[Terminé] Daddy VS Teacher : final battle [PV Cecil H. North]

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Mer 29 Mar - 16:10
Tout va pour le pire.

Tu soupires, cachant ton visage entre tes mains. Tu as fait les cent pas dans la classe sans parvenir à te calmer. Depuis, tu ne cesses de replacer tes affaires sur ton bureau. Tu les alignes, les changes de position avant de les remettre là où elles se trouvaient, sans jamais être satisfait. Il faut que tu arrêtes d’y toucher. C’est un signe qui ne trompe pas : tu es nerveux.

En quelques semaines, tu as réussi à te foutre dans un pétrin pas possible. Pire, tu as joyeusement sauté les pieds joints dedans.

Comment résumer ta situation ?

Tu t’es pris la tête avec Cecil North , mais ça, ça ne change pas comparé à d’habitude. Sauf que tu l’as menacé avec une convocation qui pourrait entraîner la perte de la garde de sa fille.

Ok, tu étais énervé et tu fais preuve de la pire des mauvaises fois quand il est concerné pourtant tu t’en es abstenu. Ce n’est après avoir croisé ledit parent au speed-dating – et avoir eu mille fois envie de l’étriper – que tu as lancé la procédure pour qu’il soit convoqué.

Jusque là, pas de souci. Tu t’en es tenu à ton rôle de professeur soucieux – ou presque, on oublie ton léger écart de conduite au restaurant. C’est le soir où tu as un peu trop bu devant un match de foot et que tu as envoyé un message à Cecil Monsieur North que tout est parti de travers. Au début tu as essayé de couper court à la conversation puis… En vrai, tu ne sais pas comment vous avez fini par vous parler tous les jours.

Pour ta défense, tu n’as pas eu l’impression de parler au même homme. Dans ton esprit il y a d’un côté le papa poule, de l’autre le père négligent ; d’un côté celui qui t’annonce avec enthousiasme qu’il sort du boulot récupérer sa fille et de l’autre celui qui arrive de mauvaise humeur et avec qui tu échanges à peine des salutations. Tu n’arrives pas à imaginer qu’il s’agisse d’une seule et même personne. Quelque chose pourtant t’a empêché depuis lors de lui sauter dessus et de lui remonter les bretelles comme tu le faisais avant. Tu t’es contenté de te montrer froid et distant.

La convocation t’était presque sortie de l’esprit jusqu’à ce que tu reçoives une flopée de messages paniqués, il y a deux jours.

Le courrier était arrivé.

Tu t’es senti tellement mal, comme le méchant de l’histoire. Tu n’as pas su quoi lui répondre, tu as ignoré ses SMS. Depuis, tu crains en quelque sorte de lui faire face. Tu as peur qu’en croisant ton regard il se doute que tu te joues de lui depuis quasi deux semaines. Tu t’es arrangé pour ne pas le rencontrer le matin et t’es fait remplacer exceptionnellement à la garderie… deux fois de suite.

Tu savais que ça ne pouvait pas durer éternellement, bien sûr. Le karma a eu tôt fait de te tomber dessus.

Aujourd’hui est le jour de la convocation et le directeur est absent pour cause de maladie. Qui a été choisi pour le remplacer en dernière minute ? Le titulaire d’Isabella, bien sûr !

En d’autres mots : toi.

Toi qui as l’esprit confus, qui ne sais pas quelle attitude tu devras aborder quand la porte s’ouvrira. Tu étais déterminé à envoyer une inspectrice chez lui pour tirer la situation au clair. Maintenant, tu es même au courant de chacun des repas de la petite. Dois-tu te tenir, tel un rôle, à l’attitude que tu arborais avant pour préserver ta crédibilité ? Sinon, comment expliquer un changement dans ton comportement sans avouer l’humiliante vérité ?

Tu te redresses sur ton siège et te positionnes bien droit, vérifiant l’heure sur ta montre. Tu t’assures une dernière fois que les feuilles de ton questionnaire sont correctement regroupées en tapotant celles-ci sur le bureau. Tu viens de réaliser que ces questions n’ont pas lieu d’être posées. Tu n’as pas à interroger Cecil North en tant que professeur ni même en tant que Logan Hamilton. Il est attendu de toi une attitude objective, détachée ; calme.

Calme, le tu le seras s’il le reste. Du moins tu essaieras. Même si ton opinion de lui a été quelque peu brusquée dans une direction plus positive, sa propre manière de s’adresser à toi ne changera pas.

Et dieu sait qu’il parvient à te faire sortir de tes gonds puisqu’il réussit à t’agacer jusque par la façon dont il respire.

On toque à la porte, tu prends une dernière inspiration.

-Entrez.

Vraiment, tout va pour le pire.
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Mer 29 Mar - 18:36

Tu croyais vraiment que l’histoire se serait tassée. Que le professeur d’Isabella n’allait pas te poursuivre comme il avait dit qu’il le ferait lorsque vous vous étiez légèrement hurlé dessus l’autre soir, quand tu étais venu chercher ta fille à une heure peu raisonnable, à la garderie. Mais visiblement non, cette fois ça n’était pas passé, puisqu’il y a deux jours tu avais reçu dans ton courrier cette convocation qui t’imposait la rencontre avec le directeur de l’établissement pour, selon la lettre, discuter des choses qui ne vont pas.

Les choses qui ne vont pas.

Autant dire que depuis la réception de ce courrier, c’est la panique dans ta tête. Tu imagines les pires choses possibles et imaginables, et tu as des sortes de flash-back assez amers qui te reviennent en tête, de l’époque où tu avais dû te battre pour avoir la garde d’Isabella, il y a de ça presque 5 ans maintenant. Et tu allais devoir revivre tout ça ? Sérieusement ?

Ce jour-là, tu avais eu la nausée tellement tu n’étais pas bien à l’idée de perdre ta fille. Tu te battais pour elle depuis sa naissance, et encore plus depuis que tu étais père célibataire. Tu te battais tous les jours pour qu’elle ait de quoi manger, de quoi s’habiller, de quoi jouer… Pour qu’elle ne s’inquiète pas, parce que tu sais très bien que les enfants voient tout. Depuis 5 ans tu fais de ton mieux pour ne pas fléchir, pour ne pas sombrer. Depuis 5 ans tu enchaines les petits boulots de merde, les horaires de merde, aussi, pour être certain d’avoir une paye à la fin du mois qui te rassurerais dans le sens où tu savais que le mois prochain encore, tu pourrais t’occuper de ta fille. Ta fille avant tout. Et là on te dit implicitement que ton comportement n’est pas assez bon ? Mais qu’est-ce qu’ils connaissent de ta vie eux ?

En fait, t’es déchiré entre deux sentiments : la peur et la haine.

Ces deux jours auront certainement été les pires de ta vie. Parce qu’en plus d’avoir en ce moment un boulot qui te fait soit commencer très tôt soit finir très tard, tu ne pouvais pas te reposer comme tu l’aurais voulu puisque l’idée persistante de ta fille qui t’est retiré n’arrêtait pas d’envahir tes pensées. Tu ne t’étais livré à personne pour commencer. Tu aurais pu en parler à Iestyn mais tu savais quel genre de réaction il aurait et tu n’avais pas envie que l’école vous poursuive en justice pour violence. Il avait déjà eu du mal à rester calme quand il s’agissait de tenir tête à Nora au tribunal alors là … Alors même si tu aurais franchement eu besoin de son réconfort, tu avais plutôt préféré te confier à un inconnu. A cet inconnu qui t’avait envoyé un message, un soir, et qui après quelques messages s’était avéré être pour toi comme un exutoire. Tu lui confiais quelques-unes de tes craintes, quelques-unes de tes interrogations, en te disant que de toute façon tu ne risquais pas d’être jugé puisque tu ne le connaissais pas. Et au final, même lui ne t’avait pas répondu alors que tu lui exprimais clairement ta peur de perdre ta fille. Tu n’étais pas allé dans les détails, tu avais juste mentionné que tu t’étais toujours battu pour elle, que tu faisais tout ton possible pour son bonheur et que te la retirer pour une histoire d’horaire était purement injuste vu toute ton implication.

Aujourd’hui, tu travaillais du matin. Tu commençais donc à 5 heure pour finir à 13 heure. En ce moment, c’est Iestyn qui emmène Izzy à l’école et va la chercher. Tu la laisses dormir chez lui la veille et tu la récupères le soir, quand tu es certain que le lendemain tu feras du travail de journée et pas de matinée. Tu ne la voyais pas beaucoup avec ce contrat actuel, mais c’était mieux pour elle.
A 13 heure tu es donc rapidement passé par chez toi pour te changer. Tu avais beau ne pas avoir beaucoup dormi, tu ne voulais pas faire mauvaise impression devant le directeur de l’école. Tu avais beau avoir la trouille, être angoissé, tu voulais mettre le peu de chance que tu avais de ton côté pour espérer apaiser la situation. Une douche, un jean, une chemise et une cravate. La cravate est peut-être de trop mais après avoir hésité 2 minutes exactement devant le miroir, tu n’avais plus le temps d’hésiter et tu étais parti pour l’école.

Arrivé avec dix bonnes minutes d’avance -une fois n’est pas coutume, tu avais attendu quelques minutes devant l’école, le temps de t’en griller une et de souffler un peu, parce que la nervosité était vraiment de mise maintenant que tu t’approchais de l’heure fatidique. Une fois ta cigarette consumée tu l’éteints contre le mur pour la jeter dans la poubelle. Tu soupires un bon coup, et tu entres dans l’école. Devant la porte du bureau, tu sens ton cœur heurter avec force ta poitrine. Est-ce que tu peux réellement le faire ? Est-ce que tu vas supporter ce qui va t’être reprocher ? Est-ce que tu vas vraiment pouvoir te défendre ?
Pressé par le temps, tu finis par frapper à la porte, non sans aucune hésitation. On te dit d’entrer et tu appuies sur la poignée de porte pour l’ouvrir. Et lorsque tu relèves la tête, il ne te faut qu’une demi seconde pour constater que ce n’est pas au directeur que tu fais face, mais bien au professeur qui t’a mis dans cette merde sans nom. Tu ne comprends pas. Tu avais bien rendez-vous ici, dans ce bureau, alors pourquoi est-ce que c’est lui qui est installé à la table ?

Dire que tu n’as pas envie de lui dire ses quatre vérités serait mentir. Ton estomac se noue rien qu’à sa vue et ton malaise s’amplifie à vue d’œil. Tu blêmis d’un coup, mais tu prends sur toi pour ne pas perdre ton courage.

▬ Excusez-moi. Je pensais avoir rendez-vous avec le directeur.

Tu te retiens de lâcher un « à ce que je sache, vous ne l’êtes pas », mais il ne fallait pas. Tu ne devais pas être mauvais. Tu devais tout faire pour calmer les choses. Si tu ne le faisais pas pour toi, tu devais le faire pour Izzy. Parce qu’elle est tout ce que tu as, et qu’elle n’a que toi, elle aussi. Qu’est-ce qu’elle ferait, elle, sans son papa alors qu’elle ne peut déjà pas compter sur sa maman ?

▬ J’ai dû me tromper.
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Mer 29 Mar - 19:33
Bien sûr, tu sais que c’est lui qui s’apprête à rentrer dans la classe. Tu le sais depuis ce matin. Tu sembles pourtant le seul au courant au vu de sa réaction. Son expression s’est figée en t’apercevant. Elle doit au moins valoir la tienne quand on t’a annoncé que c’état à toi de diriger l'entretien.  Normal qu’il pense que c’est une erreur, tu avais bien cru que la secrétaire du directeur te faisait une farce.

Non, non, pas d’autres retournements de situation prévus, ce sera toi et lui, en tête à tête comme au speed-dating. Quoique sans regards indiscrets autour de vous, cette fois. Est-ce que pour autant tout est permis ? Vous n’êtes pas des enfants, votre petite gue-guerre est vide de sens. Sachant qu’il tient à sa fille et toi à ton poste, elle deviendrait même lourde de sens.

-Le directeur est malade, je suis chargé de le remplacer, tu lui réponds d’un ton neutre, secouant négativement la tête à ses affirmations, vous pouvez vous asseoir.

Tu ne le regardes déjà plus, ton attention est reposée sur le dossier entre tes mains. Tu étais tellement focalisé sur la nécessité de te calmer que tu ne l’as pas encore feuilleté. De ce que t’apprend la première page – outre le fait qu’il soit relativement photogénique – c’est qu’il divorcé. Étonné, tu hausses un sourcil. Tes yeux sont attirés par le brillant de l’anneau qu’il porte toujours, remontent un peu, s’attardent sur sa cravate. Ils ne daignent se poser sur son visage que lorsque tu lui adresses à nouveau la parole, un petit sourire narquois t’échappant malgré toi.

-Jolie cravate. Je vois que vous aimez vous mettre sur votre 31.

On pourrait croire que tu manques de retenue, que tu es incapable de garder tout commentaire sarcastique pour toi. Oui et non. Ce serait sans aucun doute ignorer celui qui te brûle les lèvres mais que tu tais difficilement.

En effet, tu trouves le mariage jeans-chemise des plus hideux.

Mais l’ambiance de la conversation n’est pas tout à fait propice à tes épanchements  en matière de goûts vestimentaires.

-Je suppose que vous vous doutez de la raison pour laquelle vous avez été convoqué.

Neutre, tu te dois d’être neutre.
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Jeu 30 Mar - 18:45

Forcément, tu espérais vraiment t’être trompé de salle, et que le directeur t’attendait dans une autre pièce, pour que vous puissiez discuter tous les deux. Mais non. Le jeune homme te retire rapidement tout tes doutes en t’expliquant ce qu’il en était. Le directeur était malade et c’était Hamilton qui devait mener l’entrevue à sa place. Génial, tu ne pouvais vraiment pas rêver mieux. Vraiment pas.

▬ D’accord je vois…

Tu entres alors, d’un pas mal assuré, et referme la porte derrière toi en soupirant une dernière fois. Il fallait que tu gardes ton calme. Tu devais tout faire pour que ça se passe bien. Tout reposait sur tes épaules et tu devais te débrouiller pour que rien ne tombe. Tout ça en espérant que ce cher professeur ne monterait pas sur ses grands chevaux pour te faire comprendre que tu es un mauvais père. Ca tu l’avais assez bien compris avec la lettre, c’était amplement suffisant.
Tu t’avances vers le bureau et t’assied à la chaise en face de lui après avoir glissé les clés de ta moto dans ta poche. Si tu les gardais en main, de une ce serait pas très poli, et de deux tu risquais de jouer nerveusement avec et donc faire du bruit, et tu te doutais que ça n’allait certainement pas plaire à ton vis-à-vis.

Faut avouer que t’es décontenancé par le compliment qu’il te fait sur ta cravate. Ça t’a rapidement fait relever la tête pour le regarder et pour le coup tu ne sais pas distinguer si ce qu’il t’a dit est juste moqueur ou réellement sincère.

▬ Ah euh. Non c’est pas dans mes habitudes mais… Enfin merci. Je suppose.

T’es carrément maladroit. On ne dirait pas le même Cecil. Ce que tu es là, c’est le Cecil qui se balade la queue entre les pattes, les oreilles basses, de peur de se faire frapper. Rien à voir avec le Cecil qui pouvait montrer les crocs il y a quelques semaines, quand le yorkshire qui servait de professeur à ta fille insinuait ton incompétence en tant que père.
Quand il te demande si tu sais pourquoi tu es là, tu commences vraiment à te demander s’il se fout de ta gueule ouvertement ou pas. Comme si tu pouvais ignorer ce pour quoi tu es là.

▬ Euh oui enfin… Il n’y a pas un million de raisons pour se faire convoquer chez le directeur, hein, entre nous.

Tu restes relativement calme, du moins en apparence. A l’intérieur, t’es partagé entre la nervosité et l’envie de lui hurler dessus. Qu’est-ce qu’il attendait d’autre comme réponse, franchement ? Un mea culpa peut-être ? T’as pas vraiment prévu de faire ça.

▬ Ecoutez euh… Je sais que je suis ici pour ce que vous me reprochez avec Isabella. Ma fille… Ma fille c’est toute ma vie, d’accord ? Et je dis pas ça pour essayer de vous faire changer d’avis à mon sujet c’est… C’est la vérité.

T’as la voix un peu tremblante, la peur prend le dessus sur l’envie lancinante de lui dire ses quatre vérités à ce mioche qui est surement plus jeune que toi de 10 ans. Tu laisses un petit silence s’installer quelques secondes, posant tes avants bras sur le bureau, croisant tes mains entre elles, nerveusement.

▬ Je sais que j’arrive en retard… Souvent. Trop souvent. Mais c’est parce que je n’ai pas le choix. Si je pouvais venir la chercher à l’heure, croyez moi que je le ferais. Croyez moi.

Tu répètes plusieurs morceaux de phrases, comme si ça pouvait lever les doutes qu’il pouvait avoir sur toi. Tu te veux convainquant, et pourtant tu n’arrives même pas à le regarder dans les yeux. Toi qui ne voulais pas t’abaisser devant lui, t’étais carrément en train de ramper, là.
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Mar 4 Avr - 21:02
Est-ce que ta position de force te procure un quelconque plaisir ? Pas vraiment. Autant il y a quelque temps tu auras jubilé de voir North aussi effacé et soumis, autant aujourd’hui tu ne parviens pas à profiter de l’ironie de la situation. Tu as en ton pouvoir une autorité qui ne devrait pas être tienne, qui, à vrai dire, dépasse normalement l’éventail de tes compétences.

Il y a quelque chose de fade dans les réactions du père. Il t’a habitué à une attitude plus mordante, plus… vive. Dans sa manière de bafouiller, tu ressens sa nervosité, la tension dans son corps. Tu n’as même pas à éviter son regard puisqu’il esquive le tien alors tu le fixes, impassible. Tu le laisses parler. Quelques fois, un petit « hm » s’échappe de tes lèvres, totalement vide de signification.

« Ma fille c’est toute ma vie », tu entrevoies dans ces mots le Cecil avec lequel tu as échangé des messages. Serait-ce des remords, ce que tu ressens ?

Ta main à plat sur le dossier, tu l’écartes de ton champ de vision, le faisant glisser sur le côté.

-Vous savez, en tant qu’homme je vous apprécie fort peu et en tant que titulaire d’Isabella, j’ai beaucoup à vous reprocher, mais je n’étais pas censé mener cet entretien. Je pourrais vous dire tout ce que je pense de vous là maintenant mais mon jugement personnel ne regarde que moi et n’a pas à entraver mon rapport. Alors s’il vous plaît, j’ai pitié, relevez au moins la tête, je ne vais pas vous retirer la garde de votre fille sous prétexte que votre face ne me revient pas.

Ton coude sur le bureau te permet d’appuyer ton visage sur ton poing. Tu le contemples placidement. Tes yeux ambre ne luisent d’aucune malice. Ils reflètent même une pointe d’ennui mêlé à de la consternation. Son petit numéro du père désespéré a au moins eu une conséquence positive : tu n’es plus nerveux. Il n’y a pas moyen qu’il découvre la vérité sur les SMS, cette discussion n’est de toute manière pas au goût du jour. L’idéal serait que cette histoire s’enterre d’elle-même et que tu ne doives jamais en parler. Ce scénario t’est soudain totalement plausible. Tu l’adoptes.

Tu te redresses, remets droit le stylo qu’il a déplacé sans s’en rendre compte avec ses gros coudes et ses gestes lourdauds. Tu le fixes un instant en continuant de discuter avant de focaliser à nouveau ton attention sur ton interlocuteur. Tu ne lui as probablement jamais parlé avec une expression aussi neutre – et dénuée de haine. Tu n’irais pas jusqu’à la qualifier d’avenante, tu réserves aux enfants la moindre manifestation de ta joie, mais elle est de circonstance : distante, polie.

-Plus sérieusement, ce n’est pas votre vie qui nous intéresse aujourd’hui mais celle de votre fille. Si vous n’êtes pas capable de venir la chercher à l’heure, faites appel à un ami ou embauchez quelqu’un pour la garder une heure le soir en semaine. Vous êtes bien capable de faire appel de temps en temps à son oncle.

Tu ne mâches pas tes mots. Tu n’as pas envie de prolonger cette entrevue plus que de nécessaire, déjà que tu as dû annuler les projets que tu avais faits pour cette après-midi, tu ne vas pas non plus la passer enfermée dans cette salle.
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Jeu 13 Avr - 18:47

Tu t’étais promis de ne pas paniquer de la sorte une fois en face du professeur de ta fille. Et pourtant, à peine l’avais tu aperçu que la peur de perdre Isabella avait repris le dessus et tu avais déballé tout ce qui te semblait juste à dire pour qu’il ne porte pas un jugement trop dur sur toi. Si tu avais pu disparaitre plus bas que terre, tu l’aurais certainement fait. Ce n’est pas ton genre de ramper et de faire ton mea culpa de la sorte, mais quand tu te sens en danger, au final, tu deviens lâche et tu préfères t’abaisser devant ceux qui ont cette force, ce pouvoir que tu ne détiens pas. En y pensant, tu as un arrière-goût de déjà-vu. La seule fois où tu t’étais dressé contre cette autorité qui te mettait à mal, c’était lors de ton divorce. Tenir tête à ta femme au tribunal avait été une lourde épreuve que tu n’oublieras certainement jamais. Ta plus belle victoire aussi. Victoire que tu ne veux pas réduire à néant aujourd’hui.

Les paroles de ton interlocuteur sont tranchantes. En même temps tu ne l’as jamais connu avec des paroles douces ou avenantes envers toi. Tu n’es même pas certain de l’avoir déjà vu sourire, si ce n’est aux enfants. De ce fait tu n’es pas vraiment surpris de l’entendre dire avoir pitié de toi, avec ta tête basse et ton regard fuyant. Cependant le fait qu’il dise ne pas te retirer ta fille pour une histoire personnelle te rassure un peu. Tu relèves la tête, pas vraiment sûr de toi cela dit, et te redresse sur ta chaise en essayant d’avoir un air beaucoup moins apitoyé. Chose pas très facile, en fait.
Tu le regardes remettre en place ce que tu avais déplacé sans faire attention. C’est plutôt curieux comme comportement, mais on ne peut pas dire que tu sois en position de faire une quelconque remarque qui pourrait paraitre désagréable. Alors tu gardes la remarque pour toi, reposant ensuite ton regard un peu timide, un peu craintif, sur ledit professeur. Tu soutiens assez maladroitement son regard, essayant de te donner une force que de toute évidence tu n’as pas aujourd’hui pour lui tenir tête. Il est le chat et tu es la souris. Tu dois tout faire pour ne pas te faire bouffer, mais pour ça encore faudrait-il que le chat ne soit pas trop malin. Et tu ne peux pas t’avancer là-dessus. Monsieur Hamilton a vraiment l’air d’avoir des ressources à revendre, en plus d’être très intelligent -chose que tu respectes.

Il te parle de solutions, et tu l’écoutes attentivement déballer gentiment ces alternatives auxquelles tu as déjà pensé, sans pour autant y faire appel, faute d’argent certes, mais de fierté surtout. Tu pinces un peu les lèvres, inspire, avant de lâcher un petit soupire.

Oui je sais qu’il existe des solutions… Mais est-ce que vous savez combien ça coûte une garde d’enfant passé 20 heure ? Sincèrement, je n’ai pas les moyens pour me le permettre… Quant à l’oncle de Izzy… Enfin, ce n’est pas réellement son oncle… Enfin j’imagine que ce n’est pas important… Quoi qu’il en soit, je veux dire… Je peux pas lui demander de venir chercher Isabella tous les soirs, ce n’est pas lui son père, c’est moi… C’est moi qui doit l’emmener à l’école et venir la chercher, c’est mon rôle… Mais en ce moment avec mon boulot c’est juste… Difficile. Mais je vais trouver une solution… Il doit bien en avoir une…

Une solution qui nécessite ne pas écraser ta fierté, ni de perdre ton boulot et encore moins perdre ta fille. Autant dire que c’est quasiment mission impossible en ce moment dans ta tête. Tu laisses un certain silence s’installer, réfléchissant sérieusement à une solution plus viable, et en repassant les paroles de l’instituteur dans ta tête, tu trouves bon de préciser quelques détails. Encore un peu pensif, tu saisis le crayon qui se tient devant toi pour jouer un peu avec tout en parlant.

Et… Pour revenir à ce que vous disiez sur le fait qu’il m’arrivait de faire appel à l’oncle de Isabella le soir… J’imagine que vous parliez aussi de l’autre soir, où nous nous sommes croisé à ce bar… Je sais que vous ne me croyez certainement pas, mais je travaillais vraiment ce soir-là. Je ne m’amusais pas.

Tu relèves le regard du stylo qui glisse habilement entre tes doigts pour le regarder de nouveau, l’air très sérieux.

Je préfère le redire, parce que bon… Je ne me permettrais pas de confier Isabella à quelqu’un juste pour aller m’amuser à une soirée bidon de ce genre…
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Dim 16 Avr - 20:48
Honnêtement, tu lui as trop de fois remonté les bretelles pour ne pas comprendre que c’est un moyen inefficace. Peut-être t’es-tu obstiné tout ce temps à cause de la rancune et de l’hostilité que tu as accumulées à son égard. Aujourd’hui est particulier. Tu n’as pas le droit de t’emporter comme tu as tendance à en crever d’envie dès qu’il entre dans ton champ de vision. Ce n’est pas non plus comme s’il réagissait comme d’habitude.

Au moins, maintenant, tu as un peu plus l’impression que vous discutez d’égal à égal ; pas totalement, mais la situation s’améliore progressivement. Il t’écoute quand tu parles, attentif. De sa part, c’est rare. Alors tu fais de même quand il te répond.

Pourtant, ça te brûle de lui rétorquer que la garderie ferme à 18 et non pas 20 heures. Pour ne pas y penser, tu te dis que même quand l’argent est un problème, il existe des solutions. Tu réfléchis aux possibilités tout en prêtant attention à ce qu’il te dit.  Tu hoches la tête çà et là, sans que cela indique quoi que ce soit concernant ton avis sur le sujet. Londres est vaste, il doit certainement y exister des associations qui viennent en aide aux parents en difficulté financière et aux horaires compliqués.

Tu essayes d’y mettre ton cœur, dans cette réflexion, parce que tu penses à Isabella. Mais au plus North parle, au plus tu réalises qu’il refusera chacune de tes alternatives – puisque trouver un emploi plus compatible n’a pas l’air de faire partie de ses options. Dans ses mots, tu peux sentir sa fierté, son égo en tant que père, un peu trop volumineux, un peu trop mal placé pour l’occasion.

À partir de ce moment-là, son baratin commence à t’ennuyer, tu ne lui fais cependant pas l’affront de le lui montrer. Tout est clair, pour toi du moins, lui n’a pas l’air de se rendre compte qu’il y a une variable en trop de l’équation.

Un silence s’installe, tu le fixes intensément – autant dire que tu le dévisages. Ils sont vachement sombres, ses yeux. Tu l’avais déjà remarqué auparavant ? Tu ne sais plus. Tu te souviens de les avoir déjà vus virer au noir sous la colère… simplement parce qu’il est toujours en colère. T’as toujours un petit frisson inexplicable quand son regard menaçant pèse sur toi. Non, ce n’est pas de la peur. Après tout, ce n’est pas comme s’il faisait une tête de plus que toi et qu’il devait quasi peser le double de ton poids… n’est-ce pas ?

Fichtre, il s’est mis à jouer avec le bic que tu viens de replacer ! Ça te dérange. Intéressé comme tu es déjà, tu ne l’écoutes plus, obnubilé par les mouvements de l’objet. Tu tiques seulement au mot « bar » qui n’a rien à faire dans cette discussion. Cela te force à détacher tes yeux dudit objet pour comprendre ce que ton interlocuteur te veut.

Tu as une moue contrariée que tu ne peux contenir. Du moins tu ne la retiens pas jusqu’à ce qu’il relève la tête vers toi et voit que tu l’observes avec une expression étrange. Que peux-tu y faire ? Tu as juste envie de lui arracher ce stylo des mains. Pour ça, tu attends qu’il finisse de parler en homme – à moitié – civilisé que tu es.

-Oui, oui, bien sûr…

Tel un rapace, vif et efficace, tu lui voles ce qu’il tient avec les serres qui te servent de main. On dirait que tu piques une sucette à un enfant, tu le fais rapidement pour ne pas qu’il ait le temps de réaliser ce qui se passe et de se plaindre. Tu ne prêtes pas attention à la tête qu’il tire, tu reposes le bic à sa place. Ton geste est un peu brusque, le stylo claque sur la table. Le son te fait prendre conscience de ce que tu viens de faire. Ton corps se fige une seconde avant que tu ne relèves les yeux lentement, croisant ceux du père. Tu as un blanc, tes yeux papillonnent avant que ton être ne se réanime brusquement. Le visage fermé tu croises les bras et te redresses contre le dos de ton siège. Tu tournes la tête vers la fenêtre à ta droite et évites tout contact oculaire.

« Ne touchez pas à mes affaires » crie tout ton être.

-Restez concentré, je vous prie.

Tu vas t’abstenir de préciser que tu étais le moins concentré des deux.
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Mar 30 Mai - 19:34

Tu as beau être rassuré sur le fait que ce n’est pas aujourd’hui que quelqu’un pourra prendre une décision sur ton droit de garde sur ta fille, tu n’arrives pas à te détendre entièrement, et ça se voit forcément. Tu es tendu, tu touches à tout, même si tu es un peu moins impressionné par la position du professeur en face de toi, ton regard est fuyant et tu n’oses pas vraiment insister sur tes opinions. Tu as trop peur de dire une connerie qui ferait pencher la balance à ton désavantage, ça c’est évident. Tu calcules toutes tes pensées, toutes tes paroles pour ne pas dire quelque chose de travers. En clair, c’est comme si tu avais l’épée de Damoclès au-dessus de ta tête et que Mr Hamilton était détenteur du pouvoir de la faire s’abattre ou non sur toi. Autant dire que la position est loin d’être agréable.

Quoi qu’il en soit, tu parviens à discuter tout de même avec lui. Tu lui fais part de ta vision des choses -encore une fois sans être trop franc-, mais son silence te rend perplexe et tu te sens obligé de te justifier encore une fois sur tes boulots aux horaires pas très orthodoxe pour un père célibataire. Il ne semble pas être très convaincu et ça te stress encore plus. Et quand tu stress, t’es forcément obligé d’occuper tes mains, alors tu te saisis du premier objet à ta portée : un stylo appartenant certainement au professeur, que tu fais habilement tourner entre tes doigts. Tu ne sais pas quoi dire de plus pour te justifier de tes retards à répétition. Tu lui as tout dit, enfin presque, t’es pas non plus du genre à déballer ta vie comme ça devant les inconnus, t’as trop de fierté et d’honneur pour ça… Pourtant tu devrais peut-être t’ouvrir un peu plus si tu veux être compris par le plus jeune. C’est quelque chose d’assez difficile à admettre pour toi, il faut l’avouer.

▬ Vous savez je ne sais pas quoi vous dire de p-…

Pas le temps de terminer ta phrase qu’il te coupe en venant prendre le stylo que tu tenais nerveusement entre tes doigts. Cet objet qui te permettait de penser à autre chose et organiser tes pensées sans trop stresser t’avait été retiré tellement vite et sans préavis que tu ne peux t’empêcher d’être étonné du geste du professeur. Tu ne comprends pas l’utilité du geste, si ce n’est peut-être que tu l’agaçais à faire tourner de la sorte le stylo entre tes doigts, et encore, c’est minime quand même… Tous les enfants s’amusent comme ça, alors il ne supporte pas non plus quand ils le font ? Ça t’étonnerait, tu l’as toujours vu d’un calme olympien avec ses élèves.

Alors tu relèves la tête pour le regarder, et reste con jusqu’à ce qu’il te regarde à son tour. T’as pas dit un mot depuis qu’il t’a retiré le stylo, mais étrangement t’as envie de rire. Pas pour te moquer, mais parce que la situation est quand même assez cocasse. Au moins il aura réussi à te détendre, un point pour lui. Tu l’observes attentivement, le regarde se redresser et quand il te demande de rester concentrer, c’est plus fort que toi et un petit rire t’échappe.

▬ Je vous ai déconcentré, excusez-moi. C’était plus pour me détendre qu’autre chose.

Tu ramènes tes mains sur tes genoux et te redresse finalement, poussant un petit soupire en regardant dans la même direction que le professeur. Tu restes silencieux quelques secondes avant de finalement reprendre.

▬ Je disais… Je ne sais pas quoi dire de plus pour défendre mon point de vue. Mais si ça peut vous rassurer, ma période d’essai se termine bientôt et je ne pense pas rester dans ce boulot finalement alors… Le temps de retrouver un autre boulot, je serais à l’heure pour venir chercher Izzy à l’école. Je sais que c’est vraiment… Enfin, je sais que ça ne se fait pas de vous faire rester jusqu’à pas d’heure pour garder ma fille et juste ma fille. Vous avez certainement mieux à faire le soir, je suis désolé. Sincèrement.

Ca te demande un effort monumental pour présenter tes excuses de la sorte, alors que toute l’école sait que vous ne pouvez pas vous voir en peinture tous les deux. Enfin ça, c’est surtout de ta faute parce que t’es le seul fautif pour ne pas venir chercher Izzy à l’heure à l’école et être trop fier pour demander de l’aide à qui que ce soit, mais bon. Te faire changer sera difficile mais pas impossible.

▬ En tout cas… Je vous remercie, pour tout ce que vous faites pour ma fille. Elle me dit que du bien de vous, si vous voulez tout savoir.

Et ce même si toi, c’est loin d’être que du bien ce que tu penses de lui, mais t’es pas du genre à contredire ta fille. Et puis la parole des enfants est d’or, non ? Alors c’est que cet homme n’est certainement pas aussi mauvais qu’il t’en donne l’impression.
Tu reposes finalement ton regard sur lui et pince légèrement les lèvres, te demandant de quoi d’autre vous deviez parler.

▬ Vous aviez autre chose à aborder avec moi ce soir ? ... Pas que je veuille m’en aller mais pour une fois que vous n’avez pas à garder Izzy plus tard que 18 heure, je voudrais pas vous imposer ma présence plus longtemps.

Un nouveau léger rire t’échappe, et pourtant c’est la stricte vérité que tu laisses sortir cette fois. Toi aussi tu as envie de rentrer, chercher Izzy chez Iestyn, rentrer chez toi et dormir. Parce que t’en as vraiment, mais alors, vraiment besoin.
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Dim 11 Juin - 21:23
Tu ne l’avais jamais entendu rire.

Cette pensée te traverse l’esprit et l’occupe durant instant, t’empêchant par-là de songer même à te vexer. Que tu te rassures, ton égo n’est de toute manière pas en danger, du moins pas pour le moment.

Monsieur North s’excuse de t’avoir déconcentré, tu n’avais pas besoin de lui pour ça. Tu aimerais simplement qu’il cesse de toucher à tes affaires et n’invite pas le désordre sur ton bureau. Mais ça, tu ne lui dis pas. Tu te connais, tu aurais tendance à monter sur tes grands chevaux lors de tes explications, or le pauvre s’est contenté de faire tourner un stylo entre ses doigts – pardon, oui, ton stylo. Ce n’est pas dérangeant ; juste toi que ça dérange.

Du coin de l’œil, tu vois le père inquiet tourner la tête en direction de la fenêtre, tout comme toi, sauf qu’il n’y a rien à observer. C’est le calme plat dehors, les bâtiments sont de couleur moche et les rideaux aux fenêtres, de couleur encore plus moche.

En effet, moche est une couleur.

Celle de son jeans, entre autres.

... Quelle est donc cette fâcheuse tendance que tu as à juger à tout va ses goûts vestimentaires ? Sa femme ne doit pas se mêler souvent de sa garde-robe...

Soudain tu as un blanc.

Cecil est seul à s’occuper d’Isabella, pourtant il porte son alliance. Serait-il veuf ? Sans que ton interlocuteur ne puisse se douter de rien, tu ressens un profond malaise avec une pointe de soulagement. À n’importe quel niveau de la conversation, tu aurais pu par mégarde aborder un sujet délicat sans savoir dans quoi tu posais les pieds.

Tu t’égares un peu trop. Ce que tu entends d’une oreille distraite ne te plaît que moyennement. À l’heure pour venir chercher sa fille, uniquement le temps de trouver un nouveau boulot ? Donc l’homme n’a pas l’intention de rechercher un emploi avec des horaires corrects, c’est bien ce que tu pensais.

Tu as envie de grimacer, soupirer, le secouer, l’étrangler… Un peu de chaque à la fois. Mais les excuses qu’ils prononcent ont l’air de lui en coûter. Tu n’es pas assez vil pour les refuser sèchement et observer son visage surpris se décomposer. Tu l’es peut-être juste assez pour être tenté par l’idée, pas pour la mettre à exécution. Tu arrives à la conclusion qu’un regard appuyé suffira.

Sauf qu’il trouve la réplique pour faire fondre ton cœur de professeur dévoué. Tu as un léger sourire sur les lèvres, attendri, puis amer. Il n’y a que les enfants pour se pencher sur ton cœur puis en déduire que tu es quelqu’un de bien. Toi-même tu ne te définirais pas de la sorte.

Tu es quelqu’un de sale ; souillé par les années.

Tu es un adulte.

-Vous savez, l’état me paye pour ça… jusque 18 h.

Tu as de nouveau tourné la tête vers lui. Tu n’as pas envie de lui dire « de rien », ce serait l’inciter à continuer d’être en retard. Tu termines ta phrase avec un micro sourire qui ne dure pas, tout à fait hypocrite, histoire de bien lui montrer que cette discussion ne change rien au fait qu’il te fasse chier avec son défaut de ponctualité.

Cecil, enfin, Monsieur North, te demande si ce sera tout, riant pour la seconde fois. Il allège l’atmosphère, tu te sens plus léger quand il ne tire pas une tête d’enterrement. Tu ouvres la bouche, prêt à rétorquer toutes les âneries qui te passent par la tête du style :

« Essayez au moins de faire semblant de chercher un job avec un horaire convenable la prochaine fois. » ou « Je suppose qu’on arrivera à s’entendre tant que vous êtes au chômage ».

Tu pèses le pour et le contre durant les quelques secondes où te prends une inspiration exagérée, une lueur étrange au fond des yeux. Puis tu te souviens qu’on compte sur toi pour être professionnel, et celle-ci s’éteint au moment où tu parles, ta raison ayant repris le dessus. Tu réponds, posé et maître de toi, t’exprimant sans une once d’ironie dans la voix – un peu comme le robot qu’on s’imagine que tu es, parfois.

-Non, ce sera tout.

Tu te relèves et lui serres la main.

-Votre fille doit vous attendre, allez la retrouver.

Tu as en quelque sorte hâte qu’il s’en aille alors que la seule chose que tu as de prévenue pour ta soirée c'est de lui envoyer un message et de lui demander comment s’est passée l’entrevue, avec ta curiosité déplacée.

Il y a quelque chose qui cloche chez toi.
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Sam 1 Juil - 15:51

Il sourit quand tu lui parles d’Isabella, ce qui confirme l’idée que tu as du fait qu’il ne sourit que quand il est avec ses élèves ou qu’on lui parle d’eux, en l’occurrence. S’il y a bien quelque chose que tu ne peux pas lui retirer, c’est sa gentillesse et sa justesse quand il est avec les enfants. Tu sais que Mr Hamilton est un bon professeur, tu n’en doutes pas une seconde, même si plusieurs fois tes mots ont dépassé ta pensée quand tu lui faisais clairement comprendre que pour toi il était trop jeune pour porter un jugement. Certainement pour porter un jugement, mais pas pour enseigner, c’est clairement le cas. Ta fille n’a jamais été aussi épanouie que depuis qu’elle est dans sa classe et ça tu ne peux pas le nier.
Forcément quand il te répond, tu souris quand il te précise encore ses horaires contractuels. 18 heures. C’est vrai que toi tu as eu l’occasion de venir chercher Izzy plus tard que cela, et certainement que s’il avait vraiment voulu te mettre dans la merde, le professeur aurait très bien pu appeler la police pour manquement à responsabilité parentale… Mais t’es certainement encore une fois trop fier pour le remercier de ne pas l’avoir fait. Peut-être, un jour, qui sait, mais pas aujourd’hui. Dans ta tête, tu as conscience que cela ne peut pas durer, et en même temps t’es un peu tiraillé dans tous les sens puisque même si tu aimerais pouvoir venir chercher ta fille à l’heure après l’école, tu ne peux pas puisque tous les contrats que tu enchaines ont des heures impossibles. Tu t’efforces de pouvoir l’emmener à l’école le matin, mais cela veut souvent dire que tu finiras tard le soir et ça, tu n’y peut pas grand-chose…

Dans tous les cas, Mr Hamilton aura réussi à soulever le fait que tu peux parfaitement faire appel à Iestyn, le tonton de Isabella, pour venir la chercher de temps en temps. Ton ego sera certes touché si tu fais ça, mais il est clair que c’est une solution plus qu’envisageable pour calmer les tensions avec le professeur de ta fille. Tu vas y songer sérieusement, d’ici ce soir ou demain, et tu prendras une décision assez vite. De toute façon c’est pas comme si t’avais réellement le choix si tu veux être tranquille et ne pas être convoqué à l’école tous les mois jusqu’à ce qu’on en vienne finalement à te retirer la garde de ta fille parce que tu n’as pas su te débrouiller autrement.

L’air de rien, même si tu ne sembles pas enclin à accepter les solutions de Mr Hamilton, elles trottent toutes dans ta tête.

Finalement, il te libère en te disant que l’entretien est terminé. Et il ne s’imagine certainement pas quel bien cela te fait à l’intérieur quand tu comprends que tu vas pouvoir sortir de ce bureau et prendre un peu d’air frai. Même si tu pensais que ça allait se passer clairement plus mal que cela, tu es tendu et tu n’as qu’une envie, c’est rentrer chez toi après avoir récupéré ta fille et passer l’après midi tranquillement avec elle.
Tu te lèves alors, tu sers la main du professeur de ta main légèrement moite sous le stress accumulé.

▬ Merci Mr Hamilton. Bonne fin de journée.

Tu le regardes une dernière fois dans les yeux avant d’afficher un maigre sourire, un peu mal à l’aise toujours, avant de lâcher sa main et te redresser pour finalement prendre la direction de la porte. Tu ne demandes pas ton reste, tu sors du bureau, puis de l’école et en sentant le vent contre ta peau tu pousses un long soupire avant de prendre le chemin vers ta moto garée devant la grille de l’établissement. Tu as l’impression d’être deux fois plus fatigué que si tu avais travaillé.

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