Elle rit à la mort ; Et nargue la débauche ; Ces monstres dont la main, Qui toujours gratte et fauche. Dans ses jeux destructeurs ; A pourtant respecté ; De ce corps frêle et droit la rude Majesté.

Invité
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Mer 11 Nov - 14:25
  • ACCIARI
  • Lucrèce Italia
  • Vingt-trois ans
  • Féminin, incontestablement
  • Française aux origines italiennes
  • Marginale

▬ ft. OC de… Quelqu'un D8

Carnation : Blême, voire livide.
Taille : Le mètre soixante-six, tout au plus.
Corpulence : Maigre.
Cheveux : Longs, d'un châtain grisâtre.
Yeux : Gris-bleuâtres.
Signes distinctifs : Un piercing au nombril, qui correspond à une croix. Des ailes immenses et squelettiques qui occupent une majeure partie de son dos et une autre croix tatouée sur la langue.

  • Bicurieuse
  • Célibataire
  • Petite voleuse à ses heures.
  • Prostituée
Who is She

Névrosée. Édulcorée.
Vagabonde. Dévergondée. Môme oubliée. Adulte blasée.

Fumer.
Pour oublier. Pour passer sous silence toutes ses douleurs. Pour éloigner ses doutes. Les tourments sont intolérables. Ils ne peuvent sévir. Ils n’ont aucun droit sur son frêle squelette. Pas même pour hanter ce sourire qu’ils tuaient, autrefois. Pas même pour lui voler cette chaleur, au creux des reins. Pas même pour lui arracher ce cœur qui s’amourache d’une adulte en devenir.

Fumer.
Pour abandonner l’inconscient. Pour que ses billes bleuâtres ne subissent pas les assauts des larmes qui menacent. Pour que son squelette frêle ne s’effrite pas sous le poids des responsabilités. Pour que les craintes qui hurlent dans ses entrailles ne parviennent pas à lui dérober sa lumière assassine. Et, à l’idée que son monde s’écroule, Lucrèce se farde d’un sourire indolent. D’un sourire pourvu de dents parfaitement alignées. D’un sourire qui chuchote aux passants « Vous ne me prendrez rien. »

Fumer.
Pour se sentir unique, dans cette foule gueulante. Pour se croire différente, dans cet amas d’âmes désenchantées. Blasées par la routine. Lucrèce n’est, en rien, une exception. Abîmée. Usée par les paysages identiques. Par les mêmes bâtisses qui se succèdent. Par les mêmes visages qui entrent dans sa vie et s’éloignent aussi vite. Par les rires gras de ses clients. Par les bras violents qui enserrent sa taille étroite.
Par les mains qui s’emparent de ses courbes fatiguées. Par les hommes sans scrupules, qui écrasent son toxique mètre soixante-six, affublée de côtes visibles et d’une anorexie passée sous silence. Parce qu’il n’y a rien qui puisse briser ses os. Détruire sa volonté.
Parce que Lucrèce est un colosse affublé d’une silhouette d’adolescente aux hormones atrophiés.

Boire.
Pour ne plus entendre cette conscience. Pour anesthésier ses sens aux aguets. Pour ne plus percevoir les cris nés de ses souvenirs embrumés. Et, Lucrèce rit. S’amuse de cette souffrance qui vrille à ses tempes. Parce qu’elle est synonyme de vie. Derrière sa crinière brune, c’est le néant. Dans sa gorge fine, c’est la fumée des cigarettes qu’elle enchaîne. Entre ses lèvres serrées, c’est les mots crachés et les insultes murmurées.
Et, entre ses seins, là où est caché un cœur nécrosé, c’est le même refrain qui résonne. « Y retourner, inévitablement. Toutes les nuits. Même achevée. Même tuée, il faut y être pour veiller sur le sommeil d’Aurore. Jusqu’à ce que le soleil se lève. Jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus. »

Aimer.
Tendresses inavouées. Passions déchirantes. Chérir pour se découvrir humaine. Adorer pour avoir quelqu’un à protéger. La Française est de ceux qui aiment l’amour. De ceux qui le détestent, aussi. De ceux qui s’en tirent à mauvais compte, en sombrant dans des bras inconnus. De ceux qui choisissent sciemment d’apprécier l’instant, en savourant la chaleur des corps qui s’entremêlent. Même si, souvent, la douleur est aussi invasive que l’aube à travers les fenêtres ouvertes.

Et, au fond de son âme vendue aux enfers, il existe une minuscule lueur. Celle qui n’est pas lucide. Celle qui n’est pas consciente.
Aurora. Aurora.
Un nom scandé, en secret. Un nom qui évoque tous les plus merveilleux instants. Un nom qui est souffrance et bonheur. Un nom porté par un être chimérique. Une créature idéalisée. Une déesse à prier. Une déité à préserver des perversions humaines.

Nulle part ailleurs

A comme Abomination
Trois janvier dix-neuf cent quatre-vingt-douze

Pas un sourire.
Pas une once de bonheur. Ce n’est que de la peur qui étreint Allegra. Ce n’est que la terreur qui s’empare de sa poitrine charnue, lorsqu’un enfant est déposé entre ses bras. Elle tremble. Une bâtarde, née d’une nuit incendiaire.
Née d’une union basée sur les rémunérations.
Une perle glisse sur sa joue. Transparente. Blême. A l’image de son teint de morte. A l’image de ses lèvres couvertes d’engelures. Sûrement à celle de son cœur atrophié.
Une minuscule silhouette.
Un frêle squelette, qui darde ses iris pâles sur sa mère. Sur celle qui a enduré toutes les souffrances pour enfanter d’un môme qu’elle apprécie déjà si peu.
Pour se convaincre, sûrement, l’Italienne serre le bambin. Étouffe son visage rosâtre contre sa poitrine opulente. Ça sent le lait. Le bébé émet quelques plaintes, prémices d’une crise. Ses pleurs emplissent bientôt la pièce. Ses hurlements ne trouvent aucune réponse.
Quelques sourires naissent sur les visages des infirmières. Elles sont patientes. Elles ne posent aucune question. Pas même sur l’absence d’un homme à ses côtés. Pas même à propos de la blancheur de l’enfant, en comparaison à la peau cramée par le soleil de sa génitrice. Pas même sur l’absence d’émotion sur les traits de cette femme venue des côtes Adriatiques.
Rien.
Seulement un silence gêné, ponctué de quelques informations dispensées avec volonté à celle qui ne montre aucun talent pour être mère. Les sanglots de la petite chose, peu à peu, l’épuisent. Ils font renaître les doutes qui sévissaient durant sa grossesse malaisée.

« N’ayez pas peur. Elle a sûrement faim. Je vais chercher un biberon. »

L’autre opine derechef. De temps à autre, ses billes foncées quêtent la présence des femmes vêtues de blouses roses pour qu’elles arrachent l’enfant à son corps. Elle ne l’aime pas. Elle n’y arrive pas.
Définitivement, son âme a peur.

« Avez-vous une idée de prénom ? »

Les cils d’Allegra papillonnent quelques instants. Un prénom... Ses globes oculaires tombent sur le bébé.

« Lucrèce. »

Celle qui gagne.

B comme Blasphème
Six juillet dix-neuf cent quatre-vingt-dix-sept

« Lucrèce. »

Celle qui gagne. Qui gagne le droit d’être oubliée. D’être enfermée. D’être abandonnée à son sort. D’être victime d’une routine détestable. Les paumes pressées contre ses oreilles, Lucrèce écoute le vide de ses pensées. Son incapacité à évincer les cris qui résonnent.
Ces râles qui tonnent.
Ses tympans saignent de cette innocence bafouée. De ces corps qui s’entremêlent, à l’étage au-dessus. De cette absence de scrupules à accueillir ses clients en sa modeste demeure. Et, silencieusement, celle qui n’est princesse que d’un château de cendres se consume.
Ses larmes dégueulent sur des joues creusées. Elles dévalent, façonnant des sillons qui s’accentuent chaque nuit, un peu plus. Je ne crains rien. J’n’ai peur de rien. Les mots s’écrasent contre les parois douloureuses de son crâne. Ils explosent à ses tempes qui pulsent.
Ce soir, ce soir encore, ses sanglots s’éternisent. Inaudibles. Passés sous silence. Sciemment ignorés.

« Papa... Papa. »

Ses chuchotements ne trouvent aucun écho. Ils ne dégotent aucune réponse réconfortante. Parce que d’un père, Lucrèce est orpheline. Cet homme chimérique que son âme a imaginé. Avec ses prunelles bleues. Affublé d’une crinière brune, légèrement hirsute. Doté de ce sourire amusé. Un peu mutin, en coin de lippes.
Son père.
Celui qui n’existe que dans ses songes édulcorés. Celui qui, de sa voix chaude à l’accent mystérieux, susurre Principessa*.

« Lucrèce. »

Une voix sèche. Dépourvue de tendresse. Uniquement marquée par l’absence d’amour qui les lie. L’enfant lève ses iris estivaux de sa peluche décousue. Un canidé, comme ceux qui hantent les parcs zoologiques. Lentement, la môme renonce à son mur gelé. Précédée de sa génitrice déshabillée, Lucrèce grimpe les marches qui mènent à ce studio ridicule où sa vie a commencé.

« Est-ce qu’il t’a fait bobo ? »

Chuchote l’enfant à l’oreille de sa mère. Cette dernière darde son regard aux couleurs sombres sur sa fille. Elle cherche les mots justes. Dans ces rares instants où un semblant d’affection se cache dans leurs prunelles respectives. Dans ces moments brefs où l’amour qu’elles partagent est assumé, même à-demi.

« J’n’ai peur de rien. »

Répond seulement celle qui se prostitue. Et, sans acquiescer à ses dires, Lucrèce est fière. Fière d’avoir l’une de ces mères qui n’ont aucune crainte. Qui sont fidèles à elles-mêmes, et sûres face à cette vie.

* Pour ceux qui ne s’en doutaient pas, Principessa signifie Princesse en Italien.

E comme Erreur
Neuf septembre dix-neuf cent quatre-vingt-dix-huit

« C’est vrai que ta mère est une pute ? »

Quelques cris étouffés. Des rires indignés, et des murmures souffreteux. Lucrèce réalise que les visages sont tournés dans sa direction. Que les mots lui sont destinés. Que les moqueries naïves lui sont adressées. Pour seule réponse, ses iris décolorés. Ils se teintent de démons innocents, qui tâchent les murs de sang. Elle est fatiguée, la môme, de ces questions.
Elle est épuisée de ces êtres qui jugent sans connaître.

« C’est un mensonge ! »

S’époumone l’une de ses rares amies. Les prunelles bleuâtres de la fillette se déposent sur la silhouette d’une enfant aux boucles dorées. Maribelle. Gentille. Soignée. Toujours vêtue de propre, avec ses petits nœuds colorés dans les cheveux. Le garçon n’en démord pas. Il connaît cette vérité honnie. Il sait, et veut que ses camarades l’appuient dans ses dires. Quelques visages se tournent dans leur direction, eux entassés dans un coin, au moment de la récréation. Ils hésitent. Ils osent timidement.

« C’est la vérité ! C’est mon père qui l’a dit. S’il l’a dit, c’est que c’est vrai ! »

Il scande. Il répète inlassablement ce terme. « Pute ». Comme si, âgés de six ans, ces enfants pouvaient saisir le sens réel de ces mots prononcés avec légèreté. Caché derrière son téméraire copain, un petit garçon joufflu s’avance à tâtons.

« Maman m’a dit de ne plus m’approcher de toi, Lucrèce. Parce que tu pourrais avoir des maladies. »

Lucrèce hausse nonchalamment les épaules, en adressant un sourire à sa camarade, qui serre fébrilement ses petits doigts dans sa paume chaude. Cette dernière écarquille ses grandes yeux noisettes. La brune n’adresse de sourire à personne.
L’habitude.
Bientôt, les premières silhouettes apparaissent. Celles des parents. Celles qui hantent l’entrée, lorsque cinq heures sonnent. Les billes pâles de la fillette sondent les environs. Elles cherchent des cheveux clairs. Blonds, aux reflets roux.
Bien sûr, Allegra n’est pas là. Allegra n’est jamais là.
Les phalanges de Maribelle desserre leur étreinte chaleureuse pour s’élancer dans les bras d’un parent. Une mère, au visage orné d’un sourire tendre. Des boucles dorées qui dansent sur ses épaules, à l’image de celles de sa progéniture. Peu à peu, Maribelle s’éloigne. Elle quitte son amie, accrochée au bras de celle qui l’a mis au monde.
Lucrèce n’est pas jalouse. Elle n’est pas envieuse.
Et, emmurée dans son silence, l’enfant s’évapore dans les rues. Les maîtresses ne cherchent plus à la retenir. Elles aussi, coutumières de cette routine étrange, n’émettent plus aucune protestation. Simplement, leurs regards se déposent sur son frêle squelette, habités par une once de pitié.
Lucrèce hausse les épaules avec indolence.

J’n’ai peur de rien.
Sautillons. Sautillons. Dansons sur les trottoirs parisiens.
La suite des paroles lui échappe. Trop indécente. Trop violente, entre les lèvres d’un enfant de six ans. Italia esquisse un sourire léonin, quasiment mutin, en dardant ses iris inexpressifs sur les badauds. Elle est vite arrivée. La silhouette sombre de sa résidence se dessine aux environs, austère et hostile. Ses courtes jambes pénètrent le hall sale où s'amoncellent les graffitis disgracieux, peints à même les murs décrépis. Quelques regards pèsent sur ses épaules. Ceux des visages inconnus, qui occupent les marches en gémissant.

« Salut, Lucrèce. »

La fillette scrute le garçon. Il est âgé. Sûrement passé l'adolescence, sans en être complètement sorti. Des boutons rougeâtres sévissent sur ses joues poussiéreuses. Il s'arme d'un sourire, auquel l'enfant ne répond que d'un salut bref.

« Bonjour… Je te ramène du goûter, après ? »

Il acquiesce. La Française opine derechef, et se dépêche d'avaler les dernières marches qui la séparent de l'avant-dernier étage. Ses ballerines résonnent dans les couloirs quelques instants, avant qu'une trogne affublée d'un tendre éclat ne se découpe de l'encadrement d'une porte.

« Ah, Lucrèce ! Tu es juste à l’heure... Viens, entre vite te mettre au chaud, nous avons des crêpes au goûter. »

Les prunelles de la môme s'illuminent d'un sourire enjoué. Sa bienfaitrice. Ana. Une mère, une vraie. Assez âgée, la dame au chignon blême attire sa protégée à l'intérieur d'un appartement minuscule aux relents dérangeants. L'odeur des crêpes se mêle à un bouquet entêtant de parfums floraux, de poussière et d'autres choses impossibles à identifier.
Son sanctuaire.
Ses doigts osseux découvrent avec bonheur lesdites crêpes. Trouées. Grasses. Délicieuses. C'est là son seul plaisir.

L comme Langueur
Dix-neuf juin mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf

Allegra a abandonné son trottoir Parisien, dans le courant de Novembre 98 pour rejoindre son compagnon, un secrétaire de direction british. Dans ses bagages pour Londres, Lucrèce. Actuellement, la mère de famille est enceinte de huit mois et demi.

« J’suis vraiment contente pour toi, Allegra. Un mariage, c’est chouette. »

Pas Maman. Pas Mum, ni même Mutti*. Juste Allegra. Une voix monotone. Traînante. Lucrèce ne murmure rien de son inquiétude.

« Vraiment ? Tu n’es pas fâchée, alors ? »

J’n’ai peur de rien. Les iris blêmes de Lucrèce dansent derrière ses paupières closes. Ses cils noirâtres projètent des ombres sinueuses sur ses joues, accentuées par les lumières blafardes des lampadaires qui se succèdent. Une nausée l’étrangle. Lucrèce n’apprécie pas les véhicules. Cette sensation écrasante. Ces mouvements saccadés qui s’amusent à faire tressauter ses entrailles gueulantes.

« On va s’arrêter à un Burger King pour dîner, O.K ? »

Allegra, je suis végétarienne.
Non, les mots demeurent coincés dans sa gorge. Allegra est au courant. Forcément. Depuis toutes ces années, il est impossible que madame ignore des faits si importants. Les lèvres de Lucrèce se serre douloureusement. Ses mâchoires crispées émettent un son inquiétant.

« O.K. »

Rien de plus. Rien de moins.
Le bébé doit avoir faim, après tout. Le bébé, avant tout. Il est petit, d’après les clichés pris par le médecin. Petit. Chétif.
Vulnérable.
A cette idée, l’enfant à la crinière brune se redresse dans son fauteuil étroit. Le bébé vaut ce sacrifice. Largement. La fillette acquiesce à nouveau, en dardant ses iris bleuâtres sur sa génitrice. Son ventre est gonflé. Imposant.
Aurore serait bientôt là.

Quelques minutes plus tard, Allegra s’engage sur le parking d’un Burger King à l’enseigne brillante. Elle se gare maladroitement aux côtés d’une voiture à la portière défoncée, et peste contre le petit merdeux qui décide de faire chier son monde en prenant deux places avec sa caisse d’un rose putassier. Le langage de sa mère est riche. Là aussi, c’est une fierté pour Lucrèce. Avoir une génitrice dotée d’un imaginaire assez développé pour être en mesure d’enchaîner cinq à six grossièretés dans la même phrase. Bien sûr, Lucrèce n’hésite pas à les réutiliser à postériori. Ses amis francophones - à l’école du coin - adressent toujours des regards exorbités à celle qui débine des obscénités colorées. Elle apprécie ces œillades admiratives et ces silhouettes qui s’agglutinent pour dénouer quelques secrets de ses gros mots.
La fillette esquisse un sourire fugace à son propre reflet, dans le rétroviseur.

« Lucrèce ? »

Sa mère commence à s’impatienter, de l’autre côté de la portière. La môme se détache calmement, avant d’émerger, vêtue de sa robe préférée. La noire. Celle qui, assortie aux anciennes tenues outrageuses d’Allegra, avec ses dentelles fournies et son tulle frangé lui offre cette sensation inégalable d’être plus âgée. D’être mature.
La gamine darde ses prunelles pâles sur la silhouette épaisse de sa génitrice. Inconsciemment, ses doigts tâtent les extrémités de la bedaine rebondie. Le bébé frappe, de temps à autre. Comme s’il cherchait à lui signifier sa présence.

« Elle va bientôt arriver, hein ? »

Les lippes d’Allegra s’étirent d’un sourire doux. Ces éclats qui ne naissent que brièvement, lorsque son premier enfant montre cet amour inconditionnel qu’il voue déjà à celui qui n’est pas encore arrivé.

« Oui, Aurore ne devrait plus tarder. »


Une frite. Deux frites.
La petite barquette blanche déverse son contenu sur le plateau aux relents de graisse. Les parfums lourds brûlent ses narines plissés. Lucrèce n’aime pas les fast-food. Néanmoins, la française passe son mécontentement sous silence. Ses doigts fins quêtent les longues pommes de terre tubulées et ses canines arrachent de petits bouts de chair froide, à contrecœur.
Jusqu’à ce qu’Aurore arrive. Jusqu’à ce que sa mère, habituellement habitée d’une quiétude certaine, ne revête des traits douloureux. Une souffrance qui abîme ses traits. Lucrèce hésite. Ses prunelles cherchent l’approbation d’une Allegra qui fuit son regard, pliée sur son morceau de banquette.

« Allegra ? »

La dénommée ne répond rien. Elle s’emmure dans son silence mutique, en serrant son ventre entre ses paumes jointes. Le souffle de Lucrèce se fêle d’une angoisse sourde. Ses pupilles jettent des œillades désespérées aux alentours. Brusquement, ses petits pieds s’activent. Ils la traînent jusqu’au comptoir où la petite brune bouscule les clients.

« Le bébé arrive ! Aurore arrive, vous savez ? Maman doit aller à l’hôpital. »

Sans attendre, le garçon boutonneux qui gardait la caisse se précipite sur un téléphone, et sa voix explose bientôt dans le cellulaire. Les larmes dégringolent sur les joues de la future aînée.
Aurore arrive.

* Mutti signifie Maman en Italien.

M comme Malade
Premier mars deux mille cinq

« Je vais m’en occuper. »

Les iris noisettes de son beau-père quittent, l’espace d’un instant, le corps malingre de sa fille. Son unique fille. L’enfant, vêtue de son impatience, dépose son regard inexpressif sur celui qui offre à sa mère cette vie idéale. Ils ne s’aiment pas. Ils se tolèrent mutuellement, sans réellement cultiver autre sentiment qu’une animosité profonde. Il hésite, visiblement.
Il ne comprend pas, Paul. Ce malaise qu’il ressent lorsque Lucrèce pénètre dans une pièce où lui et sa famille se détendent. Peut-être parce qu’avant d’être la première née d’Allegra, Italia est la progéniture d’un inconnu. D’un individu aux boucles brunâtres et aux prunelles gris-bleu. Peut-être à cause de cette absence évidente de vie. Peut-être est-il seulement peiné de cette douleur qu’il ne lit pas. De cet amour qui ne fragmente pas ses traits. De ce besoin d’amour qu’elle n’exprime jamais.
Lucrèce est un spectre, à ses yeux. Un fantôme de chair et d’os, qui promène ses pieds parfaits entre sa chambre et la cuisine.

Finalement, Paul hoche la tête de manière imperceptible. Il s’étire quelques secondes, en proie aux doutes intempestifs qu’il chasse avec nonchalance, avant de déposer une serviette humide entre les phalanges de l’adolescente. Il ne lâche pas ses billes bleuâtres pour autant.
Dans une tentative vaine, sûrement, de lancer un dialogue morne et insipide, le beau-père se déleste de quelques paroles vides.

« Ça va, l’école ? »

Pour unique réponse, le visage de Lucrèce se fracture d’un sourire factice. Elle opine derechef, laissant sa crinière danser sur les épaules. Puis, aussi furtivement que la môme a pénétré dans la chambre aux relents de lavande, Italia s’installe dans le fauteuil abandonné par l’époux de sa mère. Celui-ci s’attarde quelques minutes, avant de renoncer à comprendre.
Avant de saisir que Lucrèce, aussi silencieuse que les vieux films, demeurerait cet éternel mystère à ses yeux.

Patiemment, l’aînée veille. Ses doigts s’emparent de ceux, fiévreux, de sa sœur. Elle sue. Elle s’emmure dans un sommeil violent et cauchemardesque. Aurore remue indépendamment de ses muscles qui hurlent et demandent grâce. Peu à peu, Lucrèce abandonne sa chaise étroite. Ses genoux osseux prennent place sur le lit où se débat une enfant esseulée. Ses phalanges libres s’engouffrent dans les cheveux éparses et humides de sa cadette. Beaucoup sont tombés. Certains s’amoncellent sur son oreiller et ses peluches, longs et blonds comme les blés.

« Ça ira, tu verras. »

Calmement, ses paupières glissent. Elles tombent et le voile façonné par ses cils soustrait à son regard les perles qui dégueulent de ceux de sa sœur. Finalement, Lucrèce s’allonge aux côtés d’Aurore et l’entoure de ses frêles bras, en priant pour son rétablissement.
Et, au matin retrouvé, Italia était toujours là.

O comme Oubli

« Allegra... »

Ils pleurent. Ils susurrent. Ils émettent des plaintes déchirantes, à mesure que le cercueil s’éloigne. Il s’engouffre dans le trou. Il disparaît avec les fleurs que les amours jettent nonchalamment. Pauvres fleurs... Vouées à faner loin des regards. Condamnées à pourrir avec un corps enveloppé dans un linceul sombre.
Des roses écarlates, passions inavouées.
Des lys immaculés, pour les âmes esseulées.
Un chrysanthème jaune, unique et perdu. Pour la tendresse de Lucrèce, celle qui n’a jamais été assumée.

Les sanglots secouent les corps, à ses côtés. Les larmes dessinent des sillons compliqués sur les joues, à l’image de cette pluie torrentielle qui détrempe ses fringues noires. Les traits de Lucrèce ne s’abîment d’aucun sourire. D’aucune haine. Pas la moindre trace de douleur, non plus. Les doigts d’Aurore tremblent entre les siens. Ils convulsent de ce froid qui s’imprègne et pénètre ses os.
La Française ne murmure rien. Les longues tirades réconfortantes, ça n’entre pas dans ses cordes. Elle se risque à l’attirer contre son cœur, néanmoins. La fillette de dix ans s’y serre, comme si son existence en dépendait. Comme s’il n’existait rien d’autre que cette douleur qui pulse à ses tempes.
Italia ne comprend pas. Elle s’est risquée à l’aimer, cette mère subjuguée par son amour de deuxième enfant. Mais, étrangement, son décès n’apporte qu’un vide. Une absence qui pèse sur sa poitrine et étrangle son souffle. Durant la messe, les mots chuchotés par le curé lui avaient arraché une goutte salée. Une seule, honteusement chassée.

« C’est comment l’Paradis, hein ? Les ailes tatouées ont suffit à t’y traîner, non ? »

Ses critiques acerbes affrontent le silence. Jappées à-demi. Murmurées face à cette cuve où l’eau s’accumule déjà et transforme son cocon en mélasse. Aurore pleure sa mère, Lucrèce la hue. Les autres dardent sur la môme des regards courroucés. Ils aiment à croire que cette fille-là, celle qu’ils nomment tous Lucrezia avec l’accent bidon, est froide comme la banquise. Que ses paroles sont dénuées de la moindre émotion. Même la colère n’y pointe plus.
Ses mots se transforment seulement en constats douloureux. En reproches mélodieux, qui deviennent tranchants comme une épée. Une moue désapprobatrice fend ses traits. De ces expressions qui susurrent quelques sauvages insultes à l’oreille d’un mort.
Des insultes protégées aux confins de son âme. Elles sont un secret inavouables. Une douleur faible qui s’est, peu à peu, mue en une jalousie pénible. Elles sont, de cette mère absente, le seul souvenir impérissable que Lucrèce possédât encore.

« Ça ira. Même si Allegra n’est plus là, ça ira, Aurora. Je veillerai sur toi, comme Mutti le désirait. »

Une vérité prononcée à voix basse. Italia serre sa cadette contre sa frêle silhouette et connaît pertinemment son rôle. Elle sait, au fond de son cœur, que cette femme qui lie Lucrèce et Aurore par le sang ne désirait qu’une chose de son vivant : Le bonheur de ses enfants.

P comme Putain

Endetté, Paul considère que sa belle-fille est suffisamment âgée pour subvenir aux besoins de son foyer. Il n’hésite pas à mettre Lucrèce entre les mains de ses collègues brutaux, et même de certains de ses clients en échange d’une somme conséquente.

J’n’ai peur de rien.
Inlassablement, les mots tournoient sous son crâne de boucles brunes. Elles s’amoncellent, de la même manière que ses peurs incisives qui brûlent ses entrailles. Lucrèce a l’habitude, néanmoins. Ses paupières glissent, sinueuses, dans l’espoir qu’à leur réouverture, ce cauchemar prendrait fin.
Les visages boursouflés. Les haleines chargées. Les rires sales et les billets qui s’agitent péniblement au bout de leurs doigts potelés. Ils sont riches. Leurs corps, aussi. Ils sont répugnants, à l’image de leur argent. Lucrèce a l’habitude, néanmoins. Les insultes ne fusent pas dès que les mains baladeuses effleurent ses hanches étroites. Elles ne dépassent pas ses lèvres serrées, à l’instant où les relents alcoolisés caressent sa gorge fine.

J’n’ai peur de rien.
Pas même d’imiter le funeste passé de sa défunte mère. Dans sa tombe désertée par les visiteurs, Allegra éclate sûrement de rire. Belladonna. Ce même nom que mère et fille se partagent.
Une appellation honnie, que l’une et l’autre rejettent véhément. Parce qu’elles n’ont pas choisi cette vie, mais déterminée à la poursuivre. La première s’est délestée de ce passé houleux à la rencontre de Paul, la seconde y a été initiée par ce même homme. Vendue.

Son pâle sourire s’étiole. A ses côtés, deux mains se promènent nonchalamment. Elles s’attardent sur sa peau. Elles emprisonnent ses seins au renflement discret. Quelques minutes s’écoulent sans que Lucrèce ne bronche. Silencieuse, cils tombés, la demoiselle espère sincèrement que son sommeil simulé dissuade son client de poursuivre ses caresses désagréables.
Parce qu’au fond, les seules sensations qu’il est destiné à faire naître se résument à des nausées violentes. Peu à peu, Lucrèce s’étire sans considération pour cet homme qui partage sa chambre d’hôtel. Toujours la même, aux frais des hommes qui s’amusent avec son corps juvénile.

« Stop. Si tu veux plus, c’est le double. »

Son ton est tranchant. Froid. Distant.
Le dégoût se manifeste à ses iris bleuâtres, à mesure que les draps découvrent sa chair délicate. Le réveil annonce déjà trois heures. Aurore attend. Aurore est à la maison, sûrement terrifiée.

« Petite traînée ! Je t’avais demandé de prendre soin de ce client, non ? Il m’a appelé. Il était furieux. »

La mâchoire de Lucrèce tressaute. Calmement, ses poings se crispent.

« C’est ça ! Puisque t’es si doué, vas-y toi ! Écarter les cuisses est si simple, après tout ! Surtout que, comme tous les connards de ton genre, tes merdeux de potes semblent plus porter sur l’idée de prendre les femmes par le cul. Tu vois, même si je n’me risquerais pas à mettre quoi que ce soit dedans, tes copains crades devraient beaucoup s’amuser avec ton gros trou. Maintenant, tu arrêtes de m’emmerder parce qu’après mes reins, c’est mes bras que je dois prêter à ta fille. »

Sans davantage de cérémonie, la môme se dépêche de gravir les quelques marches qui mènent à l’étage. Dans son sillage, les vases du salon éclatent en morceau, et même quelques bouteilles vides. Paul se déchaîne. Il hurle ses flopées d’insultes. C’en est usant. Toujours les mêmes. Continuellement. Toutes les nuits, ces mêmes conneries se répètent et menacent de briser le semblant de maîtrise qu’elle possédât encore.

Son maquillage, ruiné. Ses cheveux encrassé de la pollution londonienne. Sa peau ternie par le manque de soin. Ses phalanges se départissent des fringues affriolantes, les laissant joncher la moquette claire de la chambre d’Aurore. Une Aurore éveillée, bien sûr. Dans un soupir désabusé, Lucrèce se glisse sous les draps tièdes et se dépêche de nouer ses bras froids autour d’une silhouette familière.

« Dodo ! »

Et, sans autres mots, Italia sombre dans un sommeil épuisé.

V c’est Vie
Vingt-deux octobre deux-mille-quinze

Après des années difficiles passées dans un squat sale et poussiéreux, les sœurs ont déménagé dans un appartement aussi miteux, mais à l’abris des courants d’air, et plus proche de Millenium pour que Aurore ait moins de chemin à faire.

« Je prendrai soin de toi, je te le jure. »

Ses iris pâles touchent la frêle silhouette. Caressent cet amour indicible. Effleurent la peau délicate d’une femme en devenir. L’éclat inquiet de ses prunelles est sincère. Il est pur. Il est cette innocence perdue. Il représente cette affection débordante.
La môme acquiesce, silencieusement. Son sourire est doux. Il couve son aînée avec tendresse. Dans la poitrine de Lucrèce, c’est un concert. Les violons hurlent quelques notes perdues entre la joie éplorée et l’horreur indignée. Protéger. Préserver.
Éloigner le danger de ce frêle squelette, autrefois souffreteux. Les fièvres avaient abîmés cette force de la nature. Elles l’avaient fait, par le passé. Mais, désormais, tout est différent.
Désormais, il n’existe qu’elles. Deux, comme les pièces rapportées d’une même machine aux habitudes rodées. Aurore et Lucrèce. Et les minutes s'égrènent. La douleur de ses reins s’atténuent jusqu’à se taire, à mesure que les songes se propagent. Des sourires, à nouveau. Ils fleurissent derrière les voiles occultants de ses cils foncés, et n’appartiennent qu’à un unique être aimé.
Ses muscles se détendent doucement, coincée entre un mur et une silhouette qui se réfugie au creux de ses omoplates. Une habitude qu’elles ont développé, en quelques années. Une coutume entêtante qui consiste à dormir enchevêtrées. Les jambes se croisent et se bloquent, formant des chaînes qui ne se brisent qu’au matin retrouvé. Les doigts emmêlés les uns dans les autres.
Comme s’il n’y avait, en ce monde, que cet amour-là. Uniquement la chaleur dégagée par cette étreinte chaste et doucereuse, destinée à protéger et à faire taire les angoisses de la cadette comme de l’aînée.

Les rayons incendiaires tombent, peu à peu, sur l’édredon sale d’un appartement aux murs pâles. Ils illuminent l’espace confiné d’un studio où les affaires s’étalent sans que les places libérées ne parviennent à les contenir. Des vêtements. Des chaussures. Des restes cartonnés des précédents repas. Quelques boîtes et sacs qui, visiblement, font office de poubelles improvisées. Lucrèce, rendue muette par sa gêne millénaire, ne peut s’empêcher de se flageller. De se souvenir qu’avant, Aurore possédait un toit adéquat. Avant qu’un élan de désespoir ne force l’aînée à enfouir leurs vies dans des valises craquelées pour les emprisonner dans un squat miséreux.
Et, lorsque ses paupières closes se réchauffent du jour levé, la Française s’étonne de ne découvrir aucune silhouette à ses côtés. Une panique sournoise s’échappe de sa poitrine. Cette même sombre crainte qui gangrène sur son âme, et laisse pourrir ses émotions enjolivées.

« Aurore ? »

Aucune réponse.
Brisée, Lucrèce s’étire. Ses ongles peints de noir s’engouffrent dans sa chevelure à la couleur indescriptible, et découvrent les vestiges d’une soirée mouvementée. Des morcellements de plâtre. Ils s’étaient amusés, visiblement. Certes, la marginale moins que son client. Le dégoût agresse ses traits délicats, les brisant d’une moue dubitative.
Ses phalanges tâtent sa peau livide, à la recherche d’éventuelles séquelles. Ça arrivait, parfois. Dans le feu de l’action, des griffures étaient abandonnées aux épaules et au bassin.
Pour une fois, rien. La demoiselle repousse ses draps sans entrain, les lèvres plissées. Fatiguée. Usée. Néanmoins, les plaintes ne fracturent pas le silence pesant des environs. Seuls les véhicules enfiévrés s’en chargent.

Aurore est à l’école. Elle a adopté cette routine solide, qui les empêche de sombrer. Ensuite, l’adolescente se presserait à son boulot à temps partiel que Lucrèce peine à accepter. Et, après s’être acquittée de ses tâches quotidiennes, en plus de la préparation d’un dîner décent, Lucrèce s’en irait. Après avoir embrassé, une énième fois, sa petite sœur sur le front. Après avoir caresser ses beaux cheveux blonds, la brune s’échapperait de ce studio ridicule qu’elles partageaient depuis quelques mois pour briser davantage son échine.
Pour vendre ses prunelles bleuâtres et ses côtes saillantes. Et, ironie désirée par celle qui se casse le cul - au sens littéral comme au figuré - sur son trottoir londonien, Lucrèce s’est affublée du même surnom que sa mère à l’époque.

« Belladonna. »

Silencieusement, un sourire railleur étire ses lippes craquelées, à mesure que les paroles de Sainte Hildegarde remonte à ses pensées.
« Il est dangereux pour l'homme de manger ou de boire de la belle dame, car elle frappe son esprit et en quelque sorte le tue »

  • Immortelle
  • DC de Avdotia Vea Iova
  • Dix-huit ans !
J'vous aime mes p'tits cookies aux pépites de noix. Code mangé par Al
Invité
Invité
Mer 11 Nov - 14:57
Re-bienvenue ma belle !
J'aime toujours ta manière d'écrire.
Et une Margi c'est cool !
Invité
Invité
Mer 11 Nov - 15:11
Merciiii ❤️ Venant de toi qui a une si jolie plume, ça me touche :love:
Invité
Invité
Mer 11 Nov - 16:43
Re-Bienvenue ma puce, ton écriture est toujours un réconfort et si émouvant <3
Invité
Invité
Mer 11 Nov - 16:46
Haaan ❤️ C'est tout mignon ça, ma p'tite crevette sucrée :excited2:
Invité
Invité
Jeu 12 Nov - 4:12
Bienvenue ^^-
Invité
Invité
Jeu 12 Nov - 10:08
Waw, j'adore toujours autant ta plume ! Elle est sublime :love:
J'ai envie de faire de gros câlins à Lucrèce maintenant... (entre compatripotes, en plus !)

Bref, rebienvenue chez nous ♥️
Invité
Invité
Jeu 12 Nov - 10:35
Haaan ♡ Merci !
Stan > Pwouhéhé, contente que mon p'tit bijou te plaise ! 8D Owiiii des câlins, je veux une overdose de câlins !
Invité
Invité
Jeu 12 Nov - 11:58
J'étais pas encore passée sur ta fiche, grosse erreur... J'ai vraiment hâte de voir Lucrèce en rp parce qu'elle m'a l'air d'être un personnage haut en couleur disons et que... J'aime ces perso qui sortent de l'ordinaire ! *^*
Invité
Invité
Jeu 12 Nov - 16:11
Nyyaaa ~ C'est adorable ! J'espère que j'arriverai à la jouer convenablement… .^.
Invité
Invité
Ven 13 Nov - 21:32
Rebienvenue babe, j'aime ta margi. ♥
Invité
Invité
Dim 15 Nov - 23:23

Validation
Gnnn désolée pour l'attente! Ta fiche est superbe, sans surprises et je n'ai rien à y redire! Hormis qu'il faudra, le jour où je trouverais la force au fond de moi pour la finir, qu'on se trouve un lien avec Laine. ♥

Du coup, je te valide ! Maintenant que tu as ta couleur et ton rang, tu vas pouvoir t'acquitter de tâches administratives ! (Youhou, Ô joie !)

♙ Aller recenser ton avatar ;
♙ Créer ta fiche de relations ;
♙ Demander un rp ;
♙ Demander un logement ;
♙ Créer ton téléphone et ton Twitter si tu le souhaites ;
♙ Rejoindre un club si tu es lycéen ou étudiant.

Bon jeu à toi et surtout : HAVE FUN !
©Riva
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