Qui aime bien châtie bien [Swann and Eve]

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Mer 14 Sep - 21:51

Mon thé en main, je me précipite vers le post de police.

 Ce matin je me suis réveillée en retard et d'assez mauvaise humeur. Pourquoi? Parce que mes voisins, aux alentours de la cinquantaine, on décidé de faire la fête jusqu'à deux heure du matin comme des jeunes de vingt ans. J'imagine qu'il supportent mal le fait vieillir ...

 Ce n'est qu'à deux heures et demi du matin que j'ai pris la décision de débarquer chez eux avec mon insigne. J'ai fait évacuer tout le monde puis je les ai laissés en plan après avoir gâché la petite fête.

  Regardez-moi: je ne me suis même pas habillée correctement! J'ai mis une chemise noire, achetée dans un magasin de vêtements pour homme sur un jeans et des palladiums couleur moutarde... Je n'ai même pas eu le temps de ranger ma chemise dans mon jeans!
     
 Lorsque j'arrive, dans l'ascenseur, je passe une main dans mes cheveux pour les ranger et tente de redresser ma chemise pour qu'on ne puisse pas trop voir mon cou. Lorsque je sors, certains ne tardent pas à me siffler. Je me retourne vers eux et leur lance un regard noir.
 Je suis si mal habillée que ça? Je suis si provocante que ça? Bah, ils apprendront à se tenir. Mais vraiment, quelle poisse...

  Je sens leurs regards se poser sur moi et m'assieds immédiatement en posant mon thé et mon arme sur le bureau puis je me frotte le visage et reprends mon souffle. J'ai un petit point de côté, c'est horrible. Lorsque je relève la tête, un jeune homme, assit au bureau en face du mien me fixe sans aucune expression sur le faciès.
 J'arque les sourcils pour le faire réagir mais rien ne se passe.

   — Quoi?! crié-je.

Il baisse immédiatement la tête.
Aujourd'hui, je ne suis pas d'humeur à tromper l'œil des gens, miss "bonne copine" est en vacance; c'est une "Swann chauffée" aujourd'hui.

   — Swann! crie mon chef de son bureau.

Je tape sur le mien et me dirige vers l'office d'un pas vraiment pas très motivé. Évidemment, les sifflements reprennent.

   — Oh! La ferme! crié-je en entrant dans le bureau.

Mon chef me tend un dossier sans rien dire; en fait il a le nez fourré dans d'autres papiers étalés partout sur son bureau.

   — Qu'est-ce que c'est?
   — Une nouvelle affaire.

 Au moment ou j'ouvre, mon chef se met à m'expliquer l'affaire de fond en comble.  Une histoire de drogue dans laquelle une femme au passé blanc comme neige, aurait été tuée. La scène de crime n'est autre qu'un appartement dans un immeuble leur ayant servit de planque. Apparemment, personne n'est revenu sur les lieux du crime après l'incident... Mais que faisait donc cette femme dans un trou pommé comme celui-ci?!

   — Peut-être qu'elle a été prise dans une fusillade? Peut-être qu'elle travaillait pour eux sous couverture...
   — Ça c'est à toi de le découvrir Swann, me coupe-t'il. Je veux que tu enquêtes sur les lieux du crime.
   — Très bien, j'y vais.

Alors que je me dirige vers la porte mon chef ajoute quelque chose.

   — Avec Eve.
   — Hein?, demandé-je.
   — Tu vas y aller avec Eve.
   — Chef! Je peux pas! Enfin vous...!
   — Tout a été planifié. Comme tu es arrivée en retard, j'ai vu tout ça avec elle. T'en fait pas: tout se passera bien.
   — Mais c'est moi qui ai la priorité C'est moi qui décide de si je veux une partenaire!

 Il me fait signe de disparaître.
 Je serre les dents, referme le dossier en le foudroyant du regard et sort "un peu" chauffée. En revenant, je balance le dossier dans un coin de mon bureau et part faire un tour au W.C pour me rafraîchir le visage.
 Moi, je ne la connais pas cette fille; j'ai rien contre elle, vraiment. Mais comme je l'ai dit: je la connais pas, je lui fais pas confiance donc je préfère travailler en solo. De tout façon on ne peut compter que sur soi-même...

 Quand je reviens, j'ouvre un tiroir dans lequel je garde toujours une veste de secours. Je l'enfile et ouvre le dossier une dernière fois pour examiner tout les éléments de l'affaire. Au passage, sans faire, exprès, je jette un œil à la jeune femme en question.

 Elle est... Brune, ses yeux sont gris, elle a une bonne taille et semble être plus tendre que moi si je me fie à son visage. Dans mon esprit, elle fait partie des femmes au style classique... "Mais toi aussi", vous me direz. Nan. Moi je fais partie des femmes au style "désordonné". Rien à voir.

C'est sûr, me fait une voix dans ma tête, toi tu est bien pire qu'elle. Après tout ce que tu as fait...
Je passe mes mains dans mes cheveux et répète tout bas "tais-toi" en fermant les yeux.
 Enfin, j'arrive à la faire taire, j'attrape mon gobelet et  continue à boire mon thé hibiscus- myrtille.


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Lun 3 Oct - 2:31
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Qui aime bien châtie bien.


Au travail, il m’arrivait souvent d’improviser en fonction du déroulement de mes interventions mais s’il y avait bien une chose sur laquelle j’étais inflexible, c’était les horaires. J’arrivais et je rentrais toujours à l’heure au commissariat, sauf cas de force majeure. Je savais bien que le sérieux n’occupait pas toute sa place même lors d’un métier comme le nôtre mais respecter cette condition était le minimum. S’ils étaient capables d’être en retard alors qu’en était-t’il lors de nos patrouilles ? Une minute en plus pouvait suffire à aggraver une situation. C’était pourquoi les retardataires me craignaient s’ils venaient à faire équipe avec moi ! Personnellement, j’étais surtout connue pour être un poil trop hardie. Je n’y pouvais rien, je mettais tous mes efforts et ma volonté dans les tâches qui m’étaient confiées. Je me surpassais et j’avais horreur de décevoir. Bon, là n’était pas la question donc retournons voir ce qui se passait...

Après notre réunion d’informations habituelle, je m’étais assise derrière le comptoir de l’accueil. Il avait été prévu que je gère l’arrivée des civils et que je réponde à leurs éventuels appels de Police-secours. Mon premier cas avait été celui d’un collégien paniqué qui déclarait s’être fait volé son téléphone portable avec violence. Traumatisé de cet incident, il en tremblait de tout son corps. À tout moment il était prêt à pleurer.

« - Madame, enfin ... Mademoiselle, on m’a frappé et je n’ai plus de téléphone, je ne peux prévenir personne. S’il vous plaît, aidez-moi ! »

Une des mèches de ses cheveux était ensanglantée donc cela ne faisait aucun doute. Je lui adressai un sourire bienveillant plein de tendresse, je devais absolument l’apaiser.

« - Tu es courageux d’avoir fais le chemin jusqu’à nous, tu as choisis la décision la plus judicieuse. Ne t’inquiètes pas, tant que tu es ici tu es en sécurité. Je vais appeler tes parents d’accord ? Tu le veux bien ? »

Un peu peureux il n’osa rien dire mais après l’avoir encouragé, il me donna le numéro de ces dites personnes quand soudain… Une personne imposante se présenta à mes côtés. À en croire son visage, il n’était pas de très bonne humeur.  Pire il s’agissait de mon supérieur qui était l’un des commandants de la brigade ! Aucun mot ne sortit de sa bouche. La tension monta d’un cran. Le silence était rarement un bon signe et je tentai mon possible pour demeurer impassible afin d’aider le jeune pré-adolescent. Ce n’était pas le moment de faire une bêtise ! Une fois au bout du fil, je rassurai les figures parentales et je leur demandai à ce que l’un d’eux au moins l’accompagne pour pouvoir déposer une plainte. Je raccrochai après m’être assurée qu’ils aient tout compris. Ce n’était qu’à ce moment là que l’homme à mes côtés prit la parole. Pour le meilleur ou pour le pire...

« - Eve, viens avec moi. »

J’hochai respectueusement la tête et je le suivais dans son bureau sans rien dire, un de mes collègues s’occupant de mon poste. Temporairement je supposai ? Anxieuse, je m’installai face à lui et comme s’il avait aperçu mes doutes, ce dernier se mit à rire un instant pour détendre l’atmosphère. Je pouvais me détendre mais actuellement je restai toujours glaciale. Cette attitude se révélait être un sorte de mécanisme de défense lors de ce genre de situation.

«  Toujours fidèle au poste n’est-ce pas ? Il n’y a aucun problème, rassure-toi. »

Mes yeux parcouraient l’ensemble des papiers présents sur le meuble tandis que mon commandant poursuivait son discours. Bien, tout allait pour le mieux… C’était le principal. Il prit en main ces fameux documents pour me les montrer.

«  Tu es bien perspicace, j’allais y venir. J’avais confié une enquête à Swann mais elle ne semble pas être disponible aujourd’hui. Par défaut, je te laisse donc le soin de t’en charger. Je sais que tu t’investis beaucoup quand il s’agit d’une enquête donc la complexité de celle-ci ne devrait pas être un problème pour toi. Voyons ça ensemble...»

Je supposai que la personne en question devait être malade. Autrement, il s’agissait d’un retard…ce qui serait une grosse blague étant donnée de l’aiguille déjà bien avancée ! Alors quelle enquête m’attendait ? À l’annonce de ce travail à accomplir, j’étais heureuse. J’adorais les histoires difficiles à résoudre, être policière pouvait être tout aussi intellectuel que de jouer à un jeu d’échecs ! La réflexion et la prise d’initiative dominaient, nos supérieurs nous laissaient pas mal de libertés.

« Un meurtre ? Ces drogues auraient-t’elles un lien ? Quelle est l’identité de cette femme ? »

Il me montra plusieurs fichiers et photographies confortant mes interrogations mais aussitôt celui-ci me fit parvenir les siens.

« Un meurtre oui. Il y a de très fortes chances que cette histoire de drogues ait eu un impact majeur mais à toi de trouver les indices permettant de le mesurer. Nous n’en savons pas plus que toi donc tu vas devoir découvrir ce qui s’est passé. Bien évidemment, on est là en cas de besoin. Tu partiras seule.»

Yes !!! Jackpot. J’étais sur un petit nuage, mon supérieur me faisait confiance et m’offrait la possibilité de partir seule. J’étais toujours très émotionnellement prise dans les affaires de meurtres mais c’était celles qui m’intriguaient le plus. On aidait tout autant une famille, à la différence près que celle-ci était endeuillée. Je me sentais utile et j’avais la réelle impression de contribuer à la sécurité des londoniens. Je pouvais également protéger mes propres proches. Faire ce métier était très enrichissant humainement.

« Entendu. Merci de votre accord de confiance. »

Mon interlocuteur m’invita à quitter son bureau pour que tous deux regagnent leurs fonctions respectives. Pour finir il m’avertit, la tonalité de ses derniers mots un peu sévère.

« Vas Eve. Je t’en pries, fais attention d’accord ?»

Je sais, je sais ! Quelques fois il m’avait adressé quelques réprimandes sur mon intrépidité mais jamais celui-ci ne m’avait dis quelque chose de réellement négatif, j’obtenais toujours de bons résultats. C’était soit s’impliquer corps et âme sinon rien ! J’en faisais une force. Je désirais me débrouiller autant que possible en autonomie. Bien sûr je ne faisais pas n’importe quoi non plus !  J’avais un minimum de bon sens. Je voulais juste faire mes preuves. Mon job était un de mes moteurs qui me faisait vivre. C’était également ma fierté après toutes les galères en première année en école de Police, je devais bien montrer que je ne me laissais pas faire. J’étais tout autant capable que les hommes.

« - Oui, je ferrai attention Monsieur le Commandant. »

Après un regard exprimant qu’il n’était pas tout à fait convaincu, le plus âgé partit. Je me dirigeai vers la salle des armes pour me préparer à sortir sur le terrain, n’était équipée que d’un simple pistolet puisque je ne devais qu’assurer l’accueil au commissariat à l’origine. Voilà qui était plus palpitant ! Mon gilet pare-balles était l’équipement de premier choix.
Lorsque je remontai rejoindre les bureaux, je pus entendre des sifflements. Je pensai que ceux-ci m’étaient destinés donc je lançai des regards noirs vers la source des bruits, quelques uns de mes collègues devenant effrayés. Même s’ils savaient que je pouvais être douce, plusieurs n’osaient pas m’offusquer. Quelques uns tentaient, je saluais leur courage. Des cris me coupèrent dans mes pensées et je posai la question à mes collègues.

« - Que se passe-t’il ? Quelque chose ne va pas ? »

Ce n’était pas normal d’hurler comme cela, si ? Je m’inquiétai un peu. Ils secouaient leurs têtes et je m’avançai vers d’autres plus loin.

« - T’inquiètes, il s’agit juste de Swann de mauvaise humeur. On ne sait pas quelle mouche l’a piquée. Elle est en train de parler avec notre chef. Tu n’étais pas censée la remplacer d’ailleurs ? »

Au nom de Dieu. Venait-t’elle vraiment de juste arriver ? Elle se fichait du monde !!! Tant pis. Je partirai seule, après tout il était convenu ainsi et on prendrait trop de retard si je venais à abandonner cette enquête. Ça m’agace ces retardataires, je semblais les attirer ! À la vue de son humeur des plus exécrables elle ne devait avoir aucune excuse valable de toute façon. Plus vite je partirai, plus vite je pourrai me défaire de cette nouvelle qui m’hérissa les cheveux.

« - C’est le cas en effet, je vais partir après cette tasse de thé. »

Toujours debout, j’allais en direction de mon propre bureau pour boire la boisson chaude. Je ne me rendis pas compte qu’une jeune femme me fixait. Après quelques gorgées j’étais enfin prête et je me tenais vers la sortie. Problème. Je devais avoir le dossier pour pouvoir mener toute cette affaire correctement. Je frappai donc à la porte de mon supérieur mais pas de dossier…Ce n’était pas bon. Allait-t’il vraiment m’annoncer que je devais renoncer à cette mission que je m’étais tant enthousiasmée ? Non mais à la place il me répondit l’une des pires options.

« - Swann est présente. J’ai donc décidé que vous partiriez toutes les deux. Vas la rejoindre . »

Je soupirai et avec une pince d’agacement je lui répliquai.

« - Elle est arrivée en retard, j’ai déjà tout prévu. Ne serait-ce pas mieux que je parte seule ? »

Notre chef qui avait l’air d’en avoir assez de nous deux, me répondit sèchement. De plus cela le rassurait de nous savoir deux pour cette affaire, même un bon élément seul pouvait avoir des ennuis.

« - Pas de discussion Eve. Tu iras avec Swann, je l’ai prévenue. Vous ferrez connaissance, je suis sûr que vous vous entendrez.»

Tu parles ! Les gens n’ayant aucun respect, je ne discute même pas avec eux. Ce qui pouvait être un partage intéressant n’étant en réalité qu’un fardeau. Elle avait intérêt de ne pas passer sa mauvaise humeur sur moi. Qu’on me fiche la paix bon sang !

« - Très bien. On ferra en sorte de résoudre cette affaire. Le dossier ? »

Comme je m’en doutais, c’était elle qui le possédait. Ah non !

« - Swann »

J’étais en droit de le consulter aussi et elle ne devait pas tout commander, je dirais même que j’avais la priorité étant donné que j’avais eu la décence de venir à l’heure. C’était la moindre des choses. Je sortis d’autant plus énervée du bureau et je cherchai Swann du regard. Après un instant, la voilà ! Le dossier était sur son bureau. Elle avait un gobelet à la main et ne semblait même pas pressée…Elle était sérieuse là ?! D’emblée je ne lui faisais pas confiance. Cette jeune femme était une je m’en foutiste pure et simple, ce constat suffisait à justifier cela. Pendant que «  Mademoiselle » buvait, je m’approchai et je pris le dossier pour le fouiller. C’était toujours mieux que de regarder le temps passer.

« - Bonjour. Tu es Swann c’est ça ? Je suis Eve et ’apparemment’ nous devons aller ensemble sur le lieux de ce crime. »

Je tentai d’être calme mais rapidement j’ajoutai sur un ton presque accusatoire. J’agitai les clés de notre véhicule de fonction pour l’inciter à se dépêcher. J’étais irritable à tout ce qui m’empêchait de faire mon boulot correctement, en temps et en heure ! J’affichai ce même visage dur.

« - Nous devrions nous dépêcher, si on veut avoir suffisamment le temps de tout examiner. »

Je lui rendis pas le dossier et après qu’elle eut terminé, je sortis directement dehors. Un signe indirect comme quoi je ne l’attendrai pas. À l’extérieur il faisait un peu frais donc je commençai à m’installer et à allumer la voiture. J’arrivais à travailler en équipe mais avec cette nouvelle collègue je ne sais pas mais je ne le sentais pas. On n’était pas sur la même longueur d’ondes donc à moins d’une urgence, chacune allait travailler de son côté. C’était bien mieux me concernant, sans doute pour elle aussi. Plutôt crever si vraiment quelqu’un nous observait faire. Quelle idée Commandant... Même la jeune victime méritait davantage mon attention qu’une personne ne souhaitant pas exécuter à bien son travail.

Silence radio. J’étais concentrée sur l’enquête que nous devions commencer à étudier et c’était beaucoup plus motivant de ne se focaliser que sur là dessus que de prendre la peine d’avoir un vrai échange avec mon « coéquipier », façon de parler bien sûr... Essaie toujours, même si je doute que tu puisses te rattraper.
Enchanté, "Chère" Collégue



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Mar 4 Oct - 23:52
Le dossier sous les yeux, alors que je bois mon thé; une paire de mains vient s'emparer des papiers. En relevant la tête, qui vois-je? Ma nouvelle super méga copine: Eve. Déjà que je ne l'apprécie pas, le fait qu'elle me prenne le dossier des mains comme si elle était au dessus de moi ne va pas arranger les choses.

Je sens que mon vieux slang australien va faire son come-back dans pas très longtemps, mais vraiment. Elle mérite un coup de planche de surf pour ce qu'elle vient de faire, mais on va éviter les crêpages de chignon : 'pas trop mon genre. Et puis je n'ai pas envie de m'énerver, alors je mord mon goblet et boit en aspirant mon thé à travers les dents. Seul les gens qui sont comme moi connaissent cette technique; c'est la technique de la rage interne qui veut sortir. Cependant la rage interne ne va pas tarder à laisser le vieux slang revenir: la petite écervelée me parle sur un ton plus qu'accusateur en agitant les clés d'une bagnole (surement pas la mienne...) sous mon nez.
Alors on va reprendre: elle agite les clés sous mon nez. Sérieusement? On en arrive là? Sérieusement? Ohé ma grande! Je suis pas ton toutou, tu n'agites pas ces [...] de clés devant moi comme si je m'appelais Médor et que je voulais voulait un su-sucre. Au dernières nouvelles: je suis humaine pas une chienne abrutie...

Je regarde les clés puis la fille d'un air bien froid et amorphe, un peu comme quand je suis devant un tv-show bien naze et ahurissant, puis bois de plus belles comme pour faire passer la pilule. Pourquoi c'est pas du whisky dans mon gobelet? Tout aurait été tellement plus simple. Je me lève sans lui adresser un regard de plus et me dirige vers le bureau du chef. Que tu ne m'aimes pas: c'est une chose, mais que tu me manques de respect s'en est une autre. Je ne compte pas passer ma vie avec cette fille et tout commence par la bagnole: hors de question de faire la route avec une peste rabat-joie dans la voiture. Je suis humaine née d'une personne humaine plus que respectable: pas d'un clebs des bas-fonds de Guantanamo.

J'entre en coup de vent dans le bureau du chef et attrape les clés d'une de nos voitures.

- Parce que je le vaux bien, craché-je à sa figure, et parce que vous m'avez coltiné un gamine qui se prend pour Queen Elizabeth .

Sur ce, je referme la porte après l'air surpris de mon chef qui a laissé sa mâchoire retomber sur son bureau et à qui je fait un coucou de la main pour enfoncer le clou bien comme il le faut. À mon tour, je brandis les clés bien haut pour qu'Eve les voit , mais je ne la vois plus... Je me dirige vers la sortie et au passage je passe devant le bureau des gars et jette mon thé au visage du premier venu.

- J'suis pas d'humeur à jouer. Sifflez vos chiens de la manière dont vous faites; pas moi. Je suis sûre que si quelque avait fait ça à vos sœurs, vos mères ou vos copines; vous seriez montés sur vos grands chevaux.

Je leur tourne le dos en jetant le gobelet vide à la poubelle. Entre temps, la petite pimbêche a dû rejoindre sa bagnole. Dommage, elle va attendre encore longtemps parce que je descends à MA voiture. Lorsque je sors, je passe devant son véhicule et lui fait coucou de la main quand j'arrive à son niveau pour être sûre qu'elle me voit. Voilà... Sale pimbêche électrifiée...

Franchement , ça ne m'aurait pas déplu d'avoir une ou un coéquipier; on se la jouerait Bad Boys. Lequel de nous aurait été Will Smith? Moi. Évidement, j'ai tout pour. Mais à la place j'ai eu FBI fausses blondes infiltrées -bien qu'elle soit brune. Le pire c'est qu'elle s'accapare le rôle des deux blondes; j'ai l'impression d'être le black idiot qui chante Thousand miles dans sa bagnole de luxe. Je déteste être énervée. Je n'ai pas de bon souvenirs de mes moments d'exaspération mais cela ne veut pas dire que tout était mauvais.

Ça me rappelle un de ces jours où Ross et moi nous nous sommes disputés. Je ne sais plus pourquoi mais maintenant que j'y pense: je trouve ça futile. Chaque jour, chaque heure et chaque minutes où nous nous sommes disputés était futile. Je... Je crois que c'était à cause d'un chien. Lui en voulait un à tout prix et pas moi. En ce temps là nous venions de nous fiancer. Ross a tellement insisté que je suis partie me coucher sans toucher une miette de mon repas. Nous avions sortis arguments sur arguments. Piques sur piques et méchancetés sur méchancetés. Ce jour là, il a dormis sur le canapé et ce n'est que le lendemain matin, vers six heures, qu'il est revenu au lit le regard déçu le faux sourire aux lèvre, mais je savais qu'il avait comprit.

«Tu m'en veut encore?»
J'ai fait non de la tête et il s'est allongé près de moi sans rien dire et tout en jouant avec mes cheveux qui, à l'époque, étaient longs. Ross et moi nous nous disputions souvent, mais nous nous réconcilions encore plus. J'aurais dû l'écouter ce jour là, avoir un chien nous aurait peut-être permis de ne jamais souffrir. Il aurait été là. Jamais je ne trouverais d'amis comme lui. Plus jamais. Alors que je m'arrête à un feu rouge, je regarde dans le rétro si ma marâtre (à ce stade tout les surnoms sont possible) me suit. Sa voiture est bien derrière. Elle aurait pu ne pas être là que ça ne m'aurait fait ni chaud ni froid, hein. Lorsque le feu passe au vert, je démarre au quart de tour et alors que seule le bruit du clignotant résonne dans le silence sourd de la voiture, j'entends une voix distincte que je reconnais immédiatement.

- On s'amusait tellement bien avant.
Je ne répond pas.
- Swann?
Je ne réponds pas.
- Swanny.
- Laisse moi, craché-je en regardant la route.
- C'était mon anniversaire, tu sais?
- Je sais, Ross. Tu as eu 27 ans. Depuis ta mort je ne cesse de compter les bougies.
- Tu devrais arrêter et passer à autre chose.
- Pourquoi?
- Pourquoi pas? fait-il amusé. T'as pas envie de trouver quelqu'un? Être heureuse de nouveau et vivre.
- Parce que pour toi je suis morte peut-être? Rétorqué-je en arquant les sourcils. Entre toi et moi; je crois que c'est toi le plus mort.
- Tu es douée pour détourner les sujet de conversation Je vois que l'école de police t'as bien formée.
- J'étais heureuse, lâché-je dans un soupire. Je n'ai pas su saisir ma chance, tant pis.
- Tu n'a pas qu'une chance Swanny. Je n'ai jamais voulu que tu soit comme ça quand j'ai fait ce que j'ai fait...

Encore une fois, je ne répond rien. Ross a tendance à débarquer dans mes grand moment de fatigue. Il n'est jamais là que pour un court instant. Cependant ce dont il parle me dépasse à présent. Depuis le jour ou j'ai commencé l'école de police, me souvenir de Ross est devenu comme une valse entrainante: on ne peut en sortir qu'à la fin de la musique.

- Pourquoi tu ne me regarde pas? insiste mon fiancé.
- Parce que tu n'est pas là et que même mort tu m'agace.
- Tu me blâme moi parce qu'elle t'agace? C'est la meilleure... D'ailleurs tu ne devrait pas la blâmer elle aussi.
- Qui te dit que je la blâme ? Elle est chiante et elle pête pas plus haut que ses fesses: cette fille me prend pour un chien.
- Comme le chien que tu m'as refusé?
- J'ai toujours su que tu me trompais, fais-je ironiquement, tu prend toujours la défense des autres et jamais celle de ta...

En tournant la tête, Ross n'est plus là. Je n'aurais pas de réponses. Je me rend compte que la situation est ridicule et que je parle toute seule.

- T'es chiant Ross.

Histoire de rouler une peu seule, j'appuie sur l'accélérateur en déchargeant mon excès de rage sur le volant. Si Ross commence à me hanter, c'est que j'ai atteint un point de fatigue phénoménal. Normalement, ce n'est que cette stupide petite voix qui me nargue, mais si Ross s'en mêle... C'est soit la fatigue, soit lui. C'est ridicule. Tout ça est ridicule. Je tourne à l'angle et m'engage dans une rue, une espèce d'impasse marchande assez grande et vide. Je gare ma voiture sur le côté et récupère un couteau de poche qui traine dans la boite à gant. On ne sait jamais. Je sors en remontant mon pantalon, cachée derrière ma bagnole puis claque la porte et me dirige vers la porte d'entrée.

C'est un grand bâtiment de briques rouges style rétro; comme mon immeuble. Cependant, quelque chose me dit que la décoration intérieure n'est pas la même que celle de mon loft. C'est une petite porte embusquée, en bois et à la peinture verte écaillée qui me fait face. La vitre est brisée... Quelque chose me dit que ce n'est pas pour s'amuser que les gens l'ont brisée. Je sort une paire de gant de ma poche arrière que j'enfile avant de passer ma main à travers le trou de la vitre pour ouvrir la porte. Rien qu'avec la cage d'escalier ; j'en savais déjà beaucoup. Des impacts de balle sur les murs criblent les murs comme si quelqu'un s'était acharné sur quelqu'un d'autre et l'emplacement de certaines balles me font deviner que l'une des armes est un automatique pouvant tirer plus ou moins quatre balles à la seconde. Mon couteau va enfin servir: je le sort et gratte le mur pour en extraire les petits bout de plomb. Je prends mon temps pour toutes les retirer des murs et les examines attentivement : ce sont deux balles totalement différentes: l'une provient du marché noir, d'une série de contrebande tandis que l'autre ne doit être répertoriée ni dans les registres légaux, ni dans les illégaux: de toute façon elle est bien trop abîmée pour que je puisse la reconnaître je peux juste dire que son poids est très différent des balles normalement utilisées.

Par la suite (toujours en ignorant ma collègue) je monte les escaliers et arrache les bandes jaunes "do not cross" avant d'entrer. L'appartement est grand et sombre. Sur le mur, un miroir brisé avec plusieurs impacts de balles: celles ci proviennent certainement d'un manuel vu l'espace qu'il y a entre les impacts, il ou elle n'a pas tiré deux fois au même endroit. Là aussi les balles sont trop abîmées pour que je puisse les reconnaître et en me retournant, dans l'annexe du salon, se trouve une table basse sur laquelle se trouve des résidus bleus et un coupe-comprimés. Cependant, aucun comprimé n'est retrouvé. Les placard sont grand ouverts, rien n'est caché... Quelque chose me dit que cette endroit n'est pas si neutre qu'il le laisse penser. Tout en faisant attention de ne pas marcher sur la partie du sol ou le corps de la jeune femme reposait, je me précipite vers l'annexe.

- Faudrait identifier les résidus bleus, lâché-je sèchement.

Ce taudis est pleins de trous cachés, je n'en ai jamais vu d'aussi grands... Je me met à toquer sur tout les murs, pour savoir lesquels sont creux, mais rares sont ceux qui présentent une anomalie. Où sont les bonbons bleus?
Réfléchis Swann... Ils on dû faire vite pour planquer leur daube alors où? Fixant la silhouette de la femme scotchée au sol je me dis qu'elle n'est pas tombée au bon moment... Elle a dû voir la planque... La question est "pourquoi est-elle montée ici?" Mais je m'intéresse plus à trouver le pactole. Personne n'a pu le prendre parce que les flics sont arrivés et tous ont dû fuir laissant leur butin quelque part... Alors que je me concentre, Eve fait craquer le plancher en se déplaçant sûrement... Punaise, elle peut vraiment pas faire taire sa petite personne celle-là: arrête de faire craquer le plancher avec tes gros pied...!
Ses pieds...

Immédiatement je me met à sautiller en faisant craquer le plancher plus que jamais, tant pis si ça l'agace! Je saute partout jusqu'à atteindre un endroit particulier. Un endroit qui ne craque pas... Je sautille sur place pour vérifier et rapproche la table basse et tate les planches puis au couteau, je viens retirer les planches suspectes: elle sont juste posées comme un espèce de couvercle. Et là: bingo. J'enfonce mon bras pour retirer un, deux, trois, quatre.... Huit paquets de comprimés bleus gravés d'une spirale. De l'extasie en masse, et de la bonne si j'en crois la gravure. Plus bas il y a des sacs remplis de liasses de billets. Alors la shnock: c'est qui la meilleure? me dis-je en moi-même.

Je dépose tout sur la tablet et malgré ma découverte, je reste un peu déçue. Dans ce type de cas il y a quatre choses importantes: la drogue, les armes, l'argent et les papiers. Il me m'en manque deux. Et le plus important de tous: c'est les papiers. Les contactes pour blanchir l'argent, revendre la drogue et ceux qui la produisent... Tout est caché ici: ce lieu n'est pas anodin. Alors que je m'apprête à aller chercher dans la chambre au fond de l'annexe, des voix presque sourdes se font entendre. Je me dirige doucement vers la fenêtre et aperçoit une bande de jeunes blacks au style un peu rasta man... Ils tournent autour de nos voitures et n'ont pas l'air trop dangereux, cependant je reste sceptique; ils ont l'air d'attendre quelque chose... Soudain, l'un d'eux lève la tête. Mon réflexe est de reculer bruyamment. Je me mord la lèvre quant à mon erreur... Miss parfaite va finir pas me demander si je compte arrêter de jouer... Quoi que.

«On attend les autres et on y va» j'entends dire. Je sens que la visite est pour nous et le ton sur lequel cela est dit me laisse croire que ce ne sera pas une visite de courtoisie. Il faut que j'agisse vite sinon nous n'aurons jamais assez de temps. Ça m'arrache le cœur de devoir laisser l'autre finir mon gros travail, mais je suis obligée...

- Queen Elizabeth a trouvé des documents? Ou des armes peut-être ? Ça serait utile, craché-je en me dirigeant vers l'entrée.

J'ouvre la porte et remet en place les bandes jaunes "do not cross" puis la referme à clé avec tout les verrous. La cuisine se trouve immédiatement à ma gauche (puisque le salon est à droite) : je pense qu'il y aura de quoi faire ici mais avant cela, j'éteins les lumières.
La cuisine. La cuisine... L'entrée. Tout le sol de la cuisine à l'entrée, est carrelé... Il faut limiter le nombre de personne qui va rentrer. Je regarde sous l'évier et retire une partie de la tuyauterie: normalement si j'ouvre l'eau, il devrait y en avoir partout. Avant ça, il faut que je trouve un cable, quelque chose qui conduit le courant... Le cable du microonde fera l'affaire: je le coupe et le branche près de l'entrée. Enfin, j'ouvre moyennement le robinet, dans un quart d'heure: le sol devrait être électrifiant. Je récupère les ampoules des toilettes du salon et des lampes pour les écraser et répandre partout dans le salon et l'annexe: si nous sommes dans une mauvaise posture nous allons nous confiner dans la chambre. Personne ne pourra passer sans faire de bruit. Quand enfin j'ai terminé, je récupère quelques bouteilles et produits qui restent sur les étagères et les place dans la chambre. Ce n'est qu'au bout de tout ça, que je remarque je le me suis coupée la main.

- Punaise... Manquait plus que ça, fais-je en secouant la main.

Voilà, maintenant il nous reste un peu de temps... Je n'ai rien dit à la pimbêche de peur qu'elle se mette à perdre ses moyens en improvisant un coup foireux du genre "on va les arrêter!". Elle pourra se plaindre du fait que je marche solo, mais plus tard elle me remerciera. Je l'espère... En fait nan, je m'en fiche. Elle fait ce qu'elle veut. Je la fixe comme avec insistance, j'ai envie de lui dire de se bouger le cul mais juste au dessus de sa tête, sur le mur se trouve une fourmilière de balles perdues. Je crois sérieusement qu'un des tireurs était aveugle: un voyant aurait tiré beaucoup plus bas. Je ne crois pas que l'attaque entait contre spider-man donc c'est la seule possibilité.

- Je te laisse trouver le reste...

Je pousse le fauteuil dans le coin et monte dessus pour gratter chacune des balles: le mur est en plâtre donc j'ai une chance de retrouver une balle pas trop défoncée... Je les examines une par une et les jettes tout à tour laissant un nuage de poudre de plâtre me tomber dessus à chaque fois.
Je me met à tousser éternuer... Ça n'en fini pas. Si ça continue, je vais finir par recracher mon thé. Enfin, pourvue que je ne meurs pas maintenant : ça me démangerait fortement de voir "Quenn pimbêche Elisabeth Eve" récolter tout les lauriers.
... Avec sa tête de lèche-bottes. Pfeu!


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