leave out all the rest ; i'm so scared. α ft Sidé. {Terminé}

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Mar 17 Mai - 19:12
« leave out all the rest ; i'm so scared

ft Sidé.


Bouger ton cul. Tu dois te bouger. Vraiment. Tu ne peux pas rester dans l’état dans lequel tu es, ce n’est plus possible. Ca va faire quoi ? Un mois bientôt ? Un mois que tu es dans cette galère. Un mois que tu souris, un mois que tu ris. Un mois que ça sonne faux. Que tout sonne faux. Même toi. Tu ne reconnais pas vraiment, désormais. Tout ce que l’on te dit, toutes tes réactions, tous ces sourires, ces rires, ces sentiments de joies – tous des mensonges. Tu aimerais bien te dire que tu vas bien, c’est bon, nickel. T’es bien, là, pourquoi tu te fais du mouron comme ça, c’est n’importe quoi. T’es vivant, alors où est le souci, vraiment ? Tu vis, tu dors, tu manges. Rien de plus vivant qu’un humain comme toi. A part un petit souci ; t’as le cœur vide. Vide de sens, vide de sentiments. Vide de toute émotion. Tout ce que tu ressens c’est comme si c’était intégré à ton processeur, comme si tu avais une sauvegarde qui rejouait encore et encore les mêmes choses, dans l’espoir de te faire croire que tout va bien. Même ton cœur. Même toi. Alors qu’il n’en est rien. Que dalle. Qu’une illusion subtile pour te dire de continuer à avancer, que tout s’arrangera, que cette sauvegarde pourra arrêter de fonctionner dès que tu auras repris pied, réellement. Alors que tu es tout sauf bien. Ton monde s’est écroulé, tu ne comprends plus rien. Rien, rien, rien. Ton cœur fonctionne comme ton cerveau, il ne te sert plus qu’à irriguer le sang. Il est gelé, à part pour cette seule petite opération qui te permet de vivre. Tu te demandes si un jour tu pourras le réchauffer, lui dire qu’il n’a plus besoin de se protéger. Mais ce jour n’est pas aujourd’hui. Il est encore bien trop tôt pour essayer de réparer cette blessure que t’a infligée Emmett. Bien, bien trop tôt. Il est parti sans prévenir, boum, comme ça. Ca t’a explosé le cœur et le cerveau, tu n’as rien compris quand tu as vu sa chambre de lycéen vide, quand les registres du lycée t’ont dit que cet élève était reparti chez lui, chez ses parents. Et qu’il n’avait laissé aucun moyen de contact. Oh, tu as bien essayé son téléphone. Bloqué. Tu as bien essayé son skype. Désactivé. Tu as essayé tous les moyens de contact que tu avais, et absolument aucun n’a fonctionné. Rien de rien. Comme s’il n’avait en réalité jamais existé sur cette planète, comme s’il n’avait été qu’une illusion. Il a tout été sauf une illusion ; tu te souviens trop bien de la chaleur de sa peau contre la sienne. Tu le considères désormais comme un simple passage dans ta vie, comme un simple vent qui est arrivé, a tout mis sans dessus-dessous, et s’est échappé aussi vite qu’il est venu. Tu n’aurais jamais cru qu’un simple coup de vent te mettrait dans un état aussi déplorable. Jamais tu n’aurais pu croire ça. Mais apparemment, ton cœur, lui, s’était un peu trop accroché à ce jeune homme. Il l’aimait un peu trop, et quelle erreur que cette dernière. Jamais tu n’aurais dû te dire que tu avais enfin trouvé un moyen d’oublier Joshua. A croire que son fantôme te hantait encore, qu’il était encore là pour te dire qu’il ne t’avait pas pardonné, et qu’il ne te laissera jamais trouvé ta place dans ce monde aussi facilement. Peut être aussi un signe pour te dire que tu ferais mieux d’abandonner, de laisser tomber. Trouves-toi quelqu’un d’autres ou non, un truc merdique arrivera dans tous les cas. Tu as l’impression qu’il se moque de toi, alors peut être est-ce mieux aussi que ton cœur est décidé de geler comme ça. De ne plus laisser personne l’atteindre. Il est bien assez meurtri comme ça, le petit. Mais tu espères qu’un jour tu n’auras plus besoin de faire « comme si ». Tu espères que tu arriveras à te remettre, à oublier. Certaines de tes amis te disent que tu n’as pas l’air bien, qu’ils voient bien que tu te forces. Ils te disent « panses-toi pour oublier ». Te panser. Mais comment ? Avec quoi ? Allez voir quelqu’un, essayer de te faire encore plus mal ? Plus tu tombes de haut, pire sera la chut. Tu penses être bien assez tombé comme ça. Joshua, puis Emmett. Jamais deux sans trois, disent-ils –mais tu n’as pas vraiment envie de vérifier cette théorie, à vrai dire. Tu n’en as même pas du tout envie, en fait. Mais tu sais que tu brûles d’envie de vouloir aimer de nouveau. Au plus profond de toi, tu le sais. Tu as l’espoir, cette toute petite étoile qui est là, qui te soupire, qui te murmure de ne pas abandonner, que tu trouveras la bonne personne, ou même si ce n’est pas la bonne, que ce sera quelqu’un avec qui tu vivras des jours heureux. Et tu as très envie d’écouter cette petite étoile.

Mais pas maintenant. Maintenant, tu veux juste t’amuser, aller te libérer des chaînes qui enroulent ton cœur et qui ne demandent qu’à se détacher, doucement. Tu as envie d’aller t’amuser, que l’on te dise que tu es désirable, que l’on t’aime, que l’on veut de toi. Tu veux que les gens aient envie de toi. Tu veux voir cet éclat de lumière dans leur regard, cette envie qu’ils ont de vouloir te monopoliser, de t’approcher. Tu as envie de te prouver que tu es encore un jeune qui peut se faire aimer, qui peut être aimé. Si ce n’est pour la santé de ton cœur, alors au moins pour ton égo, pour ta confiance en toi qui a été plus qu’ébranlé après ces événements dont tu ne veux te rappeler. Et puis, tes amis ont raison, tu as besoin de te panser, de lécher tes plaies. Et quoi de mieux que d’essayer de te retrouver, toi, le véritable Cléanthe, qu’en allant draguer et te faire aimer de tous ? Il n’y en a pas de meilleur, et même si une part de toi te dit que tu vas re-sombrer dans les mauvaises habitudes, tu t’en moques. Tu veux aller mieux, tu veux te réparer. Tu veux que l’on te répare. Et quoi de mieux pour ça que de trouver un jeune homme ou une jeune femme tout à fait respectable ? Rien de mieux, tu en es certain. Et voilà pourquoi tu es là, à te promener aux abords de la fac, à voir s’il n’y aurait pas quelqu’un de ton âge, qui pourrait être là, qui pourrait répondre à tes critères. Tu as l’impression d’être un monstre, à rechercher quelqu’un uniquement pour que l’on te fasse des compliments, pour que l’on t’aime alors que tu n’aimeras certainement pas en retour. Bâtard. Tu as entendu ce mot tellement de fois, dans tellement de bouche différente. Des hommes, femmes, avec qui tu avais couché, avec qui tu as partagé une nuit qui aura toujours été sans lendemain. Ils avaient espoirs. Et tu les as brisé. Et tu t’apprêtes à refaire exactement la même chose, alors que tu es toi-même blessé. Tu es tel un serpent qui se mord la queue ; tu vas blesser car tu es blessé, tout en sachant que tu vas avoir encore plus mal après. Masochiste ? Peut être. Fou ? Encore plus. Mais tu ne peux rester comme ça, tu dois avancer. Peu importe le chemin que tu empruntes, peu importe qu’il soit sage, convenable, qu’il ne sied pas à la société. Tu veux juste te relever, tu veux juste revenir. Tu veux juste vivre sans douleur. Et même si ce sera difficile, et même si tu mettras du temps, tu veux y arriver. Tu veux te dire qu’il y a un futur, aussi sombre soit-il, aussi inconvenant soit-il, qui t’attend. Qui t’attendra toujours que tu te relèves, encore et encore. Qui sera là pour t’accueillir à bras ouvert et te faire vivre un enfer. Mais au moins, tu auras gagné. Et ce sera le plus important à tes yeux, rien de plus.  Alors tu t’approches de cette silhouette aux cheveux longs, tu t’approches jusqu’à ce que tu puisses poser ta main sur ton épaule, jusqu’à ce que tu vois son visage et son corps en entier, jusqu’à ce que tu lui envoies un clin d’œil. « Bonjour, mon beau damoiseau. » Ou est-ce le soir, peut être ? T’en sais rien, tu t’es perdu dans le temps, tu t’es perdu dans tes pensées à partir du moment où tu es sorti de chez toi. Et même ça, tu ne t’en souviens pas. « Je ne t’avais encore jamais vu ici. » Bien normal, tu avais quelqu’un d’autre en tête, à l’époque. « Tu es en quelle année ? » Pourquoi ? Pourquoi faire la conversation alors que tout ce que tu veux, c’est juste t’amuser, tirer un coup. Ou peut être brisé quelqu’un, à ton tour. Ça te prendra plus de temps, mais tu auras le temps de t’amuser plus de fois, tu pourras peut être même essayé de nouvelles choses, en plus de tout ça. Et tu te fiches pas mal, de son année, de ce qu’il fait. Tu te fiches de tout, en fait, si ce n’est le fait qu’il acceptera peut être de passer la nuit avec toi. Une seule petite nuit, toute simple. Rien de bien méchant. Rien d’important. Juste une nuit pour oublier et te faire encore plus mal le lendemain, lorsque tu te rendras compte qu’il ne s’agit pas d’Emmett dans ton lit. Mais d’un simple étranger dont tu ne peux même pas te souvenir le simple nom.

©雲



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Mar 17 Mai - 20:14

Leave out all the rest ; I'm so scared
Il y a des matins comme ça, où quand on se lève on sait que ça va pas aller. Que ça va mal se passer. Il y a des matins comme ça, où on se lève le ventre noué, l'estomac barbouillé. Et on ne sait pas pourquoi. On ne sait pas ce qui le provoque. On se sent juste mal. On se sent simplement tendu. On se sent simplement comme au bord de la mort. C'est comme ça que tu te sens toi ce matin-là. C'est comme ça que tu te sens quand tu ouvres les yeux. Ton premier réflexe fut de t'enfoncer dans tes couvertures. Tu ne veux plus bouger. Tu ne veux plus rien faire. Tu ne veux même plus ouvrir ces yeux que tu as vivement refermé. Tu détestes cette sensation qui fait battre ton cœur trop fort. Tu voudrais qu'elle disparaisse. C'est un cauchemar n'est-ce pas ? En vérité, tu vas te réveiller, et tout ira mieux. Tout ira bien. Mais non. Non. Tu sais que cette journée va être moche. Tu sais que cette journée va être pourrie. Tu sais que tu vas l'avoir sur le cœur. Tu sais que tu vas encore y penser pendant des nuits entières. N'as-tu pas assez l'air d'un cadavre ? N'as-tu pas assez le visage blanc que l'on s'acharne sur toi comme l'on s'acharne sur un prisonnier ? La vie doit t'en vouloir. Le destin doit bien rire. Qui a dit que c'était idiot de croire à ce genre de choses ? Toi t'y crois dur comme fer à cette histoire de destinée. D'avenir tracé. Il y a des événements que l'on ne peut pas éviter. Des choses que l'on peut pas changer. On peut les retarder. Les accélérer. Mais jamais les effacer. Une rencontre est importante comme une séparation. Les souvenirs sont ce qui font ce destin et ce qui te mène à lui. On est tous un peu l'élu de sa propre vie sans jamais en être vraiment l'acteur principal. On est là subissant simplement le sort que l'on nous a réservé. Pourquoi certains meurent-ils avant d'autres, les meilleures sont-ils vraiment ceux qui partent en premier ? C'est parce que c'est leur destin. Il faut simplement se rendre à l'évidence que ceux condamnés à mourir jeunes sont souvent ceux qui feront bouger le monde. Tu es certain qu'il y a quelque chose derrière ça. Peut-être pas quelqu'un, ce serait croire à des choses qui ne sont pas croyables mais certainement que oui, il y a une force. Une puissance. Certainement qu'il y a un esprit qui décide. Qui commande. C'est idiot à dire comme ça, Parce que tu ne crois pas. En rien ni personne. Tu n'aimes pas ça. Mais ce genre de choses, tu ne peux pas t'enlever de l'esprit que ça existe. Après tout, tu n'es pas le seul à le penser. Tu n'es pas le seul à le croire. C'est qu'il doit y avoir des preuves. Des théories. Peut-être qu'il faudrait que tu te renseignes sur ça, que tu ailles voir un peu la pensée de ces fous qui ont osé clamer haut et fort que l'homme n'est pas maître de son futur. Mais tu continues de pense qu'ils n'ont pas tort. Après tout, qui a décidé de notre naissance et qui décide de notre mort ? Ce n'est pas nous, mais la vie. Et qu'est-ce la vie ? Des outils pour battre la mort. C'est qu'au fond, cette guerre intérieure, elle était prévue. On s'attendait à ce que l'on se batte contre l'imbattable alors on a essayé de nous donner des choses. Des choses qui font avancer le futur. Qui continuera de le faire évoluer parce que l'intelligence de l'homme le permettra. En attendant ton futur, tu ne sentais tout simplement pas cette journée.

Tu n'as finalement même pas pris la peine de te pointer en cours aujourd'hui. Tu te sentais pas si bien que ça, t'avais l'impression que le monde tournait sous tes pieds et aussi incroyable que ça puisse paraître, ce n'est pas vraiment normal. T'es pas censé sentir la rotation de la Terre, t'es pas censé savoir que cette conne tourne sur elle-même comme un chien après sa queue. T'avais sûrement besoin de prendre l'air, sûrement besoin de te changer les idées. C'est certainement à cause d'hier. Tu te souviens de ton téléphone qui vibre. Tu ne t'y attendais pas. Il était là dans ta main alors que tu regardais l'écran s'allumer et s'éteindre quand tu appuyais sur le bouton. Le numéro qui s'était affiché, c'était celui de ta mère. Elle n'envoie que très peu de messages. T'étais assez inquiet, mais quand tu as ouvert ce fut une belle surprise qui t'attendait là. Une bombe. Elle t'a explosé dans la face. T'avais envie de pleurer. Les mots défilaient sous tes yeux mais tu n'étais pas sûr de les comprendre. C'était elle, elle voulait simplement de tes nouvelles. Vous vous étiez promis de ne pas vous contacter, de ne jamais vous parler ; vous n'aviez même pas échanger vos numéros de téléphone. C'était une promesse muette entre vous toi pour noyer ton mensonge, elle pour noyer son amour ; ou peut-être qu'il n'y a que toi qui voulait noyer des choses ? Tu ne te souviens pas ce qu'elle avait dit, si elle était d'accord ou pas. Tu ne l'as jamais vraiment écouté. certainement que tu ne fais que récolter ce que tu as semé. Mais tu n'as pas répondu, hier soir. Tu as simplement jeté ton téléphone dans un coin de ta chambre et tu t'es endormi un peu n'importe comment dans ton lit trop petit. Rien que d'y réfléchir, tu en as encore mal à la tête. Tu aurais espéré qu'elle t'oublie, après tout ; ça fait maintenant deux ans. Ce n'était pas assez pour comprendre que tu ne voulais rien d'elle ? Tu espérais qu'elle jetterai sa bague par dessus bord, qu'elle la laisse se noyer dans la Tamise et tu aurais pu faire de même, te sentir libéré mais les chaînes autour de tes chevilles se sont resserrées, le noeud autour de ton cou s'est fait menaçant. C'est peut-être ça ce mauvais pressentiment aujourd'hui. C'est peut-être ça qui te fait te sentir si mal. Est-ce que tu te sentirais coupable ? Est-ce qu'enfin tu ressentirais une once de culpabilité ? Tu n'es pas certain. Tu ne te souviens pas ce que ça fait, de se sentir coupable. Peut-être parce que ton estomac ne t'a jamais serré aussi fort qu'aujourd'hui, peut-être parce que tu ne t'es jamais senti aussi oppressé que maintenant. Peut-être que tu fais maintenant l'objet de ces crises de culpabilité, celles qui poussent les coupables à se rendre, celles qui remettent dans le droit chemin. Tu secoues un peu la tête ; hors de question que tu cèdes. T'es planté là comme un abruti, ton téléphone dans la main. T'as les yeux rivés sur un écran éteint. Tu voudrais qu'il vibre une nouvelle fois, tu le voudrais de toute tes forces parce que tu te sens comme déterminé, comme prêt à tout envoyer péter. T'es certain qu'aujourd'hui c'est le jour ; c'est pour ça que c'est une mauvaise journée. Parce que la vérité va éclater, parce que plus rien ne sera comme avant. Les jointures de tes doigts sont devenues blanches, tu serres peut-être le téléphone un peu trop fort. Tu veux qu'il vibre, qu'il vibre, qu'il vibre....

Mais ce n'est pas le téléphone qui vibre qui te surprend, c'est une soudaine présence beaucoup trop chaude sur ton épaule froide. Tes os contre ses doigts, ses phalanges sur ta peau et tu bouges ton épaule ; tu n'es pas vraiment d'accord avec la familiarité de la chose, tu n'es pas certain d'être d'humeur pour ce genre de choses. Si tu pensais que ton jour était mauvais, certainement qu'il allait empirer. Un clin d'oeil qui en ferait tomber plus d'un, tes yeux qui essayent d'affronter les siens. Tu voudrais presque les lever les lever au ciel -tout semble beaucoup trop faux et tout semble beaucoup trop ringard pour être vrai. Un rire s'échappe d'entre tes lèvres, tu les couvres délicatement de ta main. Tu as assez regardé autour de toi pour savoir comment faire, tu avais le meilleur modèle à la maison. Tu voudrais lui adresser un sourire mais ce n'est que tes yeux accusateurs qui bougent et tu soupires quelques mots ; « C'est vexant. » c'est ce que tu as d'abord dit. Une fausse moue sur ton visage pâle. C'est vexant ? Tu n'es pas certaine qu'il comprenne, il n'a pas l'air de bien s'intéresser à ce que tu peux lui dire. « Je ne suis pas vraiment nouvelle » dis-tu en forçant un sourire, tu passes une mèche de cheveux derrière ton oreille. Tu sais que tu vas le regretter. Tu le sens. Ton coeur bat vite. Ce n'est pas autant pour lui que pour la situation ; c'est l'extase du mensonge, l'amusement peut-être, quelque chose comme ça. T'étais juste pas d'humeur, aujourd'hui, c'était pas le moment de venir. Ton regard glisse une dernière fois sur le portable qui était resté désespérément éteint. Peut-être qu'il t'avait empêché de faire une connerie, après tout. Tu le glisses dans ta poche ; « Je suis en deuxième année. » Tu réponds doucement. Tu ne veux pas trahir ta voix, tu veux faire croire jusqu'au bout que tu n'es qu'une pauvre damoiselle et peut-être qu'il partira ? Peut-être qu'il ira chercher ailleurs un damoiseau un détresse -peut-être. Si seulement ce jour n'était pas un mauvais jour. « Et à qui ai-je l'honneur ? » demandes-tu alors, tes yeux toujours sur l'inconnu. Semblant de politesse, peut-être que tu te moques un peu de lui, peut-être que tu taquines. Autant tenir le discours d'une damoiselle. Tu lui aurais presque tendu la main si tu avais été du genre naïf, peut-être qu'il en aurait embrassé le dos ? Sans cela, tu ne fais que dire ; « Moi c'est Sidé. » et tu remercies ta mère et sa drôle d'idée de te donner ce prénom de femme. Elle n'a fait qu'aider ton plan sans savoir que tu creusais un trou pour ta propre tombe.
AVENGEDINCHAINS
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Mar 17 Mai - 22:44
« leave out all the rest ; i'm so scared

ft Sidé.


Les nuages au fin fond de ton esprit avaient été déréglés. Sa première parole te trouble, t’enfonce dans un abîme de liquide noir qui t’étouffe. C’est vexant, avait-il dit. C’est vexant. Avec ses yeux qui se sont opposés aux tiens, qui se sont comme mesurés à toi, comme si tu le dérangeais, en quelque sorte. Comme si, oui, il ne voulait pas de toi ici, comme si il te disait clairement de partir, qu’il n’avait de temps à perdre. Mais il y avait aussi autre chose dans ses yeux, comme si tu lui avais fait peur, comme si tu lui avais presque brûlée la peau en le touchant. Tu l’avais remarqué, la manière dont il a eu de se dégager en vitesse, comme si une oppression trop forte avait eu lieu sur l’épaule sur laquelle tu avais posé ta main. Mais tu n’as pas trop le temps de te poser plus que de question que cela, car tu l’as vexé. En quoi, tu ne le savais pas encore, pas tout de suite. Et tu vois bien qu’il attend un peu avant de te donner la réponse. Attente pendant laquelle ton cerveau tourne au ralenti, pendant laquelle ton cœur a eu un sursaut. C’est vexant. Etrangement, ces paroles tournent dans ta tête comme une chanson sans fin. Sa voix, son ton, tout est pareil. Tout tourne autour, alors que tu te souviens de ces jours où, oui, tu trouvais ça vexant. Qu’il ne réponde plus. Qu’il fasse comme si tu n’existais pas. Que ce soit Joshua ou Emmet, c’était vexant, dans tous les cas. Et pourtant, tu ne l’as jamais dit. Tu ne l’as jamais pensé, pas une seule fois. Le sentiment est resté gravé au fond de ton esprit, mais jamais tu n’as eu besoin de le dire à voix haute, de laisser passer toute cette frustration encaissée, parce que, oui, c’est vexant. C’est vexant de se dire que tu as l’impression qu’il a le droit de le dire, lui. Et pas toi. Comme si le destin venait te narguer, te dire ‘tu vois, tu as décidé d’avancer, et tu tombes sur quelqu’un qui vaut dans tous les mieux que toi, qui a des droits, qui a des sentiments’. Tu as l’impression que tu n’as plus cet honneur, comme s’il y avait un stop écrit sur ton cœur, sur tout ce que tu pourrais ressentir et penser. Et c’est vexant. Pour lui, ou dis moins pour elle, c’est vexant que tu l’es prise pour un garçon. C’est vexant que tu aies émis des jugements aussi hâtifs, alors qu’il s’agit indéniablement d’une jeune femme tout ce qu’il y a de plus naturel. Tu sais que tu fais des jugements hâtifs, ce n’est pas une nouveauté, mais c’est vexant, car tu as tout de suite pensé qu’il s’agissait d’un homme, certainement car tu pensais à autre chose au moment où tu lui as parlé. Et même ça, c’est vexant. D’entamer une conversation avec quelqu’un alors que ton esprit est indéniablement redirigé vers quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui n’est plus, qui ne sera plus jamais dans ta vie.

Et tu apprends par sa voix qui sonne étrangement, qu’elle est plus vieille que toi. Elle est jolie, ton ainée. Tu avoues que tu n’aurais jamais cru qu’il s’agissait d’une fille ; petite poitrine, posture assez imposante –même si fine et plus petite que toi. Des préjugés. Tu es plein de putain de préjugés dans ta tête, et tu n’arrives pas à t’en défaire, à tel point que tu vexes une jeune étudiant que tu voulais draguer. Ouais, t’es mal parti, okay, faux départ. Tu dois te rattraper, ou abandonner ce coup. C’est comme un jeu d’échec, tu as l’impression. A celui qui fait le premier échec et mat. A celui qui fait abandonner l’autre, qui lui montre que ce n’est plus la peine de jouer, de résister ; que ça ne marchera pas. Tu as fait un faux départ, mais cela ne veut pas dire que tout espoir est perdu, bien sûr que non. Tu peux encore retomber sur tes deux jambes sans t’en casser une, tu peux encore rebondir, tu peux encore gagner des points et remporter la bataille. Tu le sais, tu peux y arriver, il suffit juste que tu fasses attention, que tu te concentres, que tu essayes de ne plus dérailler et de te comporter comme un train malade de tout et qui dévie entièrement de sa trajectoire. Tu as un but. Et tu feras tout pour l’atteindre. « Pardon, je ne voulais absolument pas te vexer. Mais bon, une poitrine inexistante, une taille aussi grande… Mes préjugés sont… idiots, je sais. Désolé. » Tu ris un peu. Un rire qui sonne faux, totalement faux. Il est censé détendre l’atmosphère mais tu as juste l’impression d’être un idiot qui se moque d’elle et qui essai de réparer les pots cassés. Ce n’est pas comme ça que tu gagneras la bataille, mais tu commences peu à peu à reprendre tes vieilles habitudes de drague à la noix. « Je n’aurai jamais cru que tu serais plus vieille que moi, je dois bien te l’avouer. Et non, ce n’est absolument pas un compliment caché, je t’assure. » Bien sûr que si, que c’en est un. Commencer par complimenter les dames est tout un art dans la drague, et même si ces dernières ne sont pas aussi idiotes qu’elles en ont l’air, qu’elles connaissent les trucs et astuces de la drague, elles ne peuvent s’empêcher d’apprécier ces petits compliments par-ci par-là. Ça fait toujours plaisir, après tout. « Je suis en première année, en art. » Elle n’a pas précisé sa filière, mais tu le fais, afin de lui démontrer que tu aimerais bien savoir dans quelle licence elle se trouve. Avec un coup du destin, cette petite pute de destinée, cette jeune fille pourrait bien être ton ainée dans ta propre licence. Ce que tu ferais bien rire. Fort, pour sûre. « Cléanthe, pour vous servir mademoiselle. » Tu insistes bien sur le ‘mademoiselle’ afin de lui faire comprendre que tu as bien saisi le message, et que tu t’excuses encore une fois, à ta manière, en te penchant un peu, un bras s’ouvrant vers la droite, et l’autre venant se loger en travers de ta poitrine, comme un salut de chevalier. Tu aimes bien jouer avec toi-même lorsque tu dragues des filles, des hommes, peu importe leur genre. Mais cela faisait longtemps que tu n’avais pas sorti le jeu du prince charmant à la rencontre de la princesse, vraiment. Ca t’aurait presque manqué, en fait. Cette manière si désinvolte de t’amuser avec les gens, alors leurs sentiments, avec leurs corps. Cette manière de se lier pour une seule nuit puis d’oublier, de se passer des mots « on refera ça une prochaine fois » - mais il n’y a jamais de prochaine fois. Il n’y a même pas de prochaine rencontre, il n’y a jamais de prochain baiser, il n’y a jamais de prochain futur. Jamais. Et ça t’avait fatigué, fut un temps. Tout ces déboires, toutes ces illusions dans laquelle tu te plongeais, dans laquelle tu aimais chaque nuit une personne différente. Des mots d’amours que tu prononçais mais qui étaient vide, qui étaient juste là pour rentrer dans l’air, dans l’intimité de la chose. Que des choses fausses, vraiment. Ce n’était que de la baise, en fait. Rien d’autre.

Et c’est alors que ton esprit se remet à fonctionner. Sidé, s’appelle-t-elle. Sidé, comme dans la mtyhologie grecque. Est-elle grecque, dans ce cas ? Ce serait le topo, pour le coup. Un sacré coup de la destinée elle-même qui te fait un immense doigt pour te prouver que quoi que tu fasses, elle continuera de t’enculer autant que tu le peux. Ou peut être est-ce un coup de pouce, en réalité. Peut être qu’elle ne veut pas que tu reprennes tout à zéro, que tu redeviennes cet enfoiré qui s’amuse tous les soirs, qui boit, qui fume comme un camionneur, qui redécouvre les joies du sexe. Peut être qu’elle veut juste t’aider, te montrer que tout n’est pas mauvais dans la vie, dans le destin, que toi aussi tu peux trouver le bonheur même après un échec intersidéral. Peut être qu’elle veut juste que tu sois heureux, en fin de compte. « Tu es grecque ? Enfin, encore une fois, excuse-moi pour les préjugés, hein, mais Sidé… Sidé, c’est grecque, pas vrai ? » Tu as des étoiles dans les yeux, tu t’enflammes. Tu n’as jamais rencontré un autre natif de ton pays natal, et ça te manque un peu. Ton pays, ta nation, tu l’aimais. Tu sais qu’il y a des soucis là-bas, que la vie est problématique, tu sais que tu as bien fait de partir avec tes parents, mais ça te manque quand même. Tous ces restes de l’Antiquité, toute cette culture que tu aimes tant, qui t’a passionné pendant des années et qui te passionne encore maintenant. Il te manque tellement, ton pays. Certains paysages dont tu étais amoureux te font encore rêver, même maintenant. Tu souhaiterais repartir là-bas, retrouver les pilonnes de ton enfance, les bains grecques dans lesquels tu t’amusais à jouer avec tes amis de l’époque. Une si, si belle époque, oh oui. Et même les cheveux si noirs de Sidé te font envie, te rappelle ces petites filles avec lesquelles tu t’amusais, avec lesquelles vous jouiez à refaire les grandes pièces de la Grèce Antique. Sans réellement y faire attention, sans vraiment y penser, tu passes tes doigts dans la longue, si longue chevelure libre de la demoiselle, menant une mèche jusqu’à tes lèvres où tu y déposes comme un baiser caché. Une étrange saveur de vanille et la lavande sauvage, ou du moins tu en as l’impression. Peut être est-ce seulement une imagination de ton esprit, où tu te revois dans les champs près de ton école, où toutes herbes prenaient vie, où les senteurs se mélangent et te font rêver comme jamais.

Sauf que tu n’es pas en Grèce. Et que les cheveux de Sidé ne sont pas non-plus les hautes herbes dans lesquelles tu aimais t’engouffrer à chaque fois que la récréation sonnait, à chaque fois que tu avais un instant de libre. Les cheveux sont bien plus doux, bien plus soignés, et même si tu peux encore ressentir la chaleur du soleil et l’engouffrement du vent dans tes vêtements dans ce champ si loin, ses cheveux, eux, sont chaud également. Peut être est-ce le soleil qui a tapé dessus depuis le temps que Sidé est là, ou peut être est-ce juste qu’ils se sont réchauffés au creux de ta main, toujours est-il qu’un étrange sentiment de bien être et de confort t’enlace alors que tu respires la bonne odeur qui se dégage des folles longueurs ténébreuses que tu tiens entre tes doigts. Mais tu ne te rends que trop tard de ton geste, relevant la tête comme si tu venais de t’éveiller d’un rêve, plongeant ton regard dans celui onyx de la jeune femme. Tu la regardes longuement sans vraiment trouvé les mots – les cherches-tu seulement ? Tu sembles perdu, comme si tu venais d’avoir perdu tous tes moyens, comme si quelqu’un venait de te mettre une gifle en pleine figure. Comme si tu venais de te réveiller. Peut être qu’après tout, c’était vrai. Peut être qu’après tout, Destinée veut effectivement t’aider. Car ce sentiment de confort, de sécurité, tu ne l’avais encore jamais connu. Pas avec Joshua. Pas avec Emmett. C’est la première fois que ça t’arrive, la première fois que tu as l’impression que, oui, tu es aidé par une certaine force de la nature. Et c’est bizarre, cette sensation. Tu as l’impression que tout va bien trop vite. Que tout tourne, sans t’attendre, que tu viens de prendre un virage sans vraiment t’en rendre compte. Mais cette fille, cette fille qui a des cheveux qui te font penser à ton chez toi, à ta vrai maison, à ta patrie, c’est cette fille même que tu veux, que tu dois draguer, avec laquelle tu ne veux pas avoir de lendemain. C’est cette fille, et étrangement, tu te dis que c’est trop facile. De te faire changer d’avis comme ça, tu refuses. C’est n’importe quoi. Pas question. Tu resserres un peu plus tes doigts autour de ces cheveux, un faux sourire apparaissant sur ton visage. Cette fille, c’était ta proie. Et ça ne changera pas. Tu l’auras, tu l’oublieras, comme toutes les autres jeunes filles et jeunes hommes que tu as vu défilé dans ton lit, dans un lit d’hôtel. « Pardon, je sentais la même odeur que chez moi, mon vrai chez moi, la Grèce. Et je me suis laissé emporter par les émotions. » Tu relâches ses cheveux d’un geste las et lent, comme s’il ne s’agissait que de simples grains de sables qui glissent de tes doigts et que tu ne retiens pas ; ça n’en vaut pas la peine. Tu ne veux pas qu’elle vaille la peine. « En tout cas, tu as de très beaux et doux cheveux. Ca se voit que tu en prends soin. » Et pourtant, une question te titille l’esprit, et tu crèves d’envie de la poser. Bah, tu n’es plus à ça près après cet horrible affront lié à ces cheveux, penses-tu. « Mais, pourquoi les avoir autant laissé pousser ? Je n’ai encore jamais rencontré de jeunes femmes qui ont la force et la patience de s’occuper et de laisser pousser d’aussi longs cheveux. D’où ma question. » Tu sais que c’est indiscret, tu sais que c’est même méchant, avec le ton que tu as pris pour la dernière phrase. Comme si c’était une attaque, comme si tu voulais la descendre d’un seul coup d’œil. Yeux qui n’ont pas quitté les siens, que tu gardes ancrer à l’intérieur de cet océan noir mais étrangement éblouissant. Et ce n’est certainement pas toi qui va baisser les yeux en premier, oh que non.

©雲



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Mer 18 Mai - 10:47

Leave out all the rest ; I'm so scared
Il a l'air de se débattre avec ses pauvres mots, ce qui en sort ne ressemble pas vraiment à des excuses, tu n'es même pas certain qu'il s'en rende compte. Si tu avais été une fille, tu aurais certainement été vexé plus que ça. Peut-être même qu'il se serait gentiment pris la paume de ta main dans la tête, tu l'aurais gravé dans sa joue pour qu'il s'en souvienne encore longtemps ; mais tu n'es pas une fille. Pourtant, il a l'air de te croire. Tu pensais que ça aurait été plus dur de le convaincre après tout, il a pointé tous les problèmes de ce mensonge ; tu n'as pas de poitrine, t'es les épaules un peu larges, t'es pas vraiment petit mais pas très grand non plus. Pas assez pour être masculin, trop pour être féminin. C'est un mensonge qui glisse facilement, et tu sourirais presque si tu n'étais pas occupé à fixer cet inconnu. Il s'excuse, il s'excuse mais tu n'es pas certain qu'il le pense, tu n'es pas certain qu'il sache ce qu'il dise, ce qu'il veule ;  ou peut-être qu'il le sait et c'est pour cela qu'aucun de ses mots ne sentent la sincérité, c'est pour cela qu'aucune de ses excuses ne te secouent vraiment, tu en as rien à faire des beaux mots. Au moins, il reconnaît qu'il juge un peu trop vite. Ca te fait pincer les lèvres. Tu lui auras au moins fait prendre conscience de quelque chose ; intérieurement tu rigoles. Parce que tu sais qu'au final, ce n'est que sur ton apparence qu'il t'a jugé. Devrais-tu te sentir flatter que ses yeux se soient posés sur toi avec des intentions qui ne sont certainement pas catholiques, qui ne sont certainement pas ce que tu voudrais -qu'est-ce que tu voudrais, toi ? Peut-être qu'il te laisse, qu'il fuit. Mais il n'a pas l'air de vouloir te laisser tranquille, il n'a pas l'air d'être décidé à abandonné.  « Il n'est pas vraiment caché, non. » C'est ce que tu avais répondu à son « compliment ». Tu sais que c'est le genre de choses qui marchent avec les gens faciles, tu sais que c'est le genre de choses qui fait rougir. Tu voudrais sourire mais tu as ce regard défiant incrusté sur ta face ; tu voudrais lui dire que ça ne marche pas vraiment avec toi. T'es pas aussi facile que ça ; bien sûr que c'est toujours plaisant et toujours rassurant de savoir que l'on ne fait pas si vieux, qu'on a encore l'air d'un enfant -quoi qu'à ton âge, il faudrait peut-être que tu aies l'air adulte. Mais tu n'es pas prêt à te faire avoir, tu ne dois pas te faire avoir. S'il y arrive, tu sais que les problèmes viendront avec. Après tout, il pense à présent que tu es tout ce que tu n'es pas, simplement parce que tu as cru bon d'essayer de le faire fuir de cette sorte ; il serait compliqué de revenir en arrière maintenant. Ce serait admettre sa défaite, ça voudrait presque dire « ok ça me va, tient moi ». Un frisson parcourt ta colonne vertébrale. Tu voudrais presque qu'il disparaisse sur le champ ; ou peut-être que toi tu voudrais disparaître. Que les enfers t'engloutissent pour tes mensonges, que l'on te punisse pour ton affront et qu'on te fasse disparaître de la surface de cette Terre qui porte ta carcasse comme un fardeau.
Peut-être qu'un semblant de sourire se dessine sur tes lèvres quand il présente son année ; tu ne lui aurais peut-être pas donné son âge non plus, mais tu te gardes bien de le dire. L'artiste s'en ferait une trop grande joie et ce serait rentrer un peu plus dans son jeu où tu te noies. Il est donc un artiste. Tu l'aurais peut-être pas mis dans cette catégorie non plus. Tu esquisses un sourire, une ombre sur tes lèvres. Comme quoi, tu as beau parler, tu es toi aussi plein de préjugés. Tu sais que tu n'y es pour rien, tu sais que c'est comme ça ; le monde est fait tel qu'on a des attentes, des croyances et qu'on finit toujours par prendre certains cas pour une globalité. Ce genre de pensées finissent toujours par se faire écraser à grands coups de pieds, piétinées pour être effacées. Au final, ce n'est pas si surprenant. Ca pique même ta curiosité. Un peu. Trop. T'as des questions qui te brûlent la langue mais tu les ravales ; ne montre pas d'intérêt, ne montre pas d'intérêt, ne montre pas d'intérêt. Mais il est vrai que tu aimerais savoir ce qu'il fait de son art ; est-ce qu'il est un de ces nouveaux artistes accro à la technologie ou préfère-t-il le bruit du pinceau contre la toile ? Est-il de ceux qui font tout devant un écran ou est-il de ceux à la recherche de ce paysage parfait ? Peut-être qu'un jour tu sauras, peut-être qu'il te le dira sans que tu demandes. Peut-être aussi qu'il te pose une question muette, qu'il te retourne la demande ; qu'est-ce que tu fais toi ? Alors tu dis simplement, doucement ;  « Linguistique. » et tu laisses quelques instants flotter tes mots, tu n'en dis pas plus. Tu ne veux pas en dire plus que lui, tu ne veux pas avoir un mot de plus, tu ne veux pas qu'il en sache sur toi plus que tu n'en sais sur lui ; une défense instinctive peut-être, on t'a toujours appris à te méfier. Son prénom raisonne alors dans le soudain silence qui s'était installé et tu fronces quelques instants les sourcils, il se penche, tu ne peux que laisser échapper un rire alors qu'il joue beaucoup trop le jeu ; fait-il du théâtre ? Tu t'attendrais presque à ce qu'il te sorte un de ces vers clichés de Shakespeare, celui qui fait tomber tous les cœurs, qui fait rougir toutes les filles. Cléanthe, quelque part, quelque chose en toi se tort. Le prénom raisonne. Tu sais qui est Cléanthe. Pas lui, l'original. Et tu repenses au destin. Tu voudrais peut-être rire. On ne croise pas si souvent ce genre de prénoms en plein centre de Londres. Est-ce qu'il est comme toi ? Est-ce qu'un de ses parents ne juraient que par ce pays loin, trop loin ? Ou peut-être vient-il de là-bas ? Ca lui va bien. Tu ne saurais dire pourquoi, mais ça lui va bien ; tu ne chercheras pas plus loin. Tu ne peux pas commencer à t'attacher, tu sais ce que ça donne ce genre de conneries. Tu ne veux pas creuser, chercher plus loin, tu ne veux pas et tu secoues légèrement la tête à sa question, tu cherches une raison pas vraiment personnelle de lui expliquer et tu hausses les épaules ; « Une passion de mes parents, certainement. » C'est tout ce que tu peux lui dire. Comment réagirait-il s'il apprenait ton premier prénom ? Endymion. Tu n'as jamais vraiment su si c'était une blague, si elle aimait vraiment ce prénom ou si elle avait beaucoup trop regardé Sailor Moon à cette époque-là. Il a les yeux qui brillent et tu te sens quelque peu désolé pour lui. Pendant l'espace de quelques secondes, il avait l'air d'un enfant beaucoup trop content de recevoir ses cadeaux de Noël, ou quelque comme ça. Tu sais ce que ça fait. Peut-être que tu aurais du mentir encore ? Peut-être que tu aurais du acquiescer, simplement pour le voir sourire ? Hein ? Tu ne veux pas le voir sourire. C'est idiot. Tu ne veux pas le voir sourire. Tu. Ne. Veux. Pas. Tu t'en fiches bien de voir sourire un coureur de jupon, tu t'en fiches bien de savoir s'il est heureux ou pas ; il s'en fout sûrement de cette compassion, peut-être même qu'il pourrait le prendre mal ? Se vexer. Alors t'eus envie de lui dire que tes ancêtres sont un peu flous, peut-être même qu'au fond t'as du sang de là-bas aussi mais t'es arrêté dans ton élan.

Tu ne t'attendais pas à sentir sa main dans tes cheveux, cette mèche si loin de toi mais si proche de lui alors t'as un mouvement de recule mais elle ne fait que se loger un peu mieux dans sa paume. Il y porte ses lèvres et tu es figé. Tu n'as plus aucun mouvement. Plus aucune expression. Un frisson a traversé tout ton corps et tu voudrais qu'il te rende cette mèche, de suite. Qui lui a permis de toucher ? Qui lui a dit qu'il avait le droit de faire ça ? Qui lui a dit qu'on lui permettait de toucher ce qui t'appartient ? Personne, et surtout pas toi. Tu n'aimes pas ça. Il se permet trop de choses, il prend ses aises et tu n'aimes pas ça. T'as envie de tirer. De lui enlever de ses doigts sales, de ses doigts qui ont sûrement couru sur des tas de corps, dans des tas d'autres cheveux. Tu ne comprends pas tout. Tu ne comprends pas cet intérêt soudain, tu ne comprends pas cet air sur son visage, tu ne sais pas ce qui lui passe par la tête mais tu voudrais tellement qu'il arrête. Tes cheveux, c'est quelque chose de personnelle. Si personnelle. Tu n'es pas du genre à laisser tout le monde toucher, tu n'es pas du genre à laisser tous les doigts traverser ces ténèbres pourtant, il en a pris la liberté comme si c'était si facile, comme si c'était normal, comme s'il en avait le droit. T'as peut-être les joues rouges. Tu ne sais pas si c'est à cause de lui, à cause de la colère qui bouillonne dans ton estomac, tu ne sais pas vraiment. Parce que personne n'a jamais fait ça, parce que tu n'as jamais laissé personne faire ça. On dirait une stupide scène de télé, ou peut-être même une mauvaise adaptation de Roméo & Juliette. Tu n'es plus certain du rôle que tu tiens. « S'il te plaît... ? » essayes-tu de demander gentiment quand il relève les yeux vers toi, mais tu n'es pas certain qu'il soit là. Il a encore l'air perdu dans ses pensées, échoués quelque part sur les plages de ses idées alors tu tires légèrement toi-même, pour laisser glisser les mèches comme des serpents s'échapperaient mais il resserre sa prise, tu grimaces. Ca ne fait pas mal -à ce niveau là, on ne sent plus vraiment mais tu les vois se froisser entre ses doigts et tu imagines d'autres cheveux froissés pour d'autres raisons alors tu te pinces les lèvres. Il y a comme un changement d'humeur, un changement d'ambiance, un changement d'expression et maintenant, tu voudrais réellement partir. Courir. Fuir comme tu sais si bien le faire. Il n'y a que ça à faire. Tu ne veux plus qu'il pose ne serait-ce qu'un doigt sur toi, son regard est déjà dur à supporter. Ton épaule et maintenant tes cheveux, tu voudrais lui crier de reculer, de dégager mais tu ne dis jamais rien. Tout est là dans le fond de ta gorge, coincé entre tes cordes vocales mais rien ne sortira jamais parce que tu n'en as pas le courage, parce que ça ne sert à rien de cirer, hurler. « Ce n'est pas une raison. » c'est peut-être sorti un peu plus sec que tu ne voulais et tu t'en pinces encore les lèvres. Ton regard est toujours rivé sur lui, encore, mais tu récupères tes cheveux entre tes doigts, cette mèche qu'il a maltraitée et tu y passes tes doigts à travers comme si tu allais la soigner, comme si tu allais faire s'en aller ses traces. Tu n'aimes juste pas ça. Mais il a confirmé tes pensées et tu imagines alors l'Artiste sous le soleil chaud de la Grèce, tu l'imagines plus petit, peut-être plus innocent, tu l'imagines comme un enfant. Tu ne sais pas vraiment ce qui rappelle la Grèce dans tes mèches ; est-ce que c'était un compliment. Tu relèves le regard vers lui, tu voudrais le remercier mais rien ne sort ; parce qu'il te semble normal d'entendre ces mots.
Il frappe dans le mille. Il pose la question. Celle à laquelle tu n'as pas de réponses précises. Cette passion qui n'a pas de raisons, une raison que tu as oublié, une raison que tu n'as peut-être jamais eu. Instinctivement, tu replonges tes doigts dans quelques brunes que tu entoures autour de ton doigt. Un sourire malicieux se dessine sur tes lèvres ; « Je ne suis pas comme toutes les autres jeunes femmes. » as-tu alors dit et ces mots ne peuvent être plus juste qu'à cet instant. Peut-être qu'il l'a souvent entendu, peut-être que d'autres le lui ont dit pour se faire passer pour ce qu'elles ne sont pas, pour se faire passer pour des filles pas si faciles quand en fait il n'a qu'à demander qu'elles écartent les jambes pour qu'elles le fassent. Mais chez toi c'est vrai ; tu n'es pas comme toutes les autres, parce que tu n'es pas une femme et tu n'es pas certain d'être comme les autres hommes non plus. Mais ce n'est pas comme si tu pouvais vraiment lui dire comme ça, ce serait assez compliqué. « La force. » dis-tu alors. «  Tu as tout dit, c'est une preuve de force. »  Tu hausses les épaules.  « C'était un signe de force, à l'époque, les cheveux. Dans n'importe quel monde, ça a toujours été une marque de... Puissance ? Physique comme morale, peut-être même de supériorité... » Peut-être que tu apparais un peu hautain, peut-être que tu redresses un peu le menton, peut-être que tu le fixes comme pour le défier. Ce n'est pas vraiment ce que tu veux, mais tu n'as pas aimé son ton, tu n'as pas aimé son attitude. « C'est une preuve de ma force. » C'est la preuve d'une triste illusion, c'est la preuve d'un beau mensonge. « Je crois que je n'ai jamais eu les cheveux courts. » parce que les cheveux courts c'était ton père, c'était la violence, c'était le sang. Nouveau sourire malicieux. « Mais c'est beau, non ? » Tu n'as pas vraiment envie qu'il dise oui, peut-être que tu as juste envie qu'il tombe avant que tu ne le fasses.
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ft Sidé.


Elle n’était pas comme les autres, et tu pouvais voir qu’elle disait la vérité. Dans la manière qu’elle a de s’enrouler un cheveu au tour de ton index, dans la manière dont elle relève le menton, dans la manière qu’elle t’impose un duel muet. Un simple échange de regard – elle répond à ton ton qui était presque méchant par un simple regard qui veut tout dire. Elle n’a pas aimé ça, même pas du tout. Tu n’aurais pas du lui parler comme ça ; elle se veut forte. Elle veut certainement que tu la vois forte, que tu lui dises que oui, elle a l’air forte – une force de caractère dans l’âme, et que ça te séduit, un peu. Tu aimes les personnes qui ne se laissent pas faire, tu aimes les sauvages, les difficiles à atteindre. Ils sont un peu comme toi, en fait, alors tu te miroites sur eux, et c’est un sentiment que tu aimes. Te dire que tu tiens au creux de tes bras des gens qui sont comme toi, qui te comprennent un peu, dans un sens. Qui connaisse ta douleur, tes désirs, tes vœux. Qui savent que ce n’est pas un toujours, que ce sera un peut être, qui n’est même pas certain. Qu’il s’agit là d’une illusion avec laquelle vous vous amusez tous deux, mais rien de changera, jamais ; vous êtes pareils. Tu as l’impression que c’est la même chose pour elle, mais qu’elle na va pas dans ton sens non-plus. Qu’elle fait plus l’inaccessible, qu’elle ne te pardonnera pas aussi facilement même si tu t’excuses. Et le fait de toucher ses cheveux semble être une limite que tu n’aurais pas du dépasser, jamais. Dommage pour toi, c’est déjà fait, dommage pour toi, tu savais parfaitement les risques, et tu l’as quand même fait. Un défi pour toi, un défi pour elle, peut être. Tu avais décidé de casser tes barrières, de voir jusqu’où tu pouvais aller, jusqu’où ça pouvait marcher. Peut être que Sidé n’était pas la bonne proie pour un essaie de ce genre, peut être que tu n’aurais pas dû, peut être que… Peut être que tu n’aurais tout simplement pas dû l’aborder. Et pourtant, une partie de toi, celle qui croit en tout et n’importe quoi, au destin et à toutes ces choses idiotes faites pour les imbéciles heureux, te disent qu’il n’y a jamais de hasard. Et si tout ce que tu as ressenti en ces cinq minutes top chrono ne sont pas du hasard, alors tu veux tenter ta chance, quitte à tout lâcher plus tard. Tu veux voir jusqu’où tout ça va vous mener, tu veux voir si vous allez finir dans un lit, tu veux voir si tout va finir en eau de boudin. Tu veux voir, tu veux sentir ce sentiment de satisfaction quand tu auras atteint ton but, tu veux sentir ce ‘dommage’ que tu ressentiras si elle ne se laisse pas avoir, si elle se débat comme un diable dans ses paroles lorsque tu lui proposeras une nuit loin de tout, et surtout de cette vie misérable que vous avez là. Tu veux essayer des choses comme un gamin, comme quelqu’un qui n’a pas assez d’expérience et qui a besoin d’un rat de laboratoire pour ça. Dommage, belle petite Sidé, tu as été décidé comme étant la souris en question. Toutes mes condoléances.

« Ta raison est noble. » Tu as l’impression de parler comme à l’ancien temps, comme si tu étais un prince qui parle à ses sujets, qui accepte leurs demandes sans vraiment les avoir lu. Tu as l’impression d’être repartie à la Renaissance, avec tous ces longs cheveux, ces fausses perruques qui tenaient sur des cheveux courts ou des cheveux morts, ces illusions de pouvoir et de beauté, encore une fois. Sauf que Sidé n’est pas une illusion. Sidé a ses cheveux, ses vrais et longs cheveux qu’elle a décidé de laisser pousser pour prouver au monde qu’elle était une femme forte. Qu’elle était une femme de pouvoir, qu’elle ne se laisserait pas marcher sur les pieds. C’est ce que tu ressens lorsque tu la dévisages de haut en bas en admirant ses cheveux quasiment sans fourche même à leur plus bas. Tu trouves ça magnifique d’un côté, ce courage et cette patience dont elle a du faire preuve, et ton côté idiot pense à autre chose. A la fille d’un film, ‘The Grudge’, qui fait des bruits absolument terrifiant. Tu te bafferais presque pour avoir pensé à ça, car la jeune femme en face de toi n’y ressemble absolument pas, il n’y a que les cheveux longs qui sont là pour te rappeler une chose aussi absurde. Et encore, les cheveux étaient dans un bien piteux état, comparé à ce que tu as en face de toi. Magnifique. « C’est beau. Tes cheveux sont beaux. » Cette couleur ébène lui sied à ravir, même si cela accentue sa peau d’albâtre encore plus. Comme un océan de ténèbres dans lequel tu plongeras, ses cheveux semblent sans fin. Tu plongerais bien la main dedans afin de voir quel effet ça fait, mais tu te retiens. Tu auras peut être la chance de ressentir ses cheveux sur toi, sur ton corps lorsqu’ils tomberont de tout leur poids sur tes épaules, ou peut être les sentiras-tu dans tes mains lorsque tu seras au dessus d’elle. Que des suppositions que tu espères bien voir arriver, tu n’es pas sorti de chez toi pour rien après tout. « Et je trouve beau que tu sois forte, aussi. » Et c’était vrai. Tu redécouvres un toi qui peut être sincère tout en ayant dans l’optique de draguer. Tout ce que tu as dit depuis le moment où tu as parlé de ta terre natale est sincère, pensé, réfléchi. Tu trouves ça rare, tu en es même presque surpris. Cela fait combien de temps que tu n’avais pas dit quelque chose que tu pensais – certes avec arrière pensé mais cela n’enlève pas la sincérité de tes propos. Habituellement tu réfléchis à ce que tu vas dire, à la manière dont cela va pouvoir impacter sur l’autre. Mais pas cette fois-ci, oh non. Cette fois-ci tu as laissé les mots coulés de tes lèvres comme une rivière que l’on ne peut stopper. Est-ce que tu avais seulement envie de les arrêter ? Tu n’en as même pas sûr. Sûrement avais-tu envie de laisser couler, couler, de dire tout ce qui te passait par la tête, d’être sincère autant avec ta tête qu’avec ton cœur gelé qui tremblote encore dans ta poitrine. Tu sais qu’il a besoin d’être réchauffé, tu sais qu’il a besoin d’être oublié. Pendant un court instant, tu as même presque envie de jouer la carte du machisme. De lui demander si elle ne veut pas venir discuter avec toi dans sa chambre, ou dans la tienne, ou dans un hôtel, tiens. Ah, tu te tuerais certainement si tu osais proposer ça à n’importe qui, preuve que tu t’impatientes, preuve que tu as déjà perdu ce petit duel. Mais tu ne veux pas. Car tu sais pertinemment que si tu tentes, ce sera un échec et mat de ta part : tu le vois, elle n’est pas prête à faire quoi que ce soit avec toi pour l’instant. Même pas à prendre un café, à boire un truc dans un petit bar, dans la cafétéria de l’université. Tu dois continuer à lui parler, tu dois apprendre plus de chose sur elle. Est-ce par envie ? Ou juste pour pouvoir la conquérir sans souci ? Tu ne sais pas encore, mais elle t’intrigue, c’est certain. Elle n’est pas comme les autres, elle l’a dit elle-même. Et tu sais qu’elle dit vrai. Tu as envie que ce soit vrai. Tu as envie de voir jusqu’où elle est différente, jusqu’où cette différence peut aller. Même pour une seule nuit, tu penses que tu te souviendras d’elle – la femme au nom grec. Un étiquetage que tu permets déjà alors que vous n’avez rien fait encore. Il n’y a même pas eu le frémissement d’un commencement, à vrai dire. Mais tu comptes bien changer ça, bientôt, très bientôt. « Alors, tes parents aimaient la mythologie grecque. » Tu repars dans un sujet plus ‘normal’, plus intime, presque. Tu veux essayer d’en savoir plus sur sa vie, son enfance, ses alentours. Sa manière de vivre ? « Quelque chose à voir avec ta licence, ou pas du tout ? » C’est des questions un peu random que tu as là, que tu poses par-ci par-là. Comme si tu avais besoin de réponse, comme si tu devais à tout prix savoir plus de chose sur elle, sinon tu savais que tu n’arriveras pas à la mettre dans tes draps, ou dans n’importe quels draps. Et s’il s’agit effectivement d’une fille différente des autres, tu auras d’autant plus de difficulté à arriver à tes fins. M’enfin, tu verras bien.

©雲



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Mer 18 Mai - 13:23

Leave out all the rest ; I'm so scared
T'es déstabilisé. Tu te sens flancher. T'as envie de le plaindre, de lui dire le pauvre. T'as envie de lui dire maintenant d'abandonner, que t'es pas sincère, pas vrai, que c'est mal ce que tu fais mais c'est lui qui a voulu jouer, c'est lui qui a avancé le premier pion sans prévenir. Une attaque ouverte. A toi de savoir quoi faire. A toi de bouger tes pions intelligemment. Il a pourtant l'air sincère quand il ouvre la bouche,il a pourtant l'air sincère quand il salue ta cause, quand il te complimente. Tu aurais presque baissé la tête, tu aurais presque rougi mais tu t'es une nouvelle fois pincé les lèvres. Tu commences à regretter. Tu commences à t'en vouloir, vraiment. Tu ne sais pas si c'est une bonne chose, tu ne sais pas si c'est normal -tu ne voudrais pas. Tu n'es pas si fort en vérité, tu n'es pas si courageux que tu veux le faire croire. T'es le genre à aboyer en reculant. Courageux mais pas téméraire. Peut-être qu'il t'a touché avec son regard d'ailleurs, avec ses mots doux. Ses mots sincères. Tu aurais voulu qu'il se moque de toi, encore une fois. Tu aurais voulu qu'il dise quelque chose avec ton narquois, qu'il te dise de redescendre un petit peu, d'arrêter de t'y croire. Tu aurais voulu qu'il te dise que tu n'as rien de fort, que c'est idiot, qu'on ne vit plus à cette époque, qu'aujourd'hui c'est une raison faible, futile et qu'il n'y a rien d'intelligent, rien de beau, rien de noble dans tout cela. Tu aurais voulu qu'il te rigole un peu au nez, qu'il te demande pour qui tu te prends, si tu te crois plus important que les autres. Tu aurais voulu qu'il t'affronte, qu'il te fasse baisser le menton, qu'il te dise que tu ne vaux rien et qu'il s'en aille. Parce que tu aurais eu ce que tu méritais, parce que tu n'aurais pas eu pitié, parce que tu n'aurais pas cherché plus loin. Tu te serais surement mis en colère, tu lui aurais dit des choses que tu aurais regretté -ou peut-être pas, mais vous n'en auriez plus jamais reparlé. Tu sens son visage se graver dans ta mémoire ; ses yeux en duel et son sourire trop charmeur. Ses mots trop sincères pour son air de pierre. Tu ne sais plus vraiment ce qu'il veut, tu ne sais plus vraiment ce qu'il te demande. Est-ce qu'il veut ton corps ou tes mots ? Les deux certainement, tes mots avant le corps,  pour faire croire qu'il s'est intéressé, pour faire croire que ça s'est fait naturellement, pour faire croire que tu le voulais aussi. Il est vraiment mal tombé, tu plains sa destinée. Ce ne doit pas être un bon jour pour lui non plus, ce ne doit pas être une journée très agréable. Peut-être qu'il aurait préféré la facilité, peut-être que tu aurais du juste tomber ? Non. S'il n'était pas obstiné, il ne serait plus là. Alors peut-être que tu te sens un peu flatté, encore. Il est fort pour ça. Pour dire des choses qui flattent, en le voulant ou sans le vouloir. Tu n'es pas certain qu'il voit les choses de cette manière, c'est peut-être toi qui comprend toujours tout de travers. T'aurais presque envie de lui sourire, de lui dire que ça va, que c'est pas grave. Tu pourrais même lui dire qu'il a le droit de replonger sa main dans tes cheveux, ça va, il a le droit mais ce serait accepter ta défaire, ça serait faire tomber ton roi et tu préférerais mourir que perdre. Ce n'est pas vraiment de ta faute, si t'es mauvais joueur. Il n'avait qu'à pas commencer, essayer.

 « Quelque chose de ce genre, ouais. » as-tu répondu. Tu n'es pas vraiment sûr que ton père sache ce que c'est que la mythologie mais tu n'as pas envie de t'investir, tu n'as pas envie de passer par ce chemin. Tu voudrais éviter de parler de ce genre de choses surtout avec quelqu'un que tu ne connais pas ; tu n'en parles déjà pas beaucoup en général, alors pourquoi en parler maintenant ? Tu hausses les épaules. Sa seconde question te fait légèrement rire, un pe tit rire que tu retiens avec ta main et tu hausses les épaules. Tes yeux se reposent sur les siens ; « Je ne sais pas, peut-être. » Un nouveau sourire malicieux. Mystère pour rien. Juste pour s'amuser. Juste parce qu'il n'y a pas trop d'intérêt qu'il puisse te porter sans arrière pensée. « J'étudie les langues anciennes. Je suppose que ça a un rapport ? » Tu esquisses un semblant de sourire.  « C'est le genre de passion qui se transmet, je suppose ? C'est... Comme pour perpétuer un rêve... » Tu n'es pas certain de ce que tu racontes, de ce que tu dis. C'est certainement vrai, après tout, tu ne te serais jamais intéressé à ce genre de choses si ta mère ne t'avait pas appelé comme ça, si elle n'avait pas lu des mythes encore et encore pour t'endormir, pour calmer tes larmes, pour te permettre de t'échapper. « Dis. » Sois honnête. « C'est vraiment beau là-bas ? » Encore une fois. Peut-être que tu viens de signer ta fin, peut-être que tu viens de demander la lune mai slui qui vient de cet endroit, peut-être qu'il peut te le dire ? Tu n'as jamais quitté l'Angleterre. Tu n'as jamais vraiment rien vu du « monde extérieur »,. Est-ce comme tu l'as imaginé ? Est-ce comme tu le crois ? Est-ce qu'il peut te faire rêver rien qu'avec ses mots ? Est-ce que, ce qu'il a vu dans tes cheveux, ça valait vraiment le coup ? Tu ne sais pas vraiment comment formuler tout ça alors tu fais un signe de la main, un peu comme pour lui dire de laisser de tomber, que ce n'est pas très important de toute manière, peut-être que tu le verras de tes propres yeux un jour. Au fond, tu viens de lui montrer que d'une certaine manière, tu as eu besoin de lui et tu ne veux avoir besoin de personne pour quoi que ce soit, alors qu'il laisse tomber, ça ira mieux pour toi, pour lui, pour cette situation qui semble s'embourber. « Ils disent souvent que c'est une nostalgie du passé, mais c'est pas vraiment drôle comme explication. » finis-tu avec une petite moue plus pour toi que pour lui.  Tu lèves alors un index vers le ciel, devant son visage ;  « A moi. » Dis-tu. Parce que tu sais que tu ne t'échapperas pas, tu sais que tu ne pourras pas partir alors autant jouer avec lui, autant continuer.  « T'es en art, c'est ça ? Tu fais quoi, en art ? » Tu te pinces les lèvres encore une fois et tu croises les bras sur ton torse. Tu le dévisages. Pour la première fois, tu le regardes vraiment. Tu observes les traits de son visage, la forme de ses yeux, tu observes comment ses cheveux retombent légèrement sur son front, ce léger sourire qui semble gravé sur ses lèvres. C'est peut-être la première fois que tu le regardes vraiment, que tu prends le temps de voir qui tu as devant toi. Il n'était qu'une forme comme une autre, il n'était qu'un homme parmi les autres mais tu sais que maintenant son visage ne restera plus celui d'un inconnu. « J'te vois mal avec de la peinture partout. » conclues-tu simplement, replongeant tes yeux dans les siens. Trop net. Trop propre sur lui pour ça. Tu ne sais pas trop quoi penser, à vrai dire.
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Mer 18 Mai - 14:25
« leave out all the rest ; i'm so scared

ft Sidé.


Tu as l’impression que ce que n’est que du vent. Qu’elle te parle, qu’elle te donne des informations, mais en réalité il n’en est rien. C’est comme du donnant-donnant, un troc immense d’information sans réelles importances, juste un truc, comme ça. Dans le vent, un truc que l’on donne parce que c’est comme ça, pas pour réellement donner des informations. Du moins, tu as l’impression que c’est comme ça qu’elle le perçoit, de son côté. Mais peut être que tu trompes, après tout. Peut être qu’en vérité elle ne veut juste pas trop se dévoiler ; pas à toi en tout cas. Pas à un dragueur sans limite qui tente encore et encore de lui faire dire une simple phrase ‘tu veux y aller ?’, ou peut être est-ce toi qui attend cette opportunité. Et même si tu l’embêtes plus qu’autre chose, même si tu as l’impression qu’elle aurait préféré que tu partes, que tu n’ailles pas vers elle, même si tu le vois, que ça l’énerve que tu sois là à tenter de l’attraper comme un vulgaire poisson, elle te répond quand même. Elle te donne des informations, elle te parle, de tout, de rien. Elle te pose même des questions que tu aurais peut être souhaité ne pas avoir, après tout. Mais tu n’y peux rien, un doux sourire plane sur tes lèvres lorsque tu l’entends parler de ta Grèce, ton pays que tu aimes tant, que tu apprécies et admires. Elle te fait rire, même, lorsqu’elle dit qu’elle ne verrait pas avec de la peinture partout. Si seulement elle savait, si seulement. Tu repasses encore ces moments où tu t’amusais au collège avec des élèves de ton âge à faire la banderole pour une fête certaine. Les pots de peintures renversés, la peinture dans vos cheveux, sur vos habits, partout sauf sur la banderole. A la place, vous aviez fini par y mettre des mains, montrant que le collège était soudé, une sorte d’image que tu avais fini par adorer, presque fier de ton travail – et ce n’était censé être qu’une blague, à l’époque. Mais depuis, cette image ne t’avait jamais quitté. L’idée de pouvoir faire quelque chose de tes mains, de projeter des idées, des sentiments, une ambition, un rêve, et n’importe quelle autre chose. Ah, bien sûr, tu avais été si naïf, avant, pensant que tu pourrais révolutionner le monde. Tu n’étais qu’un enfant, un enfant plein de rêve et d’envie de vivre, et te voilà maintenant en art, avec l’envie de tout simplement vivre et faire des choses que le monde entier pourra voir. Tu n’as plus cette idée de révolutionner le monde, mais de tout bêtement le laisser continuer à tourner comme à son habitude. Tu veux juste faire parti de lui, être une pièce bien ancré. Aussi simple que ça. Et c’est dans cette optique que tu n’as jamais quitté ton ‘rêve’ des bras, que tu le tiens toujours aussi fermement au creux de tes bras, de tes mains. Que parfois il s’envole mais tu le rattrapes ; tu ne veux pas l’oublier, tu ne veux pas l’effacer. Il est un peu la seule chose qui te laisse les pieds sur terre sans que tu ne divagues, sans que tu ne fasses de vagues. Il est la seule chose concrète et réaliste qui te permet de continuer à vivre comme tu le fais, même quand tout semble sans issu, sans solution. Tu te dis qu’au moins, tu l’as lui, ton rêve, ton projet d’avenir. Même si tu as l’impression que ton futur sera vide de sens, vide de sentiments, de sensations, tu te dis qu’au moins tu vivras par toi-même. T’auras un job, des collègues, des amis, même, peut être. Un patron cool, ou vexant, ou détestable. Ta mère viendra parfois prendre de tes nouvelles, et derrière tout ce que tu lui raconteras, derrière tous ces sourires et ces rires que tu auras à l’encontre de tes amis, de ces collègues, la seule chose de vrai sera que tu apprécies ton boulot. Et que tu ne voudrais le quitter pour rien. Alors, oui, même quand tu as ces pensées là, ces pensées sombres qui ne cessent de tourner en rond comme un poisson en cage, tu te dis que tu auras toujours quelque chose qui t’obligera à continuer d’avance, même perdus, même les yeux dans le vide. Même vide.

Et repartir en Grèce en fait parti. Quand tu auras de l’argent, quand tu pourras te payer des vacances, un voyage. Quand tu pourras repartir et avoir le courage de revenir, tu iras là bas. Sur ta terre natale. Alors tu soupires un peu, prenant ta respiration, les yeux légèrement dans le vague lorsque tu te mets à parler. « La Grèce… Est belle. » Magnifique. Flamboyante. Riche. Et pauvre en même temps. Tant de pauvreté dans les villes, et pourtant une richesse d’esprit de culture incomparable au reste du monde. Une nature qui vit, qui arrive à survivre malgré la pollution, malgré les hommes qui veulent construire. La nature se dresse toujours fière devant toi, tu la vois encore maintenant, que ce soit dans les campagnes, que ce soit dans les grandes villes que tu as visité enfant. Elle était toujours là, présente, et c’était magnifique. Combien de fois tu as reproduit cette image de ton école dans ce champ ? Combien de fois tu as refait des tableaux, à l’huile, à l’acrylique, à la gouache, rien que pour cette seule image ? Cette seule image qui retranscrit tout l’amour que tu as pour ton pays. Oui, la Grèce est belle. « Je te passerai un tableau que j’ai fait de mon école, quand j’y étais enfant. Une image vaut mieux que mille mots, n’est-ce pas ? » Tu lui proposes ça, comme ça, sans vraiment y penser. Si ça se trouve tu ne la verras plus, si ça se trouve une fois que votre échange sera terminé elle quittera même ton esprit et tu ne te souviendras plus d’elle. Et elle de toi. Mais pour l’instant tu préfères ne pas y penser, ne pas te projeter trop dans le futur. Parce que tu sais que tu peux avoir des bonnes comme des mauvais surprises ; tu as bien appris ta leçon depuis le temps. Tu ne feras pas la même erreur deux fois, lorsqu’il s’agit de tes relations avec quelqu’un, peu importe la personne. Tu ne veux plus voir tes espoirs détruis par le poids accablant de la vie, cette chienne qui s’amuse immensément à tes dépends. « En tout cas, c’est vraiment bien que tu ‘perpétues ce rêve’, comme tu dis. Je suis sûr que tes parents doivent être fiers de toi. » Tu n’en sais rien, en réalité. Tu ne connais pas sa situation familiale, peut être qu’en réalité celui ou celle qui avait ce rêve est mort, ou il est parti, ou tout autre chose possible. Tu n’en sais rien, mais tu t’avances quand même, car tu as l’impression qu’elle ne veut pas en parler, alors tu essaies un peu de casser ses barrières, de la forcer à s’ouvrir, un peu. Tu ne sais pas pourquoi, mais ça te dérange, qu’elle semble se cacher, qu’elle semble ne pas vouloir parler de sa famille. Tu comprends, bien sûr. Il y a certains sujets dont on ne veut pas se rappeler, dont on ne veut pas parler parce que c’est trop personnel. Bien sûr que tu comprends. Et pourtant, tu continue de pousser, de creuser. Pourquoi ? T’en sais rien, tiens. T’en sais foutrement rien. Mais tu continues, encore et encore, sans cesse.  « En art, je fais… De tout. Oh, j’ai une spécialisation, design graphique, donc sur tablette, ordi, tous les trucs informatiques, quoi. Mais… ouais, je fais de tout. Je pense pas que je pourrais aimer l’art sans toucher une feuille et sentir mon crayon caresser le papier. » Tu es parti trop loin, trop loin. En disant cela, tu avais baissé la tête pour remonter tes mains et les regarder tout en parlant. Tu avais mimé la sensation en bougeant tes doigts, comme si tu voulais lui montrer quelque chose, mais tu ne sais pas quoi. Mais tu t’étais quand même égaré dans tes pensées, parlant de ce que tu aimais faire, de ce pour quoi tu continues de vivre. Ce qui te permet de respirer même quand tout ton corps semble bloquer. De toute façon, dès que l’on parle de chose que tu aimes, il est assez difficile de te faire tenir le fil, tu pars souvent dans tous les sens. Heureusement, cette fois-ci, tu t’en es rendu compte, au moins, et c’est pour cela que tu t’es arrêté. Avant qu’il ne soit trop tard, avant que tu ne puisses t’arrêter jusqu’à ce que tu aies déballé tout ce que tu ressens pour l’art, pour le dessin. « Donc, hm. Si, je t’assure, j’ai plus l’habitude d’avoir de la peinture partout que de ne pas en avoir, en fait. » Pas forcément partout, mais étrangement, tu en as toujours sur ton visage et dans tes cheveux. Tu n’as jamais vraiment compris comment tu faisais pour te salir aussi haut, même en faisant attention. Ça faisait bien rire tes potes, en tout cas, lorsque tu peignais en classe. Ils attendaient toujours le dernier moment pour te dire que tu en avais partout et que tu étais un ‘sale gosse qui sait pas peindre sans se salir’. Rien que d’y penser, un grand sourire arrive sur ton visage, tandis que tu replonges tes yeux dans ceux de Sidé. « Et c’est étrangement plus amusant que ça en a l’air. »

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Mer 18 Mai - 15:20

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Tu ne peux en aucun cas nier sa sincérité quand il te parle de son pays. C'est sûrement comment ça que ce traduit l'amour pour quelqu'un, vraiment. Les yeux ne mentent jamais et les siens s'éclairent quand il te parle de ce qui fait sa Terre Natale. Il n'a qu'à prononcer quelques mots pour te convaincre. Tu veux bien le croire, que c'est beau. Tu veux bien le comprendre. Tu aimerais bien le voir aussi. Observer de tes propres yeux ce qu'il peut imaginer, ce qu'il peut se souvenir. Voir ce que tu n'as jamais vu. Tu ne sais même pas si tu le verras vraiment un jour ; ce n'est pas quelque chose d'obligé, pas quelque chose de forcé et tu sais que si tu devais quitter le pays pour aller ailleurs, tu ne serais pas seul. Tu devras être accompagné. Tu devrais y aller avec quelqu'un et tu sens déjà ton bonheur se tâcher de noir. Tu sais que ce n'est pas avec elle, pas avec ça que tu imagines ton futur, tes voyages, tes aventures, tu sais que ce n'est pas avec ce présent-là que tu imagines ta vie plus tard et c'est assez effrayant. Tu ne veux pas vraiment y réfléchir, à ces conneries. Il te parle d'une peinture qui te hausser les sourcils et tu sembles peut-être surpris parce qu'il te dit. « Bien sûr. » dis-tu sans grande conviction, pas certain de comprendre ce qu'il veut dire. Parce que c'est dévoilé quelque chose de précieux, quelque chose de son passé, parce que c'est insinuer une nouvelle rencontre, parce que c'est se montrer sous un autre jour. Tu n'es pas certain qu'il ait vraiment réfléchi à tout ça, tu n'es pas certain que c'est ce qu'il veuille en vérité. Il s'est certainement laissé emporter par les mots, il s'est certainement laissé emporter par ses émotions et n'a pas réfléchi ; on ne fait pas toujours attention à ce que l'on dit. « J'adorerais le voir. » que tu dis pourtant, esquissant un sourire. Parce que ce n'est pas un mensonge. C'est quelque chose que tu aimerais voir, pour de vrai. Pas parce que c'est lui, pas parce que c'est une partie de son être mais parce que c'est une partie du monde que tu rêves de voir, une partie du monde qui ne se décrit pas si facilement si tu le comprends ; alors pourquoi pas ? Et peut-être que si tu peux le voir autrement, peut-être que si tu peux le comprendre un peu... Intérieurement, tu te secoues la tête. Non. Il n'y a pas à le connaître, il n'y a pas à savoir qui il est et d'où il vient. Tu ne devrais pas non plus accepter ce qu'il te propose, accepter ce qu'il te donne parce que tu ne sais jamais ce qu'il peut attendre en retour, demander. On t'a toujours appris que personne ne faisait jamais rien gratuitement, personne n'a de bonnes intentions simplement pour avoir de bonnes intentions. Ils cachent toujours quelque chose derrière, une demande, une envie, un désir et tu sais qu'il est plus facile de demander ce genre de choses après avoir rendu service, après avoir aidé, après avoir fait quelque chose pour l'autre.
L'évocation de tes parents te fait légèrement grincer des dents et malgré toi une petite grimace se dessine sur ton visage. Si seulement il savait ce qu'ils pensaient de lui, si seulement il savait ce que sont vraiment ses parents, il ne dirait pas ça. Mais après tout, c'est de ta faute s'il ne sait pas. Tu ne dis rien, tu te tais sur cette partie de toi. Tu te tais parce que ça ne regarde personne, parce qu'on s'en fout bien de savoir ce que tu as pu vivre, ce que tu peux vivre, ça n'intéresse personne et tu ne veux pas vraiment voir la pitié dans le regard des autres, tu ne veux pas d'une compassion qui ne réglerait rien ; le mal est fait et rien ne sera jamais rétabli alors. Puis tu n'as pas choisi de naître ici, tu n'as pas choisi de naître tout court faudrait-il dire mais c'est une autre histoire alors tu finis par hocher la tête, légèrement, doucement. « Très fiers. » appuies-tu sans vraiment être convaincu. Tu ne sais même pas si ton père est encore vivant, s'il est encore sur cette Terre. Peut-être qu'il a fini en sang dans un caniveau, sous un pont, peut-être qu'il a fini par crever sur la chaussée comme il le mériterait -c'est ce que tu penses. Mais la raclure survit toujours, tu le sais, c'est malheureux c'est comme ça. Mais ce n'est qu'un demi mensonge après tout, si tu réfléchis bien, ta mère est fière de toi. Fière de ce que tu fais -après tout, ce que tu as fait, tu l'as fait pour elle en plus grande partie sans vraiment jamais te soucier de ce que tu voulais toi vraiment, sans jamais te soucier de ce que tu pouvais penser. C'est devenu une part normale de ta vie, quelque chose que tu ne pourrais pas changer. C'est cette partie un peu cacher, celle que tu ne dévoiles qu'après un certain temps, celle qui compatit, celle qui prend le temps de s'occuper des autres, qui se soucie d'eux au lieu de les regarder de haut, au lieu de les ignorer. C'est sûrement une partie de toi que l'Artiste ne connaître jamais. Il y a peu de chose qu'il connaîtra si on réfléchit vraiment et c'est peut-être mieux comme ça. C'est ce que tu veux après tout, non ?

Pourtant, toi, tu veux savoir des choses maintenant. Il t'intrigue, cet enfant. Il te turlupine. La façon dont il semble s'émoustiller quand il parle de dessin trahi une passion sans borne pour cet art et tu veux en savoir plus. Tu veux savoir comment ça lui est venu, tu veux savoir depuis combien de temps il fait ça, tu veux savoir si quelqu'un déjà auparavant dans sa famille était un artiste, tu veux savoir s'il se débrouille bien, ce qu'il veut faire plus tard mais tu essayes de contenir toutes ces questions qui se poussent dans ta gorge, qui se font la guerre pour savoir qui sera la première à sortir, qui sera la première à te trahir. Si tu commences à montrer de l'intérêt pour ce qu'il fait, pour ce qu'il dit, pour ce qu'il est c'est lui donner de l'importance et si tu lui donnes de l'importance, il risque certainement d'avoir la mauvaise idée, de croire que c'est bon, qu'il a le feu vert, qu'il peut faire ce qu'il veut et comme il veut sauf que ce n'est pas ça. Ce n'est pas comme ça ; n'est-ce pas tout simplement normal d''être intrigué par quelqu'un quand il nous dit quelque chose de ce genre ? N'est-ce pas normal de vouloir en savoir plus ? Tu ne sais pas s'il le fait exprès, tu ne sais pas s'il s'attend à ce que tu poses des questions, tu ne sais pas s'il travaille son discours -ça serait tout de même assez pervers de sa part et tu n'es pas certain de pouvoir pousser le vice de l'homme jusque-là. Le sourire qu'il t'offre finit de te convaincre ; il ne fait certainement pas exprès, il est beaucoup trop sincère dans ce qu'il dit. Peut-être que tu as simplement touché le bon nerf. Peut-être que tu es tout simplement parti dans la bonne direction, tu as su comment tourner la conversation à ton avantage, peut-être que tu as su lui faire oublier quelque peu son but. « C'est une invitation ? » Te mets-tu à rire légèrement. Tu n'es pas certain de ce que tu veux dire par-là et tu n'es pas certain non plus de ce qu'il peut comprendre. Ce sont simplement ses yeux, son sourire, le ton de sa phrase, on aurait simplement dit qu'il te demandait de te rouler dans la peinture avec lui et c'est maintenant que tu réalises à quel point ta réponse pouvait être tendancieuse, à quel point elle pouvait être comprise de travers et c'est à ce moment-là que tu te maudis, c'est à ce moment-là que tu te mords la langue. C'était idiot de ta part, un coup mal calculé. T'avais pas forcément envie de rentrer dans son jeu, pas dans celui-ci en tout cas mais il semblerait que c'est plus fort que toi et tu ne l'a même pas franchement fait exprès. T'es idiot. « T'as juste l'air tellement propre sur toi qu'on ne le croirait pas. Mais c'était des préjugés, désolé. » Et tu ne peux cacher ton sourire alors que la scène te rappelle étrangement ce qui c'était passé un peu plus tôt. Tu taquines, peut-être que tu te moques un peu, peut-être qu'au final t'es autant joueur que lui, peut-être que tu ne vaux pas mieux ? Tu ne sais pas vraiment. « J'aimerais bien voir ça...» T'échappe tout de même et tu sais qu'à ce moment-là, t'as perdu. Echec. Tu voudrais alors baisser les yeux, tu voudrais te cacher dans un trou de souris, tu voudrais certainement partir en courant. T'essayes de te rattraper, quelque chose qui fait qu'il ne comprenne pas tes mots de travers, ou si justement, pour qu'il comprenne tout autre chose que ce que tu as voulu dire ; « Je veux dire. Ton travail, hm ? Ca doit être intéressant de voir ce qu'une personne comme toi peut dessiner ou peindre. Ce qui se passe dans ta tête. » et tu ne sais pas si tu étais un peu accusateur, tu ne sais pas si c'est vraiment sur ce ton là que tu voulais le dire mais c'est comme ça que c'est sorti. T'as pas envie qu'il te prouve quoi que ce soit et en même temps, tu es certain que c'est comme ça que ça sonnait. « Puis on dit qu'on peut voir de l'artiste dans chacune de ses pièces. » pas comme si ça t'intéressait mais peut-être que tu venais de trahir ta curiosité.
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ft Sidé.


Tu ne t’attardes pas plus sur la question de la famille, tu vois bien que tu n’arriveras pas à percer sa carapace à jour de toute façon. Elle ne veut pas en parler, à tel point qu’elle ne répond que de deux simples mots. Tu dois te rendre à l’évidence ; tu n’y arriveras pas, cette fois-ci. C’est foutu, sa carapace est trop épaisse, son bouclier mis trop haut, trop loin. Inaccessible. Alors tant pis, tu baisses les armes, tu abandonnes cette bataille cette fois-ci. Ça n’en vaut pas la peine, tu as mieux à faire que de d’essayer de pousser ses armées jusqu’au suicide, et même là tu n’es pas sûr qu’elle te donnera des réponses, des informations. Alors ce n’est pas grave, mais bon, ça ne l’est pas. Juste un échec que tu dois essuyer. Non, en fait, ce n’est même pas un échec, mais juste un obstacle que tu ne peux surmonter. Rien de bien grave, en somme. Alors tu te concentres sur autre chose, sur ce qu’elle te répond lorsque tu parles de ton tableau. Oui, tu as parlé trop vite, sans y penser. Pris dans l’élan des sentiments, dans l’envie de lui faire connaître ce monde que tu aimes tant, ce monde auquel tu aspires, auquel tu rêves encore maintenant. Alors que ça doit bien faire plus de dix ans que tu n’y as pas mis les pieds, ce n’est pas grave. Pour toi, ça restera toujours ce petit monde magique qui t’a bercé, et qui te bercera toujours. C’est comme ça, tu as décidé. Et personne ne pourra te faire penser autrement, au contraire : tu as envie de leur faire connaître à tous la beauté de cette enfance dont tu te souviens. Et si Sidé veut la connaître, tu la lui donnes volontiers. Même si ça semble inutile, même si ça semble être des paroles en l’air. Même si elle se dit que tu n’es qu’un idiot pour avoir dit ça comme ça, elle est assez gentille pour te répondre, pour te dire qu’elle adorerait voir ça. Alors c’est décidé. Tu lui montreras, tu le jures. Que ce soit avant, après, maintenant, dans un mois. Lorsque tu la verras de nouveau, tu lui montreras. C’est une promesse entre toi et toi. « Je te montrerai, alors. La prochaine fois qu’on se verra. » Tu laisses planer un peu tes mots, laissant entendre que tu comptes la revoir, vraiment. Peu importe le moyen dont tu la contacteras, peut être qu’elle te passera son numéro de portable, peut être qu’elle te passera son mail. T’en sais rien, en fait, tu sais juste que c’est une promesse muette que tu lui fais là. Ne serait-ce que pour lui montrer l’un des tableaux que tu dois retrouver dans ton appart, tu lui promets une rencontre nouvelle. Peut être éphémère, peut être même une simple passation de tableau, t’en sais rien. Mais tu la reverras, c’est une chose certaine.

Et son rire est quelque chose qui t’étonne, qui te fait écarquiller les yeux. Elle rigole, pendant qu’elle te dit une phrase qui te fait sourire également. Elle a de l’humour, et ça sonne bien dans ses lèvres. Une invitation à venir la salir de peinture, pendant que vous peignez ensemble, peut être. Une invitation à passer plus de temps ensemble, à lui apprendre à peindre sans s’en mettre partout. Même si tu n’es pas du tout un professeur pour ça, m’enfin. En tout cas elle continue sur la lancée de l’humour et du jeu. Elle rentre dans ton jeu désormais, elle te lance des petites piques en rebondissant à ce que tu lui as dit lorsque tu l’as prise pour un homme. Ca te fait doucement rire, ça. Un petit moment de complicité comme ça fait longtemps que tu n’en as pas eu, et ça te fait du bien, dans un sens. Qu’une parfaite inconnue te taquine comme ça, arrive à te mettre bien à l’aise alors que tu ne la connais absolument pas. Ouais, t’aimes bien ça. Même beaucoup. « Bah, je peux toujours t’apprendre à t’amuser en te mettant de la peinture partout. Ça peut être fun. Et sale. Mais très fun ! » appuies-tu comme un gamin qui tenterai d’initier son meilleur ami à pokemon, même si c’est très répétitif. « En soit, c’est vrai. Je suis propre. Enfin, non. J’essaie de le rester, surtout. Mais ça ne marche pas forcément. » Tu rigoles avec elle de ses préjugés, parce que tu n’aurais jamais pensé que quelqu’un penserait de toi que tu es propre. Mais dans tous les cas, ça te plait bien, qu’elle se mette à jouer, enfin. Qu’elle s’ouvre un peu plus, peut être, qu’elle se laisse un peu aller. Qu’elle se détende et qu’elle ose rigoler avec toi, dire des choses qui te font rire. Et peut être qu’elle est trop détendu car elle laisse entendre qu’elle aimerait bien te voir plein de peinture. Tu as bien entendu, tu le sais. Elle a laissé entendre qu’elle serait intéressée, au moins un peu. En toi. A la vision de toi couvert de peinture. Réel intérêt ou juste moquerie ? Tu parierais sur réel intérêt vu la manière qu’elle a de baissé la tête, comme si elle venait de faire une bêtise, comme si on venait de la prendre en flag. Et c’est maintenant que tu comprends qu’en fait, l’invitation dont elle parlait, était peut être bien moins pure que ce que tu avais compris au départ. Tu la draguais. Elle a certainement dû le comprendre dès le départ, et sûrement cette invitation était-elle justement ce genre d’invitation. Oh, quel idiot. Comment tu as pu rater ça, comment tu as pu penser qu’elle parlait d’une invitation toute simple, toute bête ? Ou alors elle voulait vraiment dire ça ? Mon dieu, que tu commences à t’emmêler les pinceaux, pour le coup. Tu aimerais bien que ce soit plus simple à comprendre, qu’elle fasse un signe qu’elle est réellement intéressée, qu’elle accepterait même ton invitation absolument pas pieuse. Mais peut être que tu as tout simplement balayé ces signes d’un revers de mains, pensant qu’ils ne s’agissaient pas de ça. Et dire que l’on dit de toi que tu es un bâtard sans nom, un dragueur infatigable. Tu es surtout trop pur, pour le moment. Tout simplement.  Et elle se reprend, elle parle de tes travaux, bien sûr, dit-elle. Bien sûr qu’elle parlait de travaux, en réalité il s’agit juste de ça. Et tu ne la crois pas une seule seconde. Si tu en avais le courage, la force, si tu étais sûr à cent pour cent qu’elle est intéressée par toi, tu l’aurais certainement embrassé à pleine bouche pour lui faire comprendre que tu avais très bien compris de quoi elle parlait. Et que ça pouvait se régler tout de suite.

Sauf que tu n’es pas sûr, pas sûr du tout. Et qu’avec elle, il vaut mieux prendre ses précautions, être sûr de son coup, car si jamais tu le rates, c’est échec et mat. Même si elle semble avoir déjà perdu, tu le sais, tu le sens dans sa manière de te parler, dans la manière qu’elle a d'essayer de ne plus fixer ton regard. Comme si elle s’échappait, comme si elle espérait que tu oublies ce que tu viens d’entendre, que tu focalises sur ce ton accusateur, presque mesquin sur lequel elle te parle. Mais tu n’as pas envie de laisser passer ça, certainement pas. Alors tu en profites de sa confusion pour t’approcher un peu. Encore un peu. Encore. Tu n’es plus qu’à un avant bras de distance d’elle. Trop proche. Elle va vous trouver beaucoup trop proche, sûrement. Mais tu t’en fiches, tu es bien décidé à garder cette distance, à voir ce qui va se passer. Et peut être que tu abattras cette fameuse carte si tu le juges nécessaire. Oui, peut être. « Je ne sais pas vraiment si ça peut être intéressant, mais je pourrais toujours te montrer quelques unes de mes œuvres, si tu veux. » Tes yeux reviennent au fond de ses iris ténébreux, et tu attends. Tu sais ce que tu veux y voir. De l’intérêt. Un certain intéressement pour toi, en ta personne. C’est ce que tu as besoin de voir. Ce que tu as décidé que tu devais voir si tu voulais abattre ta meilleure carte pour gagner cette bataille. Pour enfin finir ce petit jeu dans lequel vous vous êtes enfoncés.

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Mer 18 Mai - 17:15

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Il a donc vraiment l'intention de te revoir. Il a vraiment l'intention de te recroiser. Il va falloir être prudent, essayer de l'éviter. T'es certain qu'il est le genre de mec qui se remarque de loi et qui s'entend ; tu ne veux pas dire que tu juges sur les apparences mais ce qu'il t'a laissé voir de lui te donne simplement cette impression d'être le genre de mec trop entouré et qui parle trop fort. Cette confiance en lui malgré tout ce que tu as pu dire, tout ce que tu as pu lui montrer pour lui faire comprendre que ce n'était pas ok -était, parce que tu sais que maintenant tu n'as plus vraiment le choix, tu t'es lassé avoir par ses filets, tu as foncé tête la première dedans, comme un idiot. Peut-être que ce n'est pas si mauvais, peut-être que ce n'est pas trop mal, peut-être qu'il n'est pas vraiment méchant, que tu peux essayer de lui faire confiance, quelque peu, en quelque sorte. Peut-être qu'il ne te prendra pas pour un con -une conne. C'est ce qui te rassure. C'est que tu as ce secret à protéger maintenant. Tu te dois d'être loin de lui pour que jamais il ne découvre la vérité, pour que jamais il se rende compte de ce mensonge. Tu ne sais plus trop comment tu en es arrivé là -si, t'es un idiot, ça tu le sais- mais tu finis toujours par t'embourber dans ce que tu racontes. Cette spirale de mensonges dont tu ne sais pas te défaire. Regarde où elle t'a mené jusque là. T'as une alliance autour du cou. Il a suffi qu'il te dise qu'il est un artiste pour que ton intérêt s'accroisse, pour que tu le montre un semblant d'attention. Ce n'est toujours pas lui à proprement parlé mais un peu tout de même parce que c'est son art, parce que c'est ce qu'il fait lui avec ses petites mains, avec sa petite tête et porter un intérêt à son art c'est porter un intérêt à la personne. T'es bien loin de l'image de la « femme » fort que tu voulais donner, l'image de « celle » qui résiste. Tu sais que t'as merdé, fort.
Peut-être qu'il ne te pardonnera pas. Tu essayes de te soulager. Tu essayes de te trouver des excuses. Peut-être qu'après ça, il ne voudra plus te voir. Et alors ? Ca ne te fait rien. T'es certain de ça. Tant mieux. Depuis le début tu fais tout pour l'éviter, tu fais tout pour qu'il ne s'approche pas de toi, tu fais tout pour l'éloigner, pour qu'il t'oublie alors peut-être que s'il apprend la vérité sur ce jeu malsain, peut-être qu'il partira ? Il te dira sûrement des choses, à toi de te faire traiter de tous les noms, peut-être, si c'est son genre. A toi de te faire insulter parce que tu n'es qu'un menteur, qu'un usurpateur, parce que tu profites des gens, parce que tu t'amuses avec eux. Ce n'est pas vraiment ça au départ, mais tant mieux s'il se met à penser comme ça, tant mieux s'il se met à penser que tu n'es qu'un pauvre type, que tu ne vaux pas plus que les poubelles de cette ville. Au moins, tu es persuadé de ne plus jamais revoir sa face trop souriante dans les parages. C'est un peu comme rester trop au soleil, ça brûle et c'est pas agréable. Certainement que tu essayes de te convaincre aussi, certainement que tu te trouves un peu plus idiot. Oh qu'elle est donc cette chose qui semble serrer ton cœur ? Le regret qui t'envahit. Fille, garçon, t'es certain que les choses se seraient passées de la même manière si tu avais été tout simplement toi alors pourquoi faut-il toujours que tu compliques la situation, pourquoi faut-il toujours que tu en fasses des tonnes avec rien du tout ? Tout aurait pu être si simple et pourtant cela semble si compliqué.

Il a pas compris. Ou il a bien compris. Ou plutôt, il a compris comme il le voulait. Au début, tu as cru que tu étais passé au travers, tu as cru que c'était bon, que tu pouvais t'échapper. Il parlait de se salir avec de la peinture comme on parle de faire une bataille d'eau, t'avais l'impression d'être enf ace d'un enfant et tu t'es senti rassuré parce qu'il ne t'avait rien proposé de tordu, parce qu'il ne t »avait rien proposé d'idiot. Ce n'est pas vraiment ce que tu voulais non plus. Tu rigolais simplement, t'étais là sans être là et c'est naturellement que cette phrase était sortie d'entre tes lèvres. Peut-être qu'il est plus innocent qu'il ne le laisse paraître, peut-être qu'il ne pensait pas tellement à ce genre de choses quand il t'a approché et peut-être que tu t'es fait juste des idées. C'est là que tu as commencé à regretter encore plus, là que tu t'es dit que tu es un réel idiot mais son regard a changé. Comme si là-haut, sous cette tignasse travaillée, ça avait fait les connexions. Ca avait compris ce qu'il n'y avait pas à comprendre. Trop près. C'est ce que tu dis quand il se rapproche, quand tu peux détailler la couleur de ses yeux, quand tu peux sentir la chaleur de son corps près du sien, quand tu peux réellement sentir sa présence. Il s'est imposé. En deux minutes, il était de retour. Ce même homme qui a posé sa main sur ton épaule. Celui avec des idées, des intérêts, celui qui n'était pas vraiment honnête, celui qui souriait juste pour sourire, parce que ça fait bien, parce que ça éclaire le visage et alors tu n'es pas vraiment rassuré. Tu pensais avoir fait comprendre que ce n'était pas ce que tu voulais. T'as un léger mouvement de recule, tes bras qui se décroisent pour se préparer à repousser une éventuelle attaque. Tu n'es pas vraiment rassuré. T'es pas certain qu'il soit capable de faire quelque chose de mal, t'es pas certain qu'il est ce genre de type mais on ne sait jamais. Il vaut mieux prévenir que guérir. Mais la phrase tombe. Doucement. T'es certain que tes yeux s'illuminent quelque peu. Parce que tu veux croire qu'il est encore un peu honnête, tu veux croire que ses mots sont juste des mots innocents. Une simple invitation à regarder des tableaux. Juste ça. C'est de sa faute, tu diras. Pas de la tienne. T'as toujours été intéressé par l'art. Tu croyais avoir trouvé son point faible mais c'est plutôt lui qui piétine le tien. Il a compris comment t'avoir, il a compris comment tu pouvais être faible. Il a compris que tu ne pourrais pas refuser. «  C'est toujours intéressant... » dis-tu pour ne pas dire qu'il était certainement intéressant. Tout le monde est intéressant. Tout le monde à quelque chose à dire, quelque chose à faire passer. Tout le monde à quelque à faire savoir. « Pourquoi tu serais différent des autres ? » Demandes-tu simplement. Tu n'as pas baissé les yeux, tu ne les baisseras certainement plus. « J'aimerais bien voir. » C'est tout ce que tu as terminé par répondre. Tu avais déjà perdu depuis un moment.
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Mer 18 Mai - 17:50
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Elle savait qu’elle avait perdu, tu le vois. Tu le vois dans sa manière qu’elle a de décroisé les bras, tu le vois dans la manière qu’elle a de soutenir le regard. Elle sait qu’elle ne pourra pas dire non. Elle sait que tu l’as tiens dans tes paumes de mains que tu peux refermer à tout instant. Oh oui, elle le sait. Et tu comptes en profiter, un peu, un tout petit peu. Tu comptes finir ce jeu, faire un échec et mat. Pas de la manière dont tu l’avais espéré – dans une chambre d’hôtel, mais c’est pas grave. Au moins, tu as gagné. Tu le sais d’avance. Il ne te reste plus qu’un pion à avancer, et c’est bon, ce sera fait. Et avec ses dernières paroles, et cette lumière dans ses yeux, tu as eu ce que tu voulais. Elle est intéressée. Par toi, par ta peinture. Elle veut te connaître ? peut être. En tout cas tu vois bien son désir, son envie de voir tes œuvres, ce que tu as fait avec tes mains, avec ton pauvre esprit parfois torturer, parfois calme et qui dort, parfois. Ces œuvres que tu gardes dans un coin de ton appart sans vraiment y retoucher parce que tu veux toujours mieux faire, tu ne veux pas rester dans le passé avec des œuvres plus vieilles, oh non. Le désir de t’améliorer, d’avancer vers un futur où tes œuvres sont toujours de mieux en mieux. Le seul moment où tu les regardes et pour retrouver ce que tu faisais de mal, des mauvaises habitudes, aussi. Des trucs dans ce genre là, comme ça. « Alors je te montrerai avec plaisir. » Tu ne sais pas trop ce que tu sous-entends. Rien, peut être, en fait. Peut être que tu vas juste lui montrer tes œuvres, et rien d’autre. De toute façon, tu ne demanderas rien en retour, il se passera simplement ce qu’il se passera. Peut être que tu la pousseras un peu vers ton lit, ou ton canapé. Peut être que tu l’allongeras, peut être que tu l’embrasseras et que tu commenceras à la toucher un peu partout. Peut être que tu tenteras, oui. Peut être que tu retrouveras ce premier objectif que tu avais en venant ici au départ, peut être que tu finiras par coucher avec elle et l’oublier une fois qu’elle sera parti. Mais qui essais-tu donc de duper, comme ça ? Bien sûr que non, que tu ne l’oublieras pas. Ça va bien être la seule fois où tu vas partir sans avoir couché avec quelqu’un et attendre une rencontre prochaine pour se faire. Alors il te sera impossible d’oublier, même si tu le souhaites. C’est quelque chose de si rare que tu t’apprêtes à faire que tu te demandes même pourquoi tu le fais. Mais tu le sais. Bien sûr que tu le sais. Elle ne se laissera pas attraper comme ça. Même si tu as gagné un round, tu n’as pas encore tout gagné. Même si tu as gagné une bataille, tu n’as pas gagné la guerre. Elle a perdu celui-ci, par sûr qu’elle perde le prochain. Peut être qu’elle te battra à plate couture en te disant que tu n’es qu’une merde, d’avoir voulu la traiter comme ça. Peut être même que tu auras droit à une petite gifle en bonus bonheur.

« Tu as un portable ? » Question idiote, tu sais parfaitement qu’elle en a un, tu l’as vu le ranger lorsque tu l’as salué, au tout début de votre conversation. Mais ut veux voir si elle s’avoue totalement vaincu pour cette fois ou non. Tu veux voir si elle est vraiment intéressée ou non, ou si c’est juste pour se moquer de toi, pour s’amuser. Elle n’en a pas l’air, mais elle n’est pas comme les autres, elle l’a dit. Peut être qu’elle aussi elle s’amuse avec toi, après tout. Tu sais que rien n’est sûr, que tu ne peux avoir de certitude, et ça te tue à petit feu. Alors tu fais des expériences, comme si tu l’as testé. Comme si tu lui criais presque ‘allez, fais-moi y croire’. « Tu sais, juste pour t’envoyer les jours quand je serais libre. Qu’on se voit, que je te montre ce que tu veux voir. » Tu essayes de la rassurer, de lui dire que, non, tu ne comptes pas lui envoyer trois milles messages, que tu ne comptes pas la harceler ni la draguer par message. Non, tu ne veux pas faire ça, pas encore. Pas tout de suite. Peut être que tu t’y abaisseras si elle ne tombe pas dans ton filet la prochaine fois que vous verrez. Oui, peut être, et encore, ce n’est pas sûr. Tu n’as jamais vraiment aimé draguer par sms, tu trouves ça idiot. Tu te trouves idiot, lorsque tu le fais. Comme un gros lourd, comme un homme que l’on aimerait juste jeter. Vraiment. Et c’est pour ça que tu n’as jamais dragué, et que tu ne dragueras probablement jamais via des réseaux ou autre. C’est lame, tu trouves, vraiment. Et en voyant que la réponse se fait un peu attendre, tu soupires, un peu. Juste un peu, juste assez pour qu’elle ne l’entende pas si elle n’y fait pas attention. Mais au vu de votre proximité, même si elle ne l’entend pas, elle le sentira forcément. « Si tu ne veux pas me donner ton numéro, après, c’est pas grave. Je te note le mien, et tu me diras quand tu seras libre. Et on s’arrangera comme ça, si tu veux. » En soit, ça ne te dérange pas. Qu’elle fasse sa difficile à obtenir ou non, peu importe. Tant qu’elle tient sa parole, tant qu’elle s’intéresse assez à toi pour t’envoyer un message, peu t’importe. « Juste, promets-moi de m’envoyer un message ? Histoire que je ne sorte pas les œuvres pour rien. » Histoire que je n’espère pas comme un con. Car tu sais que tu attendras son message, quoi que tu dises. Tu sais que tu regarderas deux fois ton portable qu’à l’habitude, que tes amis se poseront des questions, qu’il faudra que tu leur expliques. Et qu’ils finiront par se la jouer à la Sherlock pour essayer de retrouver la mystérieuse jeune femme qui a promis mais qui ne tient pas ses promesses. Tu sais que ça va finir comme ça, que tu seras blessée, encore une fois, même s’il ne s’agissait de rien, juste d’une étudiante plus âgée qui était censé être intéressée. Par toi. Par ton art. Mais qui finalement s’est bien jouée de toi, qui a du prendre son pied en se disant qu’elle t’avait blessé, que tu ne méritais que ça, de toute façon. Jamais deux sans trois, disent-ils. Peut être ont-ils raison, après tout.

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Mer 18 Mai - 18:13

Leave out all the rest ; I'm so scared
Tu t'attendais à ce qu'il te pose cette question, tu t'attendais à ce qu'il te demande ton portable. Parce que c'est comme ça, parc que c'est simplement la suite logique des choses mais tu n'as pas vraiment envie de le sortir, pas vraiment envie de lui tendre. T'as pas vraiment envie de voir l'écran s'allumer. T'as pas envie parce qu'il t'a dérangé, parce que tu ne sais pas ce qui t'attend, si tu vas voir encore une mauvaise nouvelle. C'est plus de ce qu'il y a dedans que de lui dont tu as peur. T'es effrayé d'affronter à nouveau ce morceau de technologie. Il t'a coupé dans ton élan quand il t'a dérangé et ta détermination s'est alors envolée. Puis croit-il que c'est vraiment si simple que ça ? T'a perdu mais t'es coriace, alors t'as un peu froncé les sourcils. Pourquoi faudrait-il tout faire comme il veut lui, pourquoi faudrait-il que tu suives toi ses directives, que tu fasses les choses quand monsieur est libres ? Puis c'est dangereux. Vraiment dangereux. Tu ne sais pas ce qu'il peut faire avec ce numéro. Combien d'histoire as-tu entendu de numéros qui passent entre pote, qui finissent sur des portes. Tu ne dis pas que c'est son genre, tu n'insinues rien de tout ça mais on ne sait jamais. Tu ne sais jamais. Alors oui, évidemment que tu hésites. Evidemment que tu ne veux pas faire cet effort. Evidemment. Peut-être aussi un peu par fierté. Tu ne veux pas t'avouer tout à fait vaincu. Mais il y a ce soupir, ce soupir qui te  refait froncer les sourcils. Tu n'es pas certain que ce soit ça, tu n'es pas certain que ce soit lui -peut-être était-ce un coup de vent, quelque chose qui s'en rapproche ? Tu  ne sais pas si tu l'exaspères ou si tu le fatigues tout simplement mais quelque part tu es sur la bonne voie, non ? Peut-être que cela veut dire qu'il va abandonner. Qu'il va partir. Qu'il va te dire trop tard, t'avais qu'à être plus rapide, t'avais qu'à montrer un intérêt plus grand. Mais non. Non. Plutôt l'opposé de cela à vrai dire ; il te donne le sien de numéro. Il fait un effort. Devrais-tu te sentir touché ? -T'es touché, même si tu ne le diras pas. Son ton est plus calme, plus doux certainement -désespéré ? Et tu revois l'enfant que tu avais entraperçu il y a peu. Tu voudrais lui sourire mais rien ne se dessine sur ton visage. Tu prends le numéro qu'il a gentiment noté, et tu hoches la tête. « Promis. » dis-tu tout de même et de ton petit doigt tu viens entourer le sien. Cette fois, c'est toi qui l'a touché par surprise. Son air te fait esquisser ce sourire qui ne voulait pas se montrer et rangeant le papier au côté de ton portable, une once de regret dans le fond de ton cœur, t'es simplement parti. Maintenant que c'était une promesse, tu ne pouvais plus reculer. Tu n'es pas certain que ce soit une bonne chose, après tout tu fais tout ce que tu ne voulais pas faire, mais c'est comme ça. Tu as été faible.
AVENGEDINCHAINS


Rp terminé.
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