraissaient bien plus forts lorsqu'ils enlaçaient le corps du blond. Il vit cette scène et pourtant elle ne se réalisa pas. Non, parce qu'il avait imaginé ce sanglot, parce que s'il ouvrait cette porte il risquait surtout de déranger quelqu'un en train de faire sa toilette du matin. Faut pas déconner, faut arrêter de se faire des films.
Il s'était ravisé, rassuré, il s'était traité d'idiot puis s'était détourné, prêt à retourner à la cuisine. Quand bien même il aurait ouvert cette porte, pour y trouver son ami accroupi au sol, un flacon de Prozac ou dieu sait quoi entre ses doigts fins, qu'aurait-il fait ? Aurait-il vraiment eu le courage d'accourir pour l'enlacer ou se serait-il enfuit en sentant la culpabilité gagner le combat ?

Les lâches ne sont jamais des héros.
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Mar 13 Sep - 17:35
demon
On toque à la porte et son coeur se décolle violemment de sa poitrine. Josiah a dû remarqué. Ça devait bien faire une dizaine de minutes qu’il s’était enfermé là dedans, de quoi avoir l’air louche. Que pouvait-il bien être entrain de se demander ? En général Mickey le collait tout le temps, cela devait lui paraître étrange qu’il s’isole d’un coup. Le blond devait se reprendre. Pas seulement pour lui, mais aussi pour Josiah. Il ne pouvait pas lui montrer ça, ni lui infligé sa peine.
Malgré tout, comment l’affronter ?

Il le savait compréhensif, mais jusqu’à aujourd’hui, il n’avait jamais fait rien d’aussi grave. Surtout, il n’avait jamais trahit sa confiance. Mickey était terrifié. Complètement terrorisé par ce qu’il se passerait ensuite. Plus jamais il ne lui ferait confiance, plus jamais il ne le laisserait venir ici, plus jamais il ne voudrait lui adresser la parole. Plus il y pensait et moins il réussissait à contenir ses larmes. C’était bien trop triste. Il aurait préféré une banale dispute, car la culpabilité le tuait. Doucement, mais sûrement, elle le mettait à terre. Celle d’avoir toujours pris les mauvaises décisions, d’avoir imposé ses désires aux autres et toutes ces choses qu’il regrettait encore et encore.
Parce qu’il ne pouvait pas lui dire, il allait le perdre. Parce que s’il lui disait, il le perdrait aussi. Et coincé dans cette situation, il se sentait suffoquer. Incapable de réfléchir, incapable de trouver le moyen de ne pas le blesser. Et c’était toujours comme ça. C’était sa punition, pour tout le mal qu’il avait fait jusque là. Il n’avait plus le droit de se rapprocher de qui que ce soit, de considéré sa présence comme acceptée, d’imaginer qu’on puisse avoir un quelconque attachement à sa personne. Si jamais il osait, s’il se sentait assez audacieux pour tenter le Diable alors, celui-ci le rappelait à l’ordre de la pire façon.

Le flou de ses yeux trempés ne le gêna pas au moment de se rapprocher de la porte. Bizarrement, entendre Josiah lui parler à travers le rassurait un peu. Ce n’était pas grand-chose, mais il se sentait plus calme en sachant qu’il ne lui en voulait pas encore. Pas encore oui, mais ça viendrait.
Il voulait se lever, sortir, et aller l’aider en cuisine -ou plutôt l’observer en l’embêtant avec ses questions-. Pourquoi n’était-il pas assez fort pour le faire ? N’était-ce pas plus facile d’oublier ? De prétendre que tout va bien ? Non. Plus maintenant. Il était allé bien trop loin. Reluquant les cachets dans le creux de ses mains, il eu un léger pincement au coeur. Ces trucs, il ne les avait pas trouvé par hasard et ça lui faisait mal. Pourquoi le brun avait-il besoin de ça ? Est-ce que lui aussi jouait la comédie ? Est-ce qu’il se planquait derrière ses sourires comme lui ? C’était encore pire. Lui avouer son mensonge alors qu’il avait trouvé quelque chose comme ça, c’était bien pire maintenant ! Et en même temps, il eu tellement pitié qu’il comprit qu’il se devait d’assumer ses conneries. Josiah irait sans doute mieux si on le débarrasser d’un parasite comme lui. Son égoïsme devait prendre fin ici. Il devait penser aux autres, à ses victimes. Elles aussi avaient leurs problèmes, leur secrets. Il n’était pas le seul à vouloir cicatriser sa plaie.

Alors, il se releva après que le brun soit parti. Retirant son seul vêtement et rentrant dans la cabine de douche avec paresse.

Sous un jet d’eau plutôt tiède, voir froide, il resta assit là pendant quelques minutes. Histoire de se remettre les idées en place, de trembler à cause de la température et non pas de nervosité, de balayer toute trace d’hésitation.

Quittant la salle de bain, il répandait encore quelques gouttes sur le parquet. Une serviette sur la tête, il se rendit de nouveau dans la chambre pour y récupérer ses affaires de la veille et enfin se vêtir sans penser à se sécher. De retour à l’entrée de la cuisine, il put y voir Josiah, qui comme il l’avait dit, s’était mit à préparer des crêpes. Il avait vraiment envie de lui dire qu’il ne devait pas se donner tant de mal pour quelqu’un comme lui, qu’il ne le méritait pas, mais demeura silencieux en avançant dans la pièce. Sa main posa le flacon sur le plant de travail et encore, il resta silencieux. Sa tête baissé, il avait profité de cette serviette couvrant son front pour ne pas avoir à croiser son regard une nouvelle fois.
Dans un frisson, il sentit une goutte glissé sur sa nuque et posa ses fesses sur l’un des chaises. Il se doutait ses actions pouvait être difficile à interprété, pire elle pouvait être mal interprété. Il venait de fouiller dans ses affaires et c’était comme si il lui reprochait de ne pas lui avoir dit. Alors qu’en vérité, il s’en voulait juste d’avoir trouvé ces cachets.

« Pardon...Jo. » De quoi s’excusait-il ? Est-ce qu’il s’agissait de ça ou bien de son mensonge ? Peut-être qu’il s’agissait de tout à la fois. Ses lèvres se refusèrent à se desceller de nouveau pour y ajouter quoi que ce soit. Grattant le coin d’un ongle, il arrachait bêtement sa peau, encore fripée d’être restée sous l’eau.

Ne pas pleurer. Pas maintenant, pas devant lui. Il lui avait évité ça tout à l’heure en n’insistant pas à la porte. Alors, il ne verrait pas. Pourtant, ce n’est pas l’envie qui lui manquait. S’il avait été assez courageux, il serait déjà parti. Il aurait quitté l’appartement et ne serait plus jamais revenu. La vérité c’est qu’il espérait encore. Il avait encore espoir que Josiah trouve le moyen de lui pardonner, qu’ils oublient tout ça et que leur relation redevienne ce qu’elle était. Un joli rêve…
Ses mains étaient remontées lentement sur les extrémité de la serviette lui tombant de chaque côté du visage, les plaquant contre ce dernier pour s’y réfugier. Il ne devait pas lever les yeux, il ne devait pas recroiser son regard. Si c’était le cas, il n’y arriverait pas. Il ne pourrait plus y arriver.

« J’ai quelque chose...à te dire…. » C’était sorti tellement spontanément qu’il s’étonna lui même. Sauf que cette chose qu’il avait à dire ne vint pas. Luttant contre lui, elle ne voulait pas sortir. C’est moi le menteur. C’est moi !  
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Mer 14 Sep - 4:37
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Il était retourné à la cuisine, car il se savait incapable d'affronter cette porte close. Il avait proposé cette idée de crêpes sans vraiment réfléchir, simplement parce que ça lui paraissait le mieux à faire. Proposer quelque chose d'agréable, offrir à Mickey ce qu'il lui offrait toujours, soit un peu de réconfort, un peu de douceur, quelque chose à manger en sa compagnie et qu'il espérait pouvoir déguster contre lui aujourd'hui. C'était une genre de porte de secours qu'il avait trouvé rapidement, car il avait eu peur d'insister sur Mickey, de trop le pousser, de provoquer dieu sait quoi, quelque chose d'encore pire. Il savait que pour lui, c'était ainsi alors il essayait de traiter son ami comme il aurait voulu être traité.
Le mélange à crêpes était plutôt simple, il lui suffisait de suivre les instructions sur la boîte, ajouter du lait, de l'eau et un œuf, rien de bien exceptionnel. Il remuait le tout dans un grand bol, observant ses propres gestes d'un air un peu absent. Il repensait à toute cette situation, à ce sanglot qu'il était presque certain d'avoir entendu mais qu'il se convainquait d'avoir rêvé. Il se demandait vaguement s'il n'aurait pas mieux valu qu'il ne couche pas avec lui, qu'il ne fasse pas quelque chose d'aussi irréfléchi et pourtant... n'en avait-il as eu envie, lui aussi ? Toutes ces choses trottaient dans sa tête sans vraiment avoir de réponse. Il devait en avoir le cœur net, il devait savoir ce qu'il en était du côté de Mickey. Lui qui ne se souciait jamais de grand chose, jamais vraiment des gens l'entourant, lui qui prenait tout pour acquis voilà qu'il se souciait vraiment de lui. C'était sûrement le cas pour tout le monde à vrai dire, mais il savait que le blond était plus fragile que les autres alors il ne se permettait pas autant d'imprudence, autant de méchanceté envers lui.

Enfin, ça irait. Ça allait toujours. Il faisait chauffer déjà la seconde crêpe, planifiant d'en empiler quelques unes dans deux grandes assiettes pour lui et Mickey. Son esprit se calmait par instants, ses pensées revenant se bousculer par d'autres, mais il arrivait à garder un calme apparent. D'une oreille distraite il entendit la porte de la salle de bain s'ouvrir, content de savoir que son ami avait enfin quitté sa cachette. Il se sentit vaguement rassuré, puis en entendant un peu après les pas derrière lui il tourna le regard pour croiser un Mickey encore un peu humide et vêtu cette fois. Il voulut sourire, lâcher une bêtise de plus, quelque chose comme "ah c'est dommage" ou dieu sait quoi, mais il n'eut pas le temps. Son regard fut attiré par un geste du blond, lorsque celui-ci vint poser un flacon de médicaments sur le plan de travail. Il perdit aussitôt le faible sourire qui naissait sur ses lèvres, détaillant le flacon des yeux, arrivant sans même pouvoir lire l'étiquette à deviner son contenu par la couleur des petites pilules à l'intérieur. Mickey avait découvert l'un de ses secrets, ce qui devait arrivé arriva.
Après tout, ce n'était pas vraiment caché, non ? C'était simplement... pas vraiment mis en évidence. Il laissait les flacons dans ses tiroirs, dans les armoires, il espérait que personne ne vienne à fouiller, ni à montrer un once de curiosité. Il espérait que tout le monde soit indifférent, que tout le monde se fiche de lui pour ne jamais devoir vivre ça. Mais c'était raté.

Josiah restait muet, incapable de bouger, incapable de quitter le flacon des yeux. Son esprit s'était arrêté l'espace de quelques secondes, laissant un vide immense, entendant les excuses de Mickey comme si elles venaient de très loin. Comme s'il se trouvait lui-même dans ce flacon et qu'il entendait en écho la voix de son ami. De quoi s'excusait-il ? Il s'excusait d'avoir fouillé ? D'avoir percé à jour l'un de ses petits mystères ? C'était des excuses creuses, s'il avait vraiment été désolé il aurait laissé ce foutu flacon où il l'avait trouvé et ne serait pas venu le voir pour lui exposer sous le nez son pire démon. Cette bête noire qui le dévorait, qui souillait son esprit comme la pire des maladies...

Il s'était alors crispé, sentant une vague colère grimper en lui. Une colère mêlée à la panique, à son esprit qui partait en couille et à des paroles qui ne venaient pas. Il ne savait pas comment réagir, pas comment se sortir de cette situation dans laquelle il aurait tout donné pour ne pas être. Mickey parlait à nouveau, annonçant qu'il devait lui dire quelque chose, mais encore une fois Josiah l'entendait sans l'écouter, sans capter ses mots.
Puis, d'un coup, il se remit en marche. D'une main il attrapa le flacon, sa voix s'élevant, sa main se crispant sur le petit contenant alors qu'il tournant les yeux vers Mickey.

« T'en as pas marre de fouiller partout Mickey ?! Ça te regarde pas ça ! C'est... »

Fuck. Sa voix s'était brisée, car sa colère était fausse. Personne n'y croyait. Elle ne servait qu'à dissimuler sa panique, dissimuler l'anxiété d'avoir été percé à jour, dissimuler toutes ces choses qui faisaient de lui le faible qu'il était. Dissimuler aussi cette respiration difficile, son cœur qui s'emballait, car il perdait le contrôle. Il voulu se reprendre, garder cette rage, mais elle s'était déjà envolée loin. Il n'y arrivait pas. Il n'arrivait pas à fausser le jeu à ce point, son visage se déformant par la douleur un bref instant avant qu'il ne le cache derrière sa main, l'autre serrant toujours mais plus mollement désormais le flacon. Il était misérable, minable. Incapable de faire face.
De cette main sur son visage il avait eu peur de sentir l'humidité de quelques larmes sur ses joues, mais rien. Il ne pleurait pas, pas encore. Sa respiration s'était calmée, il avait évité le pire pour l'instant. Alors il rabaissa sa main de devant son visage, les yeux baissés, observant le flacon dans sa main, détaillant l'étiquette avec son nom dessus, sous celui de son psychologue. Il aurait bien aimé jeter la bouteille de toutes ses forces, la voir se fracasser contre le mur en face de lui, déverser son contenu partout au sol et l'oublier à tout jamais, mais la peur le prenait par les tripes, l'empêchant de faire une chose pareille. Après tout, que serait-il sans ça ? Il n'en savait rien, il avait oublié ce qu'il avait été avant de chercher à fuir avec cette médication.

« Merde.. » Sa voix n'avait plus un once de colère, prouvant encore une fois que celle-ci avait été factice. Il se détourna ensuite sans grande motivation, enlevant sa dernière crêpe un peu cramée de sur le feu pour éviter qu'elle ne brûle encore plus, fermant le tout avant de mollement venir rejoindre son ami à table. Il avait tiré la chaise du pied avant de s'y laisser choir, posant le flacon sur la table sans oser regarder Mickey lui non plus. S'il avait eu le courage de lever ses yeux azur vers le blond, il l'aurait vu détourner le regard faiblement lui aussi, mais il n'avait pas cette force. Il gardait les yeux rivés vers le sol, incapable d'expliquer quoi que ce soit... « Pardon Milk, t'aurais pas dû trouver ça... »

Il s'excusait, sans trop savoir pourquoi. Il s'excusait de ne pas avoir mieux caché cette saloperie, de lui avoir crié dessus juste avant sans raison, juste pour se donner du courage sans vraiment y arriver. Il s'excusait de ne pas lui avoir dit avant, quoi qu'il ne le pensait pas vraiment ça. Il aurait en vérité préféré que Mickey ne découvre jamais un truc pareil. Il aurait préféré qu'il ne le voit jamais faible. Que personne, d'ailleurs, ne le sache faible comme il l'était réellement, mais surtout pas Mickey. Pas celui qu'il voulait protéger, celui qu'il voulait garder du mal en le serrant contre lui, celui qu'il voulait aider. Sauf que t'es minable, Josiah.
Incapable d'expliquer quoi que ce soit, incapable d'en parler pour l'instant, il repensa aux paroles de Mickey qu'il n'avait pas percuté avant, revenant dessus en y voyant une porte de sortie temporaire...

« T'as dis... Euh.. Tu veux me dire quoi Milky ? J't'écoute.. »

Il gagnerait du temps pour pouvoir expliquer les médicaments, pour pouvoir expliquer quelque chose qu'il ne s'expliquai même pas à lui-même. Il ne savait pas ce que Mickey avait à lui dire, mais s'était dit - sans se douter - que ça ne pouvait pas être pire que de faire face à sa dépression devant celui qui l'avait cru fort. S'il avait su ce que Mickey avait à lui avouer, il ne l'aurait certainement pas encouragé à continuer ainsi, en lui laissant le loisir d'avouer sans même l'obliger à le regarder dans les yeux. Pourtant, le blond avait bien choisi son moment ; Josiah était faible, il n'aurait pas le courage de lever les yeux pour croiser les siens en cet instant.
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Mer 14 Sep - 17:13
demon
Mickey se demandait souvent, s’il était si démoniaque, pourquoi avait-il si mal lorsqu’il venait à faire du mal aux autres ? Il aurait dû apprécier ça, se délecter de la souffrance des personnes qu’il continue de blesser chaque jour. Mais c’était tout le contraire. Plus il la ressentait et plus elle le faisait souffrir lui-même. Entendre Josiah élevé la voix sur lui, bien qu’il ne méritait pas meilleur traitement, lui procura une si grande peine qu’il se renfrogna, calant son dos contre le dossier, son menton se pressant vers son cou. Cette situation, il ne l’avait pas souhaiter. L’intention n’était pas de le mettre mal à l’aise ou de lui causer du tord. Pourquoi lui avait-il amené d’ailleurs ?

Parce qu’il était lâche. Parce qu’il ne voulait pas être le seul à avouer quelque chose. Parce qu’il avait eu cette absurde pensée que si Josiah réalisait que lui aussi avait ses secrets, il lui en voudrait moins. C’était tellement malhonnête de faire une chose pareille. Comme si à chaque fois qu’il essayait d’arranger les choses, il finissait par faire bien pire.
Il aurait tellement préféré revenir dans le temps et ne pas provoquer toute cette histoire. Pourtant, c’était impossible. Soit il fuyait, soit il devait y faire face. Aussi tentante que la fuite puisse être, il ne pouvait pas s’y résoudre. Pas après tout ce que Josiah avait fait pour lui. A chaque fois qu’il avait eu besoin d’oublier sa stupide existence, les contradictions de son quotidien ou peu importe quel autre raison qui le poussait à se rendre ici, pas une seule fois on lui avait refusé ce temps mort. Et il était bon de venir ici, de profiter de cet endroit. Non pas qu’il ait eu besoin d’un endroit ou dormir, son dortoir pouvait parfaitement remplir cette fonction. Mais le brun y apportait quelque chose de différent. Un sentiment d’acceptation, quelque chose qu’il ne cessait de chercher.

Oh, ce qu’il s’en voulait de lui avoir fait subir cela.

Ses yeux glissèrent sur le flacon alors qu’il rejoignit la table. Il aurait du le faire et maintenant il regrette. L’hésitation le condamné à devoir se retrouver dans ce genre de situation. Celles qu’il pouvait facilement évité s’il n’était plus là. Si seulement il n’avait pas hésiter à l’ouvrir, Josiah n’aurait pas eu à s’agacer de son comportement. A cet instant, il se sentait comme une épine dans son pied. A le contraindre de se livrer, de faire face à sa propre réalité alors que lui n’avait jamais eu le courage de le faire. Qui était-il pour donner des leçons ?

Le blond dû retenir un trop-plein d’émotions en l’entendant s’excuser. Pourquoi ? Il n’avait rien fait de mal lui, ce n’était pas à lui de s’excuser ! De nombreuse fois, il s’était senti mal, empli d’une immense tristesse comme c’était le cas à présent. C’était trop. Comprendre enfin qu’il ne méritait rien de cette gentillesse qu’on lui offrait. Il était pire que tout. Un vrai monstre.

Monstre.
Monstre.
Monstre…


Comment avait-il encore le culot de se tenir là, en face de lui. Sa place n’était pas ici. Seul l’Enfer pouvait accueillir des ordures de son espèce. Pinçant ses lèvres entre elle, il inspira à s’en faire exploser les poumons et d’un coup, il lâcha complètement prise, fondant en larme comme si on venait de lui annoncer la pire des nouvelles. Un spectacle pathétique sur lequel il n’avait aucun contrôle. Son coeur battait tellement fort qu’il se voyait déjà mourir. La mort aurait été bien douce comparé à ce qu’il ressentait. C’était un supplice, une torture.

« C-C’e-C’est p-pas… J-Je… Je...v-voulais pas ç-ça... » Dur de comprendre ce qu’il tentait de dire, les mots noyer sous ses sanglots. Il voulait le faire pourtant, il voulait tellement lui expliquer. Il voulait réparer ou bien au moins essayer. Josiah avait le droit de savoir la vérité, même s’il se rendrait enfin compte de quel genre de monstruosité il avait laissé entré chez lui. Sa mâchoire se contracta, ses dents grincèrent et il fît son possible pour se calmer. « T’as...r-raison...Ça m-me...regarde pas... » Utilisant la serviette pour la passer sur son visage et nettoyer les larmes cascadant le long de ses joues. Ses yeux n’avait pas quitter les médicaments, un moyen pour lui de ne pas avoir à regarder le brun directement. De se donner un peu de courage en pensant à une solution désespérée. « Jo, si tu savais...Je me sens tellement m-mal. Je...Je savais pas quoi faire...j’ai paniqué. Sur le coup...j’ai pas réalisé ce que je...faisais... » Retrouvant un peu son souffle, il sentait pourtant toujours qu’il pouvait craquer de nouveau à n’importe quel moment. « Je t’ai menti. J’étais pas jaloux...juste envieux. Mais c’est ce que je fais...je mens. Je mens, je mens, je mens tout le temps...Je suis qu’un putain de menteur qu’est pas foutu d’assumer ses conneries… » Un nouveau sanglot le pris et il engouffra son visage dans la serviette déjà bien humide. « J-Je suis...tellement...tellement...d-désolé... »

Perdu dans ses pleurs, il ne se donnait même plus le droit de relever la tête. Qui aurait eu envie de voir cette horreur ? Il connaissait bien une personne capable de le voir comme ça, mais y penser lui retournait l’estomac. Jamais il aurait pensé devoir infliger cela à quelqu’un d’autre. Oui, cette souffrance le terrassait et pourtant il ne pouvait qu’espérer que cette seule et unique personne ne vienne le rassurer. Comme à chaque fois qu’il avait constaté les dégâts de ses propres erreurs. Il sentirait les apaisants battement de son coeur contre son épaule et la chaude caresse de sa main dans ses cheveux. Retrouvant son calme au doux ton de sa voix. Un rêve qui n’avait pas de prix. Juste un rêve oui.

« Jamais j’aurai dû te faire ça... » Les larmes s’étaient arrêtés de couler, mais sa tristesse avait pris une autre dimension. Son expression s’était vidé de toute émotion, comme s’il ne ressentait plus rien. « Tu peux me frapper si tu veux... » Suggéra-t-il avant que ses lèvres ne se remette à trembloter. « S’il te plaît...frappe moi...autant que tu le souhaites. Mais...ne me demande pas de partir… » Pour une fois, il avait été complètement sincère et s’en était tout aussi douloureux que s’en était libérateur.

Il ne voulait pas partir, ou plutôt, il ne voulait pas qu’on l’abandonne encore. Qu’on l’éloigne, qu’on le renie, qu’on l’exile, qu’on le jette comme le moins que rien qu’il était. Il avait découvert qu’il pouvait s’attacher à d’autres personnes, d’autres endroits et d’autres odeurs. C’était difficile, mais il savait qu’il le pouvait. Parce qu’il n’avait aucune envie de se séparer de Josiah. Il n’avait pas envie de lui faire ses adieux même s’il lui en laissait le temps. C’était peut-être encore là, le parasite qui s’exprimait, mais il avait un sentiment différent cette fois. Plus que de l’égoïsme, il sentait que cette volonté n’était pas capricieuse. Il en avait désespérément besoin, comme de l’air qu’il respirait.

« S’il te plaît...je veux pas partir... » S’il te plaît...Je veux pas mourir…
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Jeu 15 Sep - 4:35
WILL I STILL KNOW HOW TO SHELTER YOU ?

L'air de l'appartement semblait être lourd, presque trop pour être respirable. Josiah avait frôlé la crise de panique et voilà qu'il tentait de se calmer, de reprendre le contrôle sans vraiment savoir comment s'y prendre. Mickey l'avait percé à jour et ça lui faisait peur, bien trop peur. Sa solution avait été de laisser son ami parler le premier, espérant que ce serait plus facile après, espérant que ses secrets seraient moins difficiles à extirper d'entre ses lèvres quand le blond aurait lui aussi avoué quelque chose. C'était lâche, pas forcément efficace, mais c'était le mieux qu'il avait trouvé. En attendant d'entendre Mickey reprendre la parole, il gardait le regard bas, avec cette envie irrépressible de se laisser glisser au sol et remonter ses jambes contre son torse, les enlacer de ses bras et rester ainsi sur le flanc sans bouger durant des heures. Il n'en fit rien, il devait rester au moins un peu courageux, au moins un peu "fort" aux yeux de Mickey... Enfin, si c'était encore possible de l'être.

Alors qu'il s'attendait à entendre bien des choses, ne sachant pas vraiment à quoi se préparer, une chose est certaine : Il ne s'attendait pas à ça. En un instant, en une fraction de seconde son ami avait craqué. Les sanglots avaient pris possession de son corps, de sa voix, de lui tout entier. En l'entendant, Josiah avait relevé le visage pour constater les larmes qui coulaient vivement sur le visage du plus jeune. Ça y est, c'était le bordel. Mickey tentait de parler malgré les sanglots, sa voix tremblant, quelque chose d'à peine compréhensible d'échappant de ses lèvres prises du même tremblotement. Là, tout de suite, le brun avait envie de se jeter sur lui, l'enlacer et l'écraser dans ses bras, l'écraser contre son torse pas si large que ça et qui, pourtant, le paraissait à côté du blond. Il voulait le protéger, mais son corps refusait de bouger. Il devait savoir avant. Pourquoi il pleurait ainsi ? Qu'est-ce qui le mettait dans un tel état ?
Alors il ne bougea pas tout de suite, tentant de déchiffrer les paroles de son jeune ami parmi les sanglots, jusqu'à ce qu'il n'avoue. Ces mots au travers des excuses, ces mots qui expliquaient tout. Sur le coup, Josiah se figea, tentant d'assimiler sans vraiment y arriver. Il s'excusait, mais ça semblait totalement traverser le brun qui restait muet. Son visage s'était éteint de toute émotion alors qu'il fixait Mickey sans le voir.

Il avait menti ?

Alors quoi, il avait tout inventé ? Il avait tout faussé, il lui avait laissé croire à cette histoire montée de toute pièces ? Il l'avait laissé s'en faire pour lui, se sentir coupable, le désirer aussi, tout ça c'était faux ? Pour ne pas avouer qu'il était envieux, qu'il aurait lui aussi aimé vivre quelque chose du même genre, il avait tout inventé et tout laissé dégénérer aussi. Après tout, ce n'était pas seulement un mensonge sans rien à côté, après tout il y avait eu cette nuit, il y avait leur amitié aussi. Ça ne voulait donc rien dire à ses yeux, le lien qu'ils avaient ensembles, au point d'être prêt à tout foutre en l'air par lâcheté ?
Josiah sentit son poing se crisper, la frustration grimper et pourtant il n'exprima rien. Non car il se calma tout seul, se rappelant quelques détails. Premièrement, il ne valait pas mieux que lui. Il aurait été capable de faire pareil, de faire pire même, de ne jamais avouer, de vivre dans le mensonge même. Deuxièmement, c'était pas mieux ainsi ? Après tout, il avait craint en le voyant pleurer ainsi, qu'il se soit senti abusé, ou dieu sait quoi car Josiah, lui, n'aimait personne, du moins pas d'amour. Il aimait Mickey de la même façon qu'on aime son frère. Alors au fond... n'était-ce pas mieux ainsi ?

Certes il lui avait menti et ça le blessait, il avait sans pouvoir se le cacher senti son cœur se serrer violemment dans sa poitrine, senti son souffle se couper un instant. Un ami s'était joué de lui, pas n'importe qui en plus. Mickey, celui à qui il ne mentait pas, celui à qui il ne faisait que cacher des démons mais avec qui il était toujours franc. Celui pour qui il avait toujours été présent, sans poser de question, l'accueillant chez lui à bras ouverts. Ce même Mickey venait de lui avouer un mensonge mais... Même s'il était blessé, il ne trouvait pas la force de lui en vouloir. Ça aurait été hypocrite, ça aurait été sale de s'énerver. Ça aurait été se voiler la face. Il aurait fait pareil à sa place.

Il n'avait pas bougé, Mickey s'était calmé. D'un calme froid, d'un calme effrayant. Il semblait s'être purgé de sa tristesse, mais aussi de tout ce qui pouvait encore faire battre son cœur. C'était un spectacle horrible, car Josiah connaissait cet état. Le post-crise, l'état de flottement, la tête lourde, comme au bord du gouffre, capable de se laisser glisser à n'importe quel instant de replonger. C'était la manière que le corps trouvait pour s'esquiver à la crise de larmes ou quelque chose du genre. Peu importe, c'était horrible, atroce à regarder.

« Mickey... »

Incapable de dire quoi que ce soit de concret il laissait sa voix échapper son prénom, l'observant et l'écoutant ensuite en se crispant un peu. Il était rongé par la culpabilité, c'était évident. Si bien qu'il demandait à être frappé, frappé pour ne pas devoir partir, frapper en espérant qu'il lui pardonnerait ? Un sentiment poussait Josiah à croire que c'était plutôt une manière de s'auto-punir, une manière d'avoir ce qu'il méritait, mais... Il n'aurait pas ce qu'il désirait. Il n'aurait ni coups, ni violence, ni hurlements ni colère. Pas parce qu'il ne le méritait pas, au contraire. Il aurait mérité que n'importe qui s'en prenne à lui après ça, n'importe qui sauf Josiah. Parce qu'il n'en était pas capable, parce que c'était au-delà de sa capacité. Il pouvait se fâcher certes, frapper aussi, des deux poings avec la force du désespéré, il en était capable, mais pas avec lui.

Il s'approcha alors un peu, se redressant de sa chaise pour attraper le blond et l'enlacer dans ses bras. Dans le geste, il fit glisser la serviette de sa tête, celle-ci se calant plutôt à son cou. Il le serra avec toute sa force, penché au dessus de lui, ses mains se crispant sur son haut dans son dos, son visage caché dans les cheveux blonds encore humides après la douche. Il resta ainsi de longues secondes, avant de prendre la parole, sa voix un peu basse trahissant une douleur qu'il ne montrait pas assez. Lui aussi aurait eu envie de pleurer, mais il ne pleurait pas. Il était fort.. Du moins il aurait aimé l'être.

« Milky... T'avais pas besoin de faire un truc pareil... Tu pouvais me dire la vérité à moi. » Il l'avait alors un peu relâché dans le simple but de pouvoir s'accroupir devant lui, tout près et le visage relevé pour essayer de croiser le sien qu'il gardait baissé depuis tout ce temps. Il tendit alors les mains, dans une douceur habituelle, pour toucher ses joues et passer ses mains dans ses cheveux, cherchant à lui faire lever les yeux vers lui. Imperceptiblement, ses doigts tremblaient, comme s'il craignait que Mickey ne se casse sous ses caresses. « Je croyais qu'on se faisait confiance... » Mensonge. Il n'y croyait pas vraiment. Il le voyait souvent, il voyait son ami se refermer dès qu'il tentait de le percer à jour, il le voyait masquer des choses sans arriver à déterminer ce qu'il cachait si désespérément. La confiance c'était faux. Au moins aussi faux que lui, quand il disait qu'ils se faisaient confiance l'un l'autre. Le flacon qui trônait fièrement sur la table en était la preuve. Le trophée de son incapacité à faire confiance. Le trophée de sa lâcheté.  « Enfin... J... »

Il se rendait bien compte que ce qu'il disait ne faisait aucun sens. Il voulait se rassurer, rassurer Mickey, calmer la situation et se convaincre que ça allait alors que non, ça n'allait pas. Il ne lui avait pas fait confiance non plus. Il lui avait caché des choses, caché ses démons, caché la vérité. Apprendre de sa bouche que son ami était un menteur, ça ne faisait que confirmer une chose : Ils avaient plus encore en commun que ce qu'il pensait. Alors il baissa lentement la tête, ses mains glissant du visage du blond pour venir se reposer sur ses épaules, son front appuyant sur son ventre, où il se sentit bien. Il resta un instant encore silencieux avant de reprendre, faussant le ton de sa voix pour essayer de calmer l'hésitation, le tremblement de celle-ci. Pour masquer sa peur, masquer sa peine.

« Je t'ai pas vraiment fait confiance non plus après tout... Je fais confiance à personne. J'aimerais bien te dire que c'est des Doliprane dans le flacon, mais t'es pas assez naïf pour y croire. » Un soupir traversa alors ses lèvres, ses mains glissant doucement pour venir près de son visage au niveau du ventre du blond, effleurant du bout des doigts son haut, sans oser s'y accrocher encore. « C'est juste dans ma tête. C'est des trucs que j'contrôle pas. J'ai juste... J'ai épuisé mes forces y a longtemps et ça... c'est pour m'aider à continuer. »

L'explication c'était facile. L'explication c'était plus propre que juste dire "Je suis dépressif" ou juste dire "Je suis malade" non ça, c'était pas beau. Ces mots, c'était trop direct, trop honnête. Mettre un nom sur quelque chose qu'il ne s'avouait même pas encore entièrement après dix ans. C'était laid. Au moins aussi laid que lui, lorsqu'il se montrait lâche. Au moins aussi laid que ses poignets usés par les années, marqués de cicatrices qu'il ne voyait même plus tant elles faisaient désormais partie de lui. Au moins aussi laid que ses propres mensonges, à lui-même et aux autres. C'était laid, tout simplement. Personne ne voulait entendre ça, personne ne voulait entendre parler de ses démons. Si j'avais eu des couilles, y a longtemps que j'aurais vidé mes flacons avec un peu de rhum pour faire passer.

« J'peux pas t'en vouloir Milk... J'aurais pas fait mieux. »

Il murmura ces mots, avant de se redresser enfin, remontant ses mains à son dos, venant s'accrocher d'une au dossier de la BEyZZ et de l'autre au t-shirt de son ami, le pressant à nouveau contre lui, venant coller son front au sien. Il n'en bougea pas, mais il avait fermé les yeux. Il ne cherchait plus à croiser son regard, pas après ça. Il ne voulait pas voir la pitié dans ses yeux, ou risquer qu'il en voit dans les siens. C'était le pire, il le savait.

« J'ai pas envie que tu partes. Tu dois juste me promettre de ne pas abuser de ma lâcheté. »

Mickey était un menteur, il l'avait avoué. Il pouvait bien promettre et ça pouvait tout autant être faux, mais Josiah s'en fichait. Que ce soit vrai ou non, qu'il abuse de son incapacité à le foutre à la porte ou non, qu'en avait-il à foutre ? Cette promesse qu'il lui demandait, c'était plus pour le rassurer. Comme pour se prouver qu'ils n'étaient pas non plus si faux que ça, qu'il y avait vraiment un truc qui les liait, que leur amitié n'était pas simplement basée sur des sentiments écœurants et sales.
Invité
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Dim 18 Sep - 16:48
demon
Si seulement on lui laissait l’opportunité de quitter son corps à cet instant. De laisser quelqu’un d’autre prendre sa place pour ne pas avoir à sentir cette horrible sensation qui n’en finissait pas. Il avait presque l’impression d’être un criminel forcé à avouer ses crimes. S’il le faisait alors, on l’enverrait dans le couloir de la mort.

« Mickey... »

Rare était les fois où il l’avait entendu prononcé son prénom de cette façon. Seuls ses parents l’appelaient comme cela.  C’était un peu perturbant, comme si la situation était tellement grave qu’il avait du tirer un très sur leur habituelle proximité. De quoi rendre le blond encore plus malade de toute cette histoire. Ses nausées l’avaient reprit. Il sentait bientôt s’abattre la sentence, le privant définitivement de la présence de Josiah pour le restant de sa triste vie. C’était à prévoir. Que faisait-il avec quelqu’un comme lui de toute manière ? Qu’est-ce que Mickey pouvait bien lui apporter. Il était stupide, stupide et en plus, même pas digne de confiance.
Sa tête ce vida subitement, sentant des bras l’entourer. Ses yeux rougis par ses pleurs, s’écarquillèrent sous la surprise, alors qu’il réalisait lentement ce qu’il se passait. Dans un premier temps, il eu envie de le repousser. Non pas qu’il n’appréciait pas ce soudain contact, mais c’était peut-être trop irréaliste pour y croire. Et si ce n’était qu’une illusion, alors il préférait s’en défaire plutôt que d’en souffrir une fois qu’il s’en rendrait compte. Cette étreinte lui susurra ensuite le souvenir de cette nuit, et il pesait aussi lourd sur son coeur qu’il lui réchauffa. Peu importe à quel point ça lui était douloureux, il ne voulait pas que le brun le lâche. S’il le tenait comme ça, alors ça voulait dire qu’il ne le laisserait pas partir et c’était tellement rassurant qu’il s’en serait remit à pleurer si la voix de ami n’était pas venu l’interrompre.

Lui dire la vérité ? Comment pouvait-il faire ça ? Non, c’était bien trop effrayant. Il ne pouvait pas risquer de lui dire tout ça. Croisant timidement son regard, il le fixa en l’écoutant sagement. Pourquoi avait-il eu cette réaction ? Pourquoi est-ce qu’il lui pardonnait toujours tout ? Pourquoi n’était-il pas en colère ? Mickey lui avait fait du mal et c’était presque comme s’il avait décidé que ce n’était pas si grave. S’en était presque frustrant, le fait de le voir s’abaisser, venir le chercher, comme si c’était lui qui était en tord. Pourtant, toute la faute revenait au blond. Chacun de ses gestes avait un arrière goût d’excuse, ses mains sur son visage ou dans ses cheveux. Ce n’était pas à lui de faire tout cela, le monstre qu’il était ne le méritait pas.
Sa raison lui hurlait de s’en défaire, de renoncer à sa tendresse. Mais il n’en fit rien. Parce que même quelque part il lui dérobait malhonnêtement, elle anesthésiait sa douleur un instant. Elle lui permettait de reprendre son souffle, de retrouver son calme, d’arriver à le regarder dans les yeux sans le fuir. Suivant ses mouvement, il releva un bras par reflex en sentant sa tête contre son ventre encore un peu fragilisé par ses récentes péripéties dans la salle de bain. Distrait par les tatouages dans son dos, il se fit tout de même happé par les confessions de celui-ci.

C’était tellement rare qu’on se confie à lui et sur le cou, il ne sut pas comment réagir ou quoi dire. Josiah était entrain de se livrer comme lui n’arrivait jamais à le faire. Cette révélation lui glaça le sang et pris de frissons il comprit une seconde fois la peine qu’il avait dû lui procurer avec ses mensonges. Le brun avait toujours eu l’air de pouvoir supporter les malheurs de la terre entière à ses yeux, jamais il n’aurait pu imaginer qu’il souffrait également de cette façon. Je suis vraiment qu’une merde…
Et il ne pouvait pas lui en vouloir ? Quelle blague ! N’ayant toujours pas quitter des yeux, le visage de son vis-à-vis, il resta sans mot un long moment. Que pouvait-il répondre à tout cela de toute manière ? Il ne pouvait plus s’excuser, parce que c’était tellement déplacé de demander des excuses maintenant. Il ne savait pas comment réparer son erreur, il n’avait aucune idée de ce qu’il devait faire ou dire et ça en devenait angoissant. Pourtant, il devait bien dire quelque chose.

« Non... » Non, bien sûr que si, bien sûr qu’il aurait fait mieux. Parce qu’il faisait toujours mieux, parce qu’il ne le blessait jamais lui. Il faisait toujours attention. « Je te le promet... » Une énième larme coula le long de sa joue et de son cou. « Je le promet... » Répéta-t-il à l’intention de quelqu’un d’autres, serra sa main contre sa poitrine, là où tombait son pendentif.

Trop ému par la sincérité de Josiah, il n’osa même pas l’étreindre à son tour. Est-ce que ça l’aurait rassuré ? Non. Impossible. Mickey n’était pas fait pour ce genre de chose, il ne savait pas apaiser la peine des gens. Il ne savait pas soigner ou réparer. Tout ce qu’il pouvait faire c’était détruire et en silence, en observer le résultat…Ses mains, aussi venimeuses étaient-elle, rejoignirent tout de même le dos de ses épaules dans une seconde d’inattention. S’étant laissé guider par son instinct et ses sens, plutôt que par cette voix dans sa tête, il s’était retrouvé dans cette position.

« Je veux plus faire ça. Je veux plus te mentir… Mais... » Une lourde inspiration paralysa sa voix. Pourquoi tremblait-il autant à chaque fois qu’il y pensait ? Même si la présence de Josiah le rassurait, il n’y parvenait toujours pas. Même s’il venait de lui prouver qu’il pouvait lui pardonner n’importe quoi, il ne pouvait toujours pas lui expliquer. Il lui devait pourtant des explications. « J’ai réagi comme un abrutis. » Grogna-t-il en serrant les poing contre les omoplates du brun, puis il le relâcha pour se reculer contre le dossier, avachi comme lorsqu’il s’entretenait avec un de ses professeurs. « Ouais...Je sais pas, quand tu m’as dit ça hier, j’aurai pas dû réagir comme ça...c’était con. » A son rythme, il essayait de trouver un moyen d’y arriver. Un moyen d’expliquer son comportement. Passant son bras sur ses yeux pour en essayer les dernières larmes, il renifla. « Tout ça parce que je peux pas avoir ce que je veux... » Marmonna-t-il, honteux de sonner comme un enfant gâté.

C’était peut-être le cas après tout, peut-être qu’il avait simplement était trop gâté et qu’à présent que tout était terminé, il avait du mal à s’y faire. Il en demandait trop de toute manière. La vie n’était pas un rêve éveillé et il le savait, au fond de lui il en était bel et bien conscient. Cependant, même ainsi, il continuait vainement d’espérer. Son regard se leva de nouveau vers Josiah, d’une façon un plus assurée cette fois ci.

« C’est vrai que je t’ai menti...que je t’ai fait croire des choses. C’était vraiment nul et je regrette. Mais...Je regrette pas ce qu’il s’est passé. » Ça ne durait jamais, mais se sentir accepté le temps d’une nuit le soulageait toujours un peu. Ça lui permettait d’oublier l’être répugnant qu’il était, d’oublier cette irrépressible  envie d’en finir avec son existence ou ce stupide besoin de se sentir aimé. « J’aurai juste aimé que ça arrive autrement... » Parce que maintenant, ça lui avait fait plus de mal que de bien.


hrp; c'pas terrible sorry, pas trop en forme pour écrire aujourd'hui...
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Mar 20 Sep - 3:17
WILL I STILL KNOW HOW TO SHELTER YOU ?

Il avait avoué, c'était fait, c'était dit. Plus question de revenir en arrière, de dire que c'était pas sérieux, d'effacer ce qu'il venait de dire à voix haute. C'était là et bien là, comme ce flacon posé sur la table entre eux, comme cette boule qui brûlait son ventre et semblait vouloir exploser en lui. C'était là et pourtant, maintenant qu'il l'avait dit il se sentait étrangement mieux. Enfin, c'était subjectif, mieux comme c'est mieux d'avoir une gonhorrée que le sida et pourtant c'était loin d'être bien pour autant. Qui voudrait d'une gonorrhée ? Enfin, c'était tout de même mieux une fois à l'extérieur, une fois qu'il pouvait enfin se sentir un peu plus léger. Désormais ils avaient tous les deux avoués, deux menteurs, deux lâches baissant les armes et le visage devant leurs torts. Deux lâches qui, comme les pêcheurs le jour du jugement, devaient répondre de leurs actes ignobles.
Mickey ne parlait plus, il semblait assimiler encore tout ce que Josiah venait de lui dire. Comme si c'était difficile pour lui d'y croire, ou comme s'il avait besoin d'un instant pour accepter les faits. Ce qu'il aurait aimé rester à ses yeux fort et maître de ses émotions, comme il aurait aimé être encore et pour toujours un être stable pour Mickey, mais désormais il le voyait tel qu'il était, ou du moins il savait la vérité. Josiah n'était ni stable, ni fort et encore moins maître de quoi que ce soit. Son avancée dans cette salope de vie se faisait avec l'aide de nombreuses béquilles, dont celle qui reposait sur la table sous la forme d'un pathétique flacon de cachets.

Sa voix se fit enfin entendre, faisant doucement se rouvrir les paupières de Josiah. Il écouta sa promesse, sans vraiment savoir s'il pouvait y croire et pourtant il avait cette envie d'une pureté inestimable de lui faire confiance. Il n'y résista pas. Parce que Mickey lui semblait si sincère, parce que chacune de ses larmes donnait envie à Josiah de l'étreindre un peu plus fort. Il était faible. Ses yeux se refermèrent en résistant à sa propre envie de laisser à son tour rouler quelques larmes sur ses joues pâles. Ça n'arriverait pas. Pas ça.
Les mains dans son dos le ramenèrent à la réalité et il se sentit vaguement apaisé, comme si cette simple caresse hésitante suffisait à calmer son esprit trouble. C'était une illusion, mais il s'y plaisait. Il laissa donc Mickey s'exprimer encore, parler, s'expliquer. Il l'écouta sans l'interrompre, ne pouvant qu'approuver lorsqu'il dit avoir réagi comme un abrutis. Là, il marquait un point. En le sentant se crisper, fermer le poing dans son dos, Josiah passa doucement sa main dans le sien, comme pour l'apaiser, comme pour le calmer et l'inciter à poursuivre. Ce qu'il fit. Enfin, il réussit à en tirer quelque chose, quelque chose de concret qui resta dans l'esprit du plus vieux. Parce qu'il ne pouvait pas avoir ce qu'il voulait, donc ? Mickey avait dit un peu plus tôt qu'il n'était pas jaloux mais bien envieux, ce qui laissait clairement entrevoir la solution. Josiah en comprit que son ami ne pouvait vivre une quelconque romance, qu'il s'en privait ou qu'elle lui avait été retirée. Il ne savait pas exactement ce qu'il en était, ce qui avait à ce point fait réagir le jeune homme, mais il pouvait au moins en discerner les contours. Il pouvait comprendre la nature de sa colère, concevoir celle-ci sans forcément se sentir obligé de tout savoir. Ça l'apaisa un peu plus et, à vrai dire, il ne songea pas un seul instant à voir Mickey comme un gamin capricieux et gâté. Il ne lui avait jamais vraiment inspiré une telle chose, mais au fond peut-être était-ce parce qu'il lui offrait toujours ce qu'il désirait. Peut-être ne voyait-il pas l'enfant capricieux car il ne lui donnait jamais une bonne raison de le laisser s'exprimer..? Peut-être était-il trop doux avec lui, mais il ne se sentait pas capable d'en changer quoi que ce soit.

« T'en es conscient... C'est tout ce qui compte. »

Josiah le savait, avoir conscience de ses erreurs, de ses défauts, c'était déjà la moitié du chemin. L'autre moitié consistait à tout faire pour les réparer, ne pas les laisser se reproduire et améliorer ses défauts jusqu'à les rendre aimables. Ça, il ne pouvait malheureusement pas aider Mickey là dessus car lui-même n'avait pas encore trouvé la solution magique pour y parvenir. Pour lui le chemin s'était arrêté à "assumer d'être une sale merde" et c'est tout. Toujours mieux que rien et pourtant pas forcément bien pour autant. À ses yeux, la faute avouée de Mickey le pardonnait déjà bien assez.

Lorsqu'il recroisa le regard de Mickey, celui-ci semblait plus confiant. Il avait séché ses larmes du revers de la main, mais ses joues étaient toujours humides, ses yeux encore rougis par les sanglots. Josiah, le voyant ainsi, eut une compassion encore plus grande à son égard. Lentement, il tendit les doigts derrière lui, attrapant sa chaise pour s'y rasseoir, écoutant les paroles de son ami sans le quitter des yeux désormais. Il avait gardé les doigts de sa droite contre son haut, se refusant à le lâcher complètement, se refusant à briser ce faible contact entre eux même s'il s'était éloigné de son visage enfin. À ses paroles, il baissa vaguement le visage, repensant à la nuit précédente. Il revit la scène avec une clarté effrayante et une lucidité tout aussi horrible. Disait-il cela pour le rassurer ? Pour ne pas le blesser encore plus ? La confiance en soi manquait cruellement à Josiah qui, dans ses souvenirs les plus lucides, tentait de revoir le visage de son ami. Qu'avait-il pensé en cet instant ? Comment pouvait-il ne pas regretter, c'était plutôt ça la question. Après tout, il avait forcément dû être amer en pensant à ses mensonges qui l'avaient menés là. Était-ce donc ce qui avait occupé son esprit durant ces instants ?

Ses doigts se crispèrent sur le tissu de son haut, avant qu'il ne le relâche doucement, un soupir traversant ses lèvres. Il se redressa un peu plus sur sa chaise, son dos plus droit, passant ses deux mains sur son propre visage comme pour tenter d'en laver toutes ces émotions négatives qu'il venait de ressentir. Un vague flashback, il repensa à Mickey qui était venu l'enlacer en sortant de la chambre plus tôt ce matin et eut même l'idée horrible de regretter que ça n'ait été que des mensonges. Pathétique.

« C'est pas grave tu sais, si tu aurais préféré que ça ne se produise pas tu peux le dire. T'es pas obligé de me rassurer j'ai plus 16 ans. »

Il faisait allusion à ces gamins qui ont tellement besoin de se prouver quelque chose, qui ont besoin d'être rassurés, qu'on leur dise à quel point c'était bien et toutes ces conneries. Sa propre remarque l'avait presque fait sourire, mais ça aurait été un sourire fort désagréable. Non, en effet ; Il n'avait plus 16 ans depuis fort, fort longtemps déjà. Cette idée resta quelques instants dans sa tête, s'y ancrant fermement, lui rappelant à quel point il avait vieillit. Mal vieillit, certes, mais les années passaient malgré tout, malgré lui.

C'était lourd. Merde, trop lourd. Il voulut alors alléger un peu le ton, rire mais son rire était pathétique. Il lâcha alors un petit soupir, avant de se redresser, ne voulant plus rester là face à lui parce que ça rendait la chose encore plus moche. Pourquoi s'était-il senti obligé de préciser ça ? Pourquoi n'arrivait-il pas à le croire, en plus ? Il le croyait lorsqu'il lui faisait des promesses, lorsqu'il s'excusait, lorsqu'il lui disait qu'il regrettait ses actes alors pourquoi n'arrivait-il pas à le croire lorsqu'il disait qu'il ne regrettait pas ça ? Peut-être n'était-il pas si veux qu'il prétendait l'être, finalement ; La confiance lui manquait bien plus cruellement qu'au gamin de seize ans encore puceau, mais il ne l'assumait même pas.

Il fit quelques pas, passant une main dans ses cheveux en bataille, secouant les mèches courtes sur son crâne sans vraiment trouver quoi ajouter de plus à cet instant de malaise. Il finit par se racler la gorge un peu, tournant les yeux vers Mickey avec un vague sourire au coin des lèvres, trop lâche pour poursuivre sur cette pente glissante.

« Mais j'aurais préféré aussi que ça se produise autrement. »

J'aurais préféré que ça se produise sincèrement. Il était revenu sur les paroles de Mickey pour essayer de clore le sujet, mais c'était maladroit. Il aurait aimé un fond de sincérité, pas forcément d'amour, ça l'arrangeait presque à vrai dire qu'il n'y en ait jamais eu car c'était plus facile à gérer ainsi, mais au moins que cela ne coule pas d'un mensonge auquel il avait cru un peu trop facilement. Alors il se détourna à nouveau, attrapant son paquet de cigarettes pour en tirer une et l'allumer de l'autre main, gardant le dos tourné à  son ami, prenant un bref instant pour assimiler tout ce qui venait d'être dit. Les crêpes étaient froides dans une grande assiette non loin de lui et il n'avait plus faim. Il n'avait même pas vraiment eu faim au départ. C'est comme si d'un coup tout ce qui venait de se dire entre eux avait été assimilé pour de bon. C'était arrivé, Ce mensonge, cette nuit, les larmes de son ami et son propre aveu. Il pressa la cigarette entre ses lèvres, en inspirant la fumée nocive, la laissant ensuite quitter ses poumons lentement et espérant expirer avec celle-ci ses douloureuses pensées. Il disait lui pardonner, ne pas pouvoir lui en vouloir et c'était vrai. Mais quelque part la douleur restait. Quelque part il savait que tout était différent maintenant. Tout n'était plus si doux désormais.
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