Plus tard, raconter nos histoires ❧ Tanagra.

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Sam 12 Déc - 17:37
Et plus tard, raconter nos histoires ; comme s'il était tare d'être vivant.
Avdy & Tana
Une bâtisse minuscule, où ne se déroule aucun évènement. Un immeuble sombre, au milieu d’un portrait qui l’est autant. Des appartements vides, où bruissent quelques pas, pourtant. Des draps se froissent légèrement. Ils abandonnent un séant offert à un matelas dur, et se fêlent sur un béton ciré relativement pâle. L’ancienne étudiante s’étire félinement, sans envie ni entrain. Romeo bâille à son côté. Romeo - rebaptisé récemment - se hérisse d’un miaulement inaudible, avant de quêter une unique caresse. Le chaton est déjà un peu plus grand. Sa fourrure dense, immaculée comme cette neige qui dégringole silencieusement, est étonnamment douce. Avdotia s’y perd. Avdotia s’y noie.

« On va être seuls pour les fêtes, hein ? »

Romeo ne répond rien. Évidemment, c’est un chat. Et, jusqu’à preuve du contraire, les chats ne s’expriment qu’à travers d’adorables sons. Étrangement, Vea ne se dérange qu’à peine de ces faits. Être seule n’est plus si douloureux... Quoique. Le Marquis n’est plus là, aussi. Le manque se creuse de manière significative. Son Jumeau est ce manque. Ce vide qui s’ingénie à enrouler ses entrailles dans un méchant nœud.

La violoniste lâche un soupir désabusé. Son violon d’empreint trône - royal et magnifique - sur son minuscule secrétaire en chêne. Il n’est sorti de son étui qu’à l’occasion de ses cours quotidien, sans que Vea ne puisse se résigner à emplir son appartement de ses sons entêtants. La môme slave se lève maladroitement. Affublée de l’une de ses indémodables robes en laine, Avdotia enfile ses collants, ses bottes hautes et sa veste hivernale. Ses doigts attrapent un beau flyers en papier glacé, oublié par l’un de ses étudiants. Il vante la beauté des illuminations prévues pour les fêtes, et susurre sournoisement à ses oreilles que le lancement est prévu pour ce soir-même.

Forte de ce constat, la violoniste s’empare de son téléphone fourré sitôt dans sa poche, et quitte l’appartement après un regard brûlant vers les gamelles pleines de son ami félin. Les restes amoncelés dans son frigidaire ne sont guère assez attirants pour l’empêcher d’aller fureter sur les allées décorées spécialement, avec sûrement quelques cabanes de friandises dans les environs.

Ses talons cliquètent bientôt sur les trottoirs. Londres n’a plus de secrets, désormais. La môme s’est assurée d’en mémoriser chaque recoin. A défaut d’avoir son permis de conduire, les transports en commun ne risquent plus de lui poser un problème quelconque avec leurs horaires tordus et les arrêts récurrents. Avdotia darde ses prunelles pâles à l’approche de sa destination. De lourdes décorations pendent aux gorges des lampadaires, effleurant les passants de leurs douces lueurs tamisées.

De sa poche, Vea récupère son flyers et tente de décrypter le message des lettres vives. Selon ses dires, un décompte aurait lieu sur les coups de vingt-et-une heures. Après un regard à l’écran brillant de son cellulaire, la môme constate qu’il est déjà vingt heures trente. Il ne restait qu’à tuer le temps... Et à dégoter une place convenable. Avec sa maladresse naturelle, la russe se fraie un chemin hasardeux dans la foule des badauds curieux, sans grand succès. Et, sans même le réaliser sur l’instante, son corps rencontre sans ménagement une autre masse, un peu plus petite.

« Je suis désolée ! Tu n’es pas blessée ? »

Ses billes pâlottes cherchent vainement l’indice d’une moindre blessure sur ce petit bout de femme qui s’est avéré être son accident de la soirée. Pour ne pas changer...
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Lun 14 Déc - 16:27
ft. Advotia & Tanagra

une rencontre entre une violoniste et une jeune fille, illuminée par les lumières de Noël ♥


Smiles could never fade
Le froid qui s’infiltre dans les rainures du cadre des fenêtres, qui vient envahir ta chambre, malgré le chauffage de l’internat qui tourne à plein régime. Tu te les imagine souvent, comme deux grands géants qui se battent silencieusement pour gagner du terrain dans l’espace de la pièce ; monsieur Glace, un guerrier du nord, accompagné de ses soldats-flocons, et monsieur Chaleur, noble et avec les yeux qui pétillent, mais affaibli et retranché dans les tuyaux de fer du radiateur, sa forteresse. C’est cependant ce Froid qui te pousse hors de ta chambre jusqu’à dehors. Tu as hâte que tombent les premiers flocons ; il n’y a rien de plus heureux que de voir les yeux émerveillés des enfants quand les rues sont recouvertes de blanc, et quand tout le monde se laisse emporter par le bonheur ambiant.

Ta destination, aujourd’hui, c’est une place particulière de Londres. Londres, tu t’y aventures de plus en plus seule, malgré ton jeune âge. Ta mère est occupée en semaine, de toute façon, et elle ne peut jamais t’accompagner. Souvent, tu prends le temps d’aller chez ton oncle Leigh et ta cousine Argence, et vous vous calez dans un canapé pour regarder des Disney. Là-bas, tu te sens autant chez toi que dans les bras de ta mère.

Le programme d’aujourd’hui, c’est l’illumination du sapin de Noël posé en plein milieu d’une place. Tu l’a déjà croisé, ce sapin, et tu sais que ça va être spectaculaire ; tu veux être là pour le voir. Ni une, ni deux, tu enfiles un manteau qui te recouvre presque entièrement, une écharpe offerte par un tonton attentionné, et tu es sortie, petite personne parmi les grands. La place est encombrée par les badauds, curieux de voir le spectacle, et, machinalement, par habitude, tu dévisages les passants, essayant de décrypter, de comprendre leurs émotions. Pour la plupart ce sont des familles ; des enfants surexcités et leurs parents blasés mais attendris, des jeunes couples ou des petits groupes d’amis. Une seule personne s’en détache et cela colle un pli à ton observation, tandis que tes petits instincts maternels se réveillent en ta personne.

Une jeune fille, seule. Toute seule. Qui respire bien trop la solitude pour que ça soit normal.  Ton attention est déviée par un homme qui te bouscule, tu avances de trois pas, tu tentes de retrouver tes repères… Et la jeune femme te rencontre sans faire attention. Instinctivement, tu te rattrapes à elle, contact. Voilà, tu as fait ta rencontre de la soirée.

▬  Je vais bien, désolée… Je ne vous avais pas vue.

Tes yeux rencontrent les siens, et tout à coup tu souris. C’est très ingénu, très naturel. Tu es contente de rencontrer des gens. La diversité du genre humain t’étonne toujours. Et puis la jeune femme qui te fait face est très jolie. A tes yeux, même la cicatrice qui orne sa joue n’entache pas ce qu’elle est. La solitude, par contre, fait tâche sur son visage. Toi qui ne te contente jamais des apparences, tu veux la changer.

▬  Le sapin va bientôt s’allumer… On ne va rien voir d’ici. Je vais nous trouver une place.

Comme tu as l’air plus déterminée quand c’est pour la bonne cause, petite Tanagra ! Cette détermination, personne n’en est témoin, sauf cette jeune dame, et la foule. Mais la foule ne te regarde pas, et ta nouvelle compagne doit bien se demander ce qui te prend de t’immiscer comme ça dans sa vie l’espace de quelques secondes, mais tu ne lui en tient pas défaut.

Tu attrapes sa manche, sans même lui demander son avis, et tu te glisses comme une souris entre les passants. C’est ton jeu préféré ; te frayer un chemin en passant par les interstices. Tu as l’impression de traverser l’humanité toute entière.

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Mar 15 Déc - 18:06
Et plus tard, raconter nos histoires ; comme s'il était tare d'être vivant.
Avdy & Tana
 Un sourire. Totalement contagieux, d’ailleurs. Un sourire qui résonne étrangement, sûrement autant que cette petite voix fluette qui murmure qu’aucun dommage n’a été causé sur son frêle squelette. Si ses cheveux avaient pu être aussi blêmes que les siens, et sa voix fracturée d’un accent aussi russe que le sien, Avdotia se serait risquée à croire que le Père Noël lui offrait une occasion inespérée de rencontrer une Vea enfantine. Une Vea à l’éclat vivace, et aux billes heureuses.

Ses joues se parent d’un rose poudré. Sûrement causé par cette gêne insidieuse que d’être une énième fois à l’origine d’un désastre. Néanmoins, face à une adolescente aussi douce que les lumières des alentours, Avdotia retrouve aisément contenance. Ses élèves eux-mêmes - malgré leur jeune âge - n’attisent pas cette furieuse envie de se risquer à les prendre entre deux bras maladroits. Et, quasiment sitôt ses paroles balancées, la jolie inconnue se dépêche de proposer un audacieux projet.

La slave ne lutte point. Elle ne cherche même pas à rompre cette débandade entre les badauds qui se collent les uns aux autres en une houle compacte. Les mouvements sinueux menacent à plusieurs reprises de séparer les deux demoiselles. Avdotia, visiblement apeurée que ses prédictions ne se produisent, s’empare du poignet chétif de sa compère de la soirée. Maladroitement, son toxique mètre soixante-dix cherche à se créer un chemin à travers ces corps agglutinés, et peine à maintenir le rythme imposé. Pas sportive, ni même douée. Avdotia est ainsi.

Son cœur s’accélère à l’approche du sapin aux énormes boules colorées. Et, déjà, les gens entament le compte à rebours. 10... Vea s’empresse de déboucher sur les environs. 9. Le plus près possible, même si ses coudes souffrent des côtes rencontrées et des coups renvoyés. 8. Ses poumons exhalent de beaux nuages cendrés qui rejoignent bientôt ceux des autres, telle une nuée à l’échelle. 7. Son souffle se décroche lorsqu’enfin les deux jeunettes parviennent à un coin relativement calme et dégagé. 4. Un rire léger s’échappe vaguement d’entre ses lippes craquelées.

« Je ne pensais pas qu’on y arriverait à temps ! »

En écho aux grésillements de sa voix, les passants attentifs hurlent « Un » de toutes leurs forces. Ceci fait, les lumières étincellent vivement. Les guirlandes semblent mettre le feu aux branches, tant leur lueur luise dans la pénombre. Les étoiles elles-mêmes s’éteignent. Fascinée, Vea ne parvient à détacher ses prunelles écarquillées de ce spectacle. C’est sa première fois, après tout. Bien sûr, des sapins illuminés, la russe en a vu durant son parcours. En revanche, un sapin qui s’allume sous ses grands yeux...

« Ah ! Je suis Avdotia, au fait. Merci de ton intervention, je serais sûrement restée à ma place, là-haut, sinon... Ç’aurait été triste de rater un si beau spectacle ! »

Ses lèvres s’étirent en un sourire ravissant. Décidément, Londres est une ville aux surprises impensables.
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Mar 2 Fév - 18:29
ft. Advotia & Tanagra

une rencontre entre une violoniste et une jeune fille, illuminée par les lumières de Noël ♥


Smiles could never fade
Quand tu te fraies un chemin parmi la foule, tu es dans ton élément, Tanagra. Ton sourire vient s’ajouter au plaisir d’être noyée dans la foule, de faire partie des flux et du reflux de la mer de personnes. Tu es un nageur dans un océan, en pleine opération de sauvetage d’une jeune femme qui menace de se noyer. Sa main sur ton poignet t’assure que tu ne la perdes pas, qu’elle ne s’enfonce pas dans les abysses de la foule.

Tu es petite, mais tu règnes sur cette masse de gens, tu es maîtresse de chaque chemin à l’intérieur d’elle. Il y a d’avantage cas de s’inquiéter sur ta nouvelle compagne que sur toi. A l’aide de petits regards rapidement jetés derrière toi, tu vérifies qu’elle n’est pas trop tirée en avant à cause de ton aisance, tandis que tu tentes de lui frayer un passage convenable.

L’adrénaline et la joie te remplissent alors que les gens commencent le décompte autour de vous. C’est magique ; c’est une foule qui compte en chœur. Des gens qui unissent leurs voix sans les connaître. Et déjà vous approchez de votre but, un point pour admirer l’illumination. Tes yeux brillent déjà, le cœur envahi d’euphorie, et les derniers coups du décompte résonnent dans ton cœur alors que tes yeux s’écarquillent d’émerveillement. Le spectacle est magique. Des couleurs qui vibrent autour de vous, répondants aux illuminations des magasins, des étoiles, des flocons, parsèment un firmament envoûtant. Les lumières illuminent la nuit, et ta petite main se resserre sur celle de la jeune femme qui t’accompagne. Les yeux fixés sur le sapin qui brille de mille feux, le bonheur t’envahit, comme trop peu souvent.

Un sourire éclatant revêt ton visage, et tu te tournes vers elle, son sourire te comblant comme pas deux.

▬ C’est joli de te voir sourire, Madame… Advotia. Il faut venir voir des choses comme ça plus souvent, c’est beau…

Et puis, tes yeux se baissant, sous ta timidité un peu pesante mais à la quelle tu es habituée, tes joues se teintant de rouge, même si cela ne se voit pas, avec le froid ambiant.

▬ Je suis Tanagra. Mmh… Faut pas me remercier, c’est normal… Et puis comme ça, t’es plus toute seule !

C’est fou comme tu reconnais la solitude qui ronge les gens, tout au fond d’eux. C’est le lot de chacun, et tous ont besoin, un jour ou l’autre, de quelqu’un à qui s’accrocher dans des temps troubles. Et toi, tu es là pour ça.

Tu savoures ses traits, éclairés par un sourire de ravissement, et cela te fait chaud au cœur. Cela te rappelle pourquoi tu fais ces efforts, tu montres cette bravoure et tu surpasses ton côté introverti pour parler aux gens : pour introduire en eux cette petite étincelle de bonheur, pour leur donner de l’espoir, pour être une petite lumière les guidant dans l’ombre. Tu ne t’en vante pas, tu ne gardes comme gratification que le bonheur qu’ils te donnent en échange, et c’est déjà bien assez.

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Mar 2 Fév - 21:03
Et plus tard, raconter nos histoires ; comme s'il était tare d'être vivant.
Avdy & Tana

Les secondes balancent cette félicité à la gueule des autres. Certains se risquent à darder leurs billes sur les squelettes des voisins, comme s’ils se trouvaient cons, ainsi fascinés, et cherchaient à obtenir une quelconque approbation quant à être excités d’un si beau phénomène. Silencieusement, Vea se délecte de cette euphorie aux relents de festivités entamées. Ceux des chocolats brûlants qui chauffent les mains des badauds. Ceux des parfums qui s’élèvent au-dessus des têtes et s’échappent. Portées par cette brise gelée, synonyme d’un hiver déjà installé, les odeurs enveloppent quiconque se trouve là. Le vin tiède entête de ses âpres volutes, et les voix éclatent comme les bulles d’un champagne millésimé.

La chaleur d’une mimine enserre la sienne avec douceur. Des doigts minuscules, taillés sûrement dans un albâtre immaculé. De ces mains sans souillure, où les crevasses ne s’attardent qu’une minute ou deux, avant d’être miraculeusement oubliées. Elle s’étonne de cette satisfaction qui dégueule des billes de celle à la crinière chatoyante. Même sous les lumières tamisées, Avdotia remarque que les filaments revêtent une couleur automnale. Son sourire s’avère aussi communicatif que son bonheur manifeste. Alors, maladroitement, Vea se fêle d’un éclat qui dévoile ses dents blanches.

Un rire s’échappe d’entre ses lèvres serrées à l’entente de ce tendre commentaire. Noël, son ambiance et ses mystères. Ses cadeaux, aussi. Parce qu’il n’y avait pas en douter, celle qui se présente comme Tanagra s’est dépêchée d’offrir le réconfort à une inconnue. Le manque s’étiole. Celui de son frère. Celui d’être accompagnée, aussi. Mais, Noël, surtout, n’est qu’une fête. Une fête qui s’envole et s’oublie, sitôt Décembre achevé, et ne demeure que l’amertume dans la gorge. Le goût âcre de voir les bonnes choses se terminer.

Les lumières ne sont qu’une illustration de ces faits. Sitôt les ampoules allumées et les minutes égrenées, la magie de l’instant s’estompe. Les passants, agglutinés, râlent. Ils voudraient, sans doute, un nouveau shot d’adrénaline dans les veines. Ils aimeraient remonter le temps, et revivre ce moment où les tâches colorées explosaient comme autant de flammèches. Ils apprécieraient d’ouvrir les bras à un semblant de joie sans consommer les bâtons de mort lente. La cigarette, un fléau. Son voisin lui-même se plaît à détruire son air relativement sain. Du moins, aussi sain qu’un air pollué peut l’être.

« Non, c’est vrai ! Et toi non plus ! »

Vea s’emmure dans un silence serein. Les flocons continuent cette danse lancinante, comme s’ils cherchaient à conserver un semblant de poésie dans un monde où les murs sont seulement gris. Ils tombent calmement, sans cacher les immeubles environnants de leur rideau transparent. Les lumières dans les billes, son regard se promène avidement. Dans sa maladive angoisse, la môme cherche à imprimer les images dans sa rétine. Dans sa mémoire. Y compris le souvenir de cette femme modèle réduit, avec son sourire et sa surprenante manière de s’exprimer.

« Tu veux un chocolat ? Il y avait un stand, un peu plus haut. Ça nous réchauffera ! »

De manière à illustrer ses dires, la russe se retourne à-demi, sans lâcher les phalanges fines qui semblent se loger aussi naturellement au creux de sa paume que celles d’une petite sœur. Ainsi, sa main libre se dépêche de dessiner un chemin imaginaire au sein de la foule, et s’arrête à un endroit qui est, sûrement, cette petite cabane où les effluves gourmandes deviennent insoutenables.
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