Useless [PV Cecil H. North]

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Sam 1 Juil - 22:57
Ta relation avec Cecil North s’est grandement améliorée en si peu de semaines. Il semblerait qu’il ait écouté tes conseils et ait accepté de se reposer un peu sur les autres. N’est-ce pas mieux que l’oncle de sa fille vienne la chercher, que son père la sache dans un endroit familier avec quelqu’un de confiance plutôt que d’avoir la pauvre enfant qui se retrouve seule, tard le soir, à s’ennuyer en tête-à-tête avec son professeur qui, malgré sa patience, finit plus qu’agacé par la répétition de ce scénario ?

Tes nerfs vont mieux depuis que tu prends la route jusqu’à chez toi dès dix-huit heures. Tu peux manger aussitôt rentré, corriger tes copies à ton aise et aller te coucher de bonne heure. Tu savoures ces instants de paix dans un cadre familier, eux qui t’étaient autrefois volés.

Ce n’est néanmoins pas le changement le plus surprenant, il ne s’agit ici que d’un retour à la normale.

Ce qui t’étonnes le plus ?

Lorsque Monsieur North dépose Izzy le matin, la guerre des silences et des regards a laissé place à quelques salutations polies, parfois même un bref simulacre de conversation. Tu as eu d’autres occasions d’entendre son rire. Même si tu ne lui as jusque-là pas rendu la pareille avec le tien, tu fais çà et là quelques efforts pour lui sourire.

Tu te demandes si tu t’améliores ou si tu continues d’avoir l’air aussi mécanique.

Isabella t’a un jour confié qu’elle est heureuse de son papa et toi vous entendiez. Tu dirais plutôt que vous vous contentez de vous accommoder de la présence, de l’existence de l’autre, ce qui est encore différent de la réponse que tu lui as donnée. Tu lui as expliqué que c’était typique des adultes ; ne pas s’entendre mais surmonter la mésentente pour le bien commun.

La petite fille a trouvé ça formidable sans comprendre qu’il s’agit d’un problème de grands uniquement parce que les enfants n’y font pas face. Un matin ils se boudent, le soir même ils sont de retour les meilleurs amis du monde. Ils pardonnent, ils oublient. De cette façon, ils se simplifient tellement la vie.

Il est vrai que la tienne te semble plus simple et plus légère depuis que tu as mis de côté ton animosité.

Si seulement tu arrêtais d’envoyer à Cecil des messages anonymes. Tu as recommencé après votre entretien, il t’a répondu, toi aussi… à chaque fois que ton téléphone vibre dans ta poche, tu te promets que c’est le dernier. Tu te sens coupable d’apprendre à le connaître de cette façon, d’en savoir tant sur lui alors qu’il n’est au courant de rien à ton sujet.

C’est peut-être pour ça que tes sourires demeurent aussi crispés que lors de ta première tentative. La culpabilité t’empêche de faire bonne figure.

Si tu te perds aussi loin dans tes pensées, c’est que la cloche vient de sonner, et tu observes la petite Izzy ranger joyeusement ses affaires. Présente au moins trois soirs par semaine à la garderie, elle a pris l’habitude de t’accompagner lorsque tu changes tes affaires de local avant d’aller surveiller la cour durant la première demi-heure qui suit la fin de la journée.

La classe se vide, elle marche à tes côtés tandis que vous sortez les derniers. Elle est déjà en train de te raconter sa journée. Elle te fait rire à tout exagérer, parfois, tu ne reconnais pas toi-même les moments auxquels tu as assisté.

Quand tu te tournes pour fermer la porte à clef, elle arrête brusquement de parler au milieu de sa phrase. C’est là que tu entends une voix féminine qui t’est totalement inconnue. Elle interpelle Izzy, l’appelant « ma chérie », la félicitant d’être déjà prête à partir. Le silence de l’enfant qui perdure te pousse à être sur tes gardes. Tu fais face à l’étrangère et la salues avec courtoisie, tu essayes d’avoir l’air chaleureux quand tu lui demandes si tu peux l’aider mais elle te répond par la négative, elle vient chercher « sa fille ». Isabella s’accroche à ta manche à ces mots. Tu as un mauvais pressentiment. Tu questionnes la dame mais ses réponses sont confuses. Tes sourcils se froncent. La femme s’énerve progressivement parce que tu te montres insistant, tu lui expliques calmement que ce n’est pas contre elle mais que tu ne peux pas laisser partir tes élèves avec « n’importe qui ». Pour le coup tu as manqué de tact, elle hausse le ton, trouvant scandaleux qu’un parent se retrouve soumis à un tel interrogatoire pour venir chercher sa progéniture. Tu ne sais pas si elle ment, en tout cas tu es soulagé qu’il n’y ait pas de témoin dans le couloir. Tu pensais que Cecil était veuf sauf que jamais il n’a fait mention de son veuvage, c’est une conclusion que tu as tirée par toi-même. T’es-tu trompé ? Tout semblait pourtant évident, le fait qu’il porte son alliance quand bien même il élève sa fille seule…

La femme s’approche, elle tend le bras en direction d’Isabella qui se met à crier. Tu as un déclic, tu t’interposes entre les deux, sec, faisant barrage avec ton corps. La fillette pleure, toujours accrochée à toi. Sa « mère » a perdu patience et lui ordonne de la suivre pour rentrer à la maison, agressive, ce qui ne fait que redoubler ses pleurs.

-Madame, je vais vous demander d’attendre ici un instant. Je m’en vais avertir le secrétariat qu’Isabella ne reste pas à la garderie.

Mensonge.

Ces propos semblent heureusement calmer ton interlocutrice. Ce n’est pas le cas d’Izzy qui proteste, elle donne des coups de poing dans ton dos, elle crie sans s’arrêter de pleurer. Tu la prends dans tes bras pour la calmer, elle continue de te frapper parce qu’elle pense que tu vas la livrer à l’étrangère.

-Shhhht, shhhht, Isabella, calme toi, fais-moi confiance, tu lui murmures.

Tu tentes de croiser son regard embué de larmes et tu lui souris, tu espères être le plus rassurant possible. Tu te mets en route

-Je reviens !

Tu lances ça plus fort à l’attention de « la mère » et tu te mets à marcher rapidement en direction du secrétariat. Tu dois appeler Cecil. Izzy sanglote, tu l’entends répéter « maman » et « non » parmi maintes protestations inarticulées qui précisent toutes qu’elle refuse de la suivre.

-Ne t’inquiète pas, je vais appeler ton papa. Ton papa va venir.

Tu la fais sauter dans tes bras, un peu, pour la faire réagir. Elle est beaucoup trop lourde pour toi.

-Tiens-toi bien à mon cou s’il te plaît.

Le secrétariat est vide. Tu t’assures que la petite fille ne va pas te glisser des bras et tu décroches le téléphone pour composer le numéro que tu connais par cœur.

Une sonnerie.

Deux.

Trois.

Bon sang. S’il ne décroche pas tu jures que tu vas le-

La tonalité cesse. Tu n’attends même pas d’entendre un « allo », tu déballes tout ce que tu as à dire. Tu essayes de parler distinctement, mais tu es à vrai dire légèrement paniqué. C’est la première fois qu’une situation du genre t’arrive et tu ne sais pas quoi faire si l’inconnue se met à insister une fois que vous serez de retour. Ton calme apparent ne sert qu’à calmer la fillette, le stress embrouille ton esprit et tu ne parviens plus à te souvenir des consignes données aux enseignants lors de ce genre de situations.

-Monsieur North, ici Logan, le professeur d’Isabella. Une femme qui prétend être sa mère est venue la chercher après les cours. Bien sûr elle est toujours avec moi, j’essaye de la calmer mais elle pleure beaucoup. Je suis actuellement avec elle au secrétariat, pouvez-vous venir à l’école au plus vite ?

Au lieu de rassurer le père, tu l’inquiètes encore plus, tu fais pire que mieux.

Tu te sens aussi inutile qu’un prof débutant.

Idiot, c’est ce que tu es.
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Sam 1 Juil - 23:41

Quelques semaines s’étaient écoulées depuis que tu avais eu ton entretien avec Mr Hamilton. Après ça, il faut avouer que tu as eu beaucoup de mal à le faire, mais tu t’es quand même pas mal remis en question. Ton dernier contrat s’étant terminé depuis ça, tu avais eu le temps de peser le pour et le contre de toutes les solutions que le professeur t’avait proposées, et il était certain que la meilleure restait celle de demander au tonton de Izzy, Iestyn, d’aller chercher sa nièce le soir après la crèche. Forcément, ça te coutait beaucoup de demander ça. Pas financièrement parlant, parce que même si tu dédommages ton ami pour ses services, c’est toujours moins cher qu’une baby-sitter agréée. Non, ce qui te coûtait le plus, c’était pour ton ego. Tu n’avais pas pour habitude de demander de l’aide à qui que ce soit, et ce depuis ton divorce. Mais pour le bien d’Izzy tu avais légèrement écrasé ta fierté et ce n’était pas plus mal, il faut bien l’avouer.
Quoi qu’il en soit, il est clair que depuis que tu as accepté ce compromis avec toi-même, tout se passait mieux que ce soit avec ton rythme de vie, comme avec la relation que tu entretiens avec le professeur d’Isabella. Cela fait un petit moment que vous ne vous prenez plus la tête pour quoi que ce soit, vous parlez même assez bien ensemble le matin quand tu emmènes ta fille à l’école. Vous échangez quelques mots, surtout de la politesse, parfois un peu plus, mais c’est agréable et dire que tu ne t’étonnes pas de découvrir un nouvel aspect de la personnalité de Logan -parce que tu connais son prénom maintenant-, ce serait mentir. Tu n’irais pas jusqu’à dire que tu le connais un peu mieux, c’est complétement faux, mais toi qui le trouvais hautain et désagréable, tu es légèrement revenu sur ton jugement, pour le plus grand plaisir de ta fille qui doit bien avoir remarqué les changements dans vos comportements respectifs. C’est dingue ce que les enfants peuvent être perspicaces.

Depuis quelques jours, tu as commencé un nouveau boulot. C’est toujours la même chose, pour une durée déterminée, toujours un boulot bien chiant qui cette fois te fait te lever tôt en plus de rentrer tard. Mais bon, comme tu travailles beaucoup d’heures par jours, tu as ton vendredi et ton lundi de libre ce qui te permet d’emmener et d’aller chercher Isabella à l’école, et ça, ça n’a pas de prix. Tu as hâte d’être vendredi juste pour ça, c’est pour dire combien ça te tient à cœur. Sans compter qu’après c’est le week-end et que t’es bien content de ne pas être épuisé pour pouvoir sortir et faire des activités avec ta fille. Depuis quelques temps, tu prends plus de temps pour ça, tu la laisses moins longtemps devant la télé pour partager plus de choses avec elle… Tu peux certainement dire merci à cet inconnu avec qui tu discutes par sms de temps en temps. Tu ne sais pas de qui il s’agit, mais il est comme une sorte d’exutoire pour toi. Tu lui racontes tout tes malheurs, toutes tes joies aussi, comme si le fait que tu ne le connaisses pas garantisse le fait que tout ce que tu lui dis ne sera jamais dévoilé. Tu ne racontes pas tout non plus, il y a des choses dont tu ne peux pas parler si ouvertement, mais il te soulage quand même pas mal. Et c’est lui (ou elle, tu ne sais pas vraiment) qui te donne des conseils pour Isabella, que tu suis parfois, parce que ce sont de bonnes idées et que cela te tente.

Aujourd’hui, tu commençais exceptionnellement le travail un peu plus tôt, pour finir également un peu plus tôt le soir même. Ce qui tombait plutôt bien puisque demain tu étais en week-end, tu avais donc accepté sans trop te plaindre. De ce fait, tu avais dû déposer Isabella plus tôt à l’école, et heureusement que cette dernière avait mis en place un système de garderie le matin pour les parents qui commençaient à travailler plus tôt que l’heure de début d’école. A 7 heures tu avais donc déposé ta fille, tu l’avais gentiment embrassé sur le front alors qu’elle était encore à moitié endormie avant de retourner sur ta moto, lui faire un petit coucou de la main et partir pour le boulot. Tu n’aimais pas vraiment la faire se lever si tôt le matin, mais tu n’avais pas le choix et puis peut-être qu’elle pourrait s’allonger encore quelques minutes dans la salle de garderie pour finir sa nuit… Tu ne sais pas vraiment comment ça se passe, tu espères juste qu’elle ne t’en voudra pas trop ce soir.

La journée passera tranquillement. Ton boulot te demande vraiment beaucoup d’énergie mais tu as tellement de choses à faire que tu n’as pas le temps de regarder l’heure, si ce n’est pendant tes pauses. Alors la fin de la journée arrive assez vite au final, d’autant plus que tu fini plus tôt aujourd’hui. Tu vas pouvoir aller chercher Isabella un peu plus tôt à la garderie et il n’y a rien qui puisse te faire plus plaisir. En réalité, Izzy, c’est un peu comme ta motivation. C’est pour elle et rien que pour elle que tu te bats de la sorte pour que vous puissiez vivre convenablement.
Tu t’apprêtes à quitter la salle de pause quand ton téléphone sonne. Tu pousses un léger soupire, terminant de ranger tes affaires dans ton casier avant de sortir ton téléphone de ta blouse après deux sonneries. En voyant le numéro de l’école s’afficher tu décroches, parce que t’as pas vraiment envie de te faire encore engueuler parce que tu ne réponds pas quand on t’appelle. Tu n’as même pas le temps de dire quoi que ce soit que Mr Hamilton -parce que c’est forcément de lui qu’il s’agit, il n’y a que lui pour t’appeler-, prend la parole. Il parle étonnement vite et derrière tu crois entendre Isabella pleurer, ce qui rejoint ce que le professeur était en train de te dire. Ton sang ne fait qu’un tour, tout ton corps se paralyse alors que tu imagines très bien ton ex-femme se tenir dans le hall de l’école et vouloir emmener Isabella avec elle. Tu ne sais même pas quoi répondre sur le coup, tu entends juste Isabella pleurer dans le fond et ton cœur se serre aussi fort que ta main sur ton téléphone. C’est une peur indéfinissable qui t’envahis, une boule dans ton ventre qui se forme, tes jambes qui tremblent… Ton regard qui fixe le vide et ta bouche qui s’assèche.
Mais il faut bien que tu répondes quelque chose. Tu ne peux pas rester sans rien faire. Tu ne peux pas laisser Nora te prendre ta fille comme ça, sur un coup de tête de sa part. Tu t’es battu pour vous sortir de ce pétrin, ta fille et toi, ce n’est pas pour l’abandonner à la première riposte de Nora.

▬ Je… J’arrive Logan, je… Je me dépêche. Ne la laissez pas emmener Izzy s’il vous plait.

On peut sentir la panique dans ta voix, mais tu ne lui laisses pas vraiment le temps de répondre que tu raccroches. Tu n’as pas une seconde de plus à perdre. Tu rouvres ton casier pour te changer en vitesse, tu attrapes ton casque et ton manteau avant de partir du vestiaire. En sortant, tu croises ton boss qui te demande où est ce que tu pars, mais même ça tu ne prends pas le temps de répondre. Tu ne peux pas. T’as pas le temps.
Tu pars en courant, et sur le parking tu cours vers ta moto pour monter dessus et la démarrer le plus vite possible. C’est une course contre la montre qui commence et pour le coup tu te fiches bien de rouler trop vite et te prendre un PV pour excès de vitesse. Heureusement que l’école n’est pas excessivement loin de ton lieu de travail.

Arrivé à l’école, tu te gares maladroitement devant la grille. Tu retires ton casque en vitesse avant de descendre et courir vers le hall. De loin, tu peux voir Nora attendre, les bras croisés. Elle semble attendre quelque chose et toi tu es pris d’une certaine peur en t’approchant. Cette femme te fait peur. Elle tourne la tête vers toi et vos regards se croisent. Nerveux, tu touches ton alliance du pouce en continuant d’avancer d’un pas mal assuré. Elle, elle semble pâlir en te voyant arriver, comme si elle ne s’attendait pas à te voir. Tu entres dans le hall, ton cœur bat à tout rompre dans ta poitrine. Ton regards lâche celui de Nora, non pas par faiblesse mais pour le diriger finalement vers Logan et Isabella qui se trouve toujours dans ses bras. Elle semble se calmer un peu en te voyant et tu lui fais un petit sourire comme pour la rassurer. Qu’est-ce que tu ferais pas pour elle, alors même que t’es complétement effrayé à l’intérieur.

▬ Logan, vous voulez bien retourner dans la salle de classe quelques minutes ? Je dois parler à ma femme.

Tes mains tremblent un peu, même ta voix n’est pas complétement assurée. Mais tu gardes la tête haute pour faire face à Nora qui ne semble pas être décidée à partir. Comme toujours, elle te tient tête, même quand elle n’est pas en position pour. Ça a toujours été comme ça, et ça ne changera jamais, tu le sais.
Une fois que vous êtes seuls dans le hall, tu prends une légère inspiration avant de la regarder de nouveau. Elle sourit, comme si elle était fière d’elle. Tu bouillonnerais de l’intérieur si tu n’étais pas juste effrayé par sa présence. Tu as beau faire un gros travail sur toi-même pour évacuer tout ce qu’elle t’a fait subir, elle reste quelqu’un d’effrayant pour toi.

▬ Qu’est-ce que tu veux Nora ?

▬ Mais rien Cecil ! Je voulais juste voir Isabella, c’est vrai !

▬ Tu n’as pas le droit !

Tu hausses directement le ton. Tu ne parles pas fort, tu hurles presque. C’est plus fort que toi, la colère déborde. Tes mains ont beau trembler, ainsi que tes jambes, ton regard n’en reste pas moins colérique et on peut voir toute la haine que tu voue à ton ex-femme, sans la quitter des yeux.

▬ Tu n’as le droit de voir ta fille que quand je suis là. Alors tu as intérêt à dégage d’ici avant que j’appelle la police ! Dégage !

Tu fulmines. Et même si Nora est plutôt du genre inconsciente et présomptueuse, elle sait qu’elle n’a pas intérêt à jouer avec toi. Alors c’est avec un petit sourire non dissimulé qu’elle passe une mèche de cheveux derrière son oreille et réajuste son sac sur son épaule avant de partir vers la porte.

▬ D’accord je m’en vais. Au revoir mon chéri, fais un bisou à la puce pour moi d’accord ?

▬ Casse toi.

Tu la suis du regard quand elle s’en va, jusqu’à ce qu’elle disparaisse derrière le mur qui mène à la sortir de l’école. Soudain toute la pression retombe et c’est les larmes qui te montent aux yeux. Tu pousses un léger soupire et tourne les talons pour te diriger vers la salle de classe et entrer. Logan est là, avec Isabella près de lui, et toi tu t’efforces de sourire pour rassurer ta princesse qui te regarde avec des yeux bordés de larmes.

▬ C’est fini ma puce. Elle est partie.

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Mer 5 Juil - 23:53
Monsieur North raccroche aussitôt après t’avoir répondu. Tu restes figé, le téléphone en main. Il t’a appelé par ton prénom. Certes, dans la panique tu t’es présenté ainsi mais…

C’était étrange.

Si tu n’en étais pas encore sûr, c’est maintenant une certitude que la mère d’Isabella ne peut repartir sous aucun prétexte avec celle-ci. Tu ne comprends pas tout à fait ce qui se joue ici ; tant pis, ce n’est pas ton rôle de comprendre. Il te faut agir. Garder la fillette dans tes bras est le meilleur moyen de t’assurer qu’elle ne te sera pas enlevée.

Tu déposes le téléphone sur son socle. Ton bras qui était jusqu’à présent seul à supporter l’enfant n’en pouvait plus. C’est un soulagement de pouvoir la soutenir en répartissant le poids équitablement sur l’un et l’autre côté de ton corps – même si tu ne sais pas combien de temps tu pourras tenir, tu n’es pas spécialement musclé, ce que tu portes de plus lourd au quotidien, ce sont des packs d’eau.

-Tout va bien ? tu murmures doucement.

La petite frimousse enfouie dans ta chemise ne semble pas vouloir s’en détacher. Sur ta peau colle le tissu que les larmes continuent de mouiller. Tu caresses doucement les cheveux de la petite fille en la serrant contre toi. Ce n’est pas grave si elle ne te répond pas. Il n’y a rien de tel que la chaleur humaine pour apporter un peu de réconfort. En quelque sorte, cette proximité te fait aussi du bien.

Depuis combien de temps est-ce que ton cœur bat à la chamade comme ça ?

Tout ce stress, toute cette agitation, il te faut la contenir et l’apaiser tout comme tu t’occupes à rassurer Izzy.

-Là, là, ne pleure pas, papa arrive, il va faire au plus vite.

Heureusement qu’Isabella ne peut pas voir ni ton visage ni tes yeux. Si ce dernier est rouge, au fond de ceux-ci se reflète la peur. La peur d’être dépassé par la situation. Tu devrais appeler un collègue pour de l’aide, mais ce serait la preuve que tu es incapable de gérer seul le problème. Ce n’est pas l’image que tu veux renvoyer à ces charognards qui, tu en en certain, en profiteraient pour te rabaisser. Ce sera ta faute pour te montrer aussi antipathique lorsqu’ils tentent de sympathiser avec toi.

Tes craintes et ton histoire de fierté, tu les ravales lorsque tu entends un claquement de talons se rapprocher de vous.

-Tout va bien se passer. Je vais avoir une discussion avec ta maman, ne crie pas, elle ne va pas t’approcher.

Vous sortez dans le hall et tu souris à la mère du mieux que tu peux avec un air désolé. Tu te lances alors dans une explication farfelue, un papier à remplir pour reprendre sa fille mais qui demande la présence de la secrétaire. Tu t’excuses car il faudra attendre son retour – qui, tu l’espères secrètement, aura lieu après l’arrivée du père.

Tu ne sais pas si la femme en face de toi voit clair ou non dans ton jeu, en tout cas, elle t’écoute. Elle t’écoute durant de longues minutes, les plus longues de ta vie. Alors que tu sens que tu vas tomber à court de sujets de conversation et que ton interlocutrice s’impatiente, Cecil North arrive pour vous sauver – ou plutôt pour sauver sa princesse, il n’y a que toi qui pour l’occasion voit en lui ton sauveur.

Il a l’air plus nerveux que jamais, assez pour s’évanouir sous la pression. C’est du moins l’impression qu’il te donne, si massif et si incertain dans chacun de ses mouvements. Il y a clairement des détails qui t’échappent. La fillette aperçoit son père qui lui sourit pour la rassénérer. Ça marche. Dieu merci !

Un brin malicieux, tu ne peux t’empêcher de souffler tout bas à l’oreille de la gamine :

-Tu vois que je ne t’ai pas menti.

Cecil t’adresse la parole et, pour la seconde fois, il t’appelle Logan. Ta surprise, bien que réelle, ne dure qu’un battement de cils avant que tu n’acquiesces à sa demande.

-Bien sûr.

C’est effectivement son épouse. Donc il est marié, pas veuf… Une multitude de « pourquoi » se bousculent dans ta cervelle mais tu les ignores quelques secondes. Tu te diriges vers la salle de classe la plus proche en redoublant de paroles réconfortantes à l’égard de l’enfant que tu reposes sur le sol et tiens par la main. Tu t’efforces de maintenir un contact visuel avec elle. Tu es là. Son papa adoré ne va pas tarder. Tout va bien.

-Mets tes mains sur tes oreilles, d’accord ? Je te dirai quand c’est fini.

Tu t’assures qu’elle le fasse en posant les tiennes par-dessus les siennes.

Tu devrais avoir honte que ta curiosité l’emporte assez pour que tu laisses la porte entrouverte et tende le cou.

Ce ne sont pas tes affaires.

Mais tu as besoin de savoir, c’est plus fort que toi.

Au final, tu n’es pas certain que ce petit stratagème ait une quelconque utilité aux vues des cris du père. Tu te félicites au moins d’avoir couvert les oreilles de la petite fille.

Cecil, tu l’as connu en colère. Plus d’un fois par le passé, tu l’as énervé. Tu en as pourtant des frissons ; l’impression de n’avoir découvert qu’une infime poignée de ses facettes. À son retour, tu ne t’attends pas à le récupérer dans cet état. Aussi abattu, à bout tant physiquement que mentalement, sans plus aucune trace de colère ni d’animosité en lui.

Isabella se jette dans les bras de son papounet chéri. Aussi nécessaires que soient ces retrouvailles, tu sens que celui-ci a besoin d’un peu de repos. Tu patientes en retrait, puis quand survient le moment opportun, tu t’insinues dans leur bulle d’une voix douce et compréhensive.

-Isabella, je pense que ton papa a besoin d’être tranquille quelques minutes. Je vais appeler Madame Martens, elle va rester avec toi.

Tu la sais intelligente et en effet, malgré sa réticence, elle semble comprendre la situation.

Tu sors dans le couloir et ouvres la fenêtre pour appeler ta collègue présente dans la cour. Tu lui expliques en quelques mots ce qui vient de se passer et lui confie Izzy.

Tu ne sais alors pas si tu ne ferais pas mieux de partir, toi aussi. Tu rentres à nouveau dans la pièce, fermant délicatement la porte derrière toi de façon à ce qu’elle ne fasse pas de bruit.

-Vous avez besoin de quelque chose, de l’eau ou… quelque chose à manger ?

Tes mots sont hésitants. Tu ne sais pas comment réagir outre le fait de te montrer extraordinairement gentil et serviable – ce qui est assez rare pour le souligner.

Tu as l’impression qu’il se cache dans l’ombre de Cecil des choses dont tu n’as pas idée, avec lesquelles tu ne devrais probablement pas interférer.

Est-ce une raison pour l’abandonner quand il est au plus bas ? Tu t’es mis à apprécier le papa poule avec qui tu échanges des messages.

Tu ne peux définitivement pas t’enfuir à moins qu’il te demande de partir ou te fasse comprendre que ta présence n’est pas désirée.
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Lun 17 Juil - 23:55

Elle est partie. Tu ne l’as plus dans ton champ de vision et pourtant, c’est comme si elle était toujours présente, comme si elle avait de nouveau fait irruption dans vie justement pour que tu ne l’oublies jamais, pour que tu n’oublies jamais ce qu’elle t’a fait subir, et pour que tu comprennes que quoi que tu fasses, où que tu ailles, elle sera toujours là pour te détruire, peu importe les moyens.
Pourtant tu avais réussi à la chasser. Cela t’avait demandé beaucoup d’énergie, beaucoup de fierté aussi. Tu ne l’as certainement jamais autant écrasée qu’aujourd’hui, et Dieu sait combien d’efforts tu as fait depuis quelques temps pour la réduire, cette fierté. Ton cœur bat encore à tout rompre dans ta poitrine alors qu’elle est partie. Seulement, une petite partie de toi a la conviction que ce n’est pas terminé. Tu n’allais jamais pouvoir baisser ta garde avec elle, et tu t’en rendais bel et bien compte aujourd’hui. Elle ne te lâcherait jamais.

Isabella. Elle revient dans ton esprit soudainement et c’est comme si tes jambes te portaient d’elles-mêmes vers elle, sans que ton cerveau ne l’ait commandé. Tu as besoin de la voir, de la prendre dans tes bras, de la protéger, de la rassurer. Si tu en doutais encore, tu te rendais bien compte qu’elle était la chose la plus précieuse dans ta vie. Et si quelqu’un en doutait encore, tu avais une nouvelle fois prouvé que tu ne laisserais personne te l’arracher. Si quelqu’un voulait des preuves, les voilà.
Tu entres dans la salle, et tu n’as pas besoin de balayer la salle du regard pour que ce dernier se pose directement sur ta fille. A peine as-tu fermé la porte qu’elle te saute dans les bras et tu as beau être affligé par ces événements, tu t’accroupis à sa hauteur pour la prendre dans tes bras et la serrer contre toi. Tu la rassures d’une voix douce quand elle se remet à pleurer dans tes bras et tu te bats pour ne pas craquer devant elle. Elle doit te voir fort, tu n’as pas le droit de fléchir devant elle. Si tu veux garder sa confiance, tu n’as pas le droit de faiblir devant elle.

▬ Ça va aller ma puce… C’est terminé… D’accord ? Sèche tes larmes ma chérie…

Tu la fais doucement reculer pour pouvoir la regarder en face. Tu gardes ton expression de papa rassurant même si derrière le masque tu es complétement anéanti. Tu lui souris en frottant ses joues de tes pouces pour sécher ses larmes, puis viens poser tes lèvres contre son front pour terminer de la rassurer.

▬ Tu me fais un sourire ? Pour me faire plaisir ?

Tu la taquines gentiment jusqu’à ce que l’atmosphère devienne un peu plus vivable et qu’elle te donne enfin un de ses sourires dont elle a le secret. Rien que de la voir sourire, cela t’apaise et ton moral remonte. La clé de ton bonheur, ce qui te fait garder la tête hors de l’eau, c’est tout simplement ta fille et rien d’autre.

Lorsque la voix de Mr Hamilton vient percer votre petite bulle dans laquelle vous vous étiez réfugié, tu lèves doucement le regard vers l’homme qui te fait reprendre conscience de la réalité. Tu allais devoir justifier ce qu’il venait de se passer, c’était compréhensible. Tu te relèves doucement pendant qu’il emmène ta fille dans la cour sous la surveillance d’une autre professeure. Tu profites des quelques secondes seul pour aller t’asseoir sur une chaise à un des bureaux des élèves. Passant tes mains sur ton visage, tu les remontes pour replacer tes cheveux vers l’arrière. Un soupire s’échappe de tes lèvres tandis que tu balaye la salle du regard, jusqu’à ce que le bruit de la porte se fasse de nouveau entendre, aussi faiblement soit-il. Tu as eu peur sur le moment, mais en voyant la silhouette qui ne t’était pas inconnue, tu t’étais détendu assez vite. Il s’adresse à toi avec de l’hésitation dans la voix, et cela ne fait qu’accentuer l’idée que tu allais devoir te justifier sur tout ça.

▬ De l’eau, je veux bien… S’il vous plait.

La salle est plongée dans un silence gênant, tandis que toi, maintenant qu’Isabella n’est plus là pour guetter tes réactions, tu commences à ressasser ce qu’il venait de se passer. Autant dire que ça ne te fait pas plaisir, loin de là. Cela réveille même des cauchemars, des craintes, que tu avais réussi à enterrer depuis quelques années.

▬ Je… Enfin… Merci de m’avoir appelé, vraiment… Si Isabella était partie avec sa mère je crois que… Ça aurait été compliqué… Très compliqué...

Tu as les larmes aux yeux. Tu n’en peux plus. Il faut que ça sorte.

▬ Je suis désolé que vous ayez eu à subir ça c’est vraiment… Gênant…

Tu te livres sans trop de mal, comme si tu avais besoin de libérer tout ce que tu retenais. Parce qu’à force d’accumuler ça te brûle, ça te détruit. Et tu ne veux pas te renfermer dans la souffrance et le silence comme tu avais pu le faire il y a quelques années.

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Sam 29 Juil - 17:58
La force de l’attachement d’un père pour son enfant est quelque chose que tu n’as jamais vécu. Tu as souvent observé cette relation privilégiée, parfois, tu l’as enviée. Mais tu n’étais qu’un enfant à l’époque, depuis tu as grandi, tu as appris à faire sans ; sans regret.

En tant qu’adulte, tu admires le travail que Cecil effectue sur lui-même afin de réconforter sa fille. Cela ne doit pas être facile tous les jours d’être parent, c’est un boulot à plein temps sur le long terme alors que toi, simple professeur, tu ne t’occupes de tes élèves que sur une durée d’un an. Qu’ils soient colériques ou adorables, tu as tôt fait de t’en séparer. Probablement ont-ils, eux, tôt fait de t’oublier. Le lien que tu tisses avec eux est aussi fort qu’éphémère.

L’homme accepte que tu lui apportes de l’eau. En te tournant vers le bureau de l’enseignant pour rejoindre ta sacoche et en tirer ta bouteille tu réalises une chose : tu n’as aucune idée de l’emplacement où tu as abandonné tes affaires. Les événements se sont précipités et ce détail est devenu futile comparé à l’urgence à laquelle tu as eu à faire face. Tu as probablement déposé ton cartable pour prendre Isabella dans tes bras à un moment où à un autre. Tes sourcils se froncent. Bien que tu ne sois pas tranquille à l’idée de le savoir dans le couloir, ce n’est pas le moment d’aller le récupérer.

Changement de plan.

Tu te diriges vers le fond de la classe et tu prends un gobelet sur l’étagère. À défaut d’avoir le choix, tu le remplis à l’évier qui se trouve dans un coin de la classe. Silencieux, tu écoutes le père éprouvé sans faire de commentaire. S’il y a bien une chose qui te fatigue, c’est avoir à gérer les émotions d’autrui. Tu ne sais t’y faire qu’avec les enfants. Aux autres, tu ne sais pas quoi leur dire, tu ne sais pas comment réagir.

Cela t’ennuie.

Sans un mot tu prends une chaise et viens t’asseoir en face de Cecil, posant le verre devant lui. Peut-être que si tu avais été d’humeur à rire, tu te serais moqué du grotesque de la scène, un si grand homme attablé à un si petit bureau, sur un siège aussi près du sol.

-Gênant ?

Le sérieux de ton interlocuteur te peine. Tu ne t’imagines pas lui dire « de rien » car tu as agi comme n’importe quel professeur l’aurait fait. Et puis, toi aussi tu pourrais le remercier. Même si ce n’était pas son but, loin de là, il t’a sorti du pétrin en intervenant avec rapidité et efficacité.

Il devrait avoir un peu plus confiance en lui.

-Il n’y a rien de gênant.

Tu lui parles avec douceur et fermeté. Ses yeux brillent, il est clairement au bord des larmes. S’il pleure, tu ne seras pas capable de l’arrêter, tu le sais. Sans réfléchir, tu presses sa main, tu tentes par là de le secouer un peu. Ton regard s’ancre dans le sien, sérieux. Un léger sourire étire pourtant tes lèvres, il traduit ton malaise, ta volonté, aussi, d’alléger l’atmosphère.

-Beaucoup de choses m’échappent mais il me semble que vous avez gérer la situation avec brio. Il ne vous manquait que la cape pour être un vrai super-héros.

Un rire quasi inaudible t’échappe. Tu viens de l’imaginer en collants-slip moulant. Au fond, tout au fond de toi, tu sais que la vue ne te déplairait pas.

-Vous devriez être fier de vous, Cecil. Vous avez montré à votre fille qu’elle peut toujours compter sur vous pour venir la sauver.

Cette fois, tu lui souris avec sincérité.

Il a aujoud'hui gagné plus que ton respect, il a obtenu ton admiration.
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