We meet again... [Finit]

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Psychologue
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Mar 20 Déc - 20:32

Le reste de la semaine c'était passé sans moment particulier ce qui n'avait pas aidé. Rien n'avait pu attirer son attention ailleurs que sur la petite case du calendrier qui indiquait lundi. C'était sa première pensée le matin et sa dernière le soir. Pendant ses sessions, la concentration lui échappait à quelques reprises et même ses quelques collègues lui avaient remarqué un esprit vagabond. Ça commença à l'épuiser, puis à l'irriter. Sa propre obsession était pathétique, mais l'anxiété causé par l'ignorance était pire. Était-ce ou n'était-ce pas Silas ? Allait-il avoir une bonne ou une mauvaise surprise ? Silas faisait parti de la bonne ou de la mauvaise fin ? Raaaah !

Voilà, lundi matin. Eliott s'était couché à minuit, heure raisonnable, mais il avait gardé les yeux ouverts jusqu'à 3h du matin. Conséquence: ils voulaient rester clos au son de l'alarme digitale. Son gémissement suppliant se rapprochait plus du sanglot que de la blague alors qu'il se tirait hors du lit dérangeant Chaplin qui s'était couché à ses pieds. Il prit sa douche à moitié réveillé, puis se rasa devant le miroir de la salle de bain. Il ne se coupa que deux fois, great. D'habitude, il était plutôt doué, car ce n'était pas gentleman d'avoir des bouts de mouchoir collés au visage, mais son état engourdi rendait toutes tâches un tant soit peu difficiles. Il retourna ensuite à sa chambre pour décider de l'ensemble qu'il porterait aujourd'hui. Il était toujours vêtu d'un complet propre parce qu'il croyait à une bonne première impression. Il pensait aussi que tout métier avait son uniforme et que le complet faisait parti de son professionnalisme.

Une fois Chaplin, son chat adoré, nourri et câliné, Eliott quittait son simple appartement pour descendre à la voiture se mettant en route. Il s'arrêta comme chaque matin au café du coin et c'est dans la file d'attente que son cœur commença à se débattre de plus en plus fort. Il pensait à la clinique. Il entrerait, saluerait la secrétaire et un ou deux collègues, on l'informerait que son premier patient l'attendait et... il arriverait devant la porte de son bureau derrière laquelle se trouverait... effectivement son premier patient de la journée, en ce lundi matin. Anxieux, Eli en échappa sa monnaie lorsque vint le moment pour payer pour son chaud breuvage. Putain de m... On respire. Il sourit timidement à la caissière et prit son café avant de s'éclipser le plus vite possible. Il arriva sans peine au stationnement, car il avait été extra prudent. La dernière fois, il avait évité de justesse un accident tant le stress lui avait prit la tête. Pas cette fois.

Il entra dans la clinique, salua la secrétaire qui lui indiqua que son premier patient était arrivé, sourit à un ou deux collègues, puis il s'engouffra dans le couloir. Chaque porte qu'il dépassait l'amenait encore plus près de son bureau, chaque porte qu'il dépassait faisait augmenter son rythme cardiaque. Une gorgée de café, une deuxième, une trois... non, le café était vide. Ses pas ralentirent et s'arrêtèrent. Eliott inspira par le nez, expira par la bouche avant de poser la main sur la poignée. Il se demanda s'il devait entrer avec douceur ou avec force, mais encore se poser des questions le rendait plus anxieux alors il entra d'un coup.

- Good morning. Sorry, i'm a bit late.

Il ne jeta aucun coup d'oeil à l'homme qui était assit sur l'un des fauteuils se dirigeant directement à son bureau pour y déposer sa mallette noire et son manteau. Eliott était dos à son patient et il ne voulait pas se retourner. Il avait peur. C'était lui, n'est-ce pas ? Il en était sûr. Sa présence était familière. Il sentait son regard sur lui le faisant presque frissonner. Il arrivait même à détecter une très légère trace de son odeur dans la pièce. Eli se sentait tendu, mais cela faisait déjà bien trop longtemps qu'il faisait dos au policier. Donc, il se retourna, les yeux d'abord baissé comme pour s'habitué à une lumière trop éclatante.

Silas Lloyd. Il était toujours aussi beau et irrésistible. Eliott sentit son cœur fondre instantanément dans une marre de bonheur douloureux. Ça faisait mal de l'avoir sous les yeux, mais c'était pire de se retrouver dans les siens. Il le regardait aussi, lui. Néanmoins, il tenta de rester le plus neutre possible alors qu'il s'assoyait à moitié sur le bord de son bureau.

- Hi, lui lança-t-il simplement, mais avec une touche beaucoup plus personnelle que sa première salutation.  
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Policier
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Lun 16 Jan - 3:38
we meet again.
Son téléphone, qui lui servait de réveil, jouait en boucle la même chanson depuis déjà au moins dix minutes. Silas, pourtant, n'avait ni l'envie ni l'énergie de tendre le bras pour l'éteindre. Il s'était éveillé bien avant cela, mais n'avait pas bougé de son lit, détaillant la faible lumière du soleil qui pénétrait pas ses rideaux en cherchant une raison de se lever. Sa tête lui faisait atrocement mal, Charlie n'était pas là. Elle travaillait de nuit et rentrerait bien après son départ pour son rendez-vous. Il n'avait déjà pas la moindre envie d'y aller, mais en recevant la lettre informative à ce sujet il avait lu le nom du psychologue qu'il verrait. Lui, bien entendu. Il avait fallu que ce soit lui. Comme si l'univers essayait de les rapprocher, alors qu'il était certainement la dernière personne à qui il voulait raconter sa vie. Eliott. L'idée de le revoir, une fois de plus, n'était pas forcément déplaisante ; Un peu de réconfort en cet instant ne lui aurait pas déplu, quelque chose que Charlie n'arriverait jamais à lui offrir aussi fort que Lui. Mais il n'était pas là pour le réconforter, lui faire oublier ses problèmes et lui rappeler une époque où il n'en avait pas. C'était même tout le contraire. Le voir dans cette optique le mettait mal à l'aise et, même, il avait commencé à redouter le jour de cette rencontre. Jamais il ne pourrait lui parler. De toute manière, il n'avait rien à dire. Il n'y avait rien à dire.

Au travers de toutes ces pensées, comme pour calmer son anxiété naissante le soir d'avant, il avait bu. Avait-il réellement besoin d'une raison pour le faire ? Absolument pas. Pourtant, le fait d'en avoir une l'avait rassuré ; Il avait bu un peu plus. Un peu trop. Le matin était arrivé trop vite et pourtant le sommeil ne l'attirait déjà plus. La douleur à sa tête lui rappelait à chaque élancement l'alcool qui devait encore traîner dans son ventre. Il n'était pas en état d'affronter cette journée, moins encore que toutes les précédentes.
Pourtant, il s'était levé. Difficilement, certes, mais il avait quitté le lit sans grogner, attrapant ses vêtements avant de se rendre à la douche en traînant des pieds. Un bref coup d’œil dans le miroir lui avait permis de voir son visage fatigué, ses traits tirés et sa barbe un peu longue ; Il n'en fit pas de cas. Rien d'inhabituel, rien qu'il n'ait pas déjà vu des centaines de fois auparavant. La douche lui fit le plus grand bien, puis il fit le reste de sa toilette, s'habillant à la fin, prêt à quitter l'appartement.

Ainsi, après un bref trajet en voiture, il s'était retrouvé guidé par la secrétaire dans le bureau d'Eliott Clarke. Celui-ci n'était pas encore arrivé, lui avait-elle dit, mais il ne tarderait pas. Évidemment. Une part de lui espérait qu'il ne vienne pas. Qu'il soit malade, ou dieu sait quoi. Rien de grave, juste assez pour l'empêcher de faire le déplacement aujourd'hui. Pourtant, une autre partie de lui avait hâte de le voir. De revoir ses yeux le transpercer, de revoir son visage qu'il avait connu à tant d'époques. Revoir ces traits si familiers, et qui pourtant aujourd'hui appartenaient à un inconnu. Il voulait ce sentiment d'appartenance, de se sentir en terrain connu. Mais il savait que tout ce qu'il aurait, ce serait un sentiment de frustration et de malaise ; Il avait envie de s'enfuir.

Cependant, même s'il aurait aimé être lâche, il ne l'était pas vraiment. Il avait la capacité d'affronter ce regard, d'affronter cette rencontre - et les suivantes - car il n'avait pas le choix. Il devait passer par là s'il voulait récupérer son boulot ; Reprendre sa médiocre vie en main. C'est à cet instant que la porte s'ouvrit, d'un coup, sans la moindre douceur et comme une tempête il le vit s'engouffrer dans le bureau et aller directement à son bureau y déposer ses choses. Il ne s'était pas tourné un seul instant vers lui, parlant sans oser lui faire face. Silas eut envie de sourire. S'il était anxieux, alors évidemment Eliott l'était encore plus. S'il voulait fuir, ce n'était rien en comparaison avec son ex. Il avait toujours été le plus fort des deux, alors évidemment s'il était ébranlé, c'était toujours pire pour Eli. Il eut envie de sourire aussi, ne serait-ce que parce qu'il le reconnaissait. Dans ces gestes un peu empressés, pour cacher son malaise, dans cette façon de se retourner sans vraiment le regarder. Tout de lui, il l'avait connu et le redécouvrait à chaque fois.
La nostalgie l'envahit, laissant un sentiment douloureux, comme une vieille blessure à son cœur qui cherchait à se rouvrir. Il ne dit rien, comme s'il avait soudainement oublié de parler. Il était là, mais il n'était pas là pour lui. Pas là pour satisfaire son besoin de réconfort. D'un coup, l'envie de sourire s'était envolée.

« Hi.. »

Comme si cette salutation venait de lui enlever un poids des épaules, il se détendit un peu plus. Ses mains passèrent lentement sur son visage, puis dans ses cheveux un peu mal placés, séchés trop rapidement ce matin. Il se sentait désarmé, face à lui et pourtant avec l'impression d'être vaincu avant même d'avoir commencé quoi que ce soit. Il aurait aimé dire quelque chose de bien, faire le mec fort qu'il aimait tant avoir l'air d'être, mais un soupir traversa ses lèvres. Il posa alors à nouveau les yeux sur lui, happé soudainement par sa beauté, comme si en quelques secondes il avait trouvé le moyen de l'oublier.
Par quoi commencer ? Devait-il lui dire comment il se sentait, à quel point cette rencontre avec un psychologue était stupide à ses yeux.. Non. Tout ça il s'en doutait certainement déjà. Lui qui n'avait jamais été très doué pour véhiculer ses sentiments avec efficacité, pour parler de lui et s'exprimer convenablement... Cette chaise, ce bureau, tout ça ce n'était pas sa place. Il voulait retourner au travail, tout simplement.
Devait-il entrer dans le vif du sujet, parler de ce qui s'était passé, lui demander de juste signer ce foutu papier, dire qu'il était apte et quitter cet endroit sans demander son reste ? Encore une fois, une solution comme une autre, mais ce n'était pas ce dont il avait envie. Dans cette optique, son regard s'adoucit. Il ne le quittait plus des yeux.

« You look great. »

Il le voyait dans ce complet, comme un homme qui avait réussi sa vie, comme si rien ne pouvait plus l'arrêter. Ce simple vêtement donnait une impression de puissance, comme une aura différente de la sienne, quelque chose de fort qui méritait d'être respecté. Dans un sens, cela ne l'aidait pas à être à l'aise ; Aujourd'hui il était en arrêt de travail, dans un des instants les plus misérables de son existence et voilà qu'il était là, comme pour le narguer, comme pour lui montrer que lui s'en était remis. Qu'il allait bien. C'était l'impression que Silas avait en cet instant, sans se douter qu'il était à des kilomètres de la réalité. L'envie pourtant lui prenait de remettre les pendules à l'heure ; De l'emmener à son niveau et à sa portée. Tendre les doigts et l'attraper par la nuque, appuyer ses lèvres au siennes juste pour voir ce masque de neutralité se briser, se fissurer et laisser entrevoir la vérité. Il n'était pas plus fort que lui en cet instant.
Silas avait prononcé ces mots sans y penser, sans vraiment savoir quoi exprimer. Il aurait tout aussi bien pu dire "I don't feel like talking" et ça n'aurait pas été bien différent. Ses doigts glissèrent de ses cheveux à sa nuque, puis il finit par détourner un peu le regard pour observer les objets posés sur le bureau d'Eliott. Des choses banales et sans importance, un porte-crayons, des documents, une agrafeuse..

« Destiny is such a cunt, am I right ? »

Il avait toujours eu ce côté léger, lorsqu'ils étaient jeunes. Ce côté un peu con, assez pour se moquer de la destinée elle-même. Quelque chose qu'il avait perdu peu à peu, au fil des années. Quelque chose qu'on lui avait enlevé, mais qui ressortait parfois avec un sourire d'idiot presque désolé qu'il n'arborait pas aujourd'hui. Il en était incapable, pas même un sourire triste, ni quoi que ce soit. Il ne reposa pas tout de suite les yeux sur Eliott, car en cet instant il ne savait pas vraiment ce qu'il ressentait. Entre cet inconfort évident, et une envie agaçante de se lever pour le plaquer au bureau sur lequel il s'était posé.. Il préférait observer l'agrafeuse qui lui donnait de bien moins folles idées.
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Lun 16 Jan - 9:23

Ses mains appuyées sur le rebord du bureau devenaient moites et tout son corps ne lui était plus naturel. Se positionnait-il comme ça d'habitude ? Ou comme ça ? Où mettait-il ses mains ? Comment étaient ses pieds ? Si de l'extérieur, il tentait d'arborer le calme, il gigotait d'anxiété et de malaise à l'intérieur. C'était que malgré qu'ils s'étaient revus au cours des années passées, jamais ils n'avaient échangé de mots, jamais ils n'avaient pris de nouvelles. Leurs regards s'étaient croisés, ils s'étaient abandonnés, puis c'est tout. Parler avait été interdit, cela avait été une règle non écrite, mais connu de tous deux. Maintenant, c'était une dizaine d'années à reprendre tout d'un coup. En fait, non, ils n'allaient rien reprendre, car ce n'était pas pourquoi leurs chemins se recroisaient à nouveau.

Il répondit à sa salutation monosyllabique, puis se mit un peu plus à l'aise. Eliott ne pu s'empêcher de suivre le mouvement des mains avec une attention particulière. Que ce serait bon de le toucher.. de passer ses propres mains sur son visage, dans ses cheveux. Cependant, il tira sur sa propre laisse avec violence l'obligeant à écarter ces pensées malsaines. L'air était peut-être difficile à trouver, son coeur avait peut-être des palpitations, mais il fallait rester professionnel et sage. Il ne pouvait se laisser une porte ne serait-ce que déverrouillée parce qu'il n'hésiterait pas à l'enfoncer. Tout devait être calculé et consciemment contrôlé. Eli avait peur de perdre le contrôle, car cela avait toujours été un problème par le passé.

- Thanks. You look.. tired.

Ce n'était qu'à cet instant qu'il le voyait. Silas avait l'air épuisé et ça ne rendait la tâche que plus difficile. Eliott avait davantage envie de se rapprocher pour le réconforter. Cette envie le plongea dans des souvenirs lointains. Silas était venu le rejoindre à l'appartement et déjà il avait remarqué que quelque chose n'allait pas. Il ne disait jamais rien, mais Eli avait l'oeil. Il n'avait rien dit non plus, mais il avait été là pour lui, le cajolant, l'embrassant, lui soufflant des mots doux. Ça avait été suffisant et Silas lui était revenu. Cette mémoire soulageait un peu. Puisqu'il ne pouvait le toucher aujourd'hui, Eliott s'accrochait à ce moment passé où il l'avait fait sans y penser.

Ses doigts se déplacèrent encore quittant les cheveux ébouriffés pour se glisser à la nuque, un geste beaucoup trop sensuel aux yeux du psychologue. Il se mordit même un peu la lèvre inférieure sans s'en rendre compte. Heureusement que les yeux du policier avaient flottés ailleurs. Le commentaire de ce dernier fit d'abord sourire faiblement Eli qui s'était ennuyé des ces taquineries, mais voyant que Silas ne souriait pas en retour, il effaça la joyeuse grimace. Il n'allait pas. Ça lui brisait le coeur de le voir ainsi. Il se tourna donc vers son bureau et sortit une feuille de ses documents avant de s'approcher. Il prit place dans son fameux fauteuil installé face au sofa, les coudes sur les cuisses, le dos arqué vers l'avant.

- Look, i can't be the one evaluating you. It's illegal since we know each other, so i'm transfering you to a colleague of mine, here.

Pourquoi avait-il précisé que c'était dans la clinique ? C'était évident pourtant.

- He's really easy to talk to if you wanna talk, but if you don't, you can lie to his face and he will believe you.

Il lui tendit le document en se demandant si cela allait être son seul contact avec lui, par l'intermédiaire du papier. Il espérait que non. Ses yeux s'abaissèrent sur la main qui prenait la feuille en imaginant sa chaleur, mais quelque chose attira son attention. Une bague et pas au creux de n'importe quel doigt. Eliott sentit son estomac tomber et son coeur s'arrêter pendant un bref instant. Cependant, il ne voulait pas fixer trop longtemps.

- Your appointment is in two days, in the afternoon.

Il devait avoir mal vu. Cela devait être un anneau sur un doigt quelconque et sans importance. Oui. Cela n'avait aucune importance. Il avait mal vu. Néanmoins, il ressentit le besoin de fuir alors il se redressa pour retourner près de son bureau. Eli fit semblant de vérifier que tout était en ordre dans ses dossiers pour se laisser le temps de se reprendre, puis il se retourna de nouveau vers son patient d'un jour lui souriant à peine.

- You won't have to deal with me so don't worry. But...

Non, il fallait qu'il s'arrête.

- ... if you feel like it, we could have a drink or eat somewhere.

Trop tard. Il avait parlé avant de réfléchir. C'était jouer avec le feu. Comment pouvait-il penser que se voir à l'extérieur allait bien se passer ? Ou trop bien se passer ? Merde, il avait déjà de la difficulté à se maîtriser et ils étaient dans une situation professionnelle. Que ce passera-t-il lorsqu'il n'y aura plus ce cadre ? C'était tout simplement irresponsable. Après des années à uniquement passer le temps d'une baise ensemble, voilà qu'il lui proposait qu'ils s'assoient pour parler. Parler de quoi ? Putain, parler de quoi ?! Il fallait qu'il rectifie le tire, mais il ne savait pas comment ou plutôt il ne voulait pas. Chaque seconde qui passait, il s'obligeait à intervenir, mais il restait silencieux en espérant que Silas accepte avant qu'il n'ait le temps de dire quoi que ce soit.  
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Jeu 19 Jan - 7:19
we meet again.
Épuisé, fatigué. Crevé même, alors qu'il avait pourtant tout son temps pour se reposer depuis son accident. Il ne dormait pas, même lorsqu'elle était là. Même lorsqu'elle tentait de le rassurer, lorsqu'elle s'occupait de lui il ne dormait pas. Seulement après de nombreuses heures à tourner dans le lit il trouvait un sommeil peu réparateur et court. Toutes ces choses tournaient encore et encore en boucle dans sa tête lorsqu'il se posait dans son lit. Il arrivait à les repousser durant le jour, à ne pas y porter attention, mais le soir tous ses problèmes revenaient en force embrouiller son pauvre esprit. Alors il ne fut pas vraiment étonné qu'Eliott fasse la remarque concernant son air fatigué. Il savait bien que ses traits étaient tirés ; Il s'était vu dans la glace ce matin après tout. Quelque part, il aurait apprécié entendre d'autres mots plus rassurants venant de sa bouche, mais il n'avait jamais vraiment été comme ça. Les choses étaient ce qu'elles étaient, il se contentait d'énoncer l'évidence. Silas faisait pitié à regarder, il le savait plus que bien.

Sa bêtise avait fait sourire Eliott, mais il n'avait pas eu la foi de le lui rendre. Comme si, l'espace d'un instant, son cerveau avait arrêté de fonctionner. Ce sourire, il venait de lui transpercer le cœur, comme un rappel douloureux de ses envies ; Le regarder sourire, détailler ses lèvres, les fixer bêtement en espérant qu'il le remarque et vienne les presser sur les siennes. Sentir ses cheveux caresser son visage, son corps revenir au sien trop naturellement. Ces pensées, éloignées du moment présent, s'effacèrent lorsqu'il vit Eliott revenir vers lui. Il semblait sérieux, alors Silas tenta de reprendre le sien. Reprendre ses esprits, cesser ces fantasmes légers, ces idées folles, cesser de se morfondre bêtement aussi.

« Thanks. I really don't feel like talking. Actually... I just want to go back to work. »

Il énonçait l'évidence, car Eliott le connaissait assez bien, malgré toutes ces années sans se parler, pour deviner une chose pareille. Lorsqu'il tendit le document, Silas baissa les yeux et détailla la main de son ancien partenaire. Il observait ses doigts fins, avec l'envie d'y glisser les siens, de prendre sa main pour embrasser chacune de ses phalanges avec une lenteur calculée. En une fraction de seconde il avait songé à la scène, à son corps plaqué sur ce ridicule sofa, à ce contact dont il rêvait pour enfin alléger son esprit.
Il prit le papier, sans l'effleurer.
La tension était de plus en plus difficile à gérer, comme si son cerveau ne lui offrait que deux choix : Penser à ce qu'il faisait dans cette clinique, penser à ses problèmes et à tout le reste, ou penser à lui. Il céda un peu à cette seconde option, un peu plus à chaque seconde, laissant une douce chaleur envahir son ventre. Lui qui n'était plus qu'une silhouette glacée depuis les dernières années, il s'accrochait à cette sensation.

Lorsqu'il s'éloigna à nouveau, Silas dû cette fois se retenir fermement pour ne pas l'attraper par la taille et l'empêcher de partir à deux ou trois mètres de là. D'un coup, sa rationalité s'était envolée, juste une brève seconde. Heureusement, il s'était retenu au dernier instant, se contentant d'un regard intense sur son dos, sur sa silhouette dans ce complet. S'il s'éloignait ainsi, ce devait être la fin de la session. Silas se redressa, entendant le début de sa phrase, mais lorsqu'il laissa celle-ci en suspend il attendit immobile la suite. Mais ? Mais il en avait envie, autant que lui. La vérité sortait un peu, mettant enfin fin à ce petit jeu de rôles du psychologue et du patient qui ne convainquait personne. Pitoyables acteurs qu'ils étaient.

« Let's have a drink then. »

On aurait presque pu entendre la vérité : "I need a drink". C'était plus exacte. Venait-il vraiment de l'inviter ? Venait-il vraiment d'accepter..? Une folie pure, comme si leurs aventures uniquement physiques et sans paroles ne leur suffisaient plus. Il aurait pu lui demander ça, d'aller quelque part, de se voir un soir. De baiser sans penser au lendemain, sans parler, sans chercher à savoir. Pourtant il ne l'avait pas fait, il voulait autre chose. Silas ignorait s'il désirait la même chose, car parler ne le tentait que très peu. Il ne se voyait pas discuter avec lui de Charlie, de sa vie. De leur vie.. Il ne voulait rien entendre de la sienne, de s'il avait quelqu'un, de s'il avait tourné la page pour de bon.
Un regret, instantané. Il voulait rectifier le tir, dire non, les traiter de fou et s'enfuir comme un lâche. Mais il n'en fit rien. Il n'en était pas capable, car ça voudrait dire que c'était à nouveau terminé, ce contact, cette présence. Il ne voulait pas que ce le soit.

« Wherever you want, I don't mind. »

Il ne voulait pas l'emmener dans un bar où on le connaissait, pour des raisons évidentes. Se faire voir accompagné susciterait des questions, des risques aussi que la chose vienne aux oreilles de Charlie. Il pourrait aisément lui mentir, dire qu'il s'agissait d'un vieil ami, mais la moindre action "déplacée" serait remarquée par les habitués du bar où il allait toujours. Il préférait l'anonymat. Quelque part, il se connaissait trop bien. Il savait qu'il ne passerait pas la soirée sans craquer, sans le toucher au moins une fois. La torture serait trop grande sinon. Conscient de son inconscience, il espérait qu'Eliott choisisse un bar qui lui était totalement inconnu.

La question resta en suspend quelques secondes. Son regard s'était perdu, quelque part entre son ex et le mur derrière celui-ci. Il se reprit, après quelques instants, ses yeux semblant chercher un autre point à fixer, ses doigts glissant inconsciemment dans les quelques mèches aux reflets roux qui tombaient devant son visage..

« Let's meet as soon as possible, alright ? »

C'était honnête, tout simplement. La verbalisation de tant de pensées qu'il ne pouvait certainement pas prononcer. En prononçant ces mots il avant enfin reposé les yeux sur lui, détaillant son visage, sans se rendre compte d'à quel point son désir transpirait de chaque pore de sa peau. Il avait toujours eu cette intensité, ce regard brûlant d'on ne sait quel feu, mais rien ne se comparait à la manière dont il le regardait lui. Même lorsqu'il tentait de retenir ses envies, de paraître naturel, même dans cet état où il se sentait misérable et plus bas que terre, il ne pouvait réprimer ce regard.
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Ven 10 Mar - 22:03

Il avait fait l'erreur d’entrebâiller la porte. Ce mince espace avait été suffisant pour que l'air y entre et souffle sur les cendres encore chaudes, rougeoyantes, qui respiraient jusqu'à ce jour. Les flammes naquirent, alimentées par cette petite chance qu'il s'était offert. Il aurait accepté que Silas refuse sa proposition. Ça aurait été immensément douloureux, mais il n'aurait pas chigné. Cela aurait peut-être été pour le mieux. Leur vie se croisait une millième fois, mais pour mieux se séparer. Ils auraient pu se quitter sans histoire, pour une fois, et le grand chapitre ou même le livre que leur appartenait se serait enfin clos. Pourtant, maintenant que l'invitation était sur la table, Eli y tenait de plus en plus. Okay, c'était mal et alors ? Qui allait être blessé au finale ? Lui-même. Il en acceptait l'entière responsabilité. Même s'il allait se retrouver chez lui à boire une bouteille de vin tout seul entre les murs silencieux de son appartement dans les prochains jours, qu'importe. Le souvenir d'avoir à nouveau retrouvé son amour perdu pour un instant allait être assez pour survivre. C'était l'équilibre de la vie. Un grand mal pour un grand bien.

Enfin, il eut une réponse. Ils allaient se revoir. Un immense soulagement détendit les épaules du psychologue qui devait se retenir de reporter le rendez-vous à l'instant même. C'était une folle idée. Il avait d'autres sessions avec des patients, d'autres cerveaux à traiter, d'autres maux qui le distrairaient des siens même si Silas n'allait jamais réellement quitter ses pensées. Ce n'était pas compliqué, le visage de l'adolescent mûrit était gravé dans sa mémoire ou à même ses pupilles. Si bien, qu'il le voyait lorsque ses paupières étaient closes. D'ailleurs, avec le feu qui commençait à lécher son corps, Eliott pensa inviter son vieil ami à sa demeure, mais il s'y refusa. Malgré qu'il ne croyait pas avoir la force de se retenir bien longtemps autour d'un verre, il fallait au moins se bercer d'illusion qu'il pourrait résister. Il avait appris à se connaître après toutes ces années et si Silas venait le rejoindre chez lui, ils ne se rendraient pas aux verres. Probablement qu'il le plaquerait sur une surface quelconque avant même qu'il ne retire son manteau de sur ses larges épaules. Douce pensée...

- I know a place.

Il s'arracha à la vision du policier un bref moment pour écrire une adresse sur un post-it, puis il se redressa pour croiser le regard brûlant. Il fondit sur place sans jamais s'en défaire. As soon as possible, yes... Eli hocha la tête n'arrivant plus à articuler. Merde, il avait chaud. Il dû se reprendre s'obligeant de rompre leur contact si puissant. Il se racla la gorge et s'approcha parce qu'il accompagnait toujours ses patients à la porte et parce qu'il voulait se rapprocher. Il ne devait plus le regarder. Il se sentait déjà si faible. Il n'avait presque plus la force de se retenir surtout en sachant que Silas ne le rejetterait pas. Ce regard qu'il lui avait envoyé, il le connaissait par coeur.

- I hope you give a chance to Dr. Eriksen. He's good and if you feel like you wanna talk, he might help you.

Le bla bla habituel, c'était tout ce qu'il pouvait dire. Sinon, il lui demanderait de rester. Non. Il l'obligerait à rester. Son prochain patient étant dans 45 minutes, ils auraient le temps. Okay, il avait besoin d'air. Il avait besoin que Silas parte. C'était insupportable. Sans le regarder, il lui tendit le post-it tout en posant la main sur la poignée de porte qu'il ouvrit un peu, à peine. Il y était presque. Un peu plus et il faisait un sans faute.

- I um...

Voilà qu'il cherchait quelque chose à dire pour le retenir. Rien ne lui venait à l'esprit. Laisse le partir, sort le toi-même avant de faire une connerie. Mais et s'il ne le revoyait pas ? Et s'il changeait d'idée et qu'il ne venait pas le rejoindre ? Et si plusieurs années passaient sans que leurs pas se croisent ? Et s'ils ne se recroisaient plus jamais ? Cette pensée eut fini de serrer son coeur.

Il referma la porte et leva les yeux à nouveau dans les siens. De l'huile fut jeter sur le feu. Il ne pouvait plus se retenir. Il devait le sentir contre lui, le goûter juste au cas. Les doigts longilignes du psychologues montèrent jusqu'à la joue non rasée du policier et l'effleurèrent caressant les poils rudes un à un avant d'aller se cacher dans la nuque. Ainsi, Eli attira l'homme à lui pour prendre possession de ses lèvres. La réaction fut instantanée. Son coeur s'emballa, la chaleur monta, il se perdit dans l'odeur familière qui l'entoura. Sa bouche sur la sienne le rendait fou. Il oubliait où ils étaient, le temps qui passait, les problèmes, la vie. Rien n'existait sauf lui. Ça avait toujours été lui et que lui. Cependant, il l'avait perdu, il l'avait quitté, il était parti. Silas ne lui appartenait plus. La bague à son doigt lui revint en tête, aussi grosse que le Titanic. La douleur lui enfonça mille aiguilles au coeur ce qui le força à rompre le baiser, hors d'haleine. Soudain, il n'osait le regarder dans les yeux. Eliott se contenta de fixer ses lèvres, ses douces lèvres savoureuses, avant de remarquer que ses mains s'étaient poser sur son corps. À contre coeur, il s'écarta d'un pas vers l'arrière.

- Tonight at 8. I'll be there.

Non, il ne changeait rien à ses plans. Le baiser était pour le satisfaire s'ils ne se revoyaient plus, mais c'était loin d'être suffisant. Il était resté sur sa faim et il était gourmand. Même si cela faisait mal, il ne pouvait s'empêcher de désirer Silas et si on lui accordait une autre nuit avec lui, il ne refuserait pas.
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Ven 17 Mar - 3:29
we meet again.
D'un coup, tout semblait s'enflammer et Silas restait calme d'apparence, comme pour se donner une quelconque impression de contrôle. Comme si sa vie avait un jour été quelque chose dont il avait le contrôle, comme s'il avait déjà pu décider de quoi que ce soit. Il contrôlait sa respiration, il contrôlait son regard, ne pas poser les yeux sur lui trop longtemps, quoi qu'il le dévore trop souvent du regard, quoi qu'il ait envie de se laisser enivrer par les flammes lui aussi... Le destin était définitivement cruel, le destin était une pute.
L'ambiance était plus tendue depuis qu'il avait accepté, comme si sa décision avait prouvé quelque chose ; Ils étaient damnés, tous les deux. Condamnés à subir ce désir de se revoir, sans pour autant réellement s'offrir l'un à l'autre. Une pensée pour Charlie, vague, comme si elle n'était qu'un rêve en cet instant, comme si elle n'existait pas vraiment et qu'Il était l'unique. Le monde pouvait s'inverser, pour une heure ensembles, pour une soirée ou une nuit. Le monde pouvait s'inverser que Silas ne s'en plaindrait pas, il ne se débattrait pas non plus.

C'était donc officiel, c'était scellé. Sur le coin d'un post-it, Eliott avait écrit l'adresse d'un lieu, probablement un bar quelconque, officialisant ainsi cette sortie. Comme des adolescents de l'époque, comme des vieux amis se rencontrant... Qui essayaient-ils de convaincre ? Ni l'un ni l'autre ne croyait à l'innocence de cette soirée, à la simple idée de se revoir pour "parler" et se raconter leur vie... C'était un mensonge, plus gros que le monde, plus laid encore aussi. Ils se revoyaient car ils ne pouvaient faire autrement, c'était ça, la vérité.
Eliott s'était alors approché de lui et d'un coup, sans se rendre compte, Silas avait retenu sa respiration. Comme si, à son contact, il risquait la mort, comme s'il risquait de tout casser, de briser ce masque de calme et craquer le premier. Comme si, du bout des doigts seulement, Eliott pouvait déclencher en lui la fin d'une guerre internet et s'approprier tout son être.

« I'll try, but right now talking isn't what I truly need. »

Eliott savait très bien ce dont il avait besoin, ou du moins ce qu'il croyait avoir besoin. Il savait très bien ce qu'il voulait du moins et Silas ne s'en cachait qu'à moitié. Il restait calme d'apparence, comme si son esprit était encore clair, mais des yeux il brûlait chaque parcelle du visage d'Eliott avec l'envie d'y poser des baisers brûlants. L'envie de presser ses mains sur son corps, de lui arracher ce costume pour pouvoir enfin sentir sa peau à nouveau. Son regard était franc, lui, son regard disait vrai. Il trahissait toujours tout, il trahissait la fatigue, l'épuisement, mais aussi l'envie ; Celle de lui faire l'amour, celle d'être à lui de nouveau pour une nuit, pour dix ou pour toutes les nuits même.

Le post-il lui fut tendu, comme un pacte, comme un gage de sa présence au rendez-vous qu'ils venaient de se fixer. Alors il le prit, observant les doigts d'Eliott, sa main qu'il eut envie de toucher, mais pourtant qu'il se retint d'effleurer. S'il le touchait, ne serait-ce que du bout des doigts, alors ce serait comme un court-circuit, un choc dans tout son corps. Il le savait, il le savait trop bien et ce n'était ni le moment ni l'endroit ; La porte était entrouverte, il devait partir, il devait le laisser pour cette fois au moins, le laisser lui glisser entre les doigts encore.

Puis il y eut cet instant, cette vague parole, Eliott qui le retenait pour ne rien lui dire. Il y eut ce regard, qu'ils échangèrent, cette sensation de brûlure dans tout son corps lorsqu'il vit dans ses yeux l'écho de ses flammes. La porte se referma, d'un coup, sans regrets, sans hésitation.
La main d'Eliott sur sa joue lui arracha un frisson qu'il dû réprimer, puis il se pencha en avant sans même hésiter ; Il se laissait faire comme si c'était la faute du psychologue, alors qu'il était au moins aussi fautif que lui. Alors qu'il menait la danse tout comme lui, alors qu'il brûlait aussi fort. Ses doigts s'étaient emparés de ses hanches, glissant sur son costume et s'enfonçant dans sa peau par dessus celui-ci comme s'il avait le sentiment de pouvoir traverser la barrière de tissu s'il y mettait suffisamment de force. Il l'avait attiré à lui sans même y songer, il avait eu envie de sentir son corps brûler contre le sien alors que leur baiser échangeait une passion presque douloureuse. C'était comme une récompense après avoir autant attendu, comme un dû. Quelque chose qu'il avait mérité, quelque chose qu'il avait attendu ; Aurait-il au moins survécu s'il n'avait pas pu goûter à nouveau ses lèvres une fois encore ? Il était en droit de se poser la question.

Silas s'était emballé, trop vite et trop fort, il avait serré les doigts et une seconde plus tard il l'aurait retourné, se serait fait violence pour le plaquer à la porte. Il lui aurait arraché tous les boutons de son costume s'il en avait eu la chance, il aurait pu glisser ses mains rugueuses sur son corps fin, sur sa peau douce, il aurait pu brûler sa chair encore une fois de mille baisers. Mais Eliott avait reculé, Eliott avait rompu le lien.
Un sentiment de frustration, mêlé au soulagement de ne pas avoir fait une telle bêtise. Il avait voulu croiser son regard, mais Eliott l'évitait ; Il avait toujours été le plus sage des deux, il avait toujours été le plus rationnel après tout. Silas eut envie de lui en vouloir, mais n'en fut pas capable. La raison existait encore malgré les flammes et c'était mieux ainsi probablement... Pourtant son coeur battait encore trop fort, pourtant ses mains s'étaient accrochées une seconde de plus à ses hanches avant de le relâcher enfin.

« You better be there. »

Une honnêteté foudroyante encore, un franc parlé qui trahissait son impulsivité. Eliott lui avait donné un avant goût, il s'était tâché d'entretenir la flamme et désormais elle brûlait plus fort qu'avant encore, consumant Silas sans pitié. S'il n'était pas là ce soir, s'il ne venait pas... Cette pensée effleura le policier qui la balaya rapidement ; Il serait là. Il ne pouvait pas ne pas être là, il ne pouvait pas le laisser tomber... Il en avait besoin, autant que lui.

Après ces paroles, Silas tendit les doigts pour rouvrir de lui-même la porte. S'il ne sortait pas tout de suite, il risquait gros. Capable de repartir à l'assaut de ses lèvres, capable de l'embrasser à nouveau et plus fort encore, de prendre plus qu'un avant goût. Comme un animal sauvage à qui l'on aurait fait sentir un peu de sang, comme pour éveiller sa faim et laisser l'instinct le guider ; S'il ne sortait pas tout de suite, il craquerait vraiment et au fond de lui, il craignait de ne pas pouvoir le revoir à 8h ce soir s'il cédait tout de suite. Pas question, pas possible. Pas acceptable, pas tolérable. Il devait le revoir ce soir.
Alors il ouvrit la porte, plus grand cette fois, assez pour voir hors du bureau, assez pour retrouver la réalité. Il fit un pas hors du bureau, puis se tourna vaguement vers son ex-amant, observant celui-ci un dernier instant ; À chaque fois c'était pareil, comme si c'était la dernière fois alors qu'il y avait cette promesse de ce revoir le soir-même cette fois. Il se gorgeait toujours d'une dernière vision, juste au cas, juste pour s'assurer de ne pas l'oublier s'il venait à disparaître subitement.

Il était damné.

Un simple hochement de tête, pas un mot de plus, puis ses pas le menaient déjà vers la sortie du bâtiment. Il ne devait pas s'attarder plus longtemps. C'était déjà trop et pourtant jamais assez ; Sur sa veste il avait l'impression de pouvoir encore sentir son odeur et même une fois la porte passée son coeur battait toujours trop fort. Quoi qu'il tente de croire, son emprise sur lui était intemporelle et immortelle.
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