Un entretien accordé [Mai C. Xuân Hao]

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Lun 23 Jan - 21:13
Elle était un peu à sa manière une jeune Carson McCullers, une solitaire, la cigarette en moins. Elle ne fumait qu'à certaines occasions. Déjà habillée, elle était en train de préparer son sac à dos : un magnétophone, un très grand carnet de notes, une trousse, sa liseuse, son livre du moment Girls d'Emma Celine, un manuscrit qu'elle n'avait pas encore fini de lire et d'autres petites bricoles. Elle était toujours chargée quand elle sortait, mais aujourd'hui encre plus, car elle se préparait pour une rencontre. Un  chanteur l'attendait dans la terrasse d'un café.

C'était un jeune vietnamien qui n'avait pas eu beaucoup de difficultés à décoller dans sa carrière et à se faire remarquer.  Enfin c'est ce qu'il lui semblait. C'était une chance inouïe, pensait-elle de pouvoir percer ainsi, de manière si fulgurante. Et puis, il avait cette voix... qui provoquait une émotion en vous, difficile à définir. Alors, il y avait de quoi préparer tout un attirail.  Au moment de mettre ses chaussures, elle hésita, les basket noires ou blanches ? Elle n'était pas très sûre. Ce n'était pas du stress, même que son humeur était joviale. Elle avait déjà mené des entretiens avant, il y avait quelque part une certaine habitude, tout en allant à chaque fois de surprise en surprise. Tout ça bien sûr n'était pas professionnel, même si bon, elle le faisait un peu pour sa carrière, c'est vrai... mais il s'agissait d'abord d'une passion toute simple et personnelle, la rencontre de personnes jeunes qui se distinguent par leur art et leur créativité.

Il y a eu d'abord ce concert, auquel une amie l'avait invitée... le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle avait été subjuguée, totalement transportée sans qu'elle comprenne les paroles. Ensuite, il y eut cette curiosité qui la titilla intérieurement pendant des jours : comprendre la signification de ses textes, quel message avait-il à transmettre, l'envie de le rencontrer, d'en savoir plus sur lui, de lui poser toutes ces questions qui la taraudaient, enfin il y eut cette volonté de le contacter.  Et quand elle prenait une décision, elle se lançait sans hésitation.

Alors bon, avoue-le, elle ne se pas doutait du nombre des fans. Il y avait eu cette surprise en voyant autant d'abonnés à sa page, elle ne s'y attendait pas... elle n'en faisait pas un critère de sélection, ce qui attisait son intérêt pour certaines personnes, c'était le sentiment qu'elles étaient particulières. Sa réponse vint assez rapidement, et ça la conforta dans l'idée qu'elle se faisait de lui, une personne humble en somme.

Les baskets blanches, finalement. Ça faisait fille moins sombre, ça lui donnait un petit côté rassurant. Tout au long du trajet, elle répétait certaines phrases d'accroche, de présentation, il s'agissait de mettre la personne à l'aise pour qu'elle soit le plus naturelle possible. Elle n'avait pas vraiment préparé de questions prédéfinies, elle y allait spontanément, et puis parfois d'autres questions pouvaient surgir en cours de route, elle improvisait... Elle le vit de loin. Il était déjà là, assis, il l'attendait. Elle eut un mouvement de surprise, c'est à cet instant là qu'elle réalisa son retard. Elle regarda son téléphone, 15h04, non en fait, elle était quasiment à l'heure, quelques minutes de retard, rien d'alarmant. Elle s'était tellement habituée à ce qu'on la fasse attendre... au moins une demie-heure, alors elle avait pris ce défaut d'arriver toujours avec un petit décalage.

Elle se dirigea vers lui d'une démarche pressée,  posa son gros son sac sur la table, soulagée de se débarrasser du poids contraignant sur son dos. Elle se présenta aussitôt, un rythme de parole assez effréné qui caractérise les personnes un peu trop passionnées..., prêtes à vous accorder toute leur attention.

-Désolée du léger retard ! Alors, on s'est déjà présentés, moi c'est Nihel Arslan! Comme j'avais dit, j'écris des articles pour mon blog... Si tu permets, on va se tutoyer.

A peine s'était-elle assise que le serveur arrivait. Elle le laisserait sans doute commander en premier, comme si le choix qu'il ferait déterminerait le cours de leur entretien.
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Mer 25 Jan - 11:30
H.R.P:
 

   - Vua Mai, avez-vous besoin de mon aide pour vos cheveux ?
- Tu arrives au bon moment, Anh. Attends dix secondes, que je sorte de mon bain, dit-il de sa voix délicate et fleurie.
- Naturellement, vua Mai.

Mai s'extirpa gracieusement de son bain quotidien et s'entoura de son peignoir. Il prit une petite serviette pour s'essuyer le visage avec la légèreté de la brume et, pile dix secondes après sa prise de parole, sa domestique entra et se plaça derrière lui pour sécher méthodiquement ses cheveux. Après s'être séché la peau, Mai l'hydrata précautionneusement - sa domestique se chargeant de son dos. Il remit correctement son peignoir et elle coiffa méthodiquement ses cheveux avec plusieurs peignes en bois. Elle sortit pour laisser le Viêtnamien s'habiller d'une tenue traditionnelle et revint une dizaine de minutes plus tard pour ordonner le tout. Anh prit alors les cheveux devant les oreilles de Mai et les ramena en arrière, faisant en sorte que trois mèches ( une de chaque côté, la dernière au milieu - partant de son front - ) se vissent, et les accrocha à l'aide d'un bout de tissu auquel étaient greffés deux grelots dorés et un grelot en cristal. Elle coiffa ses cheveux encore trois fois et Mai ne bougea pas, respectant ce rituel matinal avec l'aisance et la discrétion qui le caractérisaient.

- Merci beaucoup, Anh.
- Je vous en prie, vua Mai. Si je ne m'abuse, vous avez un rendez-vous à 15h00 n'est-ce pas ?
- En effet. Je comptais partir vers 14h00, afin d'être sûr de ne pas avoir de problème sur la route.
- Très bien, je demanderai à Bạch de préparer la voiture. Je vous apporte votre déjeuner ?
- S'il te plaît, Anh. Je serais dans mon bureau. Merci encore pour ton aide.

   La domestique se retira et Mai consulta l'heure. Il était exactement douze heures, sept minutes et trente-huit secondes. Le Brun sortit de sa chambre d'une démarche aussi assurée qu'aérienne et entra dans son bureau en fermant doucement derrière lui. Consultant son agenda, il vérifia qu'il avait bien terminé ses devoirs et les recherches annexes pour la semaine de cours à suivre puis il passa aux devoirs des semaines à venir. Son ordinateur de bureau à sa gauche et son ordinateur portable juste à côté de lui ( gauche, toujours ), il ouvrit ses tiroirs et sortit ainsi un plan détaillé d'un exposé sur les premiers opéras anglais qu'il devait rendre dans trois semaines. Il se plongea dans son devoir en attendant que sa dernière vidéo finisse d'être uploadée, Anh l'interrompant seulement pour lui apporter son repas. Mangeant lentement et précautionneusement, il retravailla son plan détaillé et en moins d'une demi-heure son bureau fut envahi par cinq livres sur les opéras anglais, certains plus spécifiques que d'autres. Vers treize heures, lorsque sa vidéo sur un traité d'Arts Martiaux ( qu'il avait lui-même illustré par certains enchaînements ) fut enfin en ligne, il la visionna de nouveau et un petit sourire satisfait étira ses lèvres. Les conseils de Fukujirō l'avaient bien aidé à résoudre les problèmes qu'il avait rencontré, tant lors du tournage que du montage.

Il fit jouer ses épaules en s'étirant le dos, puis il regarda l'heure. Treize heures quarante-neuf pile. Il descendit aux cuisines pour ramener le plateau, les remerciant chaleureusement au passage, puis il sortit de la maisonnée et s'engagea sur le chemin de gravier où la voiture l'attendait. Il y monta côté chauffeur après avoir remercié Bạch, et de son aide et de son avance de quelques minutes, et se dirigea dès lors vers la ville de Londres. Il gara sa voiture non loin du parc de Greenwich et continua son trajet en bus. Il n'aimait pas se déplacer dans la ville en voiture, il préférait le bus ou la marche. Ses vêtements avaient attiré l'attention lorsqu'il était monté dans le véhicule mais personne ne s'y était attardé. Il descendit non loin du Big Ben et continua son trajet à pied, un livre entre les mains. Tournant les pages pendant une dizaine de minutes, il leva son nez de son livre quand il reconnut l'endroit où il avait rendez-vous.

   D'un pas aussi efficace que vaporeux, il y entra pour signaler qu'il était celui ayant réservé une table sur la terrasse et qu'il attendait quelqu'un. Le serveur sourit alors, disant qu'il attendrait qu'ils soient deux pour prendre leur commande. Mai s'installa donc sur une table dehors. Le ciel de Londres était parsemé de nuages blancs et gris, ce qui instaurait une ambiance apaisante en ce début d'après-midi. Quand bien même il se mettrait à pleuvoir cela n'y changerait rien ; la terrasse était élégamment couverte. À peine fut-il assis qu'il reprit sa lecture, sans savoir qu'il était arrivé exactement huit minutes en avance. Se fondant dans le paysage, délicatement installé sur sa chaise, il caressa plus qu'il ne tourna les pages avec un sourire apaisé, serein, agréable, fleuri... contagieux. Il savourait chaque phrase, chaque mot, chaque lettre, chaque caractère comme un cadeau des plus précieux. Il se dit que c'était définitivement une bonne idée de parler de ce chef d’œuvre de la fantasy en vidéo et c'est à ce moment-là qu'un sac se posant sur la table l'interrompit dans sa lecture et lui fit lever le nez du premier tome ( bien que cette appellation soit, en un sens, incorrecte ) de The Lord of the Rings : The Fellowship of the Ring.

- Désolée du léger retard ! Alors, on s'est déjà présenté, moi c'est Nihel Arslan ! Comme j'avais dit, j'écris des articles pour mon blog... Si tu permets, on va se tutoyer.

   Le rythme de parole rapide ne changea pas sa plénitude et il sourit quand il comprit qu'il avait Nihel Arslan face à lui. Il referma son livre et le posa sur la table, levant sa main en tournant la tête de gauche à droite à deux reprises.

- Ce n'est pas grave pour le retard, demoiselle Arslan, ne t'en excuse pas. dit alors sa voix délicate. Il marqua une très court instant de pause avant de reprendre, toujours avec douceur et délicatesse. Par ailleurs, préfères-tu que je t'appelle Nihel... ?

Le serveur arriva alors que la demoiselle s'asseyait et, voyant qu'elle ne semblait pas décidé à commander la première, Mai survola la carte des thés. Un sourire doux étira ses lèvres avec une légèreté vaporeuse quand il vit que l'un de ses thés favoris était sur la carte. Son choix effectué en quelques secondes seulement, il dit de sa voix fleurie et dépourvue d'hésitation :

- Je vous prendrai un Sakura Imperial, s'il vous plaît.
- Voulez-vous du sucre, du lait ou du citron dans votre thé ?
- Non merci, je le prendrai nature. Merci d'avoir proposé., dit-il avec délicatesse et sérénité.
- Je vous en prie., répondit-il en souriant. Il se tourna alors vers la demoiselle, sans se départir de son sourire engageant et rassurant. Vous avez choisi ?

   Mai caressa la couverture de son livre avec la douceur d'un rêve apaisant, attendant calmement que demoiselle Arslan finisse de commander. Il en profita pour l'observer discrètement, sans concentrer son regard sur elle ou que son observation fût dérangeante, et ce qu'il vit lui plut. Une certaine assurance, de la passion... un mélange harmonieux de couleurs. Le serveur partit alors pour leur préparer leur commande et le Viêtnamien, regard boisé dans celui de la demoiselle, lança alors de sa voix légère, fleurie et délicate :

- Oh, tant que j'y pense ; je dois recevoir un appel de mon manager cet après-midi. Ce sera très bref mais je préfère te prévenir pour que tu n'en sois pas surprise si jamais cela se produit durant notre discussion.

Il lui sourit et, dans un mouvement de tête, fit tinter ses grelots qui émirent un son délicieux. Il pencha légèrement la tête de côté, l'invitant ainsi à poursuivre et à poser des questions.
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Ven 27 Jan - 21:48
HRP:
 

Comme si on venait de brûler un encens, la terrasse prenait petit à petit un air étrange, presque enivrant, devenant l'incarnation d'un champ de rêverie, comme s'il n'y avait plus qu'eux, et que l'endroit leur appartenait. Une ambiance intemporelle, grisâtre et cossue. Sand doute, sa tenue et sa coiffure participaient à cet effet de fascination. Discrète, elle ne se permettait jamais de regarder quelqu'un longtemps ni de manière appuyée, mais la façon d'être de ce jeune chanteur forçait le regard. C'était la même émotion qu'aurait provoqué un tableau de peinture, d'un goût certain et particulier, au point de vous absorber entièrement... Elle le regardait comme elle si était face à une œuvre d'art.

Elle dut se pencher légèrement pour entendre ce qu'il disait, affichant un sourire réjoui quand il proposa d'utiliser son prénom.

-Oui, bien sûr. Nihel, ça me convient parfaitement.

Il lui rappelait certains auteurs sensuels qu'elle avait pris plaisir à lire, qui grattaient leur crayon en s'enivrant. L'élégance avec laquelle il prenait la parole, comme s'il venait d'un ailleurs, lointain et inaccessible... La délicatesse qui accompagnait chacun de ses gestes, comme une signature.... Elle remarqua son coup d’œil au moment où elle parcourait le menu des boissons. Une attention qu'elle trouva flatteuse.Pourtant son look ne plaidait pas en sa faveur, et prêtait prêtait à confusion, mais aujourd'hui son apparence ne semblait pas déranger.

- Je vais prendre un café vanille...

Sakura Imperial; c'est ce qu'avait commandé Mai C. Xuân Hoa. Elle plissa les yeux, se disant qu'elle devait retenir ce choix, et à propos duquel elle pourrait noter quelques mots par la suite. Un thé, ça pouvait sembler anodin. Mais pour Nihel, à cet instant, cela avait toute une dimension symbolique et significative, elle avait été rarement en présence d'une personne entièrement attachée aux traditions de son pays. On pense toujours à propos des chanteurs qu'ils aiment l'originalité en cherchant à créer leur propre style, or Mai semblait faire des coutumes vietnamiennes son identité d'artiste.  Ce dernier lui parla de son manager, lui expliquant qu'il aurait certainement à lui répondre à un moment ou un autre. Elle hocha la tête, signifiant qu'elle comprenait, lâchant un simple « Merci de me prévenir » tout en fouillant dans son sac ; un peu dépitée de refaire chaque fois la même erreur.... mettre tous les objets pèle-mêle ; un bazar qu'il fallait ranger.

-Si tu es d'accord, on va enregistrer notre entretien. C'est plus simple pour moi, mais seulement si tu es d'accord bien sûr. En tout cas, ça restera parfaitement confidentiel. Et avant de publier  mon article, je te l’entreverrai, si certains aspects ne te conviendront pas, on pourra les changer. Parfois, certaines personnes préfèrent d'ailleurs me répondre par écrit, alors je peux considérer que cet entretien oral n'est qu'un moyen pour moi de mieux connaître ton univers, mais je peux ne pas utiliser les réponse que tu vas me donner si tu le souhaites, et te reposer les mêmes questions par mail, c'est comme tu veux …

Elle avait enfin trouvé son son magnétophone qu'elle posa sur la table, ainsi que son carnet au cas où elle aurait besoin de noter certaines informations importantes, des citations qu'elle voudrait mettre en exergue, des questions qui lui viendraient en tête au cours de l'entretien. Elle se détendit un peu plus sur son siège en croisant les jambes. Maintenant, il était question pour elle d'y aller un peu à son rythme. Elle allait partir dans un de ses monologues explicatifs à propos de son blog quand elle entendit ses pas avant de le voir : Le serveur qui apportait leur commande, et qui dit joyeusement en approchant :

"Voilà de quoi vous réchauffer !"

Voilà de quoi vous casser en plein élan surtout.

Elle tenait à donner certaines précisions. L'air concentré, elle prit une gorgée, avant de reprendre :

-L'important pour moi c'est que tu sois à l'aise dans tes propos, et que tu dises ce que tu as à dire sans appréhension, mais s'il y a des choses qui ne sont pas encore très claires pour toi....dis-le moi ! En gros, je vais te poser des questions sur ton parcours, ta vision artistique, les projets que tu souhaites développer, tes sources d'inspiration, et comment ta carrière a évolué. Rien de très personnel en somme, à moins que tu veuilles te confier...

Bien sûr, à la fin de ses propos, elle était ironique. Elle voulait sortir du cadre formel, c'était sa manière de travailler. Elle considérait qu'on ne pouvait pas arriver à un résultat satisfaisant si on n'abolissait pas d'abord une certaine distance.

-Tu me diras quand c'est ok pour toi, je mettrai en marche le magnéto'.
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Dim 29 Jan - 11:36
H.R.P:
 

Sa question posée de son éternelle voix délicate, Mai n'eut pas à attendre bien longtemps avant de recevoir sa réponse. Nihel, alors... ? Un sourire effleura ses lèvres avec amabilité et il hocha la tête avec discrétion.

- Sens-toi libre de m'appeler Mai, auquel cas. Enchanté, Nihel.

Le serveur arriva alors, comme promis, et Mai commanda un Sakura Imperial. Ce thé vert fleuri, léger, subtil, lui ressemblait beaucoup d'une certaine façon. Le meilleur Sakura Imperial qu'il avait eu l'occasion de savourer était à Otsu, bien que Uji soit réputée pour être la capitale du thé du Japon. Il n'avait pas eu l'occasion d'y aller mais... qui sait ce que l'avenir nous réserve, après tout. Caressant avec la légèreté d'un rêve apaisant la couverture de son livre, comme s'il s'agissait du trésor le plus précieux au monde, Mai entendit la demoiselle Arslan commander un café vanille.

Il ne commenta pas ce choix, l'observant discrètement sans que son regard ne soit posé sur elle. Ce n'était pas son apparence qu'il observait, à vrai dire Mai avait grandi dans un milieu où on apprenait bien vite que se fier ne serait-ce que d'un iota aux apparences pouvait être fatal. Non, ce qu'il observait était son langage du corps, ce que son corps, ses gestes, ses expressions, pouvait lui apporter sur le caractère de demoiselle Arslan. Mai n'irait jamais nier que l'apparence pouvait être révélatrice, disons qu'il n'y accordait son attention seulement dans un second temps. Même si les cheveux bleus, roses ou arcs-en-ciel l'interrogeaient mais c'était surtout parce qu'il n'avait pas encore vu ça en dehors de Londres et qu'il ne comprenait pas. Il se raisonnait en se disant "chacun ses choix"... mais tout de même, il trouvait cela... étrange.

Secouant ses pensées pour les ordonner, il prévint demoiselle Arslan de la possibilité d'une interruption par un appel de son manager, ce à quoi elle réagit simplement en le remerciant de sa prévention. Mai ne se formalisa pas sur ce que Nihel semblait chercher dans son sac et attendit patiemment en regardant le ciel. Il avait sorti un carnet et un crayon à papier, sachant que l'inspiration ne se commandait pas et pouvait venir soudainement à lui. Un léger sourire aux lèvres, il effeuilla du regard les nuages clairs qui défilaient, véritable festival d'une myriade de nuances de gris clair. Il était incapable de toutes les nommer et il ne connaissait qu'une personne qui aurait pu le faire. Un homme qu'il avait affronté à plusieurs reprises lors de compétitions de karuta.

La demoiselle l'interrompit dans ses divagations, constater à quel point il était aisément distrait par ses pensées le fit sourire une fois de plus, et il écouta attentivement ce qu'elle avait à lui dire. Enregistrer l'entretien... ? Si cela pouvait l'aider à bien se souvenir de chaque mot, après tout pourquoi pas. Tant qu'elle gardait la bande son pour elle et seulement pour elle, cela lui... erhm... cela irait à son manager. Une "précaution" qu'il ne comprenait toujours pas, d'autant plus quand on lui disait que cela resterait confidentiel. Un regard approbateur passa dans ses yeux quand elle lui dit qu'elle lui enverrait son article avant de le publier. C'était une attention qu'il appréciait, il était souvent bien plus facile de cerner quelqu'un dans sa globalité et se tromper dans ses nuances... Quant aux réponses par écrit... là, il l'avouait, il ne comprenait pas l'intérêt. Si elle avait d'autres questions après coup, ça tombait sous le sens ( ... pas pour son côté anticipateur mais c'est un autre sujet ), mais répondre à l'écrit à des questions auxquelles il avait déjà répondu à l'oral...

- Tant que cette bande son reste et restera confidentielle, cela ira à mon manager., répondit-il, d'une voix douce et engageante, avant qu'un léger rire d'un étonnant carillon grave le saisisse durant un bref instant. Il est toujours très prudent là-dessus. Mai cessa alors de caresser la couverture de son livre et un sourire fin et subtil orna ses lèvres. J'apprécie également de pouvoir lire ton article... en avant-première, dirons-nous. Quant au reste... si je réponds oralement, cela suffit non... ? Si d'autres questions te viennent à l'esprit après cet interview, j'y répondrais avec plaisir pour sûr, mais je préfère laisser ma spontanéité parler et ne pas revenir sur ce que j'ai déjà pu dire.

Sa voix douce, fleurie, ne laissait absolument pas la place à de la dureté, de l'exigence, un reproche ou quoi que ce soit de négatif ; c'était seulement son avis, exprimé avec clarté, sincérité et transparence. Nihel avait posé un... magnétophone, s'il ne se trompait pas, sur la table, ainsi qu'un carnet et de quoi écrire. Un sourire amusé et apaisant cueillit le coin des lèvres de Mai. Prévoyante jusqu'au bout des ongles quand il s'agissait d'interviews... un bon point, pour lui. Le serveur s'approcha alors pour leur donner leurs commandes et Mai inclina respectueusement sa tête.

- Voilà qui est bienvenu, merci à vous.

Mai vérifia que son thé était bien infusé ( et remarqua que la boule à thé n'était plus là ), en versa dans sa tasse puis il pencha son visage, yeux fermés, au-dessus de cette dernière. Le thé sentait particulièrement bon et les vapeurs chaudes de sa boisson apaisèrent instantanément tous les muscles de son visage. Il resta ainsi, même lors de la nouvelle tirade de Nihel. Il l'écoutait d'une oreille aussi attentionnée qu'apaisée et, une fois son faciès complètement détendu, il se redressa. Ses yeux restèrent clos un moment, laissant son visage complètement serein et calme.

- Ça me va. Très belle philosophie, au passage., dit-il de sa voix aussi douce que délicate.

Mai but silencieusement une gorgée de thé, petit doigt relevé évidemment ; cela lui permit de reposer sa tasse dans sa soucoupe sans bruit. Quant à la dernière phrase de demoiselle Arslan, Mai se contenta simplement de hocher la tête. Et, alors qu'il la regardait dans les yeux dans l'attente de sa question, ce fut à son tour de prendre la parole.

- Je m'excuse si je viens de te couper dans ton élan mais... à ton tour, sens-toi libre de poser toutes les questions que tu souhaites, de celles que j'imagine tu as dû préparer à celles qui te viendront spontanément. Elles ne seront ni indiscrètes, ni déplacées, ni trop osées. Ah, et si jamais tu ne comprends pas ce que je te dis fais-le moi savoir ; l'anglais n'est pas ma langue maternelle donc certains mots viêtnamiens ou japonais risquent de se glisser dans mes phrases si je n'y fais pas attention., dit-il avec la douceur d'une brise fraîche en été. Il eut un sourire encourageant avant de terminer. Tu peux allumer le magnétophone quand tu le souhaites.
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Mar 31 Jan - 20:13
Le serveur avait déposé poliment leur commande, regardant Mai à plusieurs reprises de la tête aux pieds d’un air intrigué. Nihel avait essayé de pas y prêter attention, focalisant toute son attention sur le jeune chanteur qu'elle écoutait attentivement, contente qu'il soit assez d'accord avec l'ensemble de ce qu'elle disait, acquiesçant à ses propos par des hochements de tête ou des « Oui bien sûr » par moments. Elle appréciait sa simplicité et elle sentait que tout cela allait bien se dérouler.

Mai semblait un peu surpris par toutes ses suggestions. C'est vrai qu'elle s'était beaucoup étalée et certaines propositions pouvaient sembler incompréhensibles, mais elle parlait en connaissance de cause... Elle avait été face à des situations diverses et si improbables quelques fois qu'elle avait appris à anticiper.  Il y avait  ceux qui annulaient au dernier moment après avoir consenti à la rencontrer, ceux qui venaient au rendez-vous et après des heures d'entretien finissaient par dire qu'ils préféraient que rien de tout ça ne soit publié, ceux qui demandaient à la fin de recommencer, comme s'il s'agissait d'une prise pour un tournage, ceux qui changeaient radicalement leur propos après avoir reçu l'article avant publication. Il y eut même un qui ne se  se reconnaissait tellement pas dans ce qu'il avait dit ,qu'il l'avait accusé d'avoir déformé ses dires, heureusement qu'elle gardait l'enregistrement... à ce stade-là, quand ça devenait grotesque, elle annulait tout et coupait contact avec la personne. Elle avait ses limites comme tout le monde.

Le côté plaisant de la chose c'est que c'était à chaque fois une aventure à vivre, avec parfois des évènements inattendus, pas forcément les bienvenues. A force de côtoyer des artistes, elle voyait que leur conception des choses était différente. Musiciens, romanciers, cinéastes, photographes... ils étaient excentriques, narcissiques, incertains, sans parole, ou un peu gamins, des profils atypiques et compliqués, mais ils partageaient un truc en commun, leur perfectionnisme, même quand il s'agissait d'un simple rendez-vous avec une petite stagiaire.  Il y avait toujours cette intention de se démarquer.... Il y avait donc des aspects en eux qui lui échappaient complètement ou qui semblaient nébuleux, mais ne la laissaient jamais indifférente.

-Je ne manquerai pas de t'interrompre s'il y a un mot que je comprends pas, fit-elle à propos de sa remarque sur sa maîtrise de l'anglais.
Cette petite touche asiatique dans ses réponses ne la dérangeait pas, au contraire, elle trouvait ça intéressant. Elle lui demandera sûrement d'expliciter s'il emploierait un terme qu'elle comprendrait pas mais elle veillerait à garder le mot tel quel  et à le réutiliser dans son papier.
Ses doigts effilés approchèrent du magnétophone, et on pouvait voir à cet instant ses ongles mal taillés et son vernis écaillé. Elle lui décocha un sourire, du genre « On y va » bien que son visage gardait toujours son air sinistre, puis alluma. Quelques instants, le temps de réfléchir à la formulation de sa question, de prendre son souffle, car il faudra élever la voix  pour que l'enregistrement soit net, d'autant plus que le brouhaha sur la terrasse s’amplifiait un peu. C'était toujours comme ça pour les brasseries ou les terrasses de café, elles avaient l'avantage de créer une ambiance détendue, de la rapprocher son interlocuteur, mais il y avait toutes ces voix qui rendaient parfois l'enregistrement quasi-inaudible.

-Est-ce qu'on peut parler d'influence vietnamienne dans ton style ? Je veux dire, dans quelles mesures, tes origines  ont-elles influencé ta carrière ? Et est-ce que le choix de venir en Angleterre fait partie d'un projet artistique ? Autrement dit, qu'est-ce que Londres a apporté de nouveau à tes chansons ?


Un trouble regard. Une fixité profonde, une détermination. Une transe singulière agitait pupilles. Une exaltation qui la secouait jusqu’au fond de son être.
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Dim 5 Fév - 19:13
Mai but silencieusement une gorgée de thé et la reposa dans sa soucoupe sans bruits. Ses gestes étaient lents et peu nombreux, tous exécutés avec la légèreté d'un nuage et l'efficacité de celui qui sait ce qu'il veut. Il prit alors la parole, de sa voix délicate et fleurie aussi douce qu'une brise estivale passagère. La réponse ne se fit pas attendre et le Viêtnamien eut un sourire fin et aimable, en hochant la tête en suivant. Il appréciait ce genre de conversations simples, placés sous le ciel du respect et de la compréhension mutuelle - ou du moins l'envie de comprendre. Il savait très bien qu'il risquait de parler inconsciemment en japonais ou en viêtnamien, s'il parlait spontanément c'était inévitable. Il n'était pas sûr de pouvoir expliquer le mot utilisé en anglais, au vu de la différence de culture et d'énormément de notions - rien qu'au niveau temps, le viêtnamien et le japonais n'avaient pas la même philosophie, alors comprenez bien que l'anglais est carrément dans une autre galaxie.

Un petit sourire de demoiselle Arslan et voilà que le magnétophone est lancé. Mai se dit à cet instant que l'avenir lui réserve tant de surprises... Jamais il n'aurait envisagé ne serait-ce que parler avec quelqu'un dehors lorsqu'il était enfant, encore moins que cela serait un interview. Il regarda un instant le ciel et son visage s'adoucit et s'apaisa, comme par magie. Il était heureux d'avoir la chance de pouvoir vivre l'expérience qu'il vivait en ce moment. Entre sa carrière de chanteur-compositeur, celle de créateur, celle de musicien bientôt et, qui sait pour le futur, peut-être celle de danseur, de comédien ou de metteur en scène... c'était dans ce genre de moments qu'il chérissait le plus la vie, le cadeau de la vie que ses parents lui ont offert. Quand elle commença à prendre la parole, Mai nota sa voix vibrante et un peu plus forte, sans doutes une manière de couvrir les bruits de la terrasse. Il baissa son regard jusqu'à l'ancrer dans celui de Nihel.

Ses yeux ne se détournèrent ni ne se baissèrent, il la regarda droit dans les yeux et, en un geste aussi vaporeux et légère que doux et lent, il posa son coude sur la table et posa son menton contre le dos de sa main ainsi relevée. C'est vrai que Mai était toujours resté très flou sur tout ce qui concernait le passé, à un tel point que certains lui reprochait de verser dans une attitude secrète et énigmatique déplacée pour quelqu'un qui devenait célèbre. Il ne comprenait pas ce besoin d'en savoir plus sur son passé seulement pour... connaître son passé et laisser libre court à des ragots histoire de faire monter l'audimat ou le lectorat. Là, il sentait bien que demoiselle Arslan cherchait à en connaître plus sur son passé... pour comprendre ses choix artistiques, ce qui l'a amené à faire ce qu'il fait et d'où viennent ses inspirations. Un choix qu'il ne pouvait que saluer. Sa voix délicate et fleurie répondit alors, tâchant de couvrir les bruits environnants sans perdre une once de sa douceur.

- Je vais essayer de répondre aux quatre questions, aussi excuses-moi d'avance si je mets du temps à répondre. Je cherche les mots justes et en anglais ce n'est pas si évident que ça. dit-il, son rire carillonnant se faisant entendre sur la fin de sa prise de parole.

Il prit donc quelques secondes de réflexion, se redressant afin de prendre une gorgée de thé en relevant son petit doigt pour reposer toujours aussi doucement et silencieusement sa tasse dans sa soucoupe. Le thé était encore chaud. Chaque mouvement de sa tête était accompagné d'un tintement délicieux qui le plongeait dans un état de sérénité et de calme plus que bienvenus. Une fois que Mai eut surpassé sa gêne qu'il ne montra pas, par ailleurs, il reprit la parole.

- Il y a une influence viêtnamienne dans mon style, plutôt marquée dans le rythme et les mélodies que je choisis pour accompagner mes chansons. La plupart des musiques que j'utilise sont des reprises de mélodies traditionnelles au Viêtnam, que j'adapte au sens de la chanson ou... selon mes envies, tout simplement. Pour répondre à ta deuxième question, il y a une influence viêtnamienne mais aussi japonaise dans mon style. Il n'y en a pas une qui prédomine sur l'autre, cela dit.

Mai s'arrêta un bref instant pour réfléchir à ce qu'il disait, prenant une autre gorgée de thé tout aussi silencieuse.

- Les paysages, les odeurs, la culture, les traditions, la mythologie, les superstitions tant du côté viêtnamien que japonais m'ont énormément influencé, que ce soit moi en tant que chanteur ou compositeur que ma carrière. ... Je ne sais pas si j'ai bien répondu à cette question, si jamais n'hésites pas à me le faire savoir.

Il marqua une autre pause, réfléchissant aux deux questions qui avaient suivi. Et même si les réponses coulaient de source pour lui, il devait avouer que si sa gêne était montée tantôt... c'est bien à cause de cette troisième question. Pas de la gêne au sens d'embarras mais au sens qu'il n'était pas sûr de comprendre correctement la question. Un sourire aussi gêné que léger fleurit sur ses lèvres.

- Cette question m'a gêné. Pas pour la question en soi mais pour les termes employés. Il n'a jamais été dans mes projets artistiques de venir à Londres, c'est seulement une boîte de production qui m'a répéré et, ayant son siège à Londres, m'a proposé cette aventure... et je suis venu. Cela dit, sans cette proposition, je ne serais probablement jamais venu ici. Je considère ça plutôt comme une chance que comme un choix artistique. ... Eh, c'est une distinction très forte en viêtnamien, je ne sais pas si c'est la même chose en anglais. répondit-il, non sans terminer par un petit rire carillonant.

Il caressait la couverture de son livre avec la légèreté d'un rêve plein de douceur sans même y faire attention et but une troisième gorgée de thé chaud. Le parfum de ce thé le ravissait, tout comme le goût. Beaucoup plus subtil que ceux qu'il buvait à Otsu, mais cela avait son charme.

- Je ne regrette pas mon choix, cela dit. Je trouve que les regrets empêchent d'avancer et qu'ils sont inutiles, même si ne pas en avoir et ne pas se laisser submerger par eux est loin d'être aisé. Londres m'a tellement apporté que je ne pourrais jamais regretter d'être venu ici. Cela m'a permis de raffiner mes chansons et mes mélodies mais aussi de m'ouvrir à d'autres cultures et ainsi m'éviter de m'enfermer dans un seul style. On peut dire que ça a contribué à entretenir la flamme de ma passion pour le chant, la musique, l'écriture... et mes vidéos aussi.

Oh oui, Londres avait énormément apporté à Mai, dont beaucoup de première fois. La première expérience de vivre seul, sans ses parents, de découvrir une ville, de travailler officiellement en étant rémunéré, d'être étudiant, d'être stagiaire, de pouvoir rencontrer ses abonnés, de prendre du recul et ainsi être plus lucide sur ses propres origines... Et s'il n'y avait que ça. Sa reconnaissance envers les amis de ses parents de l'avoir entraîné dans cette aventure était plus qu'évidente, comme celle qu'il avait envers ses parents de l'avoir laissé vivre toutes sortes d'expériences.

- On peut dire que Londres m'a fait comprendre ce que le mot « liberté* » signifie., murmura-t-il, plus à lui-même qu'à Nihel.

*ici, Mai a employé un mot viêtnamien. Il s'agit de la liberté au sens de vivre sa vie, faire des choix et en assumer les conséquences, être responsable... mais pas seulement. Nous n'avons pas d'équivalent en français - ni en anglais, pas à ma connaissance du moins. C'est un terme ambiguë en viêtnamien car il signifie autant « vivre » que « être libre » et « ne pas renier ses origines ».
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Mer 8 Fév - 20:29
Ses gestes à elle étaient disgracieux à côté de ce jeune artiste, quand elle prenait sa tasse, qu'elle la déposait ou quand elle se mouvait sur sa chaise, c'était comme si son corps ne lui appartenait pas vraiment, qu'il lui fallait l'apprivoisait pour pouvoir contrôler chacun de ses mouvements....Leurs regards s'accrochant, il n'y avait plus que cette discussion qui comptait, dans une belle terrasse de Londres. Nihel, même si cela ne se voyait pas sur son visage constamment triste, était comblée, frissonnante de joie. Elle vivait l'un de ces moments qui l'enflammaient d'extase et dont elle s'en rappellerait longtemps. Il posa son coude sur la table, son menton sur sa main, ses yeux à elle s'agrandirent, prête à tout capter, à absorber ses paroles même si elle aura l'occasion de les réécouter...Un instant son regard se fixa sur son magnétophone, instinctivement,  histoire de s'assurer qu'il était bien en marche, au cas où il lui prendrait l'envie de s'arrêter... Il ne fonctionnait pas toujours très bien, mais quand elle était en cela comme les vielles personnes, attachées fidèlement aux objets du passé...Ce magnétophone l'avait accompagné tout au long de ses entretiens, du premier jusqu'à celui d'aujourd'hui et elle ne comptait pas s'en passer ou acheter un autre.

Elle lui laissa le temps de chercher ses mots, souriant à ses propos, mais aussi impatiente... Oh, elle s'en fichait de la forme, de la bonne construction des paroles, les premiers jets étaient toujours les bons, sonnant vrais. Plus on réfléchit, moins on va vraiment dire les choses telles qu'elles sont réellement, plus il y a de la méfiance... Évidemment, Mai avait raison d'adopter cette démarche, de ne pas se laisser emporter par un quelconque excès de paroles spontanées. Elle en profita pour reprendra sa tasse, avant que son café vanille refroidisse... Elle n'avait pas mis de sucre. Le goût amer du café, et celui savoureux de la vanille...ça caractérisait toute sa vie qui offrait en quelque sorte ce contraste là même. Elle but tout en prêtant attention au livre posé devant Mai, plissant un peu les yeux, elle arrivait pas à lire le titre....

Elle aimait bien sa façon de tenir la parole...et à s'exprimer ainsi par son corps. Elle avait l'impression que chez lui, les moindres petits mots étaient calculés. Le voir ainsi avec ses mouvements, ses intonations, son souffle...provoquait en elle comme un questionnement intérieur qu'elle aurait préféré ne pas se poser, car quelque part ça la mettait mal-à-l'aise. Cette question qui raisonnait en elle mais qu'elle essayait de taire... Comment peut-on avoir une telle grâce ? Elle qui s'est toujours  familiarisée avec son côté un peu brusque et sauvage, son expression d'enfant torturé, son allure de garçonne. Elle était née dans le néant, elle portait ça en elle sans doute. Alors, comment peut-on avoir une telle grâce ? Est-ce que c'était dû à son origine, à son éducation, à sa personnalité.. ? Voyons, fallait que ça s'arrête, elle ne comptait pas se tourmenter pour ça.

Ses questions étaient à son image, très directes, sans fioritures. Elle n'avait jamais été le genre de personnes à tourner autour du pot, et puis elle n'hésitait pas... elle ne cherchait pas bien sûr par là à le coincer, mais c'est vrai que parfois elle donnait du fil  à retorde. Cette question ; d'influences par exemple, qu'il expliqua si bien d'ailleurs... eh bien, elle avait quelque part cherché d'entrée de jeu à le déstabiliser un peu, rien de méchant dans tout ça, rien qui pourrait le faire défiler, il y avait juste l'idée d'un croisement culturel qui se jouait.

Elle arqua un sourcil quand il parla de gêne et crut bon de noter ….Elle ouvrit la bouche, faillit le couper, puis soupira et le laissa finir par politesse, un indexe tapotant tout de même la table, montrant son empressement, par crainte d'oublier sa question sans doute, elle avait la mémoire si courte.

-Et tu t'es installé Angleterre à quel moment alors ? Fit-elle tout en lui tendant son carnet et son crayon.

C'était son côté «  je vais jusqu'au bout » qui se manifestait.

-Tu pourrais me l'écrire, s'il te plaît ? Ce mot que tu viens d'employer.

Elle fera ses propres recherches par la suite. Une fois qu'elle récupéra son carnet, elle en vint à une autre question :

-Tu as cette présence, massive, en ligne... est-ce que tu considères ce travail sur le web comme une œuvre tout autre ?

Elle avait un souvenir assez vif du visionnage quelques unes de ses vidéos sur YouTube, ce sentiment qui émergeait, semblable à celui de l'émerveillement. Elle avait succombé, complètement. Mais elle n'était pas du genre à complimenter facilement, et puis elle préférait rester objective.

-Est-ce que chez toi, il y a une prise de position, un engagement, politique ou autre ? Et comment tu définirais cette époque dans laquelle nous vivons ?


H.R.P:
 
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Mer 15 Fév - 13:17
Son murmure avait été pareil à une brise printanière au beau milieu de l'automne. Rafraîchissante, fleurie, douce, avec cette même légèreté de rêve. Il se redressa imperceptiblement et but une silencieuse gorgée de thé, qui commençait à devenir tiède. Cela ne le dérangeait pas. C'est alors qu'il reposait silencieusement sa tasse dans sa soucoupe, le regard boisé dans les yeux de son interlocutrice, que cette dernière lui posa vivement une question. Mai avait remarqué qu'elle avait failli l'interrompre un peu plus tôt et il avait également apprécié le fait qu'elle se soit retenue. Ce n'était pas nécessairement une question de politesse, disons simplement que lorsque quelqu'un parlait avec sérieux et ouvrait son coeur la moindre des choses était de l'écouter jusqu'au bout. Un sourire doux fleurit sur les commissures gauches des lèvres de Mai.

Il s'empara d'un geste aussi lent que vaporeux du carnet et du crayon, penchant légèrement sa tête de côté en arquant un sourcil, ne comprenant pas vraiment pourquoi elle lui passait son carnet tout en sachant qu'il devait bien y avoir une raison. Sa tête se redressa et son sourcil s'affaissa et il attendit patiemment une explication, qui vint d'ailleurs assez rapidement.

- Tu pourrais me l'écrire, s'il te plaît ? Ce mot que tu viens d'employer.
- Naturellement. Veux-tu que je te fournisse une définition à côté ou préfères-tu la chercher par toi-même ?, demanda-t-il de sa voix légère, véritable brise fleurie aimable et attentionné.

Il saisit le crayon de sa main gauche, bien qu'étant ambidextre il préférait écrire de sa main gauche - ce qui avait défrisé les cheveux de sa famille au début, mais quand elle avait compris qu'il pouvait écrire des deux mains, elle avait tout fait pour qu'il garde cette ambivalence -, et écrivit le mot. Son poignet, forgé par la calligraphie, se mouvait avec souplesse et il ne leva le crayon que lorsqu'il eut terminé. Une très légère et imperceptible ligne reliait chaque mot et il lui rendit son carnet où désormais trônait un « sự giải phóng » écrit en italique et marquée par son écriture arabesquiale ( néologisme, premier du nom )... et la définition à côté si elle avait précisé qu'elle la voulait. La deuxième question tomba alors et Mai l'accueillit en adoucissant son regard et en levant sa tasse de thé, petit doigt relevé, vers ses lèvres. Il but la dernière gorgée de thé de sa tasse et la reposa tout aussi silencieusement qu'avant dans sa soucoupe.

Il préféra attendre avant de répondre, n'étant pas sûr qu'elle en ait terminé avec les questions qu'elle voulait pour l'instant poser. Il prit précautionneusement la théière entre ses doigts, une main douce sur le couvercle, et il en renversa lentement et sans bruits - du moins, le moins possible - dans sa tasse. La théière était encore chaude, aussi quand il pencha sa tête au-dessus de sa tasse, yeux clos, les vapeurs chaudes détendirent tous les muscles de son visage dans une expression calme et sereine. C'est pendant ces brèves secondes de détente que la troisième question tomba. Il redressa sa tête pour boiser son regard tranquille dans les yeux de demoiselle Arslan. Cette fois-ci, ce fut un petit sourire malicieux qui se forma sur ses lèvres. Apaisé, calme, amusé... le rendu donnait une espèce de gentil malice. Son expression tranquille et posée reprit le pas sur son visage.

- Quand la boîte, avec laquelle je travaille encore, me l'a demandé, je suis venu m'installer en Angleterre, Londres précisément vu que je ne connais que la capitale. Cela fait cinq ans., répondit-il, telle une fleur s'ouvrant délicatement en corolle sous l'impulsion d'un souffle printanier.

Il but lentement une chaude gorgée de thé et reposa silencieusement sa tasse dans sa soucoupe. Il saisit son menton entre son index et son majeur légèrement repliés et observa un instant les nuages, poussés par un vent inconnu vers d'autres horizons. Il reboisa ses yeux dans ceux de Nihel, avec autant de délicatesse que de lenteur dans chacun de ses gestes.

- Massive, je n'irais peut-être pas jusque là... Cela étant, tout travail, tout métier, est une oeuvre, une oeuvre qui s'embellit avec la passion, l'amour de ce qu'on fait, la recherche du meilleur qui s'étend à l'infini devant nous, la perséverance, les hauts comme les bas ( très importants, les bas )... Donc oui, je considère mon travail sur le web comme une oeuvre. C'est une oeuvre qui se démarque des autres que j'essaie de sublimer, et j'espère que c'est le cas, de là à dire que c'est une oeuvre tout autre... non, je ne pense pas. Elle est complémentaire, oui, mais pas tout autre. ... si j'ai bien compris ta question., dit sa voix qui effeuilla délicatement le silence, à l'instar d'une pétale de cerisier se posant avec une infinie douceur à la surface d'un lac.

La prochaine réponse qu'il avait à fournir... Mai caressa inconsciemment la couverture de son livre et une brusque envie de se plonger dans le décor fantastique ( tant au sens de compliment qu'au sens littéral ) et les pages entraînantes de ce magnifique chef d'oeuvre de John Ronald Reuel Tolkien s'empara de ses pensées. Il posa grâcieusement sa main soutenant son menton sur la table, sans cesser de caresser la couverture de son livre, et repoussa tranquillement cette soudaine volonté. Ce n'était pas le moment. Cette question était assez épineuse et son manager lui avait assez souvent dit de l'éviter comme la peste car elle l'entraînerait immanquablement sur un terrain des plus glissants. Mai but en silence une gorgée de thé et reposa la tasse sans bruits. La question était là, il n'allait pas l'ignorer.

- Il y a une prise de position chez moi, qui se voit le plus clairement dans mes chansons en viêtnamien et dans le choix de mes reprises de musique. Chaque artiste a une prise de position, certains ne s'en rendent pas compte ou alors n'y pensent pas quand ils créent ou quand ils inventent. Cela m'arrive aussi, de me rendre compte de mon parti pris et/ou de mon engagement que lorsque quelqu'un m'en fait la remarque. Un engagement politique... à voir selon ce que vous entendez par « politique », mais en tous cas mes vidéos comme mes chansons sont engagées oui. Le simple fait que je présente les Arts Martiaux comme une recherche perpétuelle de soi, de son équilibre propre, comme un moyen de se connaître soi-même est déjà un engagement et une prise de position. Quant à mes chansons, dire que la plupart ne sont pas engagées ou n'ont pas un parti pris... c'est faire preuve de mauvaise foi ou de déni... cela dépend de la façon dont c'est dit, en revanche.

Mai arrêta quelques temps sa voix fleurie, restée douce et infiniement délicate. Il continuait, inconsciemment, d'effleurer son livre dans autant de caresses vaporeuses. Il but une gorgée de thé en silence et reposa souplement et sans bruit la tasse dans sa soucoupe.

- Je m'efforce de rester respectueux, ouvert d'esprit tout en ayant un certain esprit critique. Je pense que c'est déjà un gros parti pris, pareillement pour l'engagement politique. Dans n'importe quelle domaine, en société, en politique, en arts, et ce sont que des exemples, chaque choix que nous faisons a des conséquences. Il est difficile pour moi d'assumer certaines conséquences de mes choix mais je continuerai de le faire et de rester ouvert. Je pense que cela répond à ta question, si tu veux que je précise quelque chose n'hésite pas à me le demander.

Il cessa de caresser la couverture de son livre. Pas un instant il ne s'était trouvé évasif, mais peut-être l'était-il et dans le doute il préférait montrer que ce n'était pas son intention. Sa voix avait vibré de passion, d'engagement, de parti pris, dès lors qu'il avait commencé à répondre à la troisième question. Il n'avait pas fini, il s'arrêtait simplement pour marquer une pause. Il attendit quelques secondes supplémentaires avant de reprendre.

- Je vais essayer d'en donner une définition, je rappelle simplement qu'il s'agit de la mienne et qu'elle n'engage que moi. Nous vivons dans une époque divisée, et ce n'est pas forcément une mauvaise chose en soi. Divisée dans le sens de variée, de diverse, c'est même un excellent point. Divisée dans le sens de désaccord mais que la communication arrive à persister, je parle d'une communication pure et non factice, c'est aussi un excellent point. Divisée dans le sens de fêlure, de cassure, c'est un moins bon point mais... il n'en reste pas moins important. Parfois la déconstruction - attention, je parle de déconstruction et pas de destruction - permet le renouveau et de mieux reconstruire. Divisée veut dire plein d'autres choses, certaines qui pour moi sont mauvaises mais j'essaie de tirer le positif de toutes choses. Je privilégie le positif car nous vivons dans une époque assez pessimiste et j'espère le faire correctement comme d'être capable de tirer le négatif de toutes choses et d'ainsi garder un esprit critique que j'espère posséder.

La même voix fleurie, délicate, mais vibrante de sincérité et de passion. Mai ne se rendait même pas compte que ses mots, bien qu'évasifs, en disaient beaucoup plus qu'une réponse franche au vu de sa voix et de son expression tranquille, posée, à l'étincelle de passion allumant le fond de son regard.

- Nous vivons aussi à une époque qui préfère parler ou dire ce qu'il faudrait faire plutôt que d'agir concrètement. Et quand l'action est concrète, elle manque soit de réflexion, soit de respect envers les paroles justifiant l'action. Mais c'est là un autre débat. Et, au passage, nous sommes également dans une époque qui demande de se justifier tout le temps et qui s'étonne de la fatigue générale. ... Encore une fois, c'est là un autre débat. Chacun a ses raisons et n'a pas forcément besoin de les justifier à chaque seconde qui passe., répondit-il sans s'insurger - bien que la passion vibrant dans sa voix pouvait y faire penser - et en restant calme et posé, toujours aimable et ouvert malgré ses mots.

Toujours la même voix grâcieuse, la même brise hivernale et printanière à la fois. L'engagement et le parti pris de Mai étaient plus qu'évidents même s'il ne l'avait pas nommé - il n'aimait pas le fait de catégoriser -, mais il s'arrêta de parler, estimant l'avoir trop fait ( ce qui se voyait avec son léger sourire embarrassé, pour peu de l'interpréter ainsi ). Sa grâce et sa douceur restaient toutefois identiques, tout comme le lent mouvement délicat qui amena sa tasse de thé à ses lèvres.
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Ven 17 Fév - 22:04
Cette cordialité vietnamienne, décidément... elle se sentait transformée, son visage libérant une panoplie d'expression, c'était rare de la voir s'animer comme ça d'infinis sourires, oubliant ce grand gouffre, ce vide qui l'aspirait quotidiennement. Son sale caractère disparaissait, l'air avait un goût de jasmin sans savoir si c'était juste une impression ou s'il lui parvenait là là le parfum de Mai... Elle avait le malheur de n'avoir pas encore visité ce pays, mais elle avait eu cette compagnie qui lui avait happé le cœur. Parce qu'il y avait quelque chose de réellement magique. Elle avait déjà entendu parler d'harmonie dans ces pays-là, jusque-là le mot avait était vague... quelque chose de vaporeux de rites, de signes, de culte hypnotiques. Aujourd'hui, elle avait l'image concrète, juste devant ses yeux.

Elle reprit son carnet après avoir acquiescé à sa proposition d'ajouter une définition, ça lui simplifiait les choses. S'intéressant un moment à son écriture, ses pensées lui échappèrent dans un murmure à peine audible « C'est beau... ». Il n'y avait pas de discontinuité, à l'image de son discours, fluide. Ils arrivaient à la fin de leur entretien, sans qu'il y ait de coupure. Pas d'appel du manager en fin de compte, et aucun fan n'était venu les interrompre, se précipitant sur la chanteur pour un selfie ou autre. Elle-même était très accro aux réseaux sociaux, mais savait se retenir... Comme elle avait eu plusieurs à calmer les ardeurs de certaines qui confondaient entre dieu et artistes, parfois allant jusqu'à devoir changer de lieu, c'était devenu une angoisse.

Elle n'avait plus grand chose à lui demander, sa faisant sa propre idée maintenant de qui était Mai c. Xuân Hoa, tout en respectant cette frontière entre l'art et la vie privée. Elle s'était attendue à ce qu'il s'étale davantage sur son arrivée en Angleterre, ce changement de pays, de culture...  mais peut-être était-ce quelque chose de très personnel ou simplement n'avait-il rien à dire là-dessus.

– Je te remercie Mai. Une dernière question, est-ce que tu peux me dire en quelques mots sur quoi tu travailles en ce moment ?

Mai avait répondu jusque là à toutes ces questions, avec une sérénité et un calme implacable. Certes, il s'était un peu perdu concernant ses engagements au point où elle s'est demandée à un moment s'il se défilait, mais il avait fini par être un peu plus clair, plus précis. Cette fois-ci, elle posa une question toute simple, comme une espèce de conclusion à leur entretien. Elle regarda son magnétophone de manière presque attendrie,  consciente qu'en l'éteignant, elle mettrait fin à l'enchantement. C'est en se disant qu'elle attendrait avec impatience son prochain concert qu'elle finit sa tasse.

A cette heure, le café était déjà bondé, ce qui ne la déplaisait pas même si elle craignait pour son enregistrement... Bientôt, il lui faudra reprendre le mouvement perpétuel des transports, s'abîmait à nouveau dans ses pensées. Elle était toujours attirée par la foule et le mouvement. Elle pouvait passer une journée entière dans les transports à travailler jusqu’à ce que le soleil soit absent. Elle commencera sans doute à noter ses premières impression sur son téléphone au moment où elle sera dans le tramway qui la rapprochera de chez elle.  Et puis, si elle était trop plongée, elle ignorera tout simplement son arrêt pour se laisser conduire plus loin, pour une concentration de quelques minutes de plus.
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