Event St-Valentin [Eugène & Nihel] [TERMINÉ]

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Mar 14 Fév - 23:43




N°8. Je me répétais inlassablement ce chiffre dans mon esprit, comme si celui-ci avait quelques pouvoirs pour apaiser mon âme légèrement tourmentée. Je n’étais pas vraiment à mon aise, assis là à une table située à l’étage d’un bar assez réputé de Londres, dans l’attente du premier rendez-vous d’un speed-dating dans lequel je m’étais retrouvé entrainé plus contre ma volonté que de ma propre initiative. Je n’en voulais pas à ce cher collègue d’avoir eu l’attention touchante de m’y inscrire, pensant sans doute bien faire en connaissant ma situation de célibataire. Je lui étais même reconnaissant de s’inquiéter autant pour moi, cependant, mes paroles n’avaient absolument pas été l’objet de mensonges lorsque je lui avais expliqué que je me portais bien ainsi, et que je ne désirais pas réellement trouver une nouvelle personne pour combler ce cœur que tous pensaient aujourd’hui à moitié vide.
Mais ma faiblesse a fait que je n’ai su trouver les mots pour refuser. Il m’a ainsi accompagné jusqu’à l’entrée de ce lieu pour s’assurer que j’arriverais sans encombres au rendez-vous, en avance comme je le lui avais demandé pour que je puisse m’installer, ne serait-ce que pour la première table, sans avoir peur de subir quelques regards d’une curiosité  malsaine, que je ne pouvais certes voir, mais que je ressentais toujours comme s’ils étaient incrustés dans l’atmosphère. Je craignais désormais de commettre quelques maladresses si je devais voyager entre les tables, vers d’autres invités.

Seulement cinq minutes pour apprendre à connaître quelqu’un. C’était si peu. Et tellement à mon désavantage. Mon collègue ne s’était sans doute pas rendu compte que pour moi cela allait être une épreuve, non des plus aisées. Cinq minutes. On ne peut alors juger que sur ce qui émane à la surface, que sur quelques apparences, et mon apparence avait toujours eu tendance à interloquer, inquiéter, parfois même repousser. Je m’étais vêtu d’une chemise que je savais blanche, dans l’espoir que la clarté de ma peau d’albinos se distingue moins. Mais mes yeux rosés ne tromperont personne.

J’entendis soudain un bruit. Celui d’une chaise que l’on tirait. Je sentis la présence de quelqu’un devant moi.  Le premier rendez-vous. C’était l’heure. Aussitôt mon visage se releva, mêlé d’une légère surprise.

« Bonsoir. Je me prénomme Eugène, Swanson Eugène. Ou le numéro huit si vous préférez. »

Je souris doucement, tandis que mes yeux se baissaient. Il allait me falloir aborder ce sujet avant même de commencer chaque entretient, avant même de laisser le temps à mon rendez-vous de me retourner mes salutations. J’en avais l’habitude, mais j’étais pleinement conscient que ce n’était pas le cas de mon interlocuteur, ou interlocutrice. Ce pourquoi je devais prendre cette peine pour lui, ou elle.

« S’il vous plaît, si mon regard vous met mal à l’aise, n’hésitez pas à me le dire, je garderais les yeux fermés, cela ne me dérange absolument pas. »





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Mer 15 Fév - 1:40
C'était pas un jour férié. Mais ce n'était pas la première qu'elle partait se changer les idées après le boulot... Cette fois, le cadre était différent, totalement. Il s'agissait d'un speed-dating dans un bar assez chic du centre-ville. disons-le tout de suite, pas le genre de lieu qu'elle fréquentait habituellement. Mais pourquoi cette idée de speed-dating, déjà ? Comme soirée originale, elle aurait pu trouver mieux, mais elle avait tendance à déprimer malgré elle les soirs du St Valentin... alors bon, ça lui évitait de regarder de gros nanars comme elle le faisait à chaque fois,  et puis c'était aussi pour calmer sa mère, dont les insistances de se trouver quelqu'un commençaient à devenir insupportables. Si elle arrivait à trouver cette personne à ramener déjeuner certains weekends chez ses parents, elle aurait la paix pour un bon bout temps.... Il suffirait de dire après que la personne en question l'avait quittée, en jouant le rôle de la fille dépressive -ce qui était parfaitement dans ses cordes-, et on n'osera pas lui reparler de couple pendant au moins -espérons-le quelques années.

Donc, elle s'y rendait avec cet espoir-là, de se trouver un gars assez crédule pour rentrer dans le jeu tout en gardant sa sexualité bordéline. A l'entrée, elle regretta un peu d'être en jean en voyant toutes ces filles aux longues jambes... surtout qu'il s'agissait d'essayer de finir la soirée avec un homme, même si elle ne pourra pas s'empêcher de draguer les jolies filles...On lui avait donné le chiffre sept ce qui n'était pas bon... sans être calée en numérologie, ça voulait quand même dire qu'elle arrivait vers la fin, et pour elle, c'était synonyme de détresse.

Son regard scruta la salle, essayant de repérer le numéro huit...ses yeux papillonnèrent un moment, comme pris  de panique, le stress commençant un peu à se faire sentir... et si ça se passerait mal dès le début ? ... Et puis non, elle se rassura en se disant que ça ne durerait de toute façon pas longtemps. Consciente de son retard, elle se dirigea rapidement vers lui. Tout en tirant sa chaise d'un geste déterminé, elle se souvint qu'en s'échappant de son stage, elle n'eut même pas le temps de passer par les toilettes, histoire de voir sa tête... Au pire, elle avait quoi, quelques mèches en désordre ?  Elle avait quand même bien dormi cette nuit,  elle avait bonne mine quoi.

– Enchantée, Nihel...


Elle l'écouta sans trop bien comprendre. Ses yeux étaient comme voilés à cet instant-là, ses pensées intérieures l'éloignant de ce qui l'entourait.

– C'est quoi le problème avec ton regard ?

Puis leurs yeux se rencontrèrent véritablement, et elle sut.

– Ah oui d'accord... non, t'en fais,  du moment que tu m'dis plus "vous", ça devrait aller...


Elle allait quand pas lu dire que c'était flippant. Et elle ajouta, pour détendre un peu plus l’atmosphère.

– Et toi, si mon look  te gène.... bah je vois absolument pas quoi faire.
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Mer 15 Fév - 18:23




– Enchantée, Nihel...

Une voix s’éleva, claire, aux rondeurs que je pouvais facilement associer à celle d’une femme.  Ou peut-être un jeune homme à la corpulence menue, mais je ne pensais pas me fourvoyer.

– C'est quoi le problème avec ton regard ?

De sa manière de parler, je déduisais que j’avais affaire à une jeune personne. Je ne pouvais déterminer avec exactitude son âge, mais je m’en faisais une légère idée. J’avais gagné une certaine expérience pour cela grâce à mes allers-retours entre lycée et faculté.

– Ah oui d'accord... non, t'en fais,  du moment que tu m'dis pas "vous", ça devrait aller...

Ma politesse naturelle envers une personne que je ne connaissais point faisait que je me sentais plus à l’aise avec les cordialités usuelles. Mais il était vrai que si cette personne était plus jeune que moi, je ne voulais pas la mettre mal à l’aise si elle préférait que je ne m’en tienne pas à ce genre de formes qui pour la jeune génération pouvaient paraître pompeuses. Cependant, cette situation me paraissait étrange car j’avais comme l’impression de me retrouver face à l’un de mes élèves dans une situation qui n’avait pourtant absolument rien à voir avec l’école.
Malgré tout cela, j’étais légèrement rassuré de savoir que mon regard ne semblait pas la mettre particulièrement mal à l’aise.

– Et toi, si mon look  te gène.... bah je vois absolument pas quoi faire.

Soudain, je fus à nouveau quelque peu malaisé. Il semblerait finalement que cette personne ne s’était pas encore aperçue de ma cécité. J’aurais aimé la laisser dans cette fausse impression mais l’illusion ne durerait bien longtemps. Il m’était impossible de m’assurer que mon regard ne se détache jamais du sien pour regarder dans le vide alors que je continuais de lui parler. Je ne pouvais le savoir.

- Oh…Je n’ai jamais eu pour habitude de juger sur les apparences mais, je suis certain que tu es très jolie.


Mon sourire fut aussi doux que d’accoutumée sur mon visage de neige. On m’a toujours dit qu’une certaine innocence se lisait sur mes traits, même encore à mon âge. J’espérais au moins que cette particularité la convaincrait de ma sincérité.

- Je suppose qu’il est d’usage de commencer par quelques questions comme, ce que tu fais dans la vie ? Mais avant que tu ne répondes à cela, j’aimerais te poser une autre question, sans doute moins habituelle. Si ce n’est pas indiscret, pourrais-tu me dire ce que tu considères comme la chose la plus importante à vivre, connaître ou accomplir lors de ta vie ?

Notre être se construit sur nos désirs et nos espoirs que nous portons à notre propre existence.





Eugène parle en Anglais  (ff66ff) et en Français  (0099ff)
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Jeu 16 Fév - 14:45
Elle tiqua sur sur sa réponse, une moue fondant ses lèvre, puis se fourvoya aussitôt d'être aussi bête, se rendant compte qu'il était aveugle. Merde, ce n'était pas juste un problème avec sa couleur de yeux, mais il était totalement aveugle. Bravo Nihel, comment pourrait-on être plus con que toi ? Elle se sentit parfaitement indélicate et elle ne savait pas trop comment rattraper le coup, les doigts de ses mains enlacés, se tortillant un peu sur la table, mais heureusement pour elle, il ne semblait pas offusqué, il continua même à lui parler, alors bon, elle se dit qu'elle pouvait déjà oublier ce fâcheux incident.

Sa question était assez déroutante. Il avait vraiment une manière d'être et de parler qui lui échappait... comme si ce n'était pas son monde tout ça. Est-ce que c'était dû à la différence d'âge qui les séparait ? Peut-être bien.

– Heu...je sais pas, tu crois vraiment qu'on a le temps de se lancer dans ce genre débat ?

Elle s'ébouriffa les cheveux un peu ennuyée, comme si elle était devant une équation qu'il lui fallait résoudre. Elle était venue avec l'idée de vider la tête de tout, décompresser, déconner... du moins c'est comme ça qu'elle entendait passer sa soirée, et voilà qu'on l'incitait à se poser des questions assez complexes. Après un moment de réflexion, elle consentit néanmoins à lui répondre, y voyant un moyen de se racheter pour sa bourde de tout à l'heure. Elle inspira profondément.

– Je voudrais écrire un livre que très peu de gens sans doute liront, où je parlerai de la haine de soi. Ce sera le livre d' une pauvre désœuvrée qui se targue d'un petit succès virtuel sur le net. La souffrance génère des merveilles littéraires.... je ne sais plus qui a dit ça...Voilà pour moi.

Elle se pencha dangereusement vers lui, comme si elle voulait vérifier qu'il ne la voyait vraiment pas.

– A part le fait que tu penses que je suis certainement très jolie, tu penses quoi d'autre de moi maintenant ?


C'est à cet instant que qu'elle vit le serveur approcher, elle jeta un rapide coup d’œil sur ce qu'ils avaient comme cocktails ; et lui lança dès qu'il arriva à leur table, d'un ton enjoué :

– Un Caïpirinha  s'il vous plaît !

Elle s'attendait à ce qu'il lui explique pourquoi cette question si peu courante et qu'à son tour, il lui livre la chose la plus importante pour lui à vivre. Ça commençait à devenir intrigant tout ça...
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Jeu 16 Fév - 18:23





– Heu...je sais pas, tu crois vraiment qu'on a le temps de se lancer dans ce genre débat ?


En réponse à cette question un doux rire s’échappa de ma gorge alors que mon visage devait arborer une légère expression d’amusement. Il était vrai que cette demande de ma part pouvait paraître quelque peu insolite et peu appropriée pour un Speed-dating. Étant un grand novice dans ce genre de rendez-vous il y aurait de fortes de chances que je commette quelques maladresses, mais il me semblait que cette tentative n’en était pas une. Je cherchais simplement, par le biais d’une unique question, à percer les profondeurs de la personnalité de cette chère demoiselle qui me tenait compagnie.

– Je voudrais écrire un livre que très peu de gens sans doute liront, où je parlerai de la haine de soi. Ce sera le livre d' une pauvre désœuvrée qui se targue d'un petit succès virtuel sur le net. La souffrance génère des merveilles littéraires.... je ne sais plus qui a dit ça...Voilà pour moi.

Alors que je méditais sur la réponse que l’on venait de me donner, je sentis la présence devant moi se rapprocher. Je ne bougeais pas, préférant attendre de comprendre ce qui se passait avant de risquer toute réaction incongrue.

– A part le fait que tu penses que je suis certainement très jolie, tu penses quoi d'autre de moi maintenant ?


Mes sourcils se levèrent, tandis que j’étais pris d’un certain étonnement. Je me demandais si elle attendait quelques critiques de ma part…ou si cela sous-entendait qu’elle ne me pensait pas véritablement sincère.
Ces questionnement m'empêchèrent d'entendre l'arrivée du serveur qui s'enquit de notre commande.

– Un Caïpirinha  s'il vous plaît !


- J’aimerais un cocktail sans alcool si possible, merci.

Il me semblait plus courtois d’accompagner ma partenaire en commandant également quelque chose, mais je voulais absolument éviter de boire de l’alcool lorsqu’il me fallait par la suite rentrer par mes propres moyens.
Lorsque le serveur repartis, je retournais alors à la discussion pour faire connaître mon avis à mon interlocutrice.

- Je pense…que vous êtes une personne  dotée d’une grande vivacité d’esprit. Et je ne sais pas si je me trompe en pensant que vous avez des qualités dont vous ne semblez pas avoir conscience ou que vous avez tendance à cacher.

Que ce livre parle implicitement d’elle ou non, ce vivace intérêt pour la haine de soi devait avoir un fondement qu’on pouvait difficilement imaginer impersonnel.

- Néanmoins, je trouve votre projet de vie tout à fait fascinant, et il est vrai que le sujet de la haine portée envers soi-même est vraiment intéressant, du moins pour l'humble professeur de philosophie que je suis, et plus commun à tous les êtres humains qu’on ne pourrait le croire...

Nous avons tous une part de nous que nous détestons...

- Il se trouve par ailleurs que je suis un grand féru de lecture, alors, si vous réalisez ce souhait, je serais très honoré de pouvoir en suivre une lecture, un jour.

Je lui offrais un doux sourire et espérais désormais ne pas alourdir davantage l’atmosphère en approfondissant ce sujet, préférant laisser le choix à mon interlocutrice de le faire d’elle-même si elle en avait envie.

- Avez-vous l’habitude d’écrire ou de lire ? Ou dites-moi plutôt, êtes-vous encore en études ?





Eugène parle en Anglais  (ff66ff) et en Français  (0099ff)
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Ven 17 Fév - 23:25
Elle n'avait jamais été autant complimentée, ou alors elle ne s'en rappelait pas, vu l'état dans lequel elle rentrait parfois le soir. Elle l'écoutait tout en pianotant sur son téléphone, posé sur ses cuisses. Non pas qu'elle profitait du fait qu'il soit aveugle.... non, elle faisait ça constamment en dehors du boulot sans se dire que ça pourrait passer pour de l'impolitesse, et puis ce soir elle avait promis à des amis de les tenir au courant pour son Speed-Dating, du coup elle les informait en live dans le groupe de discussion qu'ils avaient crée, souriant parfois bêtement à leurs remarques ou à certaines de leurs questions.  A la question : "vous en êtes où ?"  Elle répondit : "on se jette des fleurs". Puis, on lui demanda s'il avait une paire de fesses musclées. Bah elle ne savait pas ! Mais elle promit quand même d'observer de près si par hasard il se levait pour aller aux toilettes.

Elle était donc à la fois avec lui et dans sa bulle. Mais elle comptait bien poursuivre leur échange, elle retrouvait chez Eugène un petit quelque chose de rafraîchissant, il savait parler de choses sérieuses sans pour autant être ennuyeux... au contraire, plus ils avançaient dans la conversation, plus il se montrait intrigant... Se pourrait-il qu'elle soit chanceuse au point d'avoir trouvé le bon dès les premières cinq minutes ? Elle restait méfiante, ne détachant pas son regard de lui, espérant transpercer une vérité profonde et obscure qui viendrait briser son charme et éteindre ses yeux scintillants.

"Il est prof de philo en fait"
...tapotât-elle sur son clavier. Pour ses interlocuteurs virtuels, c'était pas bon... Elle était moins sceptique. C'est juste qu'elle le trouvait un peu coincé.

– Ah ça risque pas encore de se produire pour le livre, mais merci pour ton intérêt. Je manquerai pas de te le faire parvenir, si tu veux, mais faut me noter ton adresse postale alors.

Elle ne plaisantait au sujet de ce livre et elle avait assez confiance elle pour se dire quand elle se mettra à l'écrire, elle ne s'arrêtera plus jusqu'à atteindre la dernière page, un peu comme Jack Kerouak. Et puis, même si ça ne marcherait pas, elle se rassurant à l'expérience unique qu'elle aurait vécue... celle d'être défoncée comme jamais. Elle était très influencée par la Beat génération.

– Je travaille dans une maison d'édition...

Elle préférait ne pas préciser qu'elle n'était qu'une simple stagiaire, retouchant un peu sa triste réalité. Le serveur revint leur apporter leur commande. Nihel eut un petit sourire furtif au coin des lèvres avant de remplacer leurs commandes, histoire de dégourdir un peu cet « humble professeur de philosophie ». Elle ne se doutait sûrement pas qu'elle était peut-être en train de commettre une grave erreur.
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Sam 18 Fév - 15:01



– Ah ça risque pas encore de se produire pour le livre, mais merci pour ton intérêt. Je manquerai pas de te le faire parvenir, si tu veux, mais faut me noter ton adresse postale alors.

- En espérant que d’ici là je n’aurais pas changé d’adresse ! Je suppose qu’écrire ce livre vous prendra du temps, ce n’est pas quelque chose qui se fait en l’espace de deux ou trois jours, plus encore si ce projet te tiens à cœur.

Cette personne était encore jeune, elle avait le temps de mener à bien ce projet. À vrai dire, elle avait encore toute la vie devant elle. Quant à moi, je devais avouer que bien qu’étant très satisfait de mon appartement actuel, situé pour ma plus grande chance dans un quartier particulièrement calme, cela ne me déplairait pas de me retirer pour mes vieux jours dans une maison un peu plus éloignée cette grande métropole. Ayant grandi dans la sérénité de la campagne française, je recherchais quelque peu cet idéal de vie que je m’étais forgé dans mon esprit lors de mes jeunes années.

– Je travaille dans une maison d'édition...

- Oh, c’est une grande opportunité ! Tu es donc  dans un milieu que tu apprécies, je suis très heureux pour toi.  Ce sera sans doute un avantage pour pouvoir faire publier ton livre.

Le serveur revint alors pour déposer nos boissons. J’attendis patiemment que ma partenaire prenne son verre pour que je puisse déterminer lequel était le mien avant de le porter à mes lèvres. Cependant, je fus arrêté par une odeur inattendue. Il me semblait reconnaître la flagrance de l’alcool…

Le serveur avait sans doute dû se tromper dans la commande, ou m’avait mal compris, mais bien que j’étais quelque peu embarrassé,  je n’étais pas de ceux prêts à aller réclamer réparation. L’erreur était humaine après tout, et je ne voulais pas risquer de raccourcir cette entrevue avec la jeune demoiselle Nihel qui s’avérait déjà particulièrement brève. Je devrais faire avec en espérant que ce petit verre n’aurait pas de trop grands effets sur moi.

Je bus donc une gorgée avant de continuer de faire connaissance.

- Mis à part ce qui tourne autour des livres, vous avez une autre passion ? Ou peut-être une activité qui vous plaît et que vous aimeriez partager.

Il me semblait que je posais beaucoup de questions comparé à ce que Nihel pouvait me demander. Malgré mon malaise premier pour ce genre de rendez-vous que je n'avais jamais fait auparavant, j'avais finalement pris naturellement la conversation en main. Peut-être parce qu'elle était plus jeune et l'habitude que j'avais de monopoliser la parole en tant que professeur en classe resurgissait. Ou peut-être qu'au fond de moi, je craignais que le sujet de notre échange se retourne vers ma personne...






Eugène parle en Anglais  (ff66ff) et en Français  (0099ff)
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Mer 22 Fév - 20:37
H.R.P:
 

Elle avait l'impression d'être menée, ce qu'elle n'appréciait pas beaucoup, ça ne faisait pas partie de son tempérament, et puis pour une féministe comme elle, c'était comme admettre une certaine hiérarchie imposée par l'homme. Eugène monopolisait en quelque sorte les questions, et même si au départ elle traduisait cela par le fait qu'il lui accordait toute son attention, à présent elle voyait ça un peu autrement... Il évitait d'éventuelles questions que pourrait lui poser Nihel, se protégeait peut-être même ! Alors, c'est tout naturellement qu'elle refusa de lui répondre, le défiant du regard -inutilement puisqu’il ne la voyait pas-  tout en souriant en le voyant porter son verre à sa bouche.

– Je suis pas contre le fait de continuer à te répondre, de te parler de mes passions hein... mais d'abord, y a deux ou trois trucs que je veux savoir.

A la fois déterminée et énigmatique. Elle prit une gorgée de son verre qu'elle redéposa aussitôt comme si elle venait de boire quelque chose d'infâme. Qui est le connard qui a eu l'idée des cocktails sans alcool ? Il faudrait qu'elle pense à poser cette question-là à ses amis en ligne qui attendaient depuis tout à l'heure une réponse.

– Bien... est-ce que tu veux finir ta soirée avec moi ?

Chez-moi plutôt, voulait-elle dire, ou chez-toi. Oui, elle prenait les devants, car elle voyait sur son téléphone les minutes défiler, et ça commençait un peu à l'angoisser, et puis on ne lui a pas appris à tourner autour du pot, alors si Eugène était celui qu'il fallait, pas la peine de poursuivre les rencontres. Baiser avec un non-voyant ça ne la dérangeait pas, elle espérait juste qu'il soit pas trop maladroit.

– Tu peux toucher mon visage si tu veux, après tout, tu as le droit de te demander si je suis vraiment jolie...

Nihel tendit son visage dans l'attente d'un geste incertain, ses yeux brillant de caprice et d'enfantillage. À la fois légère et intrépide, c'était bien ce qui la définissait. Elle s'amusait. Sans être armée de talons aiguilles ou de it-bags, elle avait cette assurance...et puis, ce gars ne pouvait pas voir tous ces détails féminins qui lui manquaient. Ainsi, certains jours, les lieux et les gens qu'en général on fuit -l'endroit était trop bourge à son goût et cet homme était prof de philo- finissent pour vous faire vivre une espèce d'enchantement.
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Jeu 23 Fév - 21:55



– Je suis pas contre le fait de continuer à te répondre, de te parler de mes passions hein... mais d'abord, y a deux ou trois trucs que je veux savoir.

Ah…voilà l’instant que je redoutais. J’avais, finalement, eu trop d’audace en monopolisant ainsi la conversation et je pouvais comprendre que ma partenaire avait, elle aussi, des questions à me poser. Ces rencontres étaient après tout faites pour qu’il y ait un échange équivalent, auquel cas elles n’auraient pas grand intérêt. Cependant, ma présence ici ne ressortissant pas de mon plein gré, je devais avouer que je craignais les questions qui mèneraient à l’inévitable déception. L’idée même de froisser les sentiments de cette jeune personne en ne répondant pas à ses espérances m’était insupportable. Et ce serait ainsi pour le reste de la soirée ? J’avais peur que mon cœur ne soit finalement pas si bien préparé que cela.

– Bien... est-ce que tu veux finir ta soirée avec moi ?

Je ne pus en aucun cas cacher la surprise qui s’empara soudainement de moi. Mon esprit eut peine à interpréter cette phrase que je balbutiais déjà une réponse, chose rare de ma part.

- Oh…mais…n’étions-nous pas censé rencontré d’autres personnes ?

J’étais confus, et perdu. Peut-être avais-je mal compris le fonctionnement de ces speed-datings bien qu’il me semblait avoir assimilé le concept. Ou peut-être que je ne voyais pas le véritable sens de cette phrase. Puis soudain, il me semblait réaliser lentement le sous-entendu caché derrière ces quelques mots.  Je sentais la chaleur monter à mes joues alors que mon rythme cardiaque s’affolait. Si ce que je croyais s’avérait vrai, je n’avais pas la moindre idée de comment appréhender la situation. En temps normal, je pensais avoir une maigre chance d’éconduire une personne avec tact, mais dans ce cas-ci j’étais entièrement fautif d’avoir fait acte de présence à un tel évènement.

– Tu peux toucher mon visage si tu veux, après tout, tu as le droit de te demander si je suis vraiment jolie...

Alors qu’elle me faisait cette proposition, je sentais que sa présence s’était rapprochée, comme si elle essayait de mettre son visage à ma portée. J’étais pris au dépourvu, mais il aurait été mal vu de refuser, et malgré moi, la curiosité de connaître le visage associé au prénom « Nihel » était plus forte.

- Bien sûr…excusez-moi si mes mains sont encore légèrement froides.

En espérant que les rougeurs qui avaient dû apparaître sur mes joues se soient envolées, je levais doucement mes mains pour les déposer sur les bords d’un visage fin à la peau lisse, encore si fraîche de jeunesse. Je découvris des traits harmonieux, des petites lèvres, et du bout de mes doigts je sentis des cheveux à la coupe vraisemblablement courte. Étrangement, je trouvais que ce dernier détail correspondait au caractère qui m’avait été donné de voir. Afin que ce moment ne devienne gênant, je retirais mes mains avec précaution et lui souriais doucement.

- Comme je le pensais, vous êtes très jolie.

Son visage m’avait paru tout à fait agréable. Je me demandais alors ce qui motivait cette ‘haine de soi’ et si, ce que j’avais effleuré était la raison pour laquelle cette âme demeurait solitaire et venait chercher un peu de compagnie à ce genre de rencontres. Cependant, bien que je ne faisais que me montrer entièrement sincère, je me rendais également compte que par ces propos je m'enlisais plus encore dans mon problème sans savoir comment m'en sortir...






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Lun 27 Fév - 20:34
Ses mains avaient rafraîchi son visage. Caresse subtile, brève, trop brève, pour pouvoir  y attribuer une impression exacte. Elle ferma les yeux, pour mieux les sentir, ses doigts. Sourire crispé... comme pour cacher une extase contre laquelle elle luttait. Paupières closes, sa gorge déglutit comme pour reprendre des forces, tout son visage était une invitation à continuer, à prolonger ce moment pour que dure cette impression de flottement, de corps emporté par les méandres d'un fleuve, bien que sa position restait droite. Elle succomba aveuglément à cette furtive caresse.

Et quand ses yeux s'ouvrirent, papillonnant lentement, c'était comme si elle revenait de profondeurs lointaines, on distinguait dans ses yeux brillants du désir. Elle vivait ce moment de bascule intensément, comme elle vivait chaque instant de sa vie d'ailleurs... Elle se plaisait à imaginer que sa vie pouvait ressembler à l'écriture d'un roman, pouvant prendre des tournures inattendues, apporter des promesses... elle vivait sa vie comme une fiction, à cause de trop de lectures sans doute.

Ses mots, elle ne les avait pas vraiment entendus, mais elle ne lui demanda pas de répéter. Sa voix avait été quasiment inaudible pour elle, venant d'une contrée lointaine, car à cet instant, elle s'éloignait déjà, elle savait juste que ses mots avaient été doux, comme ses gestes.

Puis, il y eut cette sonnerie, signalant la fin de leur entrevue et son visage exprima tout à coup une sorte de détresse. Mais elle sourit avec une certaine résolution, une certaine tristesse, parce qu'il n'avait  pas réellement répondu à sa question...  il l'avait éludée de la pire manière qui soit, en rentrant dans son jeu, en acceptant de lui donner ce qu'elle demandait. Alors elle était là, prête à s'extirper.  Elle prit son sac, jetant un dernier regard attendri vers lui, hésitant...

– Tu sais, tout à l'heure j'ai remplacé ton verre avec le mien... j'ai voulu jouer un peu avec toi … j'ai passé un très bon moment.


Ce qu'elle venait de dire semblait décousus, car dans sa tête c'était encore la consternation. Voilà donc comment elle comptait partir, en présentant tout cela comme si c'était un jeu. Elle enfonça ses écouteurs dans ses oreilles. Une musique au hasard. My Name is Luka. Suzanne Vega. Elle n'avait plus envie de continuer ce Speed-Dating. Tant pis pour l'argent que ça lui avait coûté, c'était vraiment pas fait pour elle.
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Mer 1 Mar - 19:52




Soudain, sans que je ne m’y attende, une sonnerie retentie, comme brisant l’atmosphère qui s’était installée à cette table, forçant les esprits à revenir à la réalité. Ce devait être celle qui annonçait la fin de notre entrevue. Cinq minutes s’étaient déjà écoulées, et comme je l’avais pensé, le temps filait à une vitesse insoupçonnée.  Cela voulait aussi dire qu’il était temps d’en venir à une conclusion. J’avais cru comprendre que si les deux personnes s’entendaient bien, elles pouvaient échanger leur numéro de téléphone à la fin de la rencontre. Je ne savais pas comment Nihel avait trouvé ce rendez-vous, et je n’avais pas la moindre idée de ce que je devais faire dans ma situation. Je ne recherchais pas quelqu’un après tout.

J’entendis le bruit de quelques mouvements devant moi. Je compris qu’elle prenait ses affaires, et déjà se relevait.

– Tu sais, tout à l'heure j'ai remplacé ton verre avec le mien... j'ai voulu jouer un peu avec toi … j'ai passé un très bon moment.

Ma bouche resta entrouverte mais pas un souffle ne traversa mes lèvres. J’étais pris de court alors que cette jeune et honnête femme m’avouait avoir profité de ma faiblesse pour me jouer un petit tour. Je n’en ressentais même pas de l’indignation ou un quelconque sentiment de reproches. N’avait-elle pas fini sa phrase en affirmant avoir passé un bon moment, sur le ton le plus sincère du monde ?

Je voulais répondre, mais déjà elle s’en allait, et il m’aurait été sans doute incongru de la retenir. Après tout, n’était-ce pas là une situation qui m’était arrangeante ? La rappeler aurait été lui donner de faux espoirs, que j’avais déjà eu bien trop tendance à offrir lors des dernières minutes qui venaient de passer. Cependant, cela ne changeait rien au fait que je trouvais réellement cette personne tout à fait fascinante, et il ne m’aurait pas déplu de la revoir, peut-être un jour…Si seulement cette entrevue n’était pas censée mener à une relation amoureuse.

Néanmoins, je ne perdais pas espoir quant au fait que nos chemins se recroiseraient peut-être. Un livre sur un sujet tel que la haine de soi ne serait sans doute pas difficile à trouver, et qu’importe s’il serait édité dans un an, dix ans ou trente ans. Sans aucun doute, je m’en souviendrais.
Et je ne manquerais pas cette lecture.
Je ne manquerais pas ce prochain rendez-vous.






Eugène parle en Anglais  (ff66ff) et en Français  (0099ff)
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