Josiah ∞ Miller

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Orientation sexuelle : homosexuel
Etudes/Métier : Première année en philosophie
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Sam 13 Fév - 6:56

PHYSIQUE & MENTAL ₪ Josiah est de ces gens que l'on ne veut pas retourner, que l'on craint d'ouvrir et de disséquer. Il est de ceux qui créent la curiosité chez les autres, mais que personne ne vient tâter pour chercher dans les crevasses ce qui s'y cache. De ceux qui sont décousus, puis recousus, qui se parent de cicatrices et d'histoires sur leur corps, mais que personne n'ose y glisser les doigts et demander pour en connaître l'histoire. Parce qu'on sait pertinemment qu'on y trouvera quelque chose, parce que les gens craignent ce qui se tapis dans le noir. Parce que si par malheur la boîte aux secrets venait à s'ouvrir, il y aurait forcément quelque chose à l'intérieur qui s'en échapperait. Quelque chose qu'il serait bien complexe de remettre à l'intérieur.
Josiah est comme ce plat qu'on a laissé au frigo, qui a fermenté, qui a créé dieu sait quoi sous le couvercle ; couvercle que l'on n'ose plus soulever, car après tout... Tant que l'on ne le voit pas, cela n'est pas vraiment là. Car après tout, tant que ça dort au fond du frigo, ça ne fait de mal à personne.

Josiah est de ceux qui ne sourient pas sur les photos. Parce que c'est tellement plus facile de cacher son visage, parce que c'est tellement plus facile de faire la grimace, de tirer la langue ou de montrer les crocs. Surtout montrer les crocs. Rappeler aux curieux qu'il peut mordre, rappeler aux intéressés qu'il va mordre. On croirait, à son regard un peu glacé, qu'il est de ceux dont le visage n'exprime rien, mais c'est tout le contraire. Il sait s'exprimer, il n'a pas peur des mots non plus. Josiah est de ceux qui ne semblent pas régis par des règles de bonne conduite. De ceux qui paraissent bien peu cultivés lorsqu'ils lancent le mot "fuck" au moins deux fois à la minute, mais qui cachent bien leur jeu. Il jure et ça lui fait du bien. Il ne craint pas qu'on le dise vulgaire, au contraire ça lui plaît. Il est de ceux qui sont vulgaires par les paroles autant que par les gestes. De ceux qui font peur aux enfants, qui choquent les vieilles dames et pas qu'elles, puis qui rigolent fort, pour se donner du courage.
Il ne craint pas le mot vulgaire, il ne craint pas les tabous. Il s'amuse à les braver et s'entoure de gens comme lui qui s'en moquent. Des gens qui, même, sont encore pire que lui. Josiah sera tout de suite plus discret s'il est seul - quoi qu'on le verra encore lancer des regards noirs aux pauvres gamins de la table d'en face au mc do - mais lorsqu'il est entouré d'amis il ne sera jamais de ceux qui cassent les délires et qui brisent les rêveries d'adolescent.

Josiah est de ceux dont il vaut mieux n'effleurer que la surface, sans trop chercher à creuser. Il laissera sans trop de mal les plus téméraires entrer dans sa vie, mais les plus curieux éveillent la méfiance chez lui. Car après tout, il est de ceux qui cachent des choses, tout au fond, de ceux qui ne veulent pas tout dire, de ceux qui ne parlent jamais d'eux. Il s'exprime autrement que par les mots en ce qui concerne ses démons. Son corps est une toile sur laquelle on aurait dessiné trop d'histoires. Il cache parmi les tatouages détaillés et de toute beauté certaines confessions. Josiah est de ceux qui ont une histoire à raconter, mais qui préfèrent se taire.
Certains de ses tatouages ne sont là que par pure envie, par esthétisme, pour la beauté de la chose ou pour l'aiguille dans la peau, à vous d'en juger. Car il est de ceux qui forcent les curieux à se poser la question. Est-ce le résultat ou l'acte lui-même qui l'attire ? Comme le flash de celui qui injecte dans ses veines l'héroïne. Une version qui fait bien moins peur, mais qui laisse plus de marques et une addiction certaine.

Parce que Josiah est de ceux qui ne résistent pas à l'envie de recommencer. C'est à se demander comment se fait-il qui n'ai pas encore sombré dans la drogue. Cela semble être la seule mauvaise habitude qu'il tient encore en muselière. Car Josiah est de ceux qui fument trop, qui ont l'alcool mauvais et qui ne savent pas boire, de ceux qui ne savent pas résister, de ceux qui disent oui et qui cèdent toujours trop vite, de ceux qui couchent avec des inconnus sans lendemain avant de recommencer le jour suivant. De ceux qui mangent ce qu'ils veulent, de ceux qui ne résistent jamais à une journée au fond du canapé à jouer aux jeux vidéos pour récupérer d'une nuit trop agitée. De ceux qui accumulent les péchés sans jamais s'en soucier. Il craque pour tout ce qui peut être mauvais pour lui, tout ce qui laisse un goût amer et âcre dans la bouche, tout ce qui fait mal, encore longtemps après.

Josiah est de ceux qui ne connaissent que le sourire en coin. Un air espiègle au visage, ses yeux brisant l'hiver pour trahir un fond de malice lorsqu'il se laisse guider par celle-ci. Ou il gardera son expression neutre, on croirait avoir échoué à le faire réagir, jusqu'à ce qu'il hausse un sourcil, brisant le masque avec ce geste plein de sous-entendus. Car il n'a pas besoin d'efforts, ses répliques passent même simplement par ces expressions qu'il maîtrise si bien. Il est de ceux qui peuvent charmer d'un regard, de ceux qui savent aussi utiliser le silence, le garder, pour intensifier le reste. Il est doué, là dedans.

Finalement, Josiah est celui à qui on ne doit pas poser de questions. Si les épines qui le parent ne suffisent pas à dissuader les plus curieux et si, malgré la noirceur des plaies, on cherche tout de même à savoir pourquoi le liquide qui suinte de celles-ci est noir, on perd alors toute chance d'un jour le découvrir. Car Josiah est celui qui ne laisse personne voir tout au fond de l'abysse. Josiah préfère être seul que sans défense.

PHYSIQUE ₪ 174 cm ೦ 66 kg ೦ peau très blanche, parsemée de nombreux grains de beauté ೦ yeux bleu clair ೦ cheveux noirs, assez doux, mais rarement coiffés ೦ long cils noirs et épais ೦ nombreux tatouages ೦ deux piercings à chaque lobe ೦ un à la langue ೦ cicatrices, auto-mutilation à de nombreux endroits ೦ passe la moitié de sa vie en jogging

TATOUAGES (LISTE) ₪ ∞ (infini) sur le majeur ೦ « Ain't no rest for the wicked » sur l'avant-bras ೦ la lune du tarot au bas de son ventre côté droit ೦ des roses sur le haut de son torse / collarbones ೦ « HIGH HOPE » sur les phalanges ೦ un poisson betta sur son flanc droit ೦ le signe radioactif sur ses côtes à gauche ೦ une croix au centre du haut de son dos ೦ aux côtés de laquelle peut se lire une prière ೦ dans le bas gauche de son dos, une méduse ೦ ∇VII△VIII sur le bras gauche.

PSYCHOLOGIE ₪ Volontairement repoussant ೦ attitude de "bad boy" ೦ aime choquer ೦ n'aime pas parler de lui ೦ est comme un iceberg, il cache beaucoup de choses ೦ n'assume qu'à moitié sa dépression ೦ ne supporte pas qu'on le confronte à ses vérités ೦ s'adonne régulièrement à tous les péchés ೦ est vulgaire et sans limites

PRÉCISIONS ₪ Passe pas mal de temps à jouer aux jeux vidéos dans ses temps libres ೦ et à sortir faire des graffitis la nuit ೦ il a l'alcool mauvais, bois très mal et rarement ೦ fume beaucoup trop ೦ il pourrait avoir le mot « fuck » tatoué sur la langue que ça changerait rien vu l'utilisation abusive qu'il en fait ೦ il déteste les enfants ೦ il n'avoue qu'à moitié préférer le vanille française au café noir ೦ il prend des médicaments pour l'anxiété, la dépression et l'insomnie ೦ ce n'est que moyennement efficace.
josiah vincent miller
VINGT-SEPT ANS ₪ 14 MARS 1989 ₪ ANGLAIS ₪ NÉ À CHICAGO ₪ HOMOSEXUEL ₪ CÉLIBATAIRE
SERVEUR DANS UN RESTAURANT ₪ A ABANDONNÉ SES ÉTUDES ₪ PERDU DANS SA VIE
PART ONE ₪ MOM

« - Josiah... Je me sens fatiguée..
- ... Tu veux que je te laisse te reposer ?
- Je suis fatiguée de me reposer...
- ... »

Qu'était-il censé lui répondre ? Sa mère le regardait avec ce même regard triste depuis bien trop longtemps et il ne pouvait rien y faire. Il fut une époque où elle se battait encore, mais dans son regard ce jour là Josiah n'y voyait que résignation et fatigue. Elle était au bout de ses forces, après avoir combattu cette bête qui tentait de la tuer de l'intérieur depuis tout ce temps. Le cancer avait officiellement vaincu sa mère et remporté trop de batailles déjà. L'espoir avait laissé sa place à l'acceptation, la tristesse et bientôt le deuil.

Au début, c'était une douleur, une sensation étrange, comme le calme avant la tempête. Sa mère était allé voir le médecin en pensant que ce n'était rien, en se disant que ce serait réglé en un rien de temps. Pourtant, voilà qu'elle en était rendue là, deux mois plus tard à peine. Son état avait dégénéré si vite et ce même si elle avait tenté de se battre. En voyant ses efforts vains, le médecin lui avait un jour dit qu'il ne servait plus à rien de continuer les traitements, qu'elle n'y survivrait pas, que repousser la date d'échéance reviendrait à allonger ses souffrances en peu de mots. Évidemment il ne l'avait pas dit ainsi, mais après tout... Peu importe les gants blancs qu'il pouvait prendre pour lui annoncer qu'elle allait mourir, cela ne changeait rien au fond. Elle allait mourir. Point.

À partir du moment où on perd espoir, le reste coule très vite. Son état s'était détérioré encore plus rapidement et bien vite, Josiah qui avait 17 ans à l'époque avait dû aller vivre chez son oncle pour un temps. Sa mère passait le plus clair de son temps à l'hôpital, elle ne pouvait plus s'occuper de lui.
Pourtant, jusqu'au dernier jour il était allé la voir souffrir, jusqu'au dernier jour il n'avait pas raté une seule occasion de passer du temps avec elle. Il avait peur, à l'époque, peur de la perdre, peur de ne pas avoir vécu assez longtemps à ses côtés. La peur d'un enfant qui allait perdre sa mère. En y repensant, aujourd'hui, ces souvenirs lui laissent un goût bien amer. En effet, ceux-ci ont prit tellement de place qu'il n'arrive plus tant à penser aux moments heureux qu'il a vécu dans sa jeunesse avec sa mère. Lorsqu'il pense à elle, ce qu'il voit ne sont pas ses sourires et ses rires, mais plutôt les yeux vides et son visage fragile lors de ses derniers jours.

Le cancer avait tout gagné. Cette sale bête, cette salope lui avait prit non seulement sa mère, mais avait aussi souillé sa mémoire, n'y laissant que les souvenirs les plus tristes.




PART TWO ₪ AMBER

« - ... C'est pas pour t'ennuyer, mais tu fais vraiment flipper tout le monde ~
- Pas assez, visiblement, puisque t'es là.
- Ah, mais t'es grincheux en plus ! Ça suffit pas à m'effrayer.
- ... T'es un peu conne en fait ?
- Optimiste, je préfère ! »

Conne, c'était plus exacte. Du moins aux yeux de Josiah ça l'était. Elle se disait optimiste, son prénom était Amber. À cette époque, le jeune homme venait à peine d'arriver en Angleterre. Sa mère était décédée six mois auparavant et il avait dû arrêter son année scolaire à ce moment là pour s'en remettre un temps. Puis, dans la logique des choses, il avait déménagé chez son père qui vivait sur l'autre continent. Ainsi, il recommençait son année scolaire à la rentrée dans un tout autre pays, ne connaissant personne et ayant vécu la perte de sa mère dans la dernière année. Autant vous dire qu'on eût su voir plus heureux comme jeune homme de bientôt 18 ans. Il avait adopté dès la rentrée une attitude plutôt agressive et repoussante envers les autres élèves. Il ne cherchait pas d'amis, il ne cherchait pas de compagnie. Pour l'instant sa solitude semblait le combler ; elle prenait toute la place, plutôt.

Pourtant, malgré sa tentative désespérée de repousser tous les gens, avec son air d'étranger rebelle et ses manières rustres, elle avait su se faufiler et dieu seul sait comment, elle avait su trouver les mots pour lui parler. Évidemment, Rome ne s'est pas fait en un jour. Il l'avait tout d'abord repoussée comme tous les autres, l'insultant plus ou moins directement, lui lançant des regards agacés, mais peu à peu il s'était adoucit. Elle n'avait jamais posé de question concernant son passé. Il n'en avait jamais parlé. Même lorsqu'ils se rapprochèrent vraiment, devenant amis, il préféra rester fermé comme une huître. Ça l'arrangeait et elle, ça ne semblait pas la déranger.

C'était à vrai dire ce qu'il aimait le plus chez elle. Elle était compréhensive, alors qu'elle ne comprenait rien. Elle était réconfortante alors qu'elle ne savait rien. C'était ce qu'il y avait de mieux à propos d'Amber. Ainsi, avec le temps, elle sû faire ressortir le meilleur de Josiah et, sans même le savoir, elle l'aida à traverser son deuil. Au début elle devait le forcer à sortir, le forcer à se lever le matin, le forcer à ceci ou à cela. Mais elle avait du cœur, elle avait de l'énergie, comme un stamina infini. Elle en avait pour deux. Puis, avec le temps, cela devint assez naturel chez lui. C'était une petite victoire pour Amber.

À la fin du Lycée il étaient devenus inséparables, alors ils décidèrent d'aller à la même université et de vivre en colocation. Josiah choisi de faire ses études en arts plastiques, alors qu'Amber avait choisi d'étudier les langues. Elle avait toujours été plus douée que lui dans toutes les matières scolaires, mais évidemment en langue elle était la meilleure. C'était de toute évidence quelque chose d'inné chez elle, un véritable talent et une passion. Quelque part, Josiah en était jaloux, car lui n'était pris d'aucune passion particulière. Il avait choisi les arts car on le disait talentueux, mais à vrai dire il était plus doué pour peindre les murs d’obscénités que pour illustrer des belles choses sur du papier ou une toile. Enfin, il ne se voyait pas ailleurs dans ses études à ce moment là, alors il avait tenté le coup.




PART THREE ₪ INKED

« Hey Josi... C'est quoi ça, sur tes côtes ?
- Hein, ça ? Tu l'avais pas vu encore ?
- ... Attends... Tu t'es fait tatouer quand ?
- Là, ça doit bien faire trois mois ma belle. »

Elle parut surprise, puis son expression changea peu à peu. Ce n'était pas si surprenant, après tout, il ne parlait jamais de lui et de ce qu'il faisait quand ils ne sortaient pas tous les deux, de plus elle était si habituée de le voir se balader torse nu qu'elle n'y faisait plus vraiment attention.. Alors elle n'avait rien remarqué, en trois mois. C'était ça, leur amitié. Un respect mutuel qui les poussait tous deux à ne pas trop vouloir en savoir sur l'autre, qui les gardait à la fois très proches, mais aussi très éloignés en même temps. Ce genre de situation, où l'un d'eux arrivait avec une nouvelle importante qu'il n'avait pas annoncé à l'autre avant plusieurs mois, c'était plutôt commun à vrai dire. Mais ils étaient comme ça et ça leur allait très bien.

Enfin, ce qu'elle venait de remarquer, c'était le tout premier tatouage de Josiah. Le premier d'une longue lignée. Les mois s'enchaînaient moins vite encore que les tatouages se reproduisaient sur le corps du jeune homme. Il y avait prit goût. Évidemment il n'ira jamais décrire l'histoire de chacun, pour lui cela fait partie de sa partie privée. Il ne montre que ce qu'il veut bien montrer. Néanmoins, certains ne représentent rien en particulier, d'autres ont une histoire simple à expliquer, puis certains sont plus complexes. Le crâne sur son bras droit est d'ailleurs un de ses dessins, le seul de ses tatouages qu'il a lui-même créé d'ailleurs. Une forme de fierté personnelle, pourtant il ne s'en vante jamais à vrai dire.

Au même rythme que l'apparition des tatouages sur la peau blanche tachée de grains de beauté, mais dans un sens tout à fait inversé, les notes de Josiah chutaient. Il avait gardé son esprit occupé, tentant d'effectuer les travaux scolaires dans les temps, ne restant jamais immobile trop longtemps au risque de trop y penser. Il n'aimait pas ça. Rien ne le remplissait de joie au quotidien et à vrai dire cela durait depuis trop longtemps. Un soir, il eut le malheur de se poser et d'y penser. Alors en vint la seule conclusion possible : Il ne pouvait pas continuer ainsi.
Il avait l'impression que, quoi qu'il fasse, tout le lassait. Chaque journée devenait un calvaire, une montagne insurmontable à gravir. Il n'y survivrait pas. Les seuls moments où il se sentait bien étaient ceux où il ne faisait rien de bien. Chez lui, à ne pas être productif, à dormir ou à jouer à la console ; Dehors, avec un inconnu ou des amis, seul même parfois, dans des endroits glauques pour dessiner sur les murs. Il avait compris que plus rien n'allait, la suite ne surprendrait personne.




PART FOUR ₪ FAILURE

« J'aimerais te dire que tout est à cause du deuil de ma mère, mais c'est la réponse facile ça.
- Et selon toi, qu'elle est la véritable réponse ?
- Je dirais... En gros, que si la vie voulait me mettre à terre avec cet événement, alors c'était vraiment aussi pertinent que de vider son chargeur sur un cadavre.
- ...
- J'ai arrêté l'université, au fait.
- ... »

Le psychologue d'une cinquantaine d'années avait cherché ses mots en regardant Josiah, durant quelques secondes, avant de prolonger son silence tout en baissant les yeux sur sa feuille de notes presque vide. Évidemment comme à chaque fois il avait fini par trouver les mots, après tout il avait l'habitude, il le connaissait bien, il savait s'y prendre. Trois ans déjà que Josiah venait le voir régulièrement deux fois par mois. Trois ans que le spécialiste écoutait les paroles souvent un peu vide du jeune homme, en sachant bien qu'il ne disait jamais tout. Trois ans qu'il tentait de lui faire dire un peu plus ce qu'il cachait au fond, mais ce n'était pas bien efficace malheureusement.
Voilà que Josiah lui arrivait aujourd'hui avec cette nouvelle-là. Après une année d'université, il abandonnait. Cela n'étonnait pas vraiment le psy qui s'y était attendu dès le départ. Il n'avait pas été pessimiste pourtant, mais connaissant bien Josiah il savait qu'il aurait bien du mal à faire aussi longtemps quelque chose qu'il avait choisi par défaut. En l'écoutant parler brièvement de l'école au cours de la dernière année, il avait comprit peu à peu ce qui n'allait pas. De toute évidence, cette voie n'était pas la sienne. La moitié de ses cours l'ennuyaient et il avait avoué, une fois, ne se donner qu'à moitié dans tout le reste. Il remplissait les tâches demandées sans passion, il effectuait simplement les travaux sans jamais se soucier du résultat, juste faire un truc convenable et espérer que ça passe sans mal. Il avait du talent, pourtant, mais rien n'exploitait ni même n'effleurait ce talent dans les cours. Il se sentait mis en cage et, sur le long terme, ça l'avait usé, fatigué puis découragé.

Josiah avait abandonné l'université, mais la vie ne pouvait pas s'arrêter pour autant. Amber le supportait toujours, elle restait la poutre qui, sur sa frêle personne, tenait les fondations de la maison qu'était Josiah. Alors elle lui dit que tout irait bien, elle lui dit que c'était rien, elle lui dit de trouver un boulot et de voir la suite des choses lorsque le temps serait venu. Elle lui avait dit tout cela alors que Josiah ne lui avait rien demandé. En effet, comme toujours, il ne disait rien. Il gardait le silence car c'était plus facile, mais cet échec à l'université le rongeait tout au fond. Mais ça ne ferait qu'un secret de plus à garder.




PART FIVE ₪ HALF ALIVE

« Jos... t'en as pas marre de faire semblant ?
- ...
- Pardon.. J'ai trop bu, j'vais rentrer chez moi. »

Puis elle rentra chez elle. Chez elle ? Oui, car Amber avait déménagé il y a déjà quelques années de cela. Quatre ans précisément. Josiah avait pu garder l'appartement à lui tout seul, car son salaire de serveur - et surtout les pourboires - était suffisant pour payer leur ancien appartement. Vivre sans elle avait été assez dur au début, puis peu à peu de plus en plus difficile. Elle avait déménagé assez loin et ne venait le voir que de temps en temps, ce qui le laissait seul, en tête à tête avec son mal-être la plupart du temps. Évidemment, il ne pensait pas qu'elle s'en rendrait compte. Il lui avait dit que ça allait, qu'il était content pour elle, toutes ces conneries. Josiah avait beau être égoïste, il ne l'était pas à ce point. Maintenant qu'ils avaient la vingtaine c'était bien normal de vivre leur vie, chacun de leur côté. Ils n'étaient plus des enfants en découverte de la vie.

Ce soir là elle était venue chez lui, puis ils avaient bu, beaucoup, peut-être un peu trop. Certainement un peu trop, à vrai dire. Ils buvaient toujours trop, comme des enfants qui ne savent pas. Elle avait alors prononcé ces mots, laissant un malaise planer sur eux. Le silence de Josiah avait pourtant été aussi éloquent que s'il avait avoué. Elle le savait, de toute manière. Pourtant, il avait sincèrement cru qu'elle ne verrait rien. Qu'elle ne voyait rien. Qu'elle n'avait rien vu. Il avait osé croire que sa meilleure amie était aveugle comme tous les autres. Après tout, elle ne savait rien de lui. Pourtant, elle voyait toujours, elle savait toujours. En même temps, comment aurait-elle pu ignorer les marques à ses poignets ? Il avait bien remarqué son regard sur celles-ci, mais avait cru encore une fois qu'elle ne dirait rien. Ça n'était pas la première fois, ni la dernière. Elle le savait bien, mais maintenant elle n'était plus là pour s'occuper de lui. Quelque part, Amber se sentait - avec raison - responsable de Josiah. Elle était sa protectrice, sa bouée, sa guide et sa sauveuse. Voilà pourquoi elle n'avait jamais rien dit avant ; Elle savait qu'il ne risquait rien au fond, près d'elle. Maintenant il était seul.

Enfin, elle était partie sans demander plus d'explications. Elle avait regretté ses mots, car il avait semblé se refermer en les entendant. Amber le connaissait bien, elle savait qu'elle n'aurait jamais dû le provoquer ainsi pour le pousser à parler. Cela n'avait aucune efficacité sur lui, la provocation ne l'avait jamais poussé à s'ouvrir. Mais elle avait bu, elle s'était inquiété, elle avait voulu savoir. Comme si, maintenant, elle avait besoin de savoir pour comprendre. Comme si elle avait perdu son don de clairvoyance sur lui.

Leur froid n'avait pas duré plus d'une heure, pourtant cette soirée était gravée dans la mémoire du jeune homme de 26 ans. Elle avait raison, il le savait. Il mentait, il mentait à tout le monde et surtout à lui-même. Il se cachait derrière de belles paroles en disant que tout allait bien, mais son travail était en train de le tuer à petit feu. Il n'était pas quelqu'un de bien ambitieux, mais il espérait pourtant mieux de la vie que ce salaire minable qu'il recevait pour faire un travail à la limite du forcé, en servant des gens qui ne mériteraient pas plus que son pied aux cul. Entre les vieux qui ne donnaient jamais de pourboire, après l'avoir jugé du regard pendant tout leur repas, entre les enfants qui hurlent, les parents désespérés qui pensent sûrement à les abandonner là, entre les jeunes couples qui semblent trop heureux et ceux qui semblent s'en foutre, entre les groupes qui parlent trop fort et, finalement, les putains d'anniversaires à la va-vite tous plus tristes les uns que les autres... Il ne se passait pas une journée sans qu'il ne pense à enfoncer un plat de raviolis au fromage dans le cul d'une jeune mère incapable de faire taire son bambin. À qui il aurait d'ailleurs fait avaler le dessert par la même voie. Avec le temps, plus rien n'était tolérable. Chaque journée était une épreuve. Il longeait depuis trop longtemps la limite de sa tolérance.

Amber avait tout vu, tout compris encore une fois sans même savoir elle savait. Voilà pourquoi les mots de sa meilleure amie restaient, tournaient et revenaient toujours dans son esprit. Il en avait marre de faire semblant.




PART SIX ₪ COMEBACK

« Hier je suis monté sur un toit pour repeindre les briques gentiment.
- Bad boy, arrête tes bêtises imbécile ~
- Après j'me suis posé sur le bord pour fumer.
- ... T'as pissé du haut du toit avoue ?
- J'ai eu envie d'me foutre en l'air.
- ...
- Faut qu'je bouge Amber, c'est devenu insupportable de respirer.
- Jos..
- ... J'ai pissé du haut du toit aussi. J'suis si prévisible ? »

Après ces derniers mots, il avait sourit en coin. Ce sourire qu'elle connaissait bien, car ce débile il était fier de lui en plus. Mais ce sourire était positif, elle le savait. Elle ne pouvait pas en être certaine et n'osait pas le demander clairement, mais après ce soir elle sentait que les choses allaient changer pour lui. Il s'était ouvert les yeux. Après tout, il trouvait toujours la solution tout seul, simplement ça lui demandait plus de temps.

En effet, il s'était passé quelque chose. Josiah avait atteint le point de non-retour. Il n'en pouvait plus de ce travail. Il n'en pouvait plus de se tuer à la tâche, de faire des choses qu'il déteste, fausser les apparences et se convaincre que ça va, que c'est normal, que c'est ça la vie. Il lui avait semblé évident, ce soir là sur le toit, que s'il ne faisait rien au plus vite alors il n'arriverait plus à se mentir. Son esprit s'était rebellé, il lui avait crié d'arrêter de lui mentir, d'arrêter de fausser la réalité, d'arrêter de faire semblant. Alors, pour une fois, il avait écouté cette petite voix en lui.

Trois jours plus tard, il avait remis sa démission. Du haut de ses 26 ans, il avait pris la décision de reprendre sa vie en mains. Sans attendre, il s'était inscrit à l'université pour pouvoir recommencer les études. L'université Millenium Earl avait été son choix, car elle se trouvait plutôt près de son quartier qu'il connaissait bien et il n'avait pas envie de déménager trop loin. De plus, elle offrait de nombreux programmes et semblait très diversifiée, ce qui l'avait attiré. La grande question avait bien entendu été 'études en quoi ?' et il avait un peu hésité. Évidemment faire un choix n'était jamais facile, pourtant il avait finalement choisi sans trop de mal la philosophie. Il s'y était longtemps intéressé lors de ses débuts à l'université, six ans auparavant. Il avait lu quelques bouquins, par simple intérêt, ce qui était plutôt rare. Alors il tenta sa chance. Pourquoi pas ? Qu'avait-il à perdre après tout ? Il ne pouvait pas descendre plus bas.

Par contre, puisqu'il avait dû quitter son emploi il se retrouvait maintenant avec un nouveau problème sur les bras : Pas de salaire, pas d'argent, pas de logement. Il se plaignait bien de son travail, mais au moins il était bien payé. Le financement aux étudiants était pour sa part plutôt médiocre, alors il n'eut pas le choix de quitter son appartement. Dans tous les cas, ce fut sans regrets. Même s'il gardait de bons souvenirs entre ces murs, il n'y était pas tant attaché et il avait aussi de sombres démons d'enfouis ici. Il préférait repartir sur de nouvelles bases, tout en neuf.

Il quitta donc cet endroit qui avait été chez-lui durant six ans, repartant dans une nouvelle aventure. C'est sans aucun mal qu'il réussit à dénicher un appartement à partager pas trop loin de l'université. Le résident actuel était un jeune homme d'un an plus âgé que lui qu'il ne connaissait pas du tout. C'était tout nouveau pour Josiah, mais étrangement il n'avait pas peur. Ça ne serait pas pire que les six dernières années.




PART SEVEN ₪ INFINITY

« Comment c'est, le nouvel appartement ?
- Ça me plaît.
- Sérieux ? Qu'est-ce qui te plaît le plus ?
- La vue.
- ... T'es tellement prévisible. »

Évidemment elle savait qu'il ne parlait pas de la vue exceptionnelle qu'il avait des fenêtres de l'appartement dans lequel il venait tout juste d'emménager. Amber n'était pas si stupide et, surtout, elle connaissait bien son petit Josiah. Lorsqu'il évoquait la vue, il parlait plutôt du nouveau colocataire, juste à son ton elle pouvait le deviner. Néanmoins il ne lui en dit pas plus à ce sujet. Elle n'avait pas besoin de tout savoir, comme d'habitude. Elle verrait bien le logement d'elle-même lorsqu'elle viendrait le voir et le coloc aussi.

Elle lui posa ensuite des questions concernant l'université. Aimait-il cela ? Il avait commencé il y a peu et évidemment c'était un peu compliqué de dire alors il s'était contenté de répondre que ça allait. Une autre réponse habituelle digne de Josiah. Il n'avait pas vraiment peur de ne pas aimer les cours, mais plutôt de ne pas arriver à le faire jusqu'au bout. Il craignait son propre mental, sa propre confiance et sa détermination. Enfin, ça, seul l'avenir saurait le dire.

Dans tous les cas, déménager lui avait fait du bien. Il n'avait plus l'impression d'être condamné à vivre un jour éternel dans la tristesse de son ancienne routine. Il se sentait plus libre, il se sentait... revivre ? Ça, ça restait à voir ~
maman chat
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Sam 13 Fév - 18:41
Bienvenue !

Stylé ton vava ♥
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Sam 13 Fév - 19:54
... Il n'y a pas à dire, tu as un de ces styles d'écriture...
Wow.

Je n'ai pas d'autres mots, non.
J'aime toujours autant ton avatar.

Welcome (back) here, sweetie. ~♥



Thanks le vioque. ~

Event de Pâques 2016:
 

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Sam 13 Fév - 20:23
Bienvenue maman chat!:
 
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Dim 14 Fév - 0:45

Validation
Hey ! Re-bienvenue parmi nous !

Bon j'avais déjà lu ta fiche, donc je l'ai survolée rapidement pour me souvenir un peu, mais je n'avais déjà rien à redire l'autre fois alors si j'ai quelque chose à dire maintenant c'est bizarre /pan

Du coup je te valide sans attendre ~

Du coup, maintenant que tu as ta couleur et ton rang, tu vas pouvoir t'acquitter de tâches administratives ! (Youhou, Ô joie !)

♙ Aller recenser ton avatar ;
♙ Créer ta fiche de relations ;
♙ Demander un rp ;
♙ Demander un logement ;
♙ Créer ton téléphone et ton Twitter si tu le souhaites ;
♙ Rejoindre un club si tu es lycéen ou étudiant.

Bon jeu à toi et surtout : HAVE FUN !
©Riva


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Mar 7 Fév - 15:35
Fiche sortie pour édition o/


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