When black cats prowl, May luck be yours [Ft. Aymeric]

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Ven 23 Sep - 18:11
When black cats prowl, May luck be yours 
Ft. Aymeric


L’automne est assez mal aimé de la plupart des gens, inévitablement associée au retour au travail, à  la fin de l’été, des vacances, de la chaleur et des longues journées qui semblent sans fin. L’herbe, hier verte et moelleuse sous les pieds, mourrait tranquillement en attendant la neige qui viendrait, comme à chaque année, l’enterrer jusqu’au printemps.

Quant à August, l’automne était sa saison favorite. Ironique, quand on pense à son prénom, mais il ne l’avait pas choisi. Octobre dépassait le mois d’Aout en beauté, trouvait-il, à cause de ses odeurs bien uniques qui ne reviennent qu’après l’équinoxe. Celle de la pluie, humide et creuse, qui donnait aux feuilles une odeur boisée et même épicée parfois, sans parler de celle du thé noir qu’on voulait bien chaud après une journée dans le froid des rues d’une Londres à nouveau grise et nuageuses. Puis, en tant que cuisinier, l’automne est aussi la saison des récoltes et il n’y a rien de mieux qu’un garde-manger bien rempli! Enfin, quand on sait s’en servir. Comment les gens pouvaient-il acheter les petites bouteilles de sirop concentré à la citrouille, alors qu’il y avait des citrouilles expressément cueillies pour cuisiner avec? Vraiment, c’était une honte.

Donc, dans son gâteau, pas de citrouilles créées en laboratoire, que du vrai. Retirer les entrailles de celle-ci avait été un exercice pénible, mais plutôt payant : une fois cuit dans un moule en forme dudit légume, le gâteau avait une jolie teinte orangé. Franchement, s’ils n’étaient pas impressionnés par son dessert à la soirée, son nom n’était pas August! Une fois placé dans une boite ficelée d’un ruban jaune, le jeune chef fourra le costume acheté pour Aymeric dans un sac à dos et le passa dans son épaule. En descendant les escaliers, il remit la carcasse de la citrouille à sa voisine qui avait deux enfants. Elle le remercia en lui assurant que les enfants aller décorer ça en moins de deux, puis ils se souhaitèrent bonne soirée. Vraiment gentille, la voisine, se dit August en sortant du building, 'me demande si elle est mariée.

Direction la cordonnerie donc. Durant tout le trajet jusque chez Aymeric, August ne pouvait s’empêcher d’avoir un sourire railleur en pensant à la tête que son pote aurait quand il verrait le déguisement de chat qu’il avait pour lui. Les oreilles, la queue même les pantoufles en forme de patte. Il allait avoir une putain de crise cardiaque, c’est clair. Ça pouvait paraître méchant, mais l’Halloween était le parfait prétexte pour avoir l’air complètement con sans se faire juger par qui que ce soit. En quelque sorte, tout le monde était sur un même pied d’égalité. August espérait surtout qu’en voyant les autres invités à la soirée, aussi ridicules les uns que les autres, Aymeric ne serait pas aussi timide qu’à son habitude. Sinon, il y aurait de l’alcool en masse.

Une fois arrivé, il entra dans la boutique et monta à l’étage où habitait Aymeric et le vioc qui l’hébergeait. August toqua et ouvrit la porte. Normalement, la politesse demande d’attendre que l’on vienne nous répondre, mais le cuisinier n’étant pas du genre patient ; rester les bras croisés n’étaient pas dans sa nature. En trouvant Aymeric dans la cuisine, son sourire railleur s’étira encore d’avantage, si bien que c’est yeux n’étaient plus que deux fentes bleu sur son visage.

Sans un mot, il retira son sac à dos et le pris entre ses mains. Il le déposa, solennellement, comme on dépose un trésor précieux, sur la table de cuisine devant Aymeric. August posa une main sur le sac troué et rapiécé de la même façon dont le Pape aurait touché la sainte Bible. En fait, il savourait le moment, et malgré son envie de rire, le cuisinier expliqua à son ami.

- Tu vas sans doute me détester en voyant ton costume pour la fête, mais je te jure que c’est pour ton bien. 'Me remercie pas.

Il poussa le sac du bout des doigts en direction d’Aymeric, le futur chat. Espérons  que le vieux cordonnier n’était pas là en ce moment, autrement il n’y aurait pas qu’Aymeric qui ferait une crise cardiaque.

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Dim 2 Oct - 18:40
Dernier coup d’éponge et ça y est, il a terminé. Nettoyant le comptoir une bonne fois pour toutes, Aymeric souffle son soulagement. Il est crade, il a mal aux jambes, il est crevé, mais est quand même fier de tout le taffe qu’il a accompli. Il s’est donné à fond pour cette soirée, y’a pas à dire. Les mains encore humides, il se roule une clope comme il peut et s’autorise enfin une pause bien méritée. Depuis ce matin, il n’arrête pas. Une semaine plus tôt, il avait convenu avec le vieux que ce samedi, il serait dispensé de toutes ses activités à la cordonnerie. Le vieux avait bronché, rouspété, puis avait finalement accepté. Pas gratuitement, faut pas déconner. Le vieux se fout de tout, mais certainement pas des godasses. C’est comme ça, on a tous nos faiblesses. Alors, s’il avait accepté, c’est parce qu’Aymeric avait troqué cette journée de liberté contre une semaine de corvée vaisselle. Le vieux est dur en affaire, mais Aymeric s’en fout. Il préfère penser à la soirée qui arrive. Accoudé sur la fenêtre de la cuisine, il s’amuse à faire des petits ronds de fumée, appréhendant silencieusement à la fête qui s’annonce. Cette soirée à laquelle August l’avait convié, cette soirée où ils seraient déguisés par les soins de l’autre. Inutile de préciser qu’Aymeric redoute déjà son déguisement. Alors, pour oublier, il resserre ses doigts sur sa clope, tentant de se souvenir qui est le premier à avoir eu cette idée à la con. Sûrement les deux, après de trop nombreux verres. N’empêche qu’Aymeric avait tenu le pari et avait pris soin de choisir le pire des costumes jamais inventé ; celui du chat-soit-disant-sexy.  Tu sais, le ‘’costume’’ que certaines nanas enfilent en pensant que les mots ‘sexy’, ‘mode’ et ‘halloween’ peuvent coexister sans paraître ridicules. Aymeric n’a jamais compris comment. De toute manière, il s’en branle un peu ; au moins, ça lui a donné cette idée géniale de transformer (ou plutôt, ridiculiser) August en homme-chat-sexy. Encore une fois, impossible de savoir d’où cette idée lui est venue ; mais sa connerie avait parlé et il avait choisi de l’écouter.

Aymeric s’était alors enfui dans les quartiers de Londres à la recherche du costume parfait. Puis, après plusieurs déceptions, il s’était retranché vers un de ses enfers personnels : un sexshop. Rien que ça. J’vais pas te mentir, il a pas mal hésité avant d’entrer. Rien qu’à regarder l’enseigne, il avait déjà bien la honte. Mais puisque son côté taquin surpasse sa timidité écrasante, il avait pris son courage en main et s’était introduit. C’qu’il ne ferait pas pour foutre la honte à August, j’te jure. Le profil bas, il était entré et avait pris le soin d’éviter la commise au service qui, manifestement, en avait un peu rien à foutre des clients qui entraient. Tant mieux pour lui ; il avait pu choisir tranquillement ses accessoires de chat sexy, c’est-à-dire la queue, les faux ongles -pauvre August, et les oreilles qui vont avec. Il avait même poussé le vice en choisissant un tube de maquillage noir et blanc, pour dessiner la moustache et le nez du chat sur le visage de son pote.
Et puis fatalement, vint le moment de payer. Avec toute sa merde sous le bras, Aymeric s’était avancé vers la caisse. Il n’avait alors pas pu s’empêcher de se justifier à la caissière qui, en somme, n’avait rien demandé. Elle se foutait bien de sa vie, mais Aymeric avait ressenti le besoin impérieux d’annoncer que tout ceci, ce n’était pas pour lui. La caissière l’avait alors regardé quelques secondes, puis avait répondu : « D’accord. Ça fait 50 livres ». Aymeric avait rougi de plus bel, tellement l’acquiescement de la caissière lui apparaissait comme un jugement. Le jour où il comprendra qu’il n’est pas le centre du monde, que cette caissière en a sûrement vu d’autres et que lui, avec sa petite gueule de Pyrénéen un peu désaxé, il n’a pas à justifier quoique ce soit, peut-être qu’il pourra enfin marcher droit dans ses pompes. Qu’il pourra enfin avancer sans avoir l’impression de se casser la tronche au moindre coup de vent.

Mais ce n’est pas pour aujourd’hui. Alors, en attendant, Aymeric écrase sa clope dans le cendard et range ce qu’il a préparé dans le frigo, en attendant que son pote arrive. En tout, il a cuisiné trois petits encas, tous en lien avec la thématique d’Halloween. Alors oui, ça fait con, ça fait gamin, ça fait bien cliché, mais lui, il s’est bien éclaté à faire tout ça. Ça avait été plutôt drôle de préparer des gressins en forme d’os, puis de leur associer une petite sauce rouge sang, sur laquelle il avait déposé deux olives découpées en forme d’araignée. Et puisque le Pyrénéen ne manque pas d’imagination, il avait préparé une pizza sur laquelle il avait disposé, en déco, une demi-douzaine d’araignées en olives. Ça donnait l’impression qu’elles tissaient une toile sur la pizza et Aymeric était plutôt content du résultat. Il était même carrément fier. Mais peut-être pas aussi fier que pour les vers en jello qu’il avait préparé. Cette recette, il l’avait tirée du vieux, qui finalement, avait choisi de fermer la cordonnerie aujourd’hui, jugeant que « On va quand même pas bosser un jour férié ». Oui, sur ce coup-là, Aymeric s’est bien fait avoir. Comme d’habitude avec le vieux. Il n’empêche que ce dernier lui avait expliqué comment faire et, à l’issue de diverses manipulations, incluant jello, colorant et vodka, il avait résulté un bol jello worms foutrement réalistes. Si Aymeric ne les avait préparés, j’te jure qu’il aurait jamais osé goûter. Du coup, il les avait testés et, bien qu’il n’aime toujours pas le jello, la vodka a l’avantage de faire passer le goût chimique. Et puisque c’est un poil alcoolisé, tout de suite, ça donne une raison de plus pour goûter. Mais peut-être pas autant que le cocktail qui repose désormais dans le frigo. Jugeant qu’il ne pouvait pas arriver les mains vides d’alcool, Aymeric avait regardé sur internet et avait chopé la recette de la pomme empoisonnée. Chatouillant son côté gamin, ce cocktail lui avait tombé dans l’œil. Alors il l’avait fait, achetant tequila, jus de pomme et de grenade, pour la peine. Et surtout, histoire de mettre un peu plus de réalisme à son œuvre, il avait acheté des copeaux de glace sèche, histoire de faire des tourbillons de fumée sur la concoction. Tu sais, comme dans les films où les potions rejettent un mur de fumée. J’t’avais dit qu’il s’est donné à fond. Et que sa connerie est infinie.

Finissant de nettoyer le comptoir, Aymeric se hisse au deuxième étage, changeant ses fringues tâchées par un jeans et un t-shirt noirs. Tu sais, le genre passe-partout, qui ne jurera pas avec le déguisement d’August, quel qu’il soit. Et puis il descend le sac cachant le déguisement de son ami. Il sourit, se rappelant la tête du vieux lorsqu’il lui avait montré ses achats. Ce dernier avait ri comme un bossu, tout aussi amusé que son apprenti de la blague. Les deux avaient fait alors un pari : contre une semaine de cuisine, Aymeric avait parié que le costume qu’August lui amènerait ne serait pas aussi terrible que le sien. Le vieux, lui, avait parié qu’il serait au moins aussi terrible. Aymeric avait ri, peut-être un peu jaune, espérant secrètement que le vieux se plante. Espoir qu’il conserve encore, lorsqu’il voit son ami entrer dans la petite cuisine. Laissant tomber son sac sur une chaise, il sourit aux simagrées de son ami. On verra s’il sera aussi fringant quand il découvrira son costume.

« Mon costume ne doit pas être aussi terrible que celui que je t’ai préparé »

Et il sourit un peu plus, désignant du menton le sac échoué sur la chaise. Il attrape ensuite ce qui sera son déguisement et hésite quelques secondes à l’ouvrir. Derrière lui, il entend les bruits des marches. Sûrement le vieux qui vient fouiner, prêt à ricaner de la tête des deux amis au moment de la découverte de leurs costumes. Aymeric ne se retourne pas, ne le regarde même pas et ouvre le sac. Il ne sait pas s’il doit éclater de rire ou chialer.

« Oh non. Oh putain. Non. Bordel. On va être beaux, putain ».

Chasser le français et il revient au galop. L'avalanche de jurons ainsi lâchés, il relève le nez du sac, sortant les principaux éléments de son déguisement, sous le rire de bossu du vieux. Vieux qui lui pose une main sur l’épaule, lui rappelant alors qu’il lui doit une semaine de cuisine, en plus de la vaisselle. Et merde.
Il n’empêche qu’il n’arrive même pas être de mauvaise humeur. Parce que, pour le coup, il les imagine déjà déguisés, l’un à côté de l’autre, en chats-sexy. Ils vont avoir l’air bien cons. Alors, tout sourire, Aymeric désigne silencieusement le sac réservé à August :

« Tu aimes ton déguisement ? »

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