Qui sommes-nous ? [PV Daniel]

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Patissière
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Sam 14 Jan - 0:27

Incertitude.
« Tu peux rentrer Lydie, je vais m’occuper du reste t’inquiète pas ! »
« Merci mademoiselle Marshall ! A demain ! »

Tu salues chaleureusement ton employée et ferme la porte de la boutique derrière elle, tournant le petit panneau accroché à ta porte pour annoncer la fermeture de ta boutique. Il est 18h30, et tu sais que tu vas certainement rester ici encore une petite heure le temps de faire un peu de ménage et préparer tout ce qu’il faudrait pour demain matin. Enfin c’est pas comme si tu n’avais pas l’habitude, et puis tu n’as pas vraiment à te plaindre, depuis que tu as trouvé une employée ta charge de travail est tout de même nettement moins impressionnante. Alors rester un peu en soirée pour faire du ménage même si tu sais que demain tu seras debout à 5 heures du matin pour être à 6 heures à la boutique… Ça ne te dérange pas.

Il faut juste que tu trouves une sorte de second souffle, pour te donner un peu de courage. Tu pousses un petit soupir en avisant un moment tout ce que tu allais devoir faire avant de partir et t’être étirée de tout ton long tu essayes de te donner un peu de courage.

« Allez ! En rentrant on se fera couler un boooon bain après tout ça ! »

C’est de l’encouragement de piètre qualité, mais c’est toujours ça de pris. Tes cheveux remontés en queue de cheval, ton tablier serré autour de ta taille, tu te mets au boulot. Tu dois nettoyer un peu toutes tes vitrines, surtout de l’extérieur parce qu’en une journée, c’est inimaginable le nombre de trace de doigts que peuvent récolter tes vitrines. Mais bon t’as voulu investir dans de jolies vitrines, t’en subit les conséquences. Et les conséquences, c’est d’avoir des traces de doigt tous les jours dessus ! Elle est vraiment dure la vie, hein.

Tu te mets à fredonner tranquillement une chanson que t’avais entendu à la radio dans ta voiture ce matin, et qui t’était resté toute la journée dans la tête, le truc horrible quoi. Pas moyen de te la faire sortir de la tête et maintenant que t’étais toute seule dans la boutique. Alors tu fredonnes dans l’espoir de te la faire sortir de la tête. Parce que bon, ça va bien cinq minutes quoi !
En avisant la caisse, tu te dis que tu vas devoir te taper un peu de comptabilité aussi en rentrant, et ça te motive beaucoup moins d’un coup. Tu te redresses et tu soupires, venant te mettre derrière la caisse pour ouvrir le tiroir de celle-ci et avoir un aperçu de la recette du jour. En voyant qu’il n’y a pas grand-chose aujourd’hui, t’es partagée entre la déception de ne pas avoir eu plus de client dans la journée, et être soulagée de ne pas avoir grand-chose à compter.

Après t’être finalement installée au comptoir pour faire le peu de compta’ que t’avais, tu entends la clochette de la porte retentir, signifiant que quelqu’un venait d’entrer. Tu avises rapidement l’heure pour remarquer qu’il est quasiment 19 heures. Déjà ? Tu n’as définitivement pas vu le temps passer.

« Désolée mais nous sommes fermés, il va falloir revenir demain ! »

Que tu lances, assez joyeusement. Parce que c’est pas dans tes habitudes d’envoyer paitre tes clients, et puis c’est un peu de ta faute, cette personne ne serait pas rentrée si tu avais pensé à tourner le verrou quand tu as tourné la pancarte de la porte après le départ de Lydie.
Surtout que t’as plutôt bonne réputation en ville, même si on ne peut pas dire que ça se reflète vraiment dans tes recettes quotidiennes. Mais bon. Finalement tu te dis que tu peux peut-être aider la personne, et puis si ça peut te faire un peu plus d’argent pour aujourd’hui, tu ne vas pas dire non. Tu doutes fortement sur le fait que la personne revienne si tu lui disais de revenir demain matin.

Alors tu relèves la tête et tu vas pour lui proposer tes services, mais tu t’arrêtes instantanément dans ton élan. Tu n’en es pas certaine, mais tu as l’impression de connaitre cet homme qui se tient dans l’entrée de la boutique. Son visage, sa posture, ses traits en général… Tout de fait penser à quelqu’un, mais cela fait tellement longtemps que tu n’es pas sûre d’être dans le vrai. Tu fronces alors légèrement les sourcils, un peu perturbée, avant de te décider à reprendre la parole.

« Je peux vous aider ? ... La boutique est fermée normalement mais bon, tant que je suis là… »

Tu fermes ton cahier de compte et pose ton stylo avant de te lever. T’es un peu mal à l’aise face à cette situation, face à cette impression qui te fait mal au cœur autant qu’elle te donne mal au ventre. Tu as plusieurs raisons de penser que tu connais cet homme, tu as même une idée précise sur son identité, mais cela fait tellement longtemps que tu n’as plus de nouvelles de lui que tu trouves cela absurde de demander confirmation.

« Par contre à une heure pareille je ne peux que vous proposer des chocolats… Toutes les pâtisseries sont liquidées. »

Il ne te reconnaitra pas, tu le sais. Après tout ça fait combien de temps ? Toi-même tu ne sais pas. Et puis ça se trouve, c’est seulement quelqu’un qui lui ressemble. Tu n’as aucune certitude, tu ne devrais pas te mettre dans des états impossibles pour quelque chose dont tu n’es pas sûre. Mais s’il s’agit réellement de lui tu n’es pas certaine de pouvoir garder ton sang-froid très longtemps.



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Sam 21 Jan - 22:39
Toute la journée, j’ai été incapable de me concentrer sur mon travail. J’ai prévenu Eugène de ma visite et depuis, je me perds entre les vagues ; submergé par mes sentiments impatients, noyés dans mes craintes. Je ne sais plus comment me comporter auprès de lui. Tantôt nous sommes si proches et tantôt si loin. La faute me revient, j’en ai conscience. Je ne doute pas de ce que je ressens mais de moi-même. J’ai l’impression que nous nous sommes retrouvés hier seulement. Le poids de tout ce temps qui nous a séparés, il m’est impossible de l’ignorer. Dès que je fais un geste en avant il me paraît inconvenant et je recule de deux pas. J’étouffe ma volonté d’avancer sans plus m’arrêter, sans obstacle, sans pensée. Je l’étrangle de ces mains que je garde piteusement rangées dans mes poches. Ne me considérant pas comme méritant de l’amour qui m’est porté et que pourtant je porte en retour, je m’y soustrais.


Sur l’instant, je pense être le seul blessé. Ce n’est que lorsque je réalise l’ampleur de ma bêtise que j’essaye de me racheter. Avoir besoin de temps, ce n’est qu’une autre excuse pour fuir. Je suis lâche mais je l’aime. Je voudrais qu’il n’ait pas à en douter. Si je le pouvais, je lui confierais mon cœur dans une petite boîte.


Une petite boîte contenant mon cœur.


L’idée de lui offrir des chocolats est partie de là, de cette volonté de lui partager mon amour afin de le rassurer vis-à-vis de mon attitude, difficile à interpréter. Il est déjà tard quand je prends ma décision mais je tente le tout pour le tout. Il s’agit de Londres dont on parle ici ! Comment n’y trouverais-je pas de chocolaterie ouverte peu après dix-huit heures ?


Je balaie mes doutes et arpente mon quartier. Celle à laquelle je songeais, non loin de chez moi, est fermée. Pas de problème, je suis un homme décidé, et un homme décidé peut surmonter n’importe quel contretemps, je me convaincs. Je me dirige donc vers le centre commercial. Il y a une pâtisserie là-bas qui aura certainement des chocolats à me proposer.


Je dois avouer qu’en poussant la porte, je ne jette même pas un œil à la pancarte qui signale pourtant que le commerce est fermé. En voyant les lumières allumées, j’étais tellement soulagé que j’ai sauté aux conclusions. Je suis donc décontenancé lorsqu’une voix féminine, pleine de gentillesse, m’explique qu’il est trop tard.


-Désolée mais nous sommes fermés, il va falloir revenir demain !


-Mince…


Je fixe les étalages, dépité. Demain matin, acheter des chocolats ne me servira plus à rien. La déception se lit probablement sur mon visage. Je passe une main dans mes cheveux et m’apprête à m’excuser du dérangement quand la vendeuse propose malgré tout de m’accepter comme dernier client de la journée.


-Merci, vous êtes une sainte, que je la remercie chaleureusement.


Un sourire illumine mon visage alors que je la regarde enfin. Ce sont ses cheveux d’un rose flamboyant qui me sautent avant tout aux yeux.


-Ce n’est rien, je suis justement venu pour des…


Mon regard croise le sien, vairon. Il m’est familier. À dire vrai, toute sa physionomie m’est familière.


-… chocolats.


Je finis ma phrase dans un presque murmure. J’ai des souvenirs plein la tête, ils me reviennent en même temps qu’un nom que je n’ai plus prononcé depuis longtemps. Je suis surpris, bientôt, une seule constatation s’impose à moi, si forte, si naturelle que le Français s’échappe de mes lèvres :


-June… Tu as teint tes cheveux en rose ?


J’aurais dû commencer par un bonjour.


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Dim 22 Jan - 12:17

Tristesse.
Ton incertitude vis-à-vis de l’identité du jeune homme qui se tenait encore dans l’entrée de ta boutique se leva assez vite lorsque tu entendis son timbre de voix, ce dernier t’étant particulièrement familier. Après tout, c’est difficile d’oublier une personne qu’on a considéré pendant longtemps comme son meilleur ami. Alors tu te demandes si tu as bien fait de lui proposer tes services, si tu as bien fait de le laisser entrer dans ta boutique. Parce que dans le fond, c’est lui qui est parti et qui ne t’a plus donné de nouvelles. Tu devrais lui en vouloir. D’ailleurs tu lui en veux, c’est un fait non négligeable.
Tu entends dans sa voix, dans son hésitation, qu’il a finalement réussi à te reconnaitre. Pourtant tu ne pensais pas qu’il en aurait été capable. Ça fait quelques années maintenant qu’il ne t’a plus vue en photo, et il n’était même pas au courant que tu t’étais teint les cheveux, c’est pour dire. Mais certainement que vous vous connaissez trop pour pouvoir feindre l’ignorance, faire semblant de ne pas vous connaitre, de ne pas vous reconnaitre.

Et la première chose qu’il te dit, même si c’est en français et que t’as perdu l’habitude de parler dans cette langue, n’est pas la première chose que t’aurais espéré qu’il te dise après autant d’années à être resté dans le silence. Et s’il te connait bien, il doit se douter que ce n’est pas une chose qui te fera plaisir. Alors il devrait l’avoir vu arriver, cette gifle que tu acènes à sa joue sans aucune retenue, parce que t’as pas envie de te retenir, parce que c’est un flot trop important d’émotions qui refait surface maintenant que tu te retrouves de nouveau face à lui.  

« Tu débarques après je sais pas combien d’années d’absence et la première chose que tu me dis c’est que je me suis teint les cheveux ?! »

Tu le fixes, et ta colère brille certainement autant que ta fatigue dans ton regard. Ta main a heurté sa joue sans aucune délicatesse et te voilà maintenant les poings serrés, tandis que ton corps est plus tendu que jamais. Tu lui en veux, non pas d’être parti, mais de t’avoir laissé sans nouvelles alors que tu essayais de le joindre, dès que t’en avais la possibilité. Avec le temps, tu avais perdu l’espoir qu’il te réponde et tu avais progressivement laissé tomber, certainement pour ne pas laisser la tristesse t’engloutir d’avoir perdu ton ami le plus proche, mais dans le fond tu n’en restais pas moins tourmentée.

Le silence s’installe alors, tout du moins quelques secondes, alors que tu peines à ne pas te montrer trop touchée par ce qui était en train de se passer. Pourtant ce n’est pas difficile de percevoir ta tristesse. Tes yeux brillent, et ce n’est pas d’admiration. Tu as plutôt envie de pleurer, de laisser s’échapper toute cette frustration en toi une fois pour toute. Tu as toujours été trop émotive, que ce soit positivement ou négativement, on te l’a déjà dit, et ce n’est pas en quelques années que ça aura changé, Daniel pourra s’en rendre compte.

« J’suis contente de savoir que tu fais un séjour en Angleterre, ou même, de savoir que t’es encore vivant. Tu sais que j’ai pas changé de numéro ? Enfin, laisse tomber, ça doit pas être si important… »

Tu balayes tes paroles d’un revers de la main. Ce n’est pas dans tes habitudes d’être rancunière, tu as plutôt même tendance à être trop gentille et à tout céder à n’importe qui. Mais là ce n’est juste pas dans tes possibilités.

« Je vais te préparer tes chocolats. »

Tu lui tournes le dos et en profite pour te frotter le dessous des yeux, avant de reprendre ton tablier, que t’avais retiré plus tôt après avoir fini ton nettoyage. Tu le serres à ta taille et attrape une paire de gant que tu enfiles, avant d’ouvrir la vitrine de chocolat.

« Qu’est-ce que tu veux ? »

Ta voix est empreinte d’une certaine tristesse et légèrement tremblante. T’as décidément du mal à faire croire que tu n’es pas tant touchée que ça. D’ailleurs, tu gardes profil bas pour ne pas croiser le regard du brun qui te fait face.

T’étais loin de te douter que ta journée pouvait tourner aussi vite au drame. Si tu avais su, tu aurais certainement demandé à Lydie de faire la fermeture à ta place.




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Mer 25 Jan - 14:40
Même si j’en avais eu le temps, je n’aurais pas cherché à esquiver la gifle. Je la mérite, cette brûlure qui mange à présent la moitié gauche de mon visage. Je dois avoir un don pour tout gâcher quand il s’agit de relations interpersonnelles. Après avoir rompu avec Eugène, j’ai cherché à tout recommencer, mes parents sont les seules personnes avec qui j’ai gardé contact. Au début, je n’avais simplement plus la force de prétendre que tout allait bien ni l’envie de ressasser les récents événements. Puis je me suis focalisé sur mes études pour oublier. Avant que j’aie le temps de m’en rendre compte, une année entière s’était écoulée. Mon diplôme en poche, j’ai décroché un job et je me suis perdu dans le travail. À chaque fois que je pensais à Eugène ou à June, je culpabilisais. Je m’interdisais de les joindre, persuadé qu’ils vivaient mieux sans moi et que je ne ferais que raviver de vieilles blessures.


Depuis mon arrivée à Londres, je comprends que j’avais tort.


J’ai été égoïste, borné, et j’ai blessé les personnes que j’aimais le plus au monde. J’ai bêtement cru qu’il suffisait qu’elles m’oublient pour deux et que leurs vies, libérées de mon existence, rouleraient comme sur des roulettes.


June a grandi en cinq ans. Plus que grandir, elle est devenue une femme.


Grand dieu, je n’ai jamais su m’y prendre avec les femmes.


Elle était déjà une sorte de bombe à retardement émotionnelle à l’époque, elle n’a pas changé sur ce point. Sa colère est perceptible – et plus que justifiée. Je soutiens son regard sans vraiment savoir l’expression que je dois être en train d’arborer. « Je suis coupable, triste et désolé » sont probablement les mots qui se lisent sur ma figure.


Aucune parole ne pourrait racheter ces années de silence. Je voudrais prendre June dans mes bras, lui faire part au travers de ce geste de mes remords, de mes peines, de mes incertitudes passées et présentes, mais je crains qu’elle ne me repousse.


J’encaisse ses accusations sans en démentir aucune. Un sourire sans joie étire mes lèvres alors qu’elle prend sur elle et qu’elle s’occupe de ma commande au lieu de me jeter dehors.


-Qu’est-ce que tu veux ?


J’inspire profondément, me préparant à recevoir une seconde gifle à tout instant.


-Je voudrais m’excuser.


Je me penche, mes yeux essayent de capter l’attention des siens.


-J’ai fait beaucoup d’erreurs parce que je pensais que mes choix n’impliquaient que moi.


Je fouille la poche de mon manteau à la recherche d’un paquet de mouchoirs que je lui tends alors.


-Je n’en vaux sûrement pas la peine mais je suis flatté que tu sois prête à faire couler ton maquillage pour moi. Tu dois t’imaginer que non, pourtant tu m’as manqué.


Je marque un blanc puis soupire. Qu’est-ce que je viens encore de sortir. Moi, flatté qu’elle pleure par ma faute ? Autant lui dire que ça me fait plaisir de la voir souffrir, l’effet serait du pareil au même. À croire que malgré les années je ne m’améliore pas, j’ai toujours autant de mal à m’exprimer à l’oral avec justesse. Si seulement parler pouvait être aussi simple que de rédiger un article.


J’arrête d’essayer de réfléchir de manière infructueuse, finalement, je tente le tout pour le tout et passe de l’autre côté du comptoir pour prendre la jeune femme dans mes bras. Je la serre une seconde avec force et tendresse avant de me contenter de la tenir contre moi.


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Jeu 2 Fév - 22:29

Ambivalence.
Certainement que tu l’as frappé un peu trop fort, tu peux le savoir rien que par le fait de sentir ton cœur battre dans le bout de tes doigts, tellement ton sang afflue à une vitesse folle. Mais sur le moment on ne peut pas dire que tu aies pensé à contrôler ta force, même si tu n’en as pas des tonnes non plus. Ce que tu espères pour l’instant, c’est lui avoir fait assez mal pour toutes ses années de silence, pour toute ces années d’inquiétude qu’il a créé chez toi, pour t’avoir tout bonnement laissé de côté alors que vous prétendiez être les meilleurs amis du monde.

Il te faut quelques bonnes secondes pour reprendre un peu ton calme, même si c’est peine perdue, on te connait. Pour te calmer, quand tu es hors de toi, il faut vraiment le vouloir. Daniel a intérêt à s’armer de courage s’il veut obtenir de toi un semblant de pardon. Il va devoir s’accrocher. Et ce même si malgré cette colère qui s’anime en tout, tu ne peux pas nier être heureuse de le voir, constater qu’il va bien, qu’il ne lui est visiblement rien arrivé de mal depuis que vous ne vous êtes plus vus. Quelque part, ça te réchauffe le cœur et c’est certainement plus parce que tu es rassurée que parce que tu es en colère que les larmes perlent aux coins de tes yeux.
Larmes que tu t’empresse d’essuyer quand tu lui tournes le dos sans arrêter de lui lancer des reproches, comme pour soutenir l’idée que t’étais réellement en colère contre lui, et que tu ne lui pardonnerais pas de sitôt. Mais pourras-tu tenir encore ne serais ce que dix petites minutes avant de te blottir contre lui pour pleurer toutes les larmes de ton corps et décompresser une fois pour toute ?

Tu lui demandes ce qu’il veut, et tu ne t’attendais certainement pas à ce qu’il réponde autre chose qu’une liste de chocolats. L’entendre dire qu’il souhaite s’excuser te fait avoir une légère sueur froide, tandis que ton cœur bat un peu plus fort -encore faut-il que ça soit possible-. Tu lèves alors le regard vers lui pour enfin croiser son regard, quelques secondes, mais suffisamment pour pouvoir réellement lire le regret dans son regard. Tu lis dans ses yeux comme il peut certainement lire dans les tiens. En cinq ans, vous avez tous les deux changés sur bien des points, physiques surtout, mentaux peut-être… Mais il reste tout de même la personne à qui tu te seras confiée le plus de fois dans ta vie, et ce même si cinq ans sans confession, c’est long.
Il s’explique, et toi tu ne dis rien, c’est à peine si tu bouges sauf pour reposer la pince que tu utilises pour attraper les chocolats dans le présentoir. Qu’est-ce que tu pouvais dire de toute manière ? Que tu comprenais ? Non tu ne comprends pas. Et tu espères bien qu’il t’expliquera les choses un jour, pour ne pas te laisser dans le flou.

Tu comprends que tu devrais avoir une quelconque réaction quand il te tend son paquet de mouchoir en te faisant comprendre -assez maladroitement mais est-ce que tu es en état pour relever sa maladresse ? - que tu ne devrais pas pleurer pour lui. C’est seulement à ce moment que tu te rends compte, que tu avais beau te répéter silencieusement de ne pas pleurer, d’être forte, de ne pas craquer, rien ne fonctionnait, et que tu avais laissé couler tes larmes sans rien pouvoir y faire.
Honteuse, tu attrapes rapidement le paquet qu’il te tend pour en tirer un mouchoir et te frotter délicatement le dessous des yeux et les joues. Il ne s’agissait pas de ressembler à un panda non plus. Mais tu te détestais pour avoir craqué aussi facilement alors que tu aurais préféré ne pas montrer ce genre de sentiment face à Daniel, comme pour lui faire croire qu’au-delà de tes cheveux roses, tu avais réussi à changer aussi mentalement, et ne pleurais plus aussi facilement. C’était loupé.

Ta gorge s’était nouée et tu n’arrivais plus à dire quoi que ce soit. Tu aurais aimé lui répondre, certainement lui dire que lui aussi, il t’avait manqué, plus que tout même, mais rien ne voulait sortir sans que cela ne soit incompréhensible à cause des sanglots. Autant éviter de te rendre encore plus honteuse, et laissons tes émotions se calmer un peu avant d’essayer d’aligner trois mots sans renifler sans aucune élégance. Tu le vois faire le tour du comptoir pour te rejoindre et tu n’émets aucune résistance quand il te prend dans ses bras. Cela aurait été mentir que de dire que tu ne voulais pas qu’il t’approche, qu’il te réconforte, et tu n’avais tout simplement pas la force de mentir. Alors une fois dans ses bras, une fois que tu sens son étreinte, une fois que tu reconnais son parfum et que tu es sûre qu’il s’agit bien de Daniel, comme si cela pouvait être quelqu’un d’autre, seulement là, tu peux laisser s’échapper toutes les émotions que tu retenais jusqu’à maintenant.

« Toi aussi tu m’as manqué ! »

Que tu lâches finalement, en pleurant à chaudes larmes contre son torse. Tant pis pour ton maquillage, hein, c’est juste plus possible de retenir ce surplus de tristesse.  Blottie contre lui, tu te rends compte qu’il a certainement grandit, depuis cinq ans. Tu avais un souvenir assez vague où tu lui arrivais un peu plus à l’épaule que maintenant… Mais ce n’est qu’un détail.
Fermant ton poing, tu le frappes faiblement contre son torse, encore une fois pour manifester ta colère mélanger à tant d’autres sentiments que tu as du mal à discerner à ce moment précis. Tu lui en veux, et en même temps t’es tellement heureuse… Si tu pouvais te diviser en deux, à ce moment précis, pour représenter les deux émotions dominantes dans ton esprit, tu le ferais.

« Pourquoi tu ne m’as pas appelé ? Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal ? J’ai cru qu’il t’était arrivé un malheur Daniel ! »

Tu essayes de comprendre, mais ce n’est certainement pas le bon moment pour des explications trop longues, trop compliquées. Tu devrais plutôt essayer de te calmer, reprendre ton souffle… Finalement c’est agrippée à la manche de sa veste que tu te calmes doucement, gardant ton front posé contre son torse. Tu ne le regardes pas, parce que tu sens que tu pourrais repartir dans un flot de larme si tu le regardais tout de suite. Et puis tu dois vraiment ressembler à un panda maintenant, ça ne doit pas donner une bonne impression de toi, après cinq ans sans vous être vus.

« Tu n’aimes pas mes cheveux ? ... »



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Lun 3 Avr - 23:52
J’ai eu peur un instant qu’elle me repousse, qu’elle me condamne à n’user que des mots alors que je suis homme à parler au travers de gestes. C’est seulement au moment où je la tiens dans mes bras que je réalise que cela fait véritablement une éternité que nous ne nous sommes plus parlé, vus, enlacés…

-Toi aussi tu m’as manqué !

Je la garde contre moi alors qu’elle déverse en larmes tout ce que contient son cœur. Le coup qu’elle me donne est beaucoup plus doux que la gifle que j’ai reçue précédemment. Aucun d’eux de toute manière n’égale la douleur que je ressens alors que je suis incapable de me justifier par rapport aux questions de mon amie.

-Non… Tu n’as rien fait... C’est…

Je m’interromps, assailli par les souvenirs, les jours sombres et les pensées noires. June se tient à moi, essayant de se calmer. Je devrais faire de même.

-Tu n’aimes pas mes cheveux ?

Je souris doucement tandis que je tente d’articuler mes idées, décidé à m’exprimer.

-Je les aime. Tu sais…

J’inspire profondément. Je n’en parle jamais normalement, à cause de la douleur, des remords ; parce que j’ai conscience de ne pas avoir le beau rôle. Je lui dois cependant des explications.

-… Après avoir quitté Eugène, j’ai commencé à penser que tout le monde serait plus heureux sans moi. Le temps que je réalise que j’avais peut-être tort, toi, Eugène…vous aviez probablement déjà refait votre vie. Peut-être qu’en fin de compte vous m’aviez réellement oublié pour le meilleur. J’avais peur que ce soit le cas. J’avais peur de débarquer comme une fleur et… de souffrir en votre présence comme j’avais souffert de votre absence.

J’embrasse le sommet de son crâne. Est-ce pour la réconforter ou pour me rassurer ?

-C’est stupide. Je sais maintenant que j’avais tort, que vous avez certainement plus souffert que moi. Pardonne-moi.

Ma main caresse sa joue et relève délicatement son menton afin que nos yeux se croisent. Les miens brillent tristement de toute la tendresse que je lui porte.

-Je suis content de voir que tu sembles aller bien.


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